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VOUS AVEZ DES MESSAGES2

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VOUS AVEZ DES MESSAGES

 

par Advocate, XWPFanatic, Tnovan

 

 

Traduction : Fryda

 

 

Deuxième partie

 

(Traduction Fryda -15/05/2001)

NDLT : Pour les remarques des auteurs, voir en 1ère partie

 

 

 

 

 

" Non ! "

" Si ! "

" Non ! "

" Si, Xe ! "

Xena repoussa sa chope à moitié pleine de bière et s'appuya sur ses coudes, réduisant l'espace entre elle et Gabrielle. Pourquoi est-ce que le barde était si déraisonnable ? " Je ne vais pas te laisser ici au milieu d'un quartier étranger d'Athènes, dans une taverne étrangère, avec une étrangère. C'est… c'est… "

" Etrange ? "

" Très drôle. Ce ne serait pas prudent ! "

" Je ne risque rien ici. Homerita n'est pas une étrangère, Xena, c'est mon amie. " Gabrielle sentit la colère monter en elle. " Nous sommes attaquées pratiquement tous les jours, tu sais, et quelque part, j'arrive à me protéger parfaitement toute seule. " Elle passa inconsciemment un doigt le long de la surface rugueuse de son bâton posé contre le mur près d'elle. " Tu n'es pas ma mère. Tu n'as pas besoin d'être avec moi chaque minute de la journée ! "

" Et ce n'est pas comme si cette Homerita était un ex-seigneur de guerre assoiffée de sang qui attire la violence partout où elle passe ", dit Xena.

" Exactement ! " Les yeux de Gabrielle se fermèrent brusquement. Elle regretta d'avoir dit ces mots à l'instant même où elle les prononça. Par les dieux. " Xena… "

Seule une légère lueur de douleur passa dans les yeux de la guerrière avant qu'elle ne serre la mâchoire et que son regard ne se baisse vers la table. Mais, pour Gabrielle, Xena aurait tout aussi bien pu fondre en larmes.

La jeune femme blonde ressentit le choc tout au fond de sa poitrine. " Xena, je ne pensais pas ce que j'ai dit. " Elle tendit la main par-dessus la table pour l'enrouler autour de celle de sa compagne, mais elle fut repoussée.

Xena se mit rapidement debout, envoyant sa chaise voler derrière elle. " C'est bon, Gabrielle. Amuse-toi avec ton amie. Je vais… hum. " Elle chercha et trouva une excuse déjà bien usée. " J'emmène Argo en ballade. " Sans attendre de réponse, elle s'éloigna de la table et se dirigea vers la porte.

" Il fait nuit ! Xena ! " Gabrielle rappela son amie. " Par Hadès ! " Siffla-t-elle entre ses dents. Elle se leva pour suivre sa compagne, mais s'arrêta pile lorsqu'elle vit Homerita passer la porte de la taverne en trombe et percuter la guerrière qui s'échappait précipitamment.

" Attention… " Grogna Xena, en lançant un rapide coup d'œil à Homerita. Elle leva un sourcil fin.

" Dés… désolée ", bafouilla Homerita d'un ton rapide alors que des scènes d'une mort abominable (écrites en pentamètre ïambique) brillaient dans les yeux noirs.

" Pas de problème. " Xena repoussa aisément le barde, contournant la haute silhouette avant de disparaître dans la nuit.

Une petite femme trapue se fraya un passage dans la taverne avant de s'arrêter à côté d'Homerita. " Il fallait vraiment que tu choisisses un endroit pareil ? Cette femme avait l'air d'une… d'une… "

" D'une guerrière ", l'interrompit Homerita en étirant les mots comme si c'était un juron. Les histoires sur les guerriers et les seigneurs de guerre étaient le fondement de tout répertoire de barde. Et pourtant, les seigneurs de guerre étaient des créatures dégoûtantes et dangereuses, incapables de s'intéresser à l'art, connus pour être radins et imprévisibles au mieux. Sans parler de la sueur. Homerita se sentit défaillir.

Que les dieux soient loués pour l'existence du Cercle Littéraire de Lesbos. Là au moins, Homerita était 'protégée' de telles influences déroutantes. Une des règles les plus importantes du Cercle était qu'il était interdit à ses membres de s'associer avec des guerriers ou des seigneurs de guerre. Elle espéra que d'avoir touché la femme mystérieuse aux cheveux noirs, qui faisait visiblement partie de la classe honnie, ne suffirait pas à remettre en cause SON appartenance au Cercle. Homerita déglutit. Les membres du Cercle s'étaient déchaînées ces derniers temps. De nos jours, un barde n'était jamais trop prudent.

Gabrielle agita la main vers Homerita, lui faisant signe de s'approcher de la table, espérant que tout se termine vite pour qu'elle puisse pister Xena.

" Gabrielle, c'est merveilleux de te voir ! "

" Bonjour, Homerita. "

" Quelque chose ne va pas ? "

" Hmm ? " Le barde arracha son regard de la porte de la taverne. " Je pense oui ", dit-elle en soupirant. " Ecoute, je suis un peu pressée. Est-ce qu'on peut… ? " Elle fit un vague signe des deux mains.

" Bien sûr. " Homerita montra la petite femme à ses côtés. " Voici Darian. Et nous sommes là pour vérifier ton inscription. "

" Et bien, je suis inscrite. Considérez-moi comme vérifiée. Sympa de te revoir, Homerita. " Gabrielle frappa la femme forte dans le dos et prit son bâton.

