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JALOUSIE1

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Avertissement : les personnages de cette histoire appartiennent à RENAISSANCE et à UNIVERSAL et MCA, je ne fais que les emprunter le temps de cette histoire.

 

 

 

Violence : bien sure, c’est Xena pas Winnie l’ourson.

 

Subtext : oui et même quelques passages graphiques sinon où est l’intérêt.

 

Attention : si l’idée que deux femmes puissent être très, très amoureuses l’une de l’autre, arrêtez vous tout de suite et allez lire ailleurs.

 

 

 

Cette histoire se situe après l’épisode « Le cœur des ténèbres » dans lequel nos deux héroïnes ont connu le côté obscur du désir.

 

 

 

 

 

JALOUSIE

 

 

 

Par Ladywarrior

 

 

 

 

Chap.1Chap.2

 

 

 

1ère partie

 

 

 

Le chemin était dégagé et clair, illuminé par les rayons du soleil qui filtraient à travers les branches feuillues et verdoyantes des arbres qui le longeaient. Un groupe de quatre personnes, trois femmes et un homme, marchaient tranquillement sous le regard attentif et distrait d’un cheval or et blanc qui suivait le rythme d’un pas nonchalant, tenu d’une rêne par une grande femme aux cheveux noir corbeau et toute habillée de cuir de la tête aux pieds. A ses côtés marchait une jeune femme aux longs cheveux bruns ondulés, semblant vêtue de haillons. A plusieurs pas devant elles, un jeune homme tout en cuir noir marchait avec assurance la main sur sa grande épée qui pendait à son flanc et qui semblait en grande discussion avec la petite femme blonde qui marchait à ses côtés.

 

 

 

Soudain la petite femme partit dans un éclat de rire en jetant la tête en arrière. Le jeune homme rigola à son tour en continuant une histoire que les deux femmes plus en arrière ne pouvaient entendre.

 

Eve observa la scène devant elle avec un petit sourire.

 

- J’ignore ce que Virgile raconte mais cela à l’air de beaucoup amuser Gabrielle. Remarqua-t-elle à voix haute.

 

Elle leva les yeux vers la grande femme et fut surprise de la voir en train de fixer le couple devant, la mâchoire serrée et l’œil acéré.

 

- Mère, est-ce que ça va ? S’inquiéta-t-elle.

 

Xena ne sembla pas l’entendre mais elle tourna finalement son regard vers sa fille.

 

- Pardon Eve, qu’est-ce que tu me disais ?

 

- Je te demandais si tu allais bien ? Tu sembles un peu tendu, non ?

 

- Non, je vais bien ma chérie, pourquoi cette question ? Répondit Xena en lui souriant légèrement, les yeux toujours tournés vers les deux autres.

 

- Oh, pour rien, seulement je trouve que tu as l’air un peu ailleurs depuis notre départ d’Amphipolis c’est tout.

 

- Non, rassure toi Eve, je vais très bien. C’est juste que cette histoire de Dieu des Enfers et de côté noir a été un peu déroutante pour moi. Je pense que j’ai besoin d’un peu de repos, et Potédaïa est l’endroit idéal pour ça. Je pense que nous allons y rester un petit moment, histoire de nous remettre un peu et de voir comment va la famille de Gabrielle.

 

- Tu penses qu’ils vont bien ? Vingt-cinq ans c’est long quand on attend le retour de quelqu’un, regarde ce qui est arrivé à grand-mère durant ton absence.

 

Xena regarda ses pieds avec tristesse.

 

- Oui, je sais. Et j’espère vraiment que tout va bien pour la famille de Gabrielle. Ce serait vraiment dur pour elle s’il était arrivé quelque chose, elle était vraiment proche de sa famille avant de me suivre.

 

Xena releva le regard et le posa sur sa compagne avec tendresse.

 

- J’espère vraiment que tout va bien. Reprit-elle doucement sans quitter Gabrielle des yeux.

 

 

 

Comme si celle-ci avait senti ses yeux sur elle, elle se retourna et lui lança un grand sourire. Xena ne put s’empêcher d’y répondre, totalement hypnotisée par ces yeux vert pâle qui brillaient vers elle. Eve, à ses côtés, n’existait plus, Virgile trop proche de Gabrielle, n’existait plus, seul ce regard plein d’amour et ce sourire enchanteur et joyeux lui importaient et pour cela, pour les voir ne serait-ce qu’un fragment de secondes, elle aurait fait à peu près n’importe quoi, elle aurait volontiers donné chacun de ses membres à un marchand ambulant pour ne serait-ce qu’entrevoir ce regard où elle se noyait corps et âme.

 

Alors pourquoi ce rire et cette complicité avec Virgile lui paraissaient-ils si dangereux, alors qu’elle savait que ces yeux amoureux n’étaient que pour elle ?

 

 

 

Eve observa en silence l’interaction entre les deux femmes et sourit pour elle-même face à cet amour incroyable au milieu duquel, rien ni personne n’avait de place, pas même elle, fille de Xena. Oh, sa mère l’aimait, elle ne pouvait pas en douter après tout ce qu’elle avait fait et enduré pour la ramener de Livie à Eve, mais elle savait aussi que si Gabrielle était morte sans l’intervention de Joxer, après qu’elle l’ait capturé, fille ou pas, Xena l’aurait tué. Et sur cela, elle n’avait absolument aucun doute. Elle éprouvait de profonds regrets pour tout ce qu’elle avait fait sous le nom de Livie, mais elle ne se serait jamais pardonné si elle avait tué celle qu’elle considérait aujourd’hui comme sa seconde mère, et la peine irréparable qu’elle aurait causé à sa mère. Elles s’aimaient sans limites et Eve avait beaucoup de respect pour les sentiments qu’elles éprouvaient l’une pour l’autre.

