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La nuit

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FANS FICTIONS FRANCOPHONES

Entre elles

 

Pour celles et ceux qui ont commencé à lire Memory et qui attendent la suite, je dirais simplement ceci : la muse de l’inspiration m’a quittée momentanément, pour ce qui est de Sharon et Jess en tout cas. J’implore leur patience, car je me mets souvent devant mon clavier, à attendre désespérément LA révélation… Aussi, pour changer un peu, j’ai décidé d’écrire cette petite histoire… J’espère qu’elle vous plaira… C’est une histoire vécue, seuls les prénoms ont été changés, toutefois, cet évènement remonte à juillet 2003, aussi, il se peut que ma mémoire m’ait fait défaut pour quelques détails. Tous les commentaires, remarques, questions, suggestions sont les bienvenus à l’adresse suivante : littleblackeyedgirl@yahoo.fr

Bonne lecture

P.S J’oubliais, cette histoire parle d’amour entre deux femmes consentantes et majeures, si vous avez moins de 18 ans, si ça vous choque, si vous êtes homophobes, évitez de lire ce qui suit. Merci.

Mad

 

 

« La nuit »

 

 

 

Par Mad

 

Retour sur les pages Entre elle... émoi

 

 

Le réveil sonne, je lève péniblement ma main pour l’écraser sur ce satané appareil. J’ouvre un œil, je réfléchis un quart de seconde… OUAIS, c’est samedi. J’ai congé, ce qui est rare, il faut le dire, et surtout, je vais passer la journée à Genève, avec Morgane. Je lui ai proposé une petite virée il y a trois jours de cela. J’avais à faire à Genève, elle aussi, pourquoi ne pas s’y rendre ensemble, notre journée serait moins morne… Et surtout, je pourrais la contempler à loisir.

 

 

 

 

Jolie Morgane, son sourire charmeur, ses yeux noisette, ses beaux cheveux longs et soyeux, ses formes affriolantes. Je ne lui ai jamais caché mon attirance pour elle, bien que je sache pertinemment, que son truc à elle, c’est les hommes. Quoi que, je n’en sois plus très sûre ; il est vrai que mercredi, elle s’est montrée bien ambiguë dans ses questions et ses propos. Peut-être que je me fais des idées, mais il est bien possible qu’une de mes réponses lui triture l’esprit et le corps (je lui ai carrément dit qu’elle devrait tenter l’expérience de coucher avec une femme, plutôt que de poser toutes ces questions, et franchement, je vous avoue que je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête à ce moment-là !). Bref, je lui ai quand même dit que je savais me tenir, que je n’avais jamais violé personne, et que surtout, je tenais trop à notre amitié pour tenter quoi que ce soit. Et ça, c’est une vérité vraie !!!!!!

 

 

 

 

Je regarde l’heure, merde, déjà 10h00, le temps de descendre en ville puis de partir pour Genève, aïe, je suis stressée là. Vite, je me prépare, je suis sûre que j’ai battu le record de vitesse de tout l’Univers. Je me jette sur le téléphone, compose de mémoire son numéro de portable. Une voix ensommeillée me répond. Je la tire du lit. Je la secoue un peu.

 

 

 

 

« Bonjour ma puce, si tu veux aller à Genève aujourd’hui, faut se dépêcher, sinon, on ne pourra pas en profiter. »

 

 

 

 

« Tu as raison, à quelle heure on se retrouve ? »

 

 

 

 

« A 11h45, à la gare. »

 

 

 

 

Mmm, ça ne nous laisse pas beaucoup de temps, allez, je tente le stop, il me faut quand même une bonne demi-heure avant d’arriver en ville, elle, il lui faut une dizaine de minutes, et encore.