" Attends ! " S'exclama Darian. " Nous n'avons en fait RIEN vérifié. Le paragraphe neuf, clause trois, ligne quatre de la règle numéro dix stipule clairement que… "

" Des règles ? Quelles sont ces règles auxquelles tout le monde se réfère sans cesse ? " Gabrielle commençait à être agacée. Est-ce que ces règles étaient tenues par une Maîtresse des parchemins quelque part ? Et si c'était le cas, pourquoi est-ce que personne ne lui avait donné l'adresse de cette Maîtresse des parchemins pour qu'elle vérifie elle-même ?

A ces mots, les deux autres restèrent bouche bée.

" Tu n'as pas lu les règles ? " Murmura Homerita.

" Je répète, " Gabrielle pencha la tête sur le côté, " quelles règles ? ! "

" Tu aurais dû les recevoir dans ton premier envoi de parchemins, encore que ça n'a pas d'importance. Le paragraphe six, ligne quarante et une de la règle trois stipule clairement que toutes les membres sont supposées avoir lu et accepté toutes les règles, quelles que soient les circonstances. "

Le barde mit les mains sur ses hanches et jeta un coup d'œil noir à la petite femme potelée. " Qui t'es toi déjà, par le Tartare ? "

" Darian. Auteur de Ode à la Peste. "

Gabrielle grogna silencieusement. Les auteurs de tragédie étaient tout simplement nuls.

" Je vois que tu es pressée, Gabrielle. Alors on va se dépêcher. " Homerita s'essuya la sueur du front. " As-tu l'âge légal ? "

Le barde leva les yeux au ciel. Elle avait déjà juré l'avoir. " J'ai l'âge légal ", dit-elle impatiemment.

Darian la scruta durement. Le barde blond avait l'air horriblement jeune. Bien sûr, vous pouviez avoir l'air horriblement jeune et être majeur. D'un rapide signe de tête à Homerita, Darian indiqua qu'elle était satisfaite.

Homerita sourit. " Bien. Question suivante, es-tu une Amazone ou proche des Amazones ? "

" Les deux. "

" Proche jusqu'à quel point ? " Demanda Darian d'un ton exigeant. Il y avait bien trop d'Amazonophobes cachés dans le monde.

Gabrielle faillit se mordre la langue. Elle en avait assez de tout ça. " Bon, Darian, est-ce que ceci est assez 'proche' pour toi ? " Le barde se pencha en avant et murmura dans l'oreille de Darian, souriant d'un air suffisant lorsque cette même oreille passa au rouge carmin.

" Dieux ", murmura Darian, la bouche bée.

" Est-ce que j'ai dit que que je faisais le poirier à ce moment-là ? " ?

La petite vérificatrice déglutit. " Gabrielle est proche des Amazones. Trrrès proche ", croassa-t-elle. " Question suivante. "

Homerita poussa un soupir de soulagement. C'était presque fini. " Dernière question. Es-tu une femme ? "

Gabrielle renifla d'indignation. C'était pas elle la 'butch' à cette table, sûr et certain ! " Qu'est-ce que tu penses ? "

Homerita acquiesça de la tête, mais Darian secoua la tête 'non'. " Je suis désolée, Gabrielle. Ça ne suffit pas. J'ai bien peur que nous n'ayons à mener une inspection visuelle rapide. "

" Tu veux que je me déshabille ? ! "

La taverne éclata en applaudissements.

" Certainement pas ! " C'est pourtant bien ce que voulait Darian, mais là c'était pour le boulot. " Tu n'auras qu'à enlever le haut. "

" Va te faire voir. "

" Gabrielle, je peux comprendre ta modestie ", émit Homerita, essayant de ne pas fixer le haut étriqué et rogné du barde, ni la jupe coupée court qui enveloppait ses hanches. " Mais ces règles sont vraiment là pour ta protection. Nous voulons créer un 'havre de protection' pour les bardes amies des Amazones. "

Gabrielle leva de nouveau les yeux au ciel. Tout ça n'était que des parchemins, pour l'amour des dieux ! Jusque là, des brûlures au second degré et des coupures avec les parchemins avaient semblé être les plus grandes 'protections' que ça avait apporté.

" S'il te plaît, Gabrielle ", Homerita changea de tactique, " j'ai cru comprendre que Sappho avait lu ton dernier envoi et avait trouvé qu'il donnait vraiment à réfléchir. "

Les yeux verts s'arrondirent. " Sappho a dit ça de mon travail ? "

Homerita sourit et acquiesça de la tête. " C'est l'une des nombreuses membres distinguées du Cercle Littéraire de Lesbos. "

Darian hoqueta bruyamment, couvrant sa bouche béante de sa main. " Tu as prononcé le nom ! "

Homerita se serra immédiatement la poitrine.

" Tu connais la sanction, Homerita. Prononcer le nom du Cercle en entier en public est un blasphème ! Retire ta main, femme ! "

" NON ! " Cria Homerita.

" Je ne comprends pas. " Gabrielle s'inséra entre Homerita et Darian, dont les doigts étaient tendus comme des pinces.

Darian lança un regard mauvais à Homerita, mais réussit à s'adresser à Gabrielle. " Une partie de nos rites secrets d'initiation inclut le percement d'un mamelon. "

Gabrielle pâlit.

" Nous utilisons également l'anneau qui perce le mamelon comme une forme douce de punition corporelle. Pour les blasphématrices ! " Elle lança ces mots à l'attention d'Homerita. " Et comme un moyen d'identifier l'une des nôtres. "

" C'était une erreur ! " Homerita essaya de s'échapper mais elle avait le dos au mur.