 

 

 

Virgile, lui, ne sembla pas remarquer le silence qui s’était soudain fait autour de lui, plongé dans son histoire, et trop heureux d’avoir fait rire Gabrielle pour laquelle il se consumait d’amour, comme son père avant lui. La tenir dans ses bras à Amphipolis, la sentir prête à lui céder même sous l’emprise d’une quelconque force démoniaque, lui avait fait ressentir pour elle ce qu’il n’avait jamais éprouvé pour personne auparavant. Il se souvenait des histoires que son père lui racontait sur ses deux célèbres amies quand il était plus jeune, mais il n’avait pas compris alors pourquoi ses yeux brillaient quand il parlait de Gabrielle en particulier. Maintenant, il savait. Elle était belle, d’une beauté discrète que l’on ne remarque pas tout de suite mais qui finit par vous éblouir, avec un corps souple et musclé que sa courte tenue rouge ne faisait rien pour dissimuler. Ses yeux s’éclairaient quand elle souriait donnant à son visage une jeunesse et une légèreté que des années d’aventures et de vie à la dure ne lui avaient pas volé même si parfois, comme il l’avait remarqué, une souffrance semblait apparaître dans ses traits, voilant ces yeux magnifiques et faisant ressortir une profondeur qu’elle dissimulait en apparence. Et puis elle ne semblait pas connaître la haine et la méchanceté, elle était généreuse et charitable, gentille et sensible, bref il était totalement et profondément amoureux de cette petite femme et il avait bien l’intention de tout tenter pour qu’elle l’aime en retour puisqu’elle ne semblait pas engagée ailleurs, trop occupée qu’elle était à dormir durant vingt-cinq ans ou à voyager avec Xena.

 

 

 

Mais s’il avait vu le regard que Gabrielle venait de lancer à Xena, il aurait pu se rendre compte à quel point ses suppositions étaient fausses. Ce regard aurait fait fondre un lac gelé en pleine tempête et sans s’en rendre compte, Gabrielle se retourna et alla rejoindre en arrière Xena et Eve qui les suivaient de peu, attirée par la présence de la guerrière comme une abeille par du miel.

 

 

 

- Ne serait-il pas temps de monter le campement ? demanda-t-elle à Xena et sans attendre la réponse, elle continua.

 

- Je crois me rappeler de la présence d’un petit lac pas très loin d’ici. J’ai vraiment chaud et je donnerais n’importe quoi pour un bon bain.

 

- N’importe quoi hein ? Releva Xena pour la taquiner.

 

Gabrielle lui lança un regard espiègle.

 

- Oui enfin, tout ce que ma mère m’autorisait à donner quand j’étais plus jeune.

 

Xena lui fit des yeux faussement déçus, se pencha un peu vers son oreille pour que Eve n’entende pas et lui murmura de sa voix la plus sensuelle.

 

- Alors ce que tu offres n’a aucun intérêt, la seule chose de toi qui m’amènerait à céder ferait rougir ta pauvre mère comme la lave d’un volcan.

 

 

 

Mais ce fut Gabrielle qui rougit de la base de sa gorge jusqu’à la racine de ses cheveux blonds. Xena gloussa et reprit sa marche, laissant une Gabrielle pantelante et cramoisie puis se tourna à nouveau vers sa compagne.

 

- Allez viens, je vois de quel endroit tu parles, c’est à quelques lieues, nous y serons avant le coucher du soleil si nous nous dépêchons, comme ça nous pourrons piquer une tête pour nous rafraîchir. Tu as l’air d’en avoir bien besoin. Ajouta-t-elle en lui faisant un clin d’œil.

 

Gabrielle sourit en rougissant de plus belle et se remit en route à son tour.

 

 

 

Soudain Xena se tendit et ses yeux se rétrécirent. Elle leva la main pour faire signe à Gabrielle. Celle-ci se tut et s’immobilisa immédiatement ne connaissant que trop bien cette attitude. Elle se précipita vers Virgile et l’attrapa par le bras, le tirant en repli vers Xena et Eve.

 

- Combien sont-ils ? Demanda-t-elle à la guerrière.

 

- Nombreux, je dirais entre dix et vingt. Il s’agit peut-être d’une patrouille grecque ou d’une bande de brigands cherchant à se divertir. De toute façon, nous ne pouvons plus les éviter, ils sont trop proches et ils ont dû t’entendre rire à gorge déployée. Conclut Xena sèchement.

 

Gabrielle la regarda un moment essayant de deviner ce que signifiait ce ton mais son attention fut attirée vers l’autre côté de la route. La seconde hypothèse s’avéra la bonne, au grand plaisir de Xena qui sourit diaboliquement en les apercevant. Une bonne quinzaine de types sales et mal rasés comme elles en avaient affrontées des milliers, apparurent au détour d’un virage et s’arrêtèrent face à eux en ricanant, lorgnant les trois femmes de manière obscène et peu discrète.

 

- Tiens, tiens, qu’avons-nous là ? Si c’est pas mignon tout ça. Dit un des hommes qui s’avançait.

 

Il était vêtu de cuir noir et des pointes de métal sortaient des épaules de sa veste, une longue épée pendait à son flanc et deux dagues sortaient de chacune de ses bottes usées. Une grande cicatrice traversait son visage, il lui manquait plusieurs dents et celles qui lui restaient étaient noires et abîmées. Il se tourna vers ses camarades qui étaient tous sur le même modèle en ricanant d’une manière animale.

 

- Vous avez vu ce qu’on a trouvé les gars ?

 

Les autres ricanèrent de la même façon.

 

- J’aurai aimé qu’on me donne un dinar chaque fois que j’ai entendu ça. Murmura Gabrielle.

 

Virgile et Xena sourirent et Eve ricana.

 

- C’est nous qui t’amusons gamine ? Demanda celui qui s’était avancé et semblait être le chef de la bande, à Eve d’une voix énervée.

 

- Allons, évite toi des ennuis à toi et à tes copains et passez votre chemin. Conseilla Xena, le visage inexpressif et détendu.

 

- Et qui va nous y obliger femme, toi ?

 

Il se tourna à nouveau vers sa bande et ils explosèrent tous de rire.

 

Xena se tourna elle aussi vers Gabrielle avec un sourire satisfait.

 

- Là c’est moi qui voudrais un dinar.

 

Eve gloussa encore.

 

- Devine ! Lança la guerrière amusée au chef de la bande.

 

Gabrielle ricana à son tour. Le chef tira son épée et la bande l’imita dans un bruit de métal qu’on frotte contre le cuir.

 

- Eve…

 

- Je ne me bats pas ! La coupa la jeune femme brune d’un ton catégorique.

 

Xena la regarda avec tendresse.

 

- Je sais, je veux juste que tu te mettes à l’abri, d’accord ?

 

Eve lui fit un hochement de tête entendu et s’écarta de la scène.

 

 

 

Xena les regarda avancer vers eux, inflexible, un sourire féroce sur les lèvres. Virgile tira son épée et Gabrielle sortit ses sais, tous deux prêts à les recevoir de pieds fermes.

 

Un premier homme brandit son épée face à Xena. Elle rigola sauvagement et le mit KO d’un simple revers. L’homme s’écroula à ses pieds avec un bruit sourd. Elle prit appui du pied gauche et sauta par-dessus trois autres hommes qui lui fonçaient dessus, en poussant son cri de guerre.