 

 

 

 

J’ai fait un effort pour l’habillement aujourd’hui. J’ai un superbe jean d’un blanc immaculé, qui me moule parfaitement les fesses. Et un T-shirt rouge, sans manches, et bien moulant. Evidemment, dessous, je porte exactement le soutien-gorge qu’il faut, celui qui met bien mes formes en valeur. J’ai mis du gel dans mes cheveux, et sans vouloir me vanter, j’ai THE look. Surtout avec mes lunettes de soleil genre celle de Néo, dans le premier Matrix.

 

 

 

 

Arrivée à la gare, à la bourre, je n’ai pas le temps de la chercher du regard, je bouscule les gens pour pouvoir aller acheter mon ticket, le train part dans moins de cinq minutes. Je me retourne, le billet en main, et là, j’ai LA vision. Je la vois, et tout le reste disparaît, il n’y a qu’elle et moi dans ce hall. Elle s’avance, un grand sourire aux lèvres, me fait la bise, et me dit, le plus naturellement du monde.

 

 

 

 

« Tu es belle ! »

 

 

 

 

Croyez-moi, c’est le genre de phrase qui ferait rougir même l’Africain le plus foncé…. Et c’est en connaissance de cause que je le dis, puisque je suis moi-même couleur chocolat… !

 

 

 

 

C’est quand elle me dit que nous devrions peut-être y aller que je me souviens de respirer…

 

 

 

 

Le voyage s’est passé merveilleusement bien, une heure et dix minutes à la contempler, ses pieds calés sous mes cuisses. Oui, c’est une frileuse ma Morgane.

 

 

 

 

La journée a été un peu plus pénible pour moi, non que je n’apprécie pas sa compagnie, mais elle a une passion, que je ne partage pas, pour les magasins de fringues. Deux heures pour choisir une jupe, une heure pour choisir un petit haut, faut avoir les nerfs solides, et beaucoup de patience. Bon, j’avoue que j’ai souvent reluqué, un petit coup d’œil innocent dans la cabine d’essayage de temps en temps. J’ai toujours pensé que j’avais été hyper discrète, mais elle m’a avoué, quelques temps plus tard que ça n’avait pas du tout été le cas… Elle s’en était rendu compte, mais ça ne lui avait pas déplu, au contraire… Elle avait trouvé cela plutôt flatteur.

 

 

 

 

Bref, une journée à flâner, à faire les boutiques, à rire, et tout ça, en compagnie de la plus belle femme du monde, et croyez-moi, au vu de tous les mecs qui se sont retournés sur son passage, je ne suis pas la seule à penser ça.

 

 

 

 

La fin d’après-midi arrivait à grand pas, et nous décidâmes de rentrer. Je n’avais guère envie de la laisser, aussi, sous l’impulsion, je lui proposais de venir manger au restaurant, celui dans lequel je travaillais. Je lui offrais également l’hospitalité, elle n’aurait jamais le temps de prendre le dernier train pour la ville, on serait obligées de manger à vitesse grand V. A ma grande surprise, mais grande joie elle accepta avec le plus joli des sourires. Nous sommes remontées en stop dans ma vallée perdue (d’ailleurs, nous avons cru mourir !), et nous sommes arrivées vers 20h30. Tout à fait le genre de clients qui me tue lorsque je suis de service. Arrivés à 20h30, commande à 20h50 et repas à 21h15, bref, pas rentrée avant 22h30. J’ai tout de même demandé à mon patron si on ne gênait pas. Au contraire, m’a-t-il répondu. Nous nous sommes installées sur la terrasse, à la table la plus éloignée. Nous avons très bien mangé, et moi, j’ai adoré la regarder manger. Elle savoure tellement tout ce que sa langue touche… Et ça, j’aurai l’occasion de le vérifier quelques jours plus tard. Je ne sais pas si c’est moi, mais il me semble que son regard cherche le mien, son sourire n’est pas innocent, je dirais plutôt qu’il est aguicheur, mais ce n’est pas vraiment le mot, il est plein de questions, de volupté, de désir. Mouais, je dois me faire des illusions, j’en ai tellement envie qu’en fait, je l’imagine. Je demande l’addition à mon patron, évidemment, il nous offre les boissons et les desserts (je n’ai pas pris de dessert, moi, je suis un bec salé, il n’empêche que j’ai eu l’immense honneur d’être « nourrie » par sa main. Je vous explique, elle a pris un tiramisu, qu’elle a partagé avec moi, carrément en me nourrissant, à chaque fois que je voulais m’emparer de la cuillère, elle me faisait non de la tête et l’enfournait dans ma bouche, pour l’en sortir très lentement, je vous jure, c’est le genre de coup qui vous tue !), nous le remercions poliment et nous rentrons chez moi. Le trajet est court, puisque j’habite l’immeuble en face du restaurant, je la laisse passer devant moi lorsque nous montons les escaliers (j’habite au deuxième, et depuis ce moment-là et à la vue que j’ai eue, je ne me suis plus jamais plainte du manque d’un ascenseur….). Elle n’est jamais venue chez moi, je dois dire que je suis assez fière de mon appartement. Un petit deux pièces, mansardé, avec des poutres apparentes, endroit très chaleureux, elle me le dit d’ailleurs. Je lui fais faire le tour du propriétaire, puis nous allons nous coucher. Il est déjà tard, minuit environ, et moi demain, je travaille, à 8h20, je suis en cuisine. J’ai un lit king size, mais je lui propose quand même de lui préparer un autre lit, au salon.