" Paragraphe quatre, clause quatre-vingt-dix-neuf, ligne une de la règle… " Pendant qu'Homerita et Gabrielle étaient distraites par la récitation impressionnante par Darian des nouvelles règles super-amendées, les doigts de Darian passèrent près de Gabrielle et trouvèrent leur chemin sur le sein d'Homerita. Elle tira un bon coup. En ajoutant une torsion pour faire bonne mesure.

Un hoquet collectif passa dans toute la taverne quand le sein d'Homerita jaillit de sa tunique et atterrit sur le sol. Puis rebondit. Deux fois.

Gabrielle et Darian fixèrent la panse de porc remplie de sable avec un petit anneau doré attaché au téton.

" Par le téton gauche d'Héra ! " Couina Darian bien à propos. La petite femme arracha la tunique d'Homerita pour exposer une poitrine poilue et un autre 'sein'. " Tu es un homme ? "

" Je… je… "

Gabrielle se pencha plus près, notant le rasage évident. " Et oui ", dit-elle en soupirant doucement. Tout ça était bien triste. " Je me moque que tu sois un homme, Homerita, mais pourquoi une supercherie si élaborée ? "

Avant qu'Homerita ne puisse répondre, Darian éructa. " Et bien, moi je ne m'en moque pas ! Sale menteur ! Espion ! Infidèle ! Traître ! Tu es Homère, pas sa sœur un peu trop poilue, Homerita ! " Incapable de penser à autre chose, elle ajouta " Menteur ! " à nouveau.

" Je pense qu'il vaudrait mieux que j'y aille", dit Homère d'un ton triste, et d'une voix trois octaves en dessous de la normale.

" Je pars aussi. " J'ai assez perdu de temps avec ce mélodrame ridicule. Il faut que je retrouve Xena. Gabrielle fit un pas en avant mais fut retenue fermement par Darian. " Laisse partir Homère. Les Amazones savent s'occuper des gens de sa sorte. "

" Mais… "

" Pas de 'mais'. Je ne devrais pas te dire ça mais Sappho est intéressée par l'écriture d'un poème avec toi. Elle pense que tu as du potentiel. "

" C'est vrai ? "

" Absolument. Maintenant, au sujet de ce percement. Il se trouve que j'ai justement une aiguille et un anneau dans mon petit sac. " Darian entoura Gabrielle de son bras et l'emmena à l'arrière de la taverne. " Je peux célébrer nos rites ici. "

" Sappho veut écrire avec moi ? " Demanda le barde abasourdie, n'ayant rien entendu d'autre que ces mots incroyables.

" Oui, c'est ça. Il faut juste qu'on s'occupe d'abord de cette petite affaire de Cercle. "

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _

" Par les bottes de Zeus, Argo ", ronchonna la guerrière, en brossant la crinière de sa jument. " C'est pas comme si c'était une petite fille. " Un sourire narquois passa sur le visage de Xena lorsqu'elle repensa à la façon dont Gabrielle savait manier le fouet. Elle défaillit momentanément, manquant de faire tomber le tabouret. " Elle en est bien loin, en fait. "

Argo regarda sa maîtresse. S'il était possible à un cheval de lever les yeux au ciel, le Palomino l'aurait certainement fait. Au lieu de ça, elle émit un petit reniflement et giffla la guerrière avec sa queue.

" Attention ! " L'avertit Xena. " Et sois gentille avec Gabrielle. Elle t'aime bien, elle t'aime vraiment beaucoup. "

Ceci ne valut à l'ex-seigneur de guerre qu'une nouvelle volée.

" D'accord, pas d'avoine pour toi demain matin ! Et je vais la laisser faire une tresse avec… " La tirade de Xena au cheval fut aussitôt oubliée lorsque la porte de l'étable s'ouvrit et que Gabrielle fit son entrée dans le bâtiment.

" Xena. " Le barde parla bas avec un ton d'excuse.

" Ouais ? " Le ton de la guerrière était 'Viens par ici l'embrasser pour que ça aille mieux'.

" Au sujet de ce qui s'est passé à la taverne… "

" Ouais ? "

Gabrielle se rapprocha de sa guerrière, mais ne la toucha toujours pas. Elle n'était pas trop sûre que ce soit bienvenu à ce moment. " Je suis désolée. J'ai parlé sans réfléchir. Et, je te le garantis, ce n'est pas ce que je ressens à ton sujet. Tu es la meilleure personne que j'ai connue. J'ai de la chance de t'aimer. "

La douleur dans l'expression de Xena diminua. " C'est moi qui ai de la chance, Gabrielle. "

" C'est pas vrai. "

Elles se tinrent là, échangeant des petits sourires avant que Xena ne soit embarrassée par le romantisme des sentiments. " Alors, comment ça s'est passé avec Homerotica et sa bizarre petite amie ? "

Le barde s'éclaircit la voix, en se grattant un peu tout en marmonnant. " Tu n'as pas idée. " Ceci fut suivi du besoin de se masser le côté du sein droit dans une tentative d'apaiser un peu la douleur de son téton. " Oh, par Artémis, ça fait mal, " grogna-t-elle à travers ses dents serrées.

" Quoi ? " Xena s'approcha un peu du barde. " Tu vas bien ? Est-ce que ta petite drag queen t'a fait du mal ? "

" Tu savais ? ! " Les sourcils blonds bondirent.