 

Deux autres brigands se précipitèrent sur Gabrielle qui se baissa. Elle coucha le premier d’un coup dans la rotule qui le fit hurler de douleur à terre en se tenant le genou et explosa la mâchoire du second avec un crochet de gauche dur comme du fer avec un sais.

 

Virgile en affronta un méchant qui bougeait rapidement mais il fut encore plus rapide que lui. Il esquiva à gauche puis à droite et donna un coup sec avec son épée qui fit tomber celle de son adversaire. L’autre lui fonça dessus et Virgile l’assomma d’un coup avec la garde de son épée sur la nuque alors qu’il esquivait de nouveau et passait derrière son ennemi d’un mouvement fluide.

 

Xena éclata « littéralement » le groupe suivant de quatre brutes, qui lui sautèrent dessus en un tas de chair puante, d’un bond en l’air surpuissant, les entraînant avec elle. Elle se dégagea et les assomma un par un dans un déluge de coups de poings, de coups de pieds et de rires, s’amusant apparemment beaucoup. Elle jeta un coup d’œil à Gabrielle qui bloquait une épée d’un sais en position défensive le long de son avant-bras et catapultait son adversaire à plusieurs mètres d’un coup de pied retourné puissant et agile dans le ventre.

 

Elles se regardèrent et se sourirent. Soudain Gabrielle ouvrit de grands yeux et Xena se baissa d’instinct pour éviter une lourde hache à double tranchant que le chef avait ramassé sur un camarade tombé. Xena se tourna vers lui le regard acéré et sauvage. Le chef hésita un moment, un peu effrayé, puis se jeta sur elle en hurlant. Elle sortit son épée du fourreau accroché dans son dos d’un geste si rapide que l’homme faillit ne pas le voir. Elle lui faisait face les mains vides et la seconde suivante elle tenait une longue épée aiguisée et luisante dans la main droite.

 

Il vit tout de suite que ce n’était pas une arme d’apparat aux marques qu’il y avait dessus et à la manière dont sa propriétaire la tenait. Et il comprit que la grande femme devant lui était une guerrière et non une paysanne en quête de voyages. Il aurait dû se méfier de sa tenue de cuir. Il tourna la tête et vit l’autre femme, la blonde, arracher une épée d’un des siens en la bloquant de ses armes, la jeter plus loin et frapper son adversaire d’un uppercut montant avec la garde d’un sais. Mais il comprit trop tard son erreur. L’épée de la guerrière le transperça en pleine poitrine. Il la regarda droit dans les yeux et n’y vit qu’indifférence et froideur, et les yeux de glace furent la dernière chose qu’il vit avant de fermer des yeux et d’émettre son dernier souffle.

 

Xena retira son épée du corps sans vie de son ennemi et chercha autour d’elle pour trouver les autres. Gabrielle et Virgile se battaient côte à côte contre les trois derniers hommes de la bande. Virgile évita le premier mais un second ennemi arriva sur son flanc et il tomba sous la force de l’homme.

 

- Virgile ! Cria Gabrielle qui se débarrassait des derniers ennemis.

 

Les deux hommes roulaient à terre en s’empoignant brutalement. Une lame se leva, luisante dans un rayon de soleil qui éblouit la jeune femme. La lame redescendit et un cri de douleur fut poussé.

 

- Virgile, Virgile !

 

Gabrielle se précipita vers les deux hommes à terre, appelant son ami avec angoisse.

 

Xena regardait la scène d’un peu plus loin et sentit son cœur se serrer en voyant sa compagne se jeter à genoux pour prendre le jeune homme dans ses bras. Elle supportait de moins en moins la promiscuité qui semblait exister entre sa compagne et le fils de Joxer depuis Amphipolis. Gabrielle le protégeait et prenait soin de lui comme une mère…ou une amante, se dit-elle. Elle secoua la tête pour chasser cette idée de son esprit et se concentra sur l’état de santé du jeune homme. Elles entendirent un grognement et Virgile ouvrit les yeux. Gabrielle le regardait avec inquiétude.

 

- Es-tu blessé ?

 

Il réfléchit un instant puis secoua la tête mais ne fit rien pour se dégager de la prise tendre de Gabrielle. Xena s’approcha, légèrement exaspérée, et lui prit le bras pour le relever d’une manière un peu brusque, l’arrachant des mains de sa compagne.

 

- Ça va ? Demanda-t-elle, d’un air détaché en glissant son épée derrière son dos.

 

Il hocha la tête puis épousseta ses vêtements pour enlever la terre. Eve sortit de sa cachette, derrière un fourré et les rejoignit.

 

- On peut dire qu’ils n’ont pas eu de chance ! Commenta-t-elle en jetant un coup d’œil alentour avec une grimace pour découvrir un amoncellement de corps, certains morts, d’autres inconscients ou blessés, mais tous hors d’état de nuire pour un moment.

 

- Je les avais prévenus. J’espère que maintenant ils auront peur des femmes ! Lança Xena pince-sans-rire.

 

Eve et Gabrielle gloussèrent.

 

- Bien, remettons nous en route, reprit Gabrielle, une baignade fort désirée m’attend.

 

Ils reprirent leur route sans un regard pour les hommes qui agonisaient le long du chemin. Un des gars les suivit des yeux avec rage, jurant vengeance, puis il céda à son corps blessé et sombra dans l’inconscient.

 

 

 

Ils atteignirent le lieu recherché à peine quelques heures plus tard alors que le soleil était encore suffisamment haut dans le ciel pour leur permettre de prendre un bon bain. Le campement fut préparé pour la nuit avec l’efficacité et la rapidité de personnes qui ont l’habitude de le faire souvent. Une fois cela fait, Eve s’éloigna, préférant le calme des bords du lac pour lire les parchemins de Gabrielle afin d’en découvrir un peu plus sur les nombreuses aventures que les deux femmes avaient traversé. Pour ainsi mieux connaître ces personnes qui l’aimaient et la chérissaient suffisamment pour lui pardonner ce qu’elle avait fait, pour découvrir leur histoire et donc tenter de trouver une possible réponse sur le pourquoi de son arrivée dans ce monde et les circonstances qui l’y ont amené.

 

Virgile alla chasser, n’aimant pas vraiment l’eau sauf pour le nécessaire, et les laissa après avoir soigneusement installé sa couche à proximité du feu de camp que Xena venait d’allumer.