 

 

 

 

« Comment nous pourrons parler si je ne suis pas dans la même chambre que toi ? »

 

 

 

 

Là, faut avouer, elle a tout juste. Nous nous changeons, pudiques, à l’abri de nos regards respectifs, et au moment de se mettre au lit, je lui dis, en la regardant dans les yeux :

 

 

 

 

« Tu peux avoir confiance en moi, tu le sais, je te l’ai déjà dit. »

 

 

 

 

« Je sais, j’ai confiance en toi, je sais que tu ne me feras pas mal… »

 

 

 

 

C’est presque un souffle… Et moi, j’arrête de respirer pour la seconde fois dans la journée.

 

 

 

 

Nous nous installons dans mon lit. Elle tremble un peu, elle a froid malgré la chaleur de juillet, et puis, elle a peur aussi. Pas de moi, mais de l’inconnu dans lequel elle va se jeter. Il faut dire que ma jolie princesse n’a pas été touchée depuis près de sept ans. Elle est fiancée à un jeune homme et d’un commun accord, ils ont décidé d’attendre le mariage avant de « consommer ». Je sais qu’elle a déjà eu des hommes, et je me suis toujours demandé comment le sexe pouvait ne pas lui manquer.

 

 

 

 

Je dois vous dire que malgré mes 22 ans, j’ai peu d’expérience pratique. J’ai vécu une histoire d’un an et demi, et j’ai passé une nuit de sexe animal dans les bras d’une fille connue sur un chat. Mais sans vouloir me vanter, je trouve que je me défends bien, si j’en crois mes partenaires… ;-P

 

 

 

 

J’ai confiance en moi en général, mais là, j’avoue que je suis aussi tremblante que ma future amante. Si ce n’est plus. Mettez-vous un peu à ma place. Après sept ans d’abstinence, c’est moi qu’elle choisit pour l’initier aux plaisirs saphiques. Moi, je veux qu’elle en garde le meilleur souvenir, je veux qu’elle puisse dire un jour à ses petits-enfants qu’une nuit, il y a très longtemps, elle a goûté aux délices des tribades, et que ça a été merveilleux. Mais surtout, je suis amoureuse d’elle, et je désire simplement la combler et lui donner une impression d’ivresse.

 

 

 

 

Pour la première fois, je comprends ce qu’un homme peu ressentir quand il dépucèle sa petite amie. Et je trouve que c’est un sentiment extrêmement puissant, grisant et très effrayant.

 

 

 

 

Nous sommes allongées toutes les deux, je lui prends les mains.