" Bien sûr que je le savais. Par la chemise de nuit de la douce Aphrodite, Gabrielle, il devait déjà avoir de la barbe à la naissance. Et il aurait dû se raser un peu les jambes. "

" Je ne… " Le barde se renfrogna soudain. " Pourquoi est-ce que tu la… euh.. le regardais là ? "

La guerrière toussa un peu, se gratta la nuque et essaya de se concentrer sur tout autre dans la pièce qui ne soit ni blond ni grincheux. Malheureusement, Gabrielle était devant elle et Argo derrière, ce qui ne lui laissait que l'option de regarder en l'air. " Hé, regarde. " Elle montra du doigt. " Une meule de foin. "

" Etonnant. " Les mains du barde se posèrent sur ses hanches. " Une meule de foin dans une étable. Qu'est-ce qu'ils vont bien inventer après ça ? "

" Tu veux grimper là-haut et jouer à 'Mets la fessée au barde' ? "

" Je ne peux pas. " Le barde secoua la tête.

La guerrière compta sur une main, puis la seconde, en comptant sur les doigts puis dans sa tête. " C'est pourtant pas le moment. "

" Pas à cause de ça. "

" Alors quoi ? "

" Ça ! " Elle tira pour baisser le bord de son haut. Elle n'avait pas pris la peine de le lacer fermement parce que ça lui faisait aussi mal qu'une semaine sur une croix romaine.

" Dis donc, Gabrielle, petite polissonne, va ! " Xena rayonna totalement quand elle vit l'anneau qui perçait la chair tendre du téton. " C'est carrément… " Soudain la bouche de Xena s'assécha, et elle mit tout en son pouvoir pour retenir l'explosion d'excitation qui lui parcourait le corps.

" Douloureux comme les enfers, et tu restes à plus d'une longueur de bâton de moi cette nuit. "

Xena regarda le sol alors que le bout de sa botte faisait sauter un peu de poussière. " Même si je disais que je sais comment faire pour que ça ne fasse plus mal ? "

" Tu dis ça parce que tu veux jouer à fessée-câlin, je te connais. "

" Ben oui ! Mais si c'est toi qu'on câline, de quoi tu te plains ? "

" C'est vrai. " Le barde jeta un coup d'œil à la meule. " Tu peux vraiment faire disparaître la douleur ? "

" Talent numéro 637-a : apaiser la douleur dans des tétons récemment percés et en pleine érection douloureuse. "

" C'est quoi le talent 637. "

" Apaiser la même douleur dans … "

Le barde leva la main. " Ça va ! Je ne veux pas vraiment savoir. "

" Alors, qu'est-ce que tu en dis, mon amour, un petit coup dans le foin ? "

" On ne dit pas une culbute dans le foin ? "

" Ma chérie, on peut rouler, culbuter, bondir, sauter, et nous ébattre, je m'en fiche tant qu'on commence. Tout de suite. "

" T'ébattre ? Tu veux t'ébattre ? "

" Oui, si toi tu veux. "

" J'en suis ! " Le barde commença à grimper à l'échelle menant à la meule.

" Gabrielle ? " Demanda la guerrière, en suivant le barde sur l'échelle pour pouvoir regarder sous sa jupe.

" Ouais ? "

" On va bien se mettre toutes nues, hein ? "

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Le matin suivant, Gabrielle et Xena étaient toujours enlacées dans la meule de foin. Les longues heures d'ébats avaient soulagé la douleur dans le sein sensible du jeune barde. Gabrielle n'était pas sûre de savoir si elle devait l'attribuer à l'application du talent 637-a, qu'elle trouvait très utile dans les mains de Xena, décida le barde, ou à l'expression non dissimulée de désir pur qui submergeait Xena à chaque fois qu'elle voyait le nouveau bijou de Gabrielle. Cette expression réussissait à supprimer toute pensée rationnelle dans l'esprit du barde quand elle se laissait aller à sa nature expressive.

Dans les stalles en dessous, les animaux étaient respectueusement calmes. Quelques jeunes agneaux avaient été effrayés de temps en temps pendant la nuit, mais leur maman avait réussi à les calmer. Ce n'était pas vraiment la manière dont elle avait envisagé de leur parler des humains et des abeilles ; mais il n'y avait pas eu moyen d'y échapper.

Argo s'ébroua bruyamment, cependant, lorsqu'un jeune cavalier entra dans l'étable. Il suivit les vêtements éparpillés le long de l'échelle jusqu'à la meule de foin… pour se trouver avec le bout de l'épée de Xena sur sa gorge. Il essaya d'ignorer le fait que la guerrière était nue.

" Vous ne seriez pas Gabrielle de Potaditou, par harsard ? "

" Non, c'est moi ", lui répondit un tas de foin.

Le cavalier eut l'air désorienté. Est-ce qu'il avait des visions ? Puis il remarqua qu'enfoui sous la paille, se trouvaient les cheveux clairs et le visage d'une jeune femme. Ooh, c'est comme ça que ça marche. Il décida de continuer cette conversation avec le foin amical. " Vous avez des messages. "

" Ouah, quelle surprise. "

" Où est-ce que vous voulez que je les décharge ? "

" Décharger ? " Répéta Gabrielle faiblement. Pourquoi est-ce qu'elle s'était inscrite à cette liste ? Sur quoi pouvaient-elles bien rouspéter maintenant ? Homerita. Par tous les dieux de l'Olympe ! La liste va être dans tous ses états aujourd'hui.

Il hocha la tête. " J'ai quelques caisses de parchemins pour vous. Vous voulez que je les monte ici ? "

" Non ! " S'exclama Gabrielle. " Risque d'incendie. "

Xena fronça les sourcils. " De quoi tu parles ? "

Pense. Pense. Pense. " S'il faut que j'allume une chandelle pour les lire, ça risque de causer un incendie. "

" On est en plein jour ", pointa la guerrière raisonnablement.