 

 

 

Xena et Gabrielle, se retrouvant seules, se déshabillèrent rapidement et plongèrent chacune leur tour, tête la première, dans le lac avec un plaisir non dissimulé. L’eau était plutôt froide mais elles avaient l’habitude. Elles s’éclaboussèrent comme des gamines en poussant des petits cris et en rigolant bruyamment. Eve, assise plus loin au bord de l’eau, jeta un coup d’œil vers elles et sourit en les regardant s’amuser. Qui croirait qu’il s’agit de deux puissantes guerrières, pensa-t-elle en les voyant maintenant faire la course et nager loin de sa vue, derrière des arbres. Eve secoua la tête en soupirant et retourna à sa lecture pour plonger dans les évènements dont Gabrielle avait si soigneusement reporté les faits et elle oublia très vite le monde autour d’elle.

 

 

 

Xena et Gabrielle firent la course jusqu’à une petite plage de sable noir derrière une colline. Elles s’allongèrent sur le dos, les pieds encore dans l’eau en tentant de reprendre leur souffle, contentes d’elles.

 

Xena se redressa doucement, s’appuya sur un coude en tenant sa tête et regarda Gabrielle avec un petit sourire rêveur en faisant descendre ses yeux le long du corps nu et mouillé de sa compagne. Gabrielle remarqua l’attention de la guerrière et lui rendit son sourire en prenant la même position que Xena. Elles se regardèrent et leurs yeux brillèrent à toutes les deux.

 

- Que racontait Virgile tout à l’heure pour te faire rire ainsi ? Demanda Xena.

 

- Il me racontait une histoire qui est arrivée à Joxer un jour. Tu savais qu’il avait peur des chiens ? Plaisanta Gabrielle.

 

- Non, je ne savais pas mais compte tenu du fait que Joxer avait peur d’à peu près tout ce qui respire, je suppose que je ne devrais pas être étonnée.

 

Elles rigolèrent puis gardèrent le silence un moment.

 

- Il me manque. Reprit Gabrielle avec tristesse.

 

- Je sais, il me manque aussi. Ajouta Xena sur le même ton.

 

- C’est si étrange de voyager avec son fils qui est adulte après toutes les aventures que nous avons vécues avec lui.

 

- Tout comme il est étrange de voyager avec notre fille de vingt-cinq ans que nous n’avons pas vu grandir, alors que nous venons de la mettre au monde.

 

- Ouais, c’est sûr. Tout ceci est tellement troublant de nous dire que nos familles et nos amis sont tous vieux ou morts alors que nous n’avons pas vieilli d’un pouce. Virgile voyage avec nous pourtant c’est un inconnu, nous ne connaissons rien de sa vie, sauf qu’il est le fils de Joxer.

 

Xena regarda Gabrielle du coin de l’œil, observant ses réactions. Celle-ci avait le regard perdu au loin.

 

- Et il lui ressemble si peu, continua-t-elle. Il est malin et sûr de lui, il sait se battre et n’en a pas peur…

 

- Il est aussi très beau. Coupa Xena en la fixant, pour voir sa réaction.

 

Gabrielle tourna ses yeux vers elle.

 

- C’est vrai. Répondit-elle en hochant la tête pour confirmer.

 

Elle vit Xena se tendre, serrer la mâchoire et baisser les yeux pour regarder ailleurs.

 

- C’est sûrement parce que sa mère était magnifique. Ajouta-t-elle d’un sourire qui éclaira son visage, en caressant la longue hanche exposée de sa compagne du dos de la main.

 

Xena releva les yeux sur les siens en rougissant légèrement. Elle la fixa intensément puis se pencha vers elle pour venir lui donner un doux baiser.

 

- Merci, tu n’es pas mal non plus. Dit la guerrière en s’écartant d’un cheveu des lèvres de Gabrielle.

 

- Maintenant dis moi…Elle passa un bras autour de la taille de sa compagne pour l’amener contre son propre corps, et lui donna un autre baiser, léger comme une plume en la gardant contre elle.

 

- Qu’est-ce que ta mère t’autorisait à donner quand tu étais plus jeune ?

 

Un autre baiser.

 

- Parce que moi je n’accepte pas n’importe quoi.

 

Et encore un autre baiser le long de la gorge de Gabrielle qui mit la tête en arrière pour exposer encore plus la zone que Xena s’amusait à explorer de ses lèvres, traçant un sillon de frissons sur la peau douce de sa compagne. Elle lui déposa une série de baisers de la gorge à la mâchoire en repassant par ses lèvres pour terminer derrière l’oreille opposée. Elle gloussa en entendant le grognement de Gabrielle. La jeune femme blonde s’allongea dos sur le sable, passa sa main derrière la nuque de la guerrière et l’attira à elle pour s’emparer de ses lèvres dans un baiser avide qui les laissa toutes deux hors d’haleine et folles de désir.

 

- On s’en fiche ! Je suis grande maintenant, j’ai le droit de donner ce que je veux. Répondit Gabrielle, le souffle court, avant de reprendre sauvagement la bouche de Xena.

 

Leurs langues s’affrontèrent dans un combat de caresses. Elles roulèrent dans le sable, nues et emmêlées l’une à l’autre.

 

 

 

Virgile revint au campement avec deux beaux lièvres dans la main gauche et l’arc court de Xena dans l’autre, alors que le soleil avait commencé sa descente sur les collines qui entouraient le lac, baignant le paysage de sa chaude couleur rouge orangée. Il les avait déjà dépecé, ayant appris récemment que Gabrielle avait horreur d’assister à la mise à mort et au dépeçage « de si mignonnes petites choses » selon ses propres termes, et cela même si elle avait été « littéralement agressée » toujours selon ses propres termes, il y a longtemps par un lapin mangeur d’hommes. Ne voulant en aucun cas contrarier la jolie jeune femme, Virgile s’était donc acquitté de cette tâche loin du campement, se faisant désormais un devoir de lui épargner un tel spectacle.

 

 

 

Il fut déçu de ne trouver qu’Eve autour du feu qui lisait un parchemin posé sur ses genoux. Elle releva la tête en entendant des pas approcher et lui sourit en le reconnaissant.

 

- Belle prise. Commenta-t-elle en lui montrant les lapins du menton.

 

- Ouais merci.

 

Il regarda les alentours.

 

- Où sont Gabrielle et Xena ? Demanda-t-il après un moment.

 

- Elles trempent encore. Répondit Eve en reposant les yeux sur sa lecture.

 

- Encore ?! Mais la nuit est en train de tomber. S’étonna Virgile.

 

Eve haussa les épaules.