 

 

 

 

« Tu es sûre de ce que tu veux ? »

 

 

 

 

« Oui »

 

 

 

 

Un murmure….

 

 

 

 

Je me mets à califourchon sur elle. Elle porte juste un t-shirt blanc et son slip. Elle est magnifique, splendide, des courbes parfaites, un regard à la fois tremblant et confiant. Combien de fois n’ai-je imaginé son corps, collé au mien, mouillé de sueur, fatigué mais heureux ? Aujourd’hui pourtant, je me sens comme une enfant à qui on a interdit une chose pendant des années, et qui soudain, sans savoir comment, l’a en sa possession et on lui dit qu’elle est à elle. On est émerveillé, heureux, mais on n’ose y toucher. Je suis exactement dans cette situation.

 

 

 

 

Je respire un bon coup, j’essaie de me calmer, avant de la rassurer et de la calmer aussi.

 

 

 

 

J’approche mes mains de son corps, si doux dans le peu de tissu qui la cache. Je commence par caresser ses bras, un effleurement léger, je la sens haleter, se crisper.

 

 

 

 

J’approche ma bouche de son oreille :

 

 

 

 

« Détends-toi ma puce. »

 

 

 

 

Je déplace ma tête de façon à ce que nos regards se croisent. Je vois de la crainte dans le sien, mais également de la curiosité. Je me redresse, retire mes mains de ses bras.

 

 

 

 

« Je veux que tu saches que tu peux dire non, à tout instant. »

 

 

 

 

« Je sais, je sais que je peux dire non. »

 

 

 

 

« Tu veux que j’arrête ? »

 

 

 

 

Une négation de la tête. Un sourire timide, le même que le sien, se dessine sur mes lèvres, je reprends à nouveau ma respiration. Je replace mes mains sur ses bras, et je commence ma lente exploration de son corps si parfait, si doux, si tremblant. Je remonte mes caresses jusqu’à ses épaules, je glisse mes mains sur ses clavicules, qu’elle a saillantes, suite à un accident, il y a quelques années de cela. Je repars en arrière, reviens sur ses épaules, je penche ma bouche.

 

 

 

 

« Je peux ? »

 

 

 

 

Un signe affirmatif. Je pose mes lèvres sur la peau brûlante de ses bras. J’embrasse chaque centimètre carré de sa peau, je m’en imprègne. Je m’enivre de son odeur. Cette nuit, elle me donne la chance de pouvoir la toucher, ça doit bien faire sept ans que j’attends ce moment, et quelque part, je me dis que ce n’est qu’un rêve, que je vais me réveiller, et être déçue. Je ferme les yeux, très fort et les rouvre. Non, je ne rêve pas, elle est bien là, dans mes bras…

 

 

 

 

J’ai passé la nuit à lui faire l’amour, à lui faire découvrir son corps de femme, à la faire trembler et gémir. Je n’ai dormi que deux petites heures avant de me rendre à mon travail. Ce matin-là, une de mes collègues m’a fait une remarque, suivi d’un clin d’œil, sur le sourire que j’affichais… Tous m’avaient vue rentrer chez moi avec Morgane.

 

 

 

 

Je garde de cette nuit un souvenir merveilleux, probablement le plus beau des souvenirs de ma courte vie. J’y repense souvent, et je me dis alors que rien n’est impossible, il suffit d’attendre… Je vis avec mon premier amour… Et le dernier, je l’espère.

 

 

 

 

 

Achevé le 20 février 2004

 

 

 

 

Remarques : pour celles et ceux qui sont déçus qu’il n’y ait pas plus de scènes « graphiques », je dirais simplement ceci, c’est mon histoire, et je n’ai guère envie que des dizaines de personnes sachent ce que je peux faire à ma petite amie. Et surtout, c’est par respect pour ma petite amie. Merci de m’avoir lue, et n’oubliez pas, commentaires et remarques sont les bienvenus.

 

 

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