" On est à l'intérieur. "

Xena montra le toit. " Il y a plein de trous. "

La voix en provenance du tas de foin était agacée. " Il vaut mieux lire à la lumière indirecte. "

" Et comment ça pourrait être plus indirect qu'au travers d'un trou dans le toit ? "

Gabrielle soupira dramatiquement, appréciant ce que ça faisait à l'anneau de son sein en même temps. Ooh, c'est amusant. Concentre-toi, Gabrielle, concentre-toi. " Xena, je préférerais les lire dehors. "

" Et ça, c'est pas de la lumière directe ? "

" Xena ! " Grogna Gabrielle.

La guerrière haussa les épaules. " Bon, bon. Je descends avec toi ", dit-elle au cavalier du SDPH, " et on va les mettre devant l'étable. "

Il hocha la tête et commença à descendre l'échelle. Alors que Xena s'apprêtait à le suivre, la voix de Gabrielle l'arrêta. " Habille-toi d'abord, Xe. "

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Après quelques morceaux de pain aux noix pour le petit déjeuner, le barde s'installa sur un grand bloc de pierre pour commencer à lire le dernier déluge de parchemins. Xena et Argo cherchaient un nouveau harnais pour le cheval de guerre. Gabrielle avait rappelé à Xena d'acheter des nouvelles lanières pour son haut, certaines avaient connu une mort vaillante la veille au soir.

Gabrielle déroula le premier parchemin et commença à lire. Génial. C'est de Vautour. Je sens que ça va être fascinant !

Sujet : Homoerectus

Bon, je ne peux pas dire que je suis très surprise de la tournure des choses. J'ai depuis longtemps suspecté que quelque chose n'allait pas chez cet Homerita/Homère/Hommelette. M'a-t-il dit une seule fois combien mes poèmes épiques, que j'écris depuis maintenant quatre saisons, étaient stupéfiants ? A-t-il jamais utilisé mes parchemins comme bases de ses discussions sur cette liste ? M'a-t-il jamais dit qu'il me voulait au sens proche des Amazones du terme ? A-t-il jamais rejoint mon fan-club, le Nid de Vautour ? Non ! Non ! Non ! Non ! Est-ce que ça ne pouvait pas être plus explicite ?

Gabrielle la hua, malgré le fait que Vautour n'était pas là pour l'entendre. Oh, s'il vous plaît ! On dirait qu'Aphrodite est morte à la façon dont elle s'emballe. " Tu parles ", comme le dirait Dite elle-même, ricana Gabrielle.

Le parchemin suivant était énorme. Gabrielle repensa à tous les arbres qui avaient donné leurs vies pour ce message, probablement inutile. Le monde aurait mieux profité des arbres, pour sûr. Génial. Un parchemin de la bien-nommée Verbeuse.

Sujet : L'Ethique de Platon (était Homoerectus)

Je suis restée assise silencieusement

Ouais, sûr, Gabrielle faillit souffler le jus qu'elle était en train de siroter par les narines. Je paierais pour voir ça.

dans l'angoisse de cette dernière atrocité. J'ai honte. Profondément honte. Profondément, profondément honte. Profondément, profondément -

Ça va, ça va, on a compris. Gabrielle parcourut jusqu'à l'endroit où l'auteur commençait à exprimer son avis, si jamais elle en avait un.

Les hommes voudront toujours se faire passer pour des femmes, puisque nous sommes le sexe supérieur. Mais ça n'excuse pas ces actes vils, méprisables et mensongers. Moi, personnellement, je me sens abusée et trahie. Et quand je pense que j'avais pensé faire une lecture de certaines de ses histoires lors de ma future représentation à la Taverne de l'Epée et du Bâton (ouverte sept jours sur sept, de l'aube au crépuscule, j'y suis à l'heure des repas) (NDLT :Epée et Bâton - Sword and Staff en anglais - est une organisation lancée par des xenites plus ou moins connues et qui récolte des fonds pour des œuvres charitables). Tous les bénéfices seraient allés à une œuvre de charité, à savoir, les soins de santé de ma chèvre domestique, Boots. Comme beaucoup d'entre vous le savent, Boots a été de santé précaire ces derniers temps, ayant été la victime d'une attaque d'écureuil enragé.

Je pense, en tous cas, que c'est une occasion parfaite de rappeler à toutes les cinq principes de l'éthique comme les cite…

Gabrielle leva les yeux au ciel si haut qu'elle eut peur qu'ils n'y restent collés. Elle reprit rapidement sa lecture.

Et tant que j'en suis à pontifier sur l'éthique, je pense qu'il est également temps pour Sappho de mettre au clair ses contrats d'édition. Nous autres, nous nous sommes engagées dans la pureté de notre art, mais elle a le cran de le commercialiser et d'exploiter celles d'entre nous qui ont un jour lu ses sottises. Bien sûr, les adeptes sans cervelle qui la suivent partout et rampent à ses pieds, sont heureuses.

Comme si ça nous importait.

Une petite flamme apparut au centre du parchemin et le consuma rapidement.

Gabrielle soupira. Peut-être que de voir un barde en vrai l'aiderait à retrouver un peu d'enthousiasme pour l'écriture. Depuis qu'elle avait rejoint le Cercle, elle avait du mal à se souvenir de ce qu'elle appréciait dans son art.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Xena ajusta sa nouvelle robe en soie d'une main nerveuse. Est-ce qu'elle avait envie de faire ça ? Par Hadès, non ! Mais pour Gabrielle ?