 

- Elles ne vont sûrement pas tarder.

 

 

 

Le silence se fit entre eux. Leurs rapports étaient encore tendus, malgré les efforts que faisait Eve pour se faire pardonner, ce qu’elle savait ne pas être possible. Mais Virgile se laissait doucement apprivoiser et ils arrivaient au moins à échanger une conversation de temps en temps, courte certes, mais une conversation quand même.

 

- Je me demande bien ce qu’elles font ? Reprit-il un moment plus tard.

 

- Oh, peut-être ont-elles trouvé des fesses à botter de l’autre côté du lac. A ta place je ne m’inquièterais pas trop pour elles, tu veux du thé ?

 

 

 

Gabrielle poussa un cri et enfonça ses mains dans le sable lorsque la bouche de Xena recouvrit son sexe, ses mains maintenant fermement les hanches de la jeune femme blonde contre elle pour la soumettre à la plus délicieuse des caresses. Xena grogna alors qu’elle léchait, suçait et titillait, rendant complètement dingue sa compagne qui se tortillait sous elle en poussant des petits halètements.

 

Gabrielle approchait du paroxysme. Elle agrippa Xena par les cheveux et l’appuya contre elle pour approfondir la caresse. Les étoiles explosèrent derrière ses yeux fermés alors qu’elle poussait un long râle d’extase. Xena garda sa position un moment, l’amenant encore plus loin dans le plaisir alors que sa compagne tremblait de la tête aux pieds. Elle finit par remonter le long du petit corps parfait pour venir enfin l’embrasser et étouffer de sa bouche les derniers gémissements qui résonnèrent dans sa propre gorge, vivant l’orgasme avec Gabrielle et ressentant elle aussi les convulsions de plaisir de la femme qu’elle tenait avec tendresse dans ses bras.

 

- Je t’aime Gabrielle, tellement ! Murmura-t-elle d’une voix basse et rauque contre son oreille alors que l’autre femme reprenait doucement conscience du monde autour d’elle, essayant de retrouver son souffle.

 

Elle entoura Xena de ses bras et la serra contre elle à l’étouffer.

 

- Je t’aime aussi.

 

 

 

Elles reprirent lentement leurs esprits dans un silence amoureux, étroitement et tendrement enlacées, Xena dans les bras de Gabrielle, la tête posée sur sa poitrine, écoutant les battements de son cœur ralentir et reprendre un rythme normal.

 

- Il faut qu’on retourne au campement, ils vont finir par s’inquiéter. Dit Gabrielle rompant enfin ce calme.

 

- On s’en fiche ! grogna Xena contre elle en resserrant sa prise autour du petit corps et en lui embrassant le sein droit.

 

La jeune femme blonde ricana en se détachant doucement du long corps de la guerrière.

 

- Allez Xena, il faut vraiment qu’on rentre. Il fait quasiment nuit, je suis nue et j’ai un peu froid.

 

- Ce n’était pas le cas il y a quelques minutes mon amour. Répondit Xéna avec un sourire espiègle.

 

Gabrielle sourit en la poussant légèrement, se mit debout et lui tendit la main pour l’aider à se relever. Xena l’attrapa et la tira à nouveau vers le bas, jusque dans ses bras qu’elle s’empressa de refermer sur le corps souple de sa compagne en gloussant.

 

- Xena ! Protesta-t-elle. Tu veux bien arrêter de faire l’enfant s’il te plait. S’offusqua-t-elle faussement.

 

La guerrière lui embrassait maintenant le haut de la poitrine.

 

- Tu penses vraiment que des enfants s’amusent à faire ce que je suis en train de te faire maintenant ? Plaisanta la guerrière, qui ne montrait aucune intention de bouger.

 

Elle prit son visage entre ses mains et l’embrassa passionnément. Gabrielle ne put résister plus longtemps et répondit au baiser, retombant sans effort dans la volupté qu’elle venait à peine de quitter. Xéna gémit quand elle la sentit répondre au baiser de feu qu’elle lui prodiguait mais un cri de frustration lui échappa lorsque Gabrielle s’écarta de nouveau de ses bras, un peu plus brusquement cette fois, et se releva rapidement pour fuir le corps chaud de la guerrière qu’elle sentait bouillir contre elle et qui tentait de nouveau de l’attirer contre elle. Xena soupira de dépit.

 

- Gabrielle, détends toi ! Il n’y a pas d’urgence.

 

La jeune femme blonde soupira à son tour.

 

- Je sais, mais ils vont nous chercher, ce n’est pas la peine de les inquiéter plus que nécessaire.

 

Xena se releva d’un mouvement souple et félin et marcha vers elle.

 

- Allons chérie, Eve sait très bien ce que nous faisons, elle n’est pas bête. Quant à Virgile, hé bien, je me fiche pas mal de ce qu’il pense à vrai dire. Alors s’il te plaît, ne sois pas si tendue, nous avons encore du temps avant de rentrer.

 

Elle tenta de la prendre à nouveau dans ses bras mais Gabrielle évita son mouvement et recula loin d’elle.

 

- Il va s’inquiéter Xena, il est assez impétueux pour décider sur un coup de tête de partir à notre recherche, et je ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose pendant qu’il le fait.

 

Elle lui tourna le dos pour marcher jusque vers le bord du lac et se retourna.

 

- Tu viens ? demanda-t-elle lorsqu’elle remarqua que Xena ne la suivait pas.

 

La guerrière s’était soudain raidie.

 

- Mais qu’est-ce que tu as avec lui ? S’emporta-t-elle tout à coup.

 

Sa réaction surprit, étonna et effraya Gabrielle qui n’était pas habituée à la voir ainsi. La guerrière perdait rarement son sang froid, en tous les cas pas aussi rapidement et surtout pas contre elle.

 

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

 

- Pourquoi t’inquiètes-tu toujours de lui ? C’est agaçant tu sais, quand la femme que tu désires plus que tout te parle de quelqu’un d’autre en pleins préliminaires.

 

- Nous n’étions pas au début de quoi que ce soit, nous avions terminé ! s’emporta à son tour Gabrielle. Xena, qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ?

 

- Je suis fatiguée de t’entendre parler de Virgile à chaque phrase que tu prononces. Virgile par ci, Virgile par là. Depuis que nous le connaissons, tu n’as que ce nom là à la bouche. Expliqua Xena avec colère.

 

Gabrielle la fixa un moment puis une lumière s’alluma dans son esprit.

 

- Mais attends une minute, ne me dis pas que tu es jalouse !

