Page d'Entre elles
Voilà un petit récit autobiographique, histoire de ne pas…tuer mon très cher père…
En espérant que ça va vous plaire, et si c’est pas le cas, faites passer vos commentaires à cette adresse fannyfannou@wanadoo.fr
Pas d’avertissement, juste l’évocation de mon homosexualité, rien de grave en somme. Mais si ça vous dérange alors dites le moi que je vous envoie sur les roses aussi gentiment que j’en suis capable…
Et merci à Arès et Jiminy pour leur relecture.
Des différentes façons de tuer mon très cher père…
On pourrait croire, à voir ma vie, que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et pourtant, quelques rouages de la machinerie ont une tendance vraiment très désagréable à grincer et à rouiller d’une manière plutôt alarmante…
Pourquoi n’ai-je pas le droit à une vie paisible sans mensonges ni faux semblants ? Au moins pendant une journée… s’il vous plait Oh Dieux de l’Olympe, répondez-moi !! Je me demande toujours si ils me répondrons un jour, y’a pas de mal à espérer. J Passer une simple journée sans avoir à me retenir de dire à haute voix « Oh Dieux, quel canon ! » Enfin, bien sûr que je peux le dire, mais pas devant n’importe qui et surtout pas sur n’importe qui. Pour certains, il semble logique que je parle de l’étalon qui parade depuis plus d’une demi-heure devant nous, comme un coq dans sa basse-cour. Mais non, bien sûr que non, je parle de celle qui lui sert d’objet de valeur du moment. Du haut de son mètre quatre-vingt, au moins, de pure beauté, avec des jambes aussi longues que toute l’avenue St Catherine un jour de pluie… Pourquoi reste-t-elle avec lui, en voilà une bonne question… Oh je sais, et si j’allais lui demander ? Bien sûr, tu arrives et tu lui demande de manière fort cavalière « excusez-moi mademoiselle, mais je me demandais, depuis mon petit banc de pierre là -bas : pourquoi restez-vous avec cet énergumène digne d’être classé dans le top-ten des spécimens mâles les plus arrogants et beaux parleurs, alors que je pourrais, si vous le voulez bien, être d’une meilleure compagnie… » Dieux ce que c’est prétentieux… Mais en rajoutant un grand sourire innocent, ça devrait passer comme une lettre à la poste, non ?
Mais alors je n’imagine même pas le nombre de formulaire de décès qu’il faudrait ensuite remplir, parce que là je suis assise au beau milieu de toute ma classe (ce qui revient à plus d’une vingtaine de filles), toutes en train ‘d’admirer’ le mâle de tout à l’heure.
Ah vraiment, quel monde injuste… Et si j’y allais pour de vrai ? C’est ça, vas-y, ose te lever pour aller la draguer…
Je suis une dégonflée, et en plus je suis en colère. Punaise de journée de mer…de glace (scusez, j’ai promis à mon ange de ne pas jurer, paraît qu’c’est pour mon bien…). Evidemment je ne suis pas allée la voir, mais quand je rentre chez moi, je me suis aperçue que mon père regardait une espèce de … de téléfilm bidon sur TF1 à la place de mon enregistrement de Xena… Madre Dio, donnez-moi la force de ne pas me jeter sur lui pour le réduire en bouillie à grands coups de télécommande de portail !! Zen, je reste zen, après tout ce n’est que le début, il ne m’a pas encore sorti le sempiternel « on s’en fout de ton feuilleton de gouines dégueulasses ! » C’est déjà pas si mal.
Bon, là le vase ne va pas tarder à déborder si il continue comme ça… Attention papa, je veux bien garder mes canines de serpent à sonnette bien au fond de ma poche, mais fais bien attention à toi, si je les sors, tu risques gros… Pourquoi est-ce qu’il n’entend pas mes appels mentaux ? Ah oui, c’est l’histoire de Mars et Vénus, on ne vient pas de la même planète, donc on n’est pas sur la même longueur d’ondes cérébrales, c’est pour ça !!
Après une retraite dans ma chambre, alors que je sentais les remarques toutes plus acides les unes que les autres se frayer un chemin dans mon esprit, pour essayer ensuite de forcer le passage jusqu’à mes lèvres, je décidai d’aller courir. Une heure de dépense musculaire ne peut que me calmer, c’est obligé…
Et bien non, ça n’a pas du tout, mais pas du tout marché… Ca l’aurait peut être fait si mon lecteur cd ne m’avait pas lâché dès les 10 premières minutes, me laissant seule avec ma colère, et si en rentrant mon père ne m’avait pas demandé, tout à fait poliment, ce qui n’allait pas avec moi. Bon d’accord, c’était un simple « ça va ? », mais c’est beaucoup trop me demander en ce moment. Et si je l’étranglai avec mon tee-shirt ? Ou mieux, je l’ébouillante avec l’eau de la douche !!
Décidément, je crois que ce n’est pas mon jour de chance aujourd’hui. « Fanny n’oublie pas les lettres… Fanny, tu n’a pas fait le ménage dans la cuisine… si ? ah bon, bein ça ne se voit pas… Fanny, Zazie à faim… Fanny tu vides la litière de Zazie ?… » ET j’en passe… Pourquoi est-ce que je me suis levée ce matin ? je me le demande encore.. J’aurai dû rester dans mon lit, sous l’édredon, à écouter Zazie ronronner doucement sur mon ventre, à lire les merveilleuses histoires de Missy Good…
Bon, qu’est ce que je fais ? Et si je me recouchais?! Oh oui, merveilleuse idée, mais là j’ai pas fini d’en entendre parler, et je vois d’ici la scène. Non, je préfère encore me percher sur mon lit et attendre que l’orage intérieur se calme avant de desserrer les mâchoires…
Bien maintenant il a zappé sur la première compagnie, émission réellement enrichissante, c’est fou. Et si je prenais un de ses gros et solide couteau de cuisine bien aimé pour le poignarder bien proprement sur le canapé du salon, avant de lui susurrer bien calmement à l’oreille « tu sais quoi papa, tu viens de te faire poignarder par une de ces sales gouines dégueulasses, pas de bol hein ? » Rien que d’imaginer la scène, mon visage s’éclaire d’un large sourire… Je suis diabolique… Je suis surtout complètement à l’ouest aujourd’hui. Allô, la paumée de service, ici le monde extérieur, tu nous a pas oublié quand même ? Oh ça non, c’est vraiment pas possible, comment oublier un univers basé sur l’apparence et la norme commune ?
Bon, c’est pas que je n’aime pas déverser ma bile sur les méchants de ce pays, mais je dois… aller m’occuper de la cuisine, du chat, des lettres, de mes devoirs…
Ciao
PS : Et si j’empoisonnai sa tisane ce soir ?
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Ne vous inquiétez pas, il ne lui est rien arrivé de grave depuis que j’ai écrit ça, juste un poignet cassé… mais je n’étais pas là !!!
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