Sans hésiter une seconde.

Elle ne pouvait donner au barde un vrai foyer et la stabilité qu'elle méritait. Mais elle pouvait faire les petits trucs qui rendaient sa compagne heureuse. Et assister à… Xena déglutit… une lecture de parchemins était l'un de ces trucs. Que Zeus me soit témoin, je resterai éveillée tout au long de la représentation. Même pour les parties ennuyeuses. Ce qui, pour Xena, se situait entre trouver leurs sièges au début et les applaudissements à la fin.

La guerrière avait laissé Gabrielle faire une sieste tardive cet après-midi pour pouvoir faire un saut au marché aux vêtements. Dieux, c'était comme d'aller au Tartare !

Ou plutôt d'y retourner

Comment Gabrielle pouvait-elle le supporter ?

Quand un stand aux allures vulgaires lança quelque chose appelée une spécial torche bleue (NDLT : les auteures semblent vouloir faire un jeu de mots mais je n'en connais pas le sens, merci aux lecteurs/lectrices avisés de me faire leurs suggestions :-)), des hordes de femmes acharnées et hurlantes commencèrent à se bousculer et à s'injurier, pour se disputer les meilleures places à l'étal. Puis le cupide petit marchand tira d'un coup sec un lambeau de chiffon, révélant une table pleine de vêtements hideux mais indéniablement bon marché, et les acheteuses se jetèrent sur eux comme une meute de chiens sauvages et affamés.

Xena secoua la tête de stupeur. Elle qui pensait que Callisto était une garce. Elle ne douterait plus jamais de la capacité de sa compagne à se défendre seule. Xena n'avait pas vu un tel carnage depuis ses jours de seigneurs de guerre. Mais, même à ces moments-là, il y avait des limites à sa démence.

Cachant un bouquet de marguerites dans son dos, la guerrière ouvrit la porte de leur chambre.

" Dépêche-toi et referme derrière toi, Xena ", cria Gabrielle, le dos tourné vers sa compagne alors qu'elle laçait ses bottes à la hâte. " Il faut qu'on y aille tout de suite si on veut arriver à l'heure. Où étais-tu ? J'étais… "

Gabrielle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Les yeux verts se posèrent sur son amante, puis s'agrandirent avec une admiration non feinte. Inhabituellement décontenancée, le barde sentit sa mâchoire bouger pendant quelques secondes avant de laisser finalement sortir une lente inspiration. " Ouaouh. "

Les joues de Xena rosirent. " C'est pour toi. " Elle avança vers le lit et tendit brusquement les fleurs, se sentant soudain comme une adolescente à son premier rendez-vous. " Gabrielle ? "

" Hmmm ? " Répondit le barde rêveusement, les yeux détaillant Xena dans un dessein charnel.

" Tu aimes ? "

" Oh oui ", dit Gabrielle dans un souffle rauque.

La rougeur de Xena s'intensifia et elle railla, alors même que son cœur buvait goulûment le compliment. " Je parlais des fleurs et de la robe. "

" Elles sont belles aussi. " Gabrielle passa un doigt langoureux sur le tissu frais de la taille de Xena jusqu'à la clavicule. Sur la pointe des pieds, elle plaça une série de doux baisers derrière l'oreille de son amante. " C'est une jolie surprise. " Ses doigts traînèrent sur les endroits où le matériau pur collait à la guerrière.

Les yeux bleus se fermèrent avec impuissance au contact des lèvres douces. Oh dieux. La voix de Xena tomba à son registre le plus bas. " Tu as exactement vingt ans pour arrêter de faire ça. "

" Mmm… pas assez. "

" Cinquante alors. "

" C'est mieux. " Gabrielle plaça un dernier baiser sur les lèvres de sa compagne avant de se reculer. " Et c'est à quelle occasion ? "

" Qu'esse tu veux dire ? " Les sourcils noirs se froncèrent. " On va à cette séance de poésie ce soir, non ? La dernière fois, tu as dit que tu ne voulais plus que je porte mon armure, alors… "

" Oh, Xena, c'était au Palladium. Là c'est juste dans une taverne. "

La guerrière gémit. Elle était allée faire ça pour rien ? ! " Alors on aurait pu porter nos habits habituels ? "

Gabrielle sourit pour s'excuser et fit un geste vers ses propres vêtements. " Je sais que je devrais être désolée, Xe. Mais je ne le suis pas. " Ses yeux détaillèrent encore une fois la forme svelte de Xena, appréciant chaque muscle et chaque courbe. " Tu es splendide. " Elle se pencha en avant et frotta son nez sur celui de Xena. " J'aime les fleurs. Et je t'aime. Merci. "

" Oh, non, barde ", dit Xena en riant, et en s'éloignant de Gabrielle. " Bien essayé. Mais si tu ne t'habilles pas mieux, moi non plus. " Xena croisa les bras sur sa poitrine, mais ils retombèrent à la vue de la moue de son amante. " Tu boudes parce que je refuse d'être l'objet de tes envies, ou parce que je vais changer de vêtements ? "

" Oui. " La lèvre devint encore plus boudeuse.

" Gabrielle… ", l'avertit Xena. " C'est pas sympa. "

" S'il te plaît ? " Supplia le barde honnêtement. " J'aime vraiment comme tu es là maintenant. "

Xena soupira d'agacement feint, mais sourit affectueusement.