 

Elle semblait totalement soufflée par cette découverte. Elle n’avait jamais vu Xena être jalouse de qui ou de quoi que ce soit.

 

- Tu es jalouse de Virgile ! Je n’arrive pas à y croire. Répéta-t-elle en secouant la tête.

 

- Depuis ce côté sombre…ce mal qui nous a possédé à Amphipolis, tu éprouves…des sentiments pour lui, admets le…je le vois bien. C’est depuis que vous vous êtes vautrés l’un sur l’autre dans ce temple…tu en pinces pour lui, c’est ça n’est-ce pas ? Accusa Xena complètement hors d’elle, elle bafouillait, se maîtrisant difficilement.

 

- C’est le fils de Joxer ! Cria Gabrielle en tentant de se défendre et espérant que ce simple fait suffirait à calmer cette colère qu’elle voyait pour la première fois sur le visage de sa compagne.

 

Non, en fait, elle réalisa qu’elle lui avait déjà vu ce visage rongé par la colère et la haine. C’était après la mort de Solan, lorsqu’elle était venue la chercher au village amazone pour l’emmener et la tuer. Et aujourd’hui, ce regard qu’elle ne pensait plus jamais revoir réapparaissait et comme la première fois, elle en était la cause. Et tout comme la fois précédente, elle n’avait rien fait d’intentionnel pour le provoquer. Mais il y avait une différence entre la mort de Solan et cette scène de jalousie soudaine qui la dépassait.

 

- Raison de plus ! Continua Xena. Tu as toujours éprouvé quelque chose pour Joxer, mais il était trop bête, trop peureux, trop maladroit pour t’intéresser mais le fiston c’est autre chose ! Il a toutes les qualités sans les défauts du père, voilà tu as enfin trouvé l’homme de ta vie ou plutôt le Joxer de ta vie ! Cracha Xena avec véhémence, les yeux froids et distants.

 

- Je n’arrive pas à croire que tu puisses m’accuser de ça. Xena, comment peux-tu me dire une chose pareille en me regardant dans les yeux ? Il ne représente rien pour moi, si tu me connaissais aussi bien que tu le prétends, tu saurais que c’est impossible.

 

- Bien sûr, tu ne vas pas me dire le contraire ! Hurla Xena. Cela t’arrange bien finalement que Joxer soit mort, tu peux t’occuper tendrement de son fils sans le blesser.

 

 

 

Gabrielle recula sous le poids des mots de sa compagne en fixant ses yeux fous de rage, complètement choquée. Des larmes de douleur coulèrent le long de ses joues mais elle ne fit rien pour les stopper ou les arrêter, en fait elle ne les sentait même pas. Xena avait le souffle court et fixait Gabrielle en silence, tentant visiblement de maîtriser la vague de colère pure qui continuait de déferler en elle. Elle regarda Gabrielle avancer vers l’eau sans un regard pour elle, le dos raide et les poings serrés. Elle la vit glisser dans l’eau et commencer à nager rapidement pour s’éloigner au plus vite d’elle. Elle fixa l’endroit où elle la vit disparaître, dans la surface d’encre du lac et resta là, les bras ballants le long du corps. Puis, en reprenant une respiration normale, le poids des mots qu’elle venait de prononcer résonnèrent dans sa tête et la frappèrent avec force et douleur.

 

Comment avait-elle pu dire toutes ces horreurs à la seule personne de sa vie qui n’avait jamais rien fait pour les mériter ? Comment avait-elle pu lui dire tout ça alors que Gabrielle venait de s’abandonner dans ses bras ? Et comment avait-elle osé lui faire du mal et lui parler ainsi ?

 

Et soudain Xena eut honte. Elle eut honte des mots qui étaient sortis, elle eut honte d’avoir insinué que Gabrielle la trompait, elle eut honte de sa jalousie. Elle s’assit sur le sable, face au lac et releva ses genoux sur sa poitrine pour les encercler de ses bras en fixant d’un regard perdu l’eau sombre qui venait lui lécher le bout des orteils.

 

Elle ferma les yeux et la douleur profonde qu’elle avait vue dans les yeux mouillés de larmes de son amante apparut devant elle pour lui rappeler le mal qu’elle venait de lui faire et celui qu’elle venait de leur faire à elles. Elle sentit ses propres larmes couler. Si Gabrielle ne voulait plus d’elle et partait, elle le comprendrait et ce serait uniquement de sa faute.

 

Comment pourrait-elle rester après ce qu’elle venait de lui dire ? Personne ne le voudrait, non personne.

 

 

 

Gabrielle sortit de l’eau et ramassa le morceau de tissu qu’elle avait préparé avant sa baignade. Elle s’essuya et s’habilla sans y penser, l’esprit occupé à revivre la scène qui venait de se dérouler entre elle et Xena. Une nouvelle larme fit son chemin sur une joue. Elle se retourna et tenta de percer l’obscurité vers l’endroit où se trouvait encore Xena mais elle renonça, secouant la tête pour éclaircir ses pensées. Toute son âme mourait d’envie d’y retourner mais sa raison lui rappela qu’elle n’avait rien fait pour provoquer cette situation et qu’il valait mieux attendre quelques temps avant de revoir Xena. Elle avait mal. La femme qu’elle aimait plus que tout, pour laquelle elle avait tant sacrifié, doutait de son amour et n’avait pas confiance en elle. Et ce constat lui faisait encore plus mal que la dispute elle-même. Elle regarda vers le feu de camp et aperçut Eve et Virgile. Eve semblait une fois de plus plongée dans un de ses manuscrits et Virgile aiguisait son épée avec soin. Elle n’avait aucune envie d’avoir de la compagnie et elle avait la nausée, alors elle s’assit face au lac, replia ses jambes contre elle et y posa son menton, dans la même position que sa compagne sans le savoir, et laissa place à sa tristesse face à cette situation qu’elle ne contrôlait pas.

 

 

 

- Elles devraient être rentrées maintenant, il fait nuit noire ! S’impatienta Virgile. Il a du leur arriver quelque chose, je vais les chercher.

 

Il se leva et rangea son épée dans son fourreau.

 

- Virgile, ce sont de grandes filles, laisses les tranquille. Elles reviendront quand elles le voudront. Tenta de le stopper Eve.

 

Elle devinait très bien la réaction de sa mère si Virgile débarquait au milieu d’un moment très intime.

 

- Mais elles sont parties depuis des heures, sans dire où elles allaient. Personne ne se baigne aussi longtemps. Non, il a du se passer quelque chose, elles ont été attaquées ou autre chose, il faut que j’aille aider Gabrielle.