Rayonnante, Gabrielle prit le bras de la guerrière. Elle résista à l'envie d'un baiser supplémentaire. Si elles ne partaient pas maintenant, la seule représentation que Xena verrait ce soir serait très privée.

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" Quatre dinars ! Chacune ? "

" Par les dieux, ce que tu peux être radine ", grommela Gabrielle, en fouillant pour trouver quelques dinars dans sa bourse et payer la femme à l'entrée de la taverne.

" Par Hadès, Gabrielle ! Et tu dis qu'elle ne va même pas réciter ses propres œuvres ? "

" Xena ", Gabrielle traîna la guerrière à une place libre à l'avant, " je t'ai déjà expliqué tout ça. Verbeuse est elle-même barde, mais ce soir, elle va lire les œuvres célèbres d'autres bardes. "

" Parasite. "

" Tais-toi ! " La jeune femme frappa Xena sur le bras tout en s'asseyant. " La représentation va commencer. "

Plusieurs serveuses baissèrent la lumière des lanternes et la foule partit en applaudissements parsemés. Gabrielle plissa les yeux, étudiant les occupants de la pièce. Ça semblait être un mélange bizarre de femmes bien vêtues, qu'elle présuma être venues voir la représentation de Verbeuse, et de soldats à l'air revêche, qui étaient indubitablement là pour la bière et les prostituées. Son regard alla vers une affiche sur le mur, qui proclamait fièrement, 'Deux pour le prix d'une.' Je me demande si ça ne concerne que les boissons ?

" Xena, est-ce que tu es… ? " Gabrielle glissa discrètement une main le long de la cuisse de la guerrière et commença à la tripoter.

" Gabrielle ! " Couina Xena, puis elle mit la main sur sa bouche. Les guerrières ne couinaient PAS. Même si elles portaient une robe.

" Chut… " Dit le barde en gloussant doucement et elle pressa ses lèvres sur une oreille qui rougissait à toute vitesse. " Où sont tes armes ? Certains de ces gars ont l'air un peu effrayant. " Elle commençait déjà à regretter d'avoir laissé son bâton dans leur chambre.

Xena feignit l'innocence la plus complète, alors le barde ajouta. " Et ne crois pas que je ne sais pas que tu as des dagues de cuissardes. "

" Tu sens des dagues ? "

La petite main navigua plus haut, et Xena se mordit la langue, mais un cri minuscule s'échappa de ses lèvres. Gabrielle n'avait aucune pitié.

Une expression intriguée passa sur le visage de la jeune femme. " Non. "

Le regard de Xena descendit sur sa propre poitrine, et Gabrielle continua joyeusement. " Tu veux que je vérifie ma dague de poitrine ? " La guerrière se pencha en avant et remua les sourcils.

" Tiens-toi bien. "

" C'est toi qui as commencé. "

" Sûrement pas. "

" Sûr que si. "

" Chut ! " Gabrielle tourna le visage vers la scène. Des dents blanches luirent dans un sourire d'aise, lorsqu'un long bras entoura sa taille, la rapprochant.

" Mesdames et… " La présentatrice étudia l'assistance et prit un visage amer. " … violeurs, meurtriers, et voleurs. "

" T'as oublié les amoureux des chèvres ! " Cria une voix traînante du fond de la salle.

Ignorant l'interruption, la femme releva le menton. " Et voici la prolixe, expansive, loquace, volubile, la seule et unique, Verbeuse ! "

Gabrielle et plusieurs autres clientes applaudirent bruyamment. Verbeuse était membre du Cercle Littéraire de Lesbos, et le jeune barde était impatiente de la voir jouer en personne. Elle jeta de nouveau un coup d'œil dans la salle, se demandant si d'autres membres du Cercle étaient présentes ce soir-là. Les deux Amazones dans le coin, qui se suçaient les amygdales, se trouvaient bien placées sur sa liste de candidates.

Xena serra le barde encore un peu plus contre elle. " Gabrielle, pourquoi est-ce que tu regardes le sein droit de toutes les femmes ? "

La jeune femme blonde ramena brutalement son regard vers la scène. " Pour rien. "

Gabrielle écouta avidement Verbeuse passer en revue les noms de plusieurs bardes accomplis dont elle allait jouer les œuvres ce soir.

" Mais avant de vous chanter les chansons de Sappho et des autres, je vais vous régaler d'un petit plus à ma façon. "

Un petit plus ? Par Hadès ! " Il me semble que tu avais dit qu'elle n'allait rien réciter d'elle ", tenta Xena dans un effort faible pour essayer de faire un peu la conversation et de rester éveillée. Ses paupières commençaient déjà à s'alourdir.

" Elle ne va pas le faire. " Gabrielle parcourut son programme. Son programme incroyablement bourré et de double longueur. Par les dieux, si Verbeuse avait l'intention de faire tout ça plus ses propres œuvres, elles allaient y passer la nuit. Et Xena allait la tuer. " Ne t'inquiète pas, Xena. C'est un barde respecté, elle aussi, tu te souviens ? Je suis sûre que quelle que soit son histoire, elle va aller avec le reste du spectacle. "

Les yeux bleus s'agrandirent soudain et la mâchoire de Gabrielle béa.

Verbeuse commençait à danser sur la petite scène comme si demain n'arriverait jamais plus. Ses hanches remuaient, ses seins dansaient la gigue, ses bijoux se balançaient et ses bras battaient l'air.

Xena tourna un sourcil franchement arqué vers Gabrielle.

" Par les dieux, Xe, je te jure que je ne savais pas qu'elle allait faire de la danse interprétative ! "

Et elle dansa, dansa, dansa, jusqu'à ce que les ronflements de Xena ne poussent l'un des clients à jeter une chope sur la scène, renversant le contenu sur le sol et réveillant la guerrière.

" Très bien. " Verbeuse sourit d'un air moqueur au geste du stupide nigaud. Elle prit une inspiration pour se calmer. " Je vais maintenant commencer la représentation prévue. "

" C'est pas trop tôt ! " Reçut-elle en réponse grognonne.

Gabrielle se retourna pour voir qui était si impoli et ne fut pas surprise de voir que c'était l'une des femmes qu'elle soupçonnait d'appartenir au Cercle. Des Bacchantes. Toutes autant qu'elles étaient.

La représentation de Verbeuse dura plus de quatre marques de chandelles (NDLT une marque de chandelle = une heure dans ce cas). Xena tint miraculeusement bien pendant les deux premières. Mais quelque part pendant la troisième, Gabrielle eut pitié de sa grande amie et encouragea Xena à poser sa tête sur ses genoux et à simplement écouter. Depuis, elle n'avait plus eu qu'à convaincre Xena de sortir de temps en temps de la position fœtale. Le barde passa les doigts dans des tresses douces noir corbeau pendant que Xena ajustait sa position.

" C'est fini, Xena. "

Xena se leva brusquement et commença à applaudir sauvagement, l'empreinte de la ceinture travaillée de Gabrielle décorant sa joue.

" Attendez ! " Verbeuse arrêta la foule grouillante. " Je vais maintenant faire une représentation spéciale dont les bénéfices iront à mon animal favori : Boots. "

Xena se retourna, suppliant Gabrielle des yeux. Le barde hocha la tête. Elle aussi était prête à partir. Aussi splendides qu'étaient certaines lectures, même une amoureuse des arts ne pouvait pas en supporter autant en une seule fois.

" Voici Boots ! " Cria Verbeuse, essayant désespérément de regagner l'attention des spectateurs.

" Par les dieux, c'est ça qu'on sentait ? " Gabrielle se pinça le nez alors qu'une chèvre à l'air antique était traînée sur la scène par ses cornes.

" Je pensais que c'était Verbeuse ", dit la guerrière d'une voix traînante.

Gabrielle leva les yeux au ciel. " Allons-y. "

" Attendez ! Attendez ! Boots est malade et a besoin de soins. " Verbeuse tapota le dos de la chèvre, et Boots toussa avec soumission.

Gabrielle ralentit le pas. Des soins ?

Les yeux de Xena se rétrécirent. Elle n'aimait pas les gens qui manipulaient le cœur tendre de son amante. Se retournant vers la scène, elle passa la main dans son dos le long de sa robe et en tira une dague effilée.

" Je le savais ! " S'exclama Gabrielle. Xena n'irait nulle part sans une arme.

" Je crois bien que je vais mettre fin à ses souffrances. "

" Xena, tu ne peux pas tuer Boots ! "

" Bien sûr que non. " Quelle sorte de barbare Gabrielle pensait-elle qu'elle était ? " Je vais mettre fin aux souffrances de Boots en tuant Verbeuse. "

Gabrielle réfléchit à ces mots quelques instants. " Tu blagues, hein ? "

" Tu veux que je blague ? " Répliqua immédiatement Xena. La guerrière rangea la dague avec un air enjoué, mais voilà qu'un autre couteau fila par-dessus son épaule et alla empaler la vieille chèvre, mettant instantanément fin à sa misérable vie.

Des hoquets collectifs firent le tour de la taverne.

" C'est la grande femme en robe ! Je l'ai vue faire ! " Cria une femme près de la porte.

" C'est la grande femme ! C'est elle. Elle a tué Boots ! "

" A l'ASSASSIN ! A l'ASSASSIN ! A l'ASSASSIN ! " Psalmodia la foule agitée qui se formait.

" C'est pas elle ! " Répliqua Gabrielle, en se plaçant entre sa meilleure amie et la foule. " Elle a toujours son couteau dans la main ! " Le barde montra Xena par-dessus son épaule, et celle-ci leva sa dague.

La foule s'arrêta quelques secondes, avant de hausser collectivement les épaules. Ce n'était pas le moment d'être logique. " A l'ASSASSIN ! A l'ASSASSIN ! A l'ASSASSIN ! "

" Voilà pourquoi j'abhorre la gent guerrière et ses manières méprisables ! " Siffla Verbeuse, en prenant sa place à la tête de la foule.

" Tous les guerriers ne sont pas mauvais ! Vous le savez bien. " Argumenta Gabrielle d'un ton raisonnable.

" Gabrielle. " Xena mit la main sur l'épaule du barde et murmura à son oreille. " La porte du fond. Vite ! "

" Mais ils pensent que tu es une tueuse de chèvres, Xena ! "

" J'ai entendu pire. Ma chérie, j'apprécie que tu veuilles me défendre, mais ce n'est pas le meilleur moment pour une discussion philosophique. " Elle montra quelques-unes des personnes de la foule, qui tenaient maintenant des fourches.

Gabrielle inspira. Où avaient-ils trouvé des fourches ?

La foule s'approcha un peu.

" Dégagez ! Bougez-vous ! Bougez-vous ! " Un livreur du SDPH costaud se fraya un chemin des coudes au travers de la foule, s'arrêtant pile devant Gabrielle. " Gabrielle de Puetopia ? "

Gabrielle allait dire non quand Xena l'arrêta. " C'est elle. " Elle tira sur une mèche de cheveux clairs. " C'est Gabrielle. "

Encore plus