 

Eve secoua la tête devant la naïveté et l’ignorance du jeune homme et qui décidément ne comprenait vraiment rien à ce qu’il y avait entre Gabrielle et sa mère. Elle tenta le tout pour le tout.

 

- Ecoute Virgile, je pense qu’elles veulent être un peu seules. Elles n’ont pas eu beaucoup de moment à elles depuis qu’elles se sont réveillées dans cette montagne, et je ne pense pas qu’elles aient envie de te voir interrompre ce moment de paix qu’elles ont enfin trouvé. Alors assieds toi, mange un morceau et cesse de te demander ce qu’elles font parce que nous ne les reverrons peut-être pas ce soir.

 

Virgile la fixa pas sûre de comprendre ce qu’elle essayait de lui dire à demi-mot.

 

- Comment ça elles ont besoin d’être seules ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? Questionna-t-il, n’osant pas mettre de mots sur l’intuition qui prenait forme dans son esprit.

 

Eve soupira et ouvrit la bouche pour expliquer une bonne fois pour toute ce qu’elle savait et tant pis s’il ne l’acceptait pas.

 

- Elle veut dire exactement ce qu’elle vient de dire ! Coupa Gabrielle en faisant un regard plein de reproches à la fille de Xena.

 

Eve baissa la tête et regarda le parchemin devant elle, effaçant une poussière imaginaire sur sa surface. Virgile se tourna vers Gabrielle, heureux de la savoir enfin de retour.

 

- Gabrielle, je m’inquiétais de ne pas vous voir et je m’apprêtais à partir à votre recherche.

 

- Je sais. Le coupa-t-elle lui aussi un peu sèchement. Je vous ai entendu quand j’étais sur la rive.

 

- Où est Xena ? Demanda Eve en regardant vers le lac.

 

- Elle est partit vérifier quelque chose. Répondit Gabrielle après un court temps de réflexion.

 

- Et j’ignore quand elle va revenir, alors nous ferions aussi bien de manger et de nous reposer.

 

Eve la regarda fixement lui signifiant qu’elle ne la croyait pas, Gabrielle évita son regard et alla s’asseoir sur une grosse pierre à proximité du feu. Virgile haussa les épaules, se souciant au fond très peu de l’endroit où se trouvait Xena puisque Gabrielle était de retour, et s’installa à son tour après avoir servi une portion de ragoût de lièvre à chacun. Le repas se fit dans le silence le plus complet. Eve remarqua du coin de l’œil que Gabrielle ne mangeait pas et jouait avec sa nourriture, le regard absent, une étincelle de tristesse s’y reflétant.

 

Que s’est-il passé ? Se demanda-t-elle. Gabrielle a l’air perdu et vraiment triste. Elles ont du se disputer, ça expliquerait pourquoi mère n’est toujours pas revenue. Elle doit être en train de ruminer leur dispute quelque part.

 

Gabrielle posa son bol et se leva.

 

- Je vais voir Argo, il est seul depuis des heures et je ferai le tour du campement pour vérifier les alentours. J’en ai pour un moment, ne m’attendez pas.

 

Virgile commença à se lever pour la suivre.

 

- Veille sur le campement. L’arrêta la jeune femme en lui posant une main sur l’épaule, puis elle s’éloigna, ne lui laissant aucune chance de répliquer ou d’insister pour l’aider.

 

Virgile parut déçu d’être ainsi laissé de côté mais il n’insista pas et replongea dans son bol en silence. Eve termina le sien et se leva à son tour.

 

- Je reviens. Lança-t-elle en partant dans la direction de Gabrielle.

 

 

 

Elle marcha à travers les buissons et arriva à une petite clairière où se trouvait Gabrielle et Argo, dans un rayon de lune. La jeune femme blonde bouchonnait doucement le cheval de Xena en lui caressant le flanc.

 

Eve s’approcha et vint à côté d’elle, attendant qu’elle la remarque. Gabrielle tourna la tête vers elle et Eve lui sourit doucement en se frottant les bras pour se réchauffer un peu maintenant que les flammes du feu ne le faisaient plus.

 

- Est-ce que tout va bien Gabrielle ?

 

L’autre ne répondit pas mais émit un soupir.

 

- Où est Xena ? Demanda-t-elle à nouveau.

 

- Là où je l’ai laissée je suppose. Répondit enfin doucement Gabrielle en regardant ses pieds.

 

- Vous vous êtes disputées ? Osa Eve, pas très sûre de la réaction de l’autre femme.

 

Un silence s’installa et Eve pensa que Gabrielle n’allait pas répondre mais un murmure atteignit ses oreilles.

 

- Comment peut-elle penser que je peux aimer quelqu’un d’autre ?

 

La question était plus pour elle-même que pour Eve dont elle semblait ne plus s’occuper de la présence.

 

- Quoi ? Demanda Eve en penchant la tête pour voir son visage.

 

Gabrielle prit une profonde respiration et se tourna vers elle.

 

- Ta mère croit que je suis amoureuse de Virgile. Lâcha-t-elle avec une colère retenue.

 

Eve réagit avec étonnement. Pour elle, il était évident qu’il n’en était rien, pas avec les regards qu’elles se lançaient. Elle les savait follement éprises l’une de l’autre et rien ne semblait capable de les détourner de cet amour.

 

- C’est ridicule ! Répondit-elle sans réfléchir.

 

Gabrielle hocha la tête pour lui signifier qu’elle était du même avis.

 

- Les Dieux savent que je l’aime de toute mon âme Eve, mais comment puis-je accepter qu’elle doute ainsi de moi ? Je ne ressens que de l’amitié pour Virgile et une tendresse particulière parce que son père était un de nos meilleurs amis mais je ne ressens certainement pas de l’amour ou du désir pour lui. Non, ça je le réserve pour Xena. Je n’aime qu’elle et j’ignore d’où lui est venu cette idée ridicule.

 

- Elle a peur je pense.

 

- De quoi !?

 

- Je ne sais pas, que tu la quittes, que tu ne l’aimes plus.

 

- Mais je n’aime qu’elle depuis que nos regards se sont croisés la première fois. Quand des marchands d’esclaves ont voulu nous emmener ma sœur et moi, et qu’elle est apparue telle une déesse de rage pour nous sauver. A ce moment j’ai su qu’il n’y aurait plus jamais de place pour personne d’autre dans mon cœur.

 

- Est-ce que tu lui as dis ?

 

- Elle le sait depuis longtemps déjà. J’ai mal Eve, elle m’a fait mal.

 

Eve s’approcha d’elle et lui passa un bras autour des épaules lorsqu’elle vit Gabrielle verser une larme.

 

- Ne pleure pas Mère, tout va s’arranger une fois que vous aurez discuté.

 

Gabrielle s’écarta d’elle et la regarda avec dureté.

 

- Discuter ? Non, je ne veux plus discuter. J’en ai assez de toujours pardonner. Elle m’a blessé pour la dernière fois, cette fois je ne pardonne pas.

 

- Je vais partir pour Potédaïa, seule, dis lui que ce n’est pas la peine de me suivre, c’est terminé, je ne veux plus la voir. Ma famille sera ravie de me voir rentrer définitivement.

 

Elle tendit la main et la posa sur la joue d’Eve avec tendresse.

 

- J’aurais tant aimé te voir grandir, t’apprendre des choses et partager nos aventures avec toi. Au lieu de cela, j’ai essayé de te tuer et je suis vraiment heureuse d’avoir échoué. Je t’aime Eve, prends bien soin de toi…et de ta mère.

 

Elle se retourna et quitta la clairière sans un regard, ne laissant aucune chance à Eve de la retenir.

 

 

 

Lorsqu’elle revint au campement la couche de Gabrielle, à côté de celle de sa mère, avait disparue ainsi que ses affaires personnelles. Virgile tournait en rond et l’agrippa par les bras pour la secouer quand elle sortit de derrière un arbre.

 

- Qu’est-ce qui se passe Eve ? Gabrielle a prit ses affaires et elle est partie après m’avoir dit de rentrer chez moi et d’ajouter « adieu ». Où est-elle allée Eve ? Pourquoi est-elle partie ?

 

Il était angoissé et nerveux. Eve tenta de le calmer mais il n’écoutait pas, faisant maintenant les cent pas autour du feu.

 

- Gabrielle est partie, Gabrielle est partie ! Répétait-il en se passant les mains dans les cheveux.

 

- Virgile calme toi, elle reviendra je te le promets.

 

- Comment le sais-tu ?

 

- Je commence à les connaître toutes les deux et j’ai lu beaucoup de parchemins de Gabrielle, elle reviendra, ne t’inquiète pas. Elles ne peuvent pas vivre l’une sans l’autre.

 

Virgile la regarda, dubitatif.

 

- Comment puis-je te croire après tout ce que tu m’as fait !?

 

- Ecoute, je ne vais pas m’excuser à nouveau pour ça, c’est inutile et effectivement, tu n’as aucune raison de me faire confiance mais crois moi quand je te dis que Gabrielle sera bientôt de retour.

 

- Comment peux-tu en être aussi sûre ?

 

- Parce que Xena ira la chercher !

 

Eve prononça cette dernière phrase avec la conviction d’un adorateur pour son Dieu et Virgile se surprit à la croire.

 

- Je vais dormir maintenant, cette journée m’a épuisée. Bonne nuit Virgile.

 

Eve conclut ainsi cette conversation, évitant d’autres questions qui à n’en pas douter allaient suivre.

 

Elle se coucha et rapidement glissa dans le sommeil.

 

 

 

Elle fut réveillée au petit matin par un petit cri de surprise. Elle ouvrit difficilement les yeux et se tourna vers le bruit d’un campement chamboulé à coups de pieds. Xena arpentait la zone d’un pas rapide et énervé, tournant et se retournant pour espérer trouver une chose qu’elle ignorait exister.

 

- Si ton but était de nous réveiller, tu y es très bien arrivée. Lança-t-elle sarcastique en s’étirant et observant Virgile qui faisait de même, ses yeux refusant de s’ouvrir face aux rayons du soleil.

 

- Où est Gabrielle ? Demanda Xena sans préambule, la mâchoire serrée.

 

Eve leva la tête et la regarda dans les yeux en soupirant légèrement.

 

- Elle est partie hier soir. Mère, elle avait le cœur brisé !

 

Xena baissa la tête pour éviter son regard.

 

- Elle ne veut pas que tu la suives. Cette fois elle refuse de te pardonner.

 

La grande femme regarda l’horizon, semblant réfléchir.

 

- A-t-elle dit si elle allait vers Potédaïa ?

 

- Oui, elle va voir sa famille pour y rester définitivement, elle ne veut plus te voir.

 

- C’est ce qu’on verra ! Lança Xena en marchant rapidement vers la clairière qui abritait Argo.

 

Eve et Virgile se regardèrent un instant et se levèrent rapidement pour la rejoindre.

 

Xena était après seller Argo avec la pratique et la dextérité de quelqu’un qui avait fait ça toute sa vie. Elle monta sur le dos du cheval doré et les regarda à tour de rôle, son regard s’arrêtant un peu plus longtemps sur Virgile pour revenir vers sa fille.

 

- Je pars pour Potédaïa, rejoignez nous quand vous pourrez, vous n’avez qu’à longer la rivière, vous y serez dans quelques jours. Au revoir.

 

Eve se précipita pour lui attraper la jambe et elle leva les yeux vers elle.

 

- Mère, elle t’aime plus que tout mais elle a mal. Si tu la brusques tu la perdras pour toujours. Alors réfléchis bien à ce que tu vas lui dire…et ramène la.

 

Xena lui sourit légèrement.

 

- Je sais tout ça, j’ai conscience de ce que je lui ai fait mais je ne peux pas la perdre. Elle est mon amour, alors je vais la chercher et nous vous retrouverons toutes les deux sur la route.

 

Elle les salua d’un hochement de tête et donna un coup de talon dans les flancs d’Argo qui partit au petit galop à l’ordre de sa maîtresse.

 

- Son amour ? Réalisa enfin Virgile.

 

Eve regarda le ciel et se tourna vers lui.

 

- Il faut que je te parle Virgile.

 

Et elle l’entraîna vers le campement, la main passée sous son bras pour le tirer avec elle.

 

 

 

 

Suite dans la 2ème partie.

 

 

 

Pour tous commentaires envoyez les ici : cocowarrior78@hotmail.fr

FR>Elle les salua d’un hochement de tête et donna un coup de talon dans les flancs d’Argo qui partit au petit galop à l’ordre de sa maîtresse.

 

- Son amour ? Réalisa enfin Virgile.

 

Eve regarda le ciel et se tourna vers lui.

 

- Il faut que je te parle Virgile.

 

Et elle l’entraîna vers le campement, la main passée sous son bras pour le tirer avec elle.

 

 

 

 

Suite dans la 2ème partie.

 

 

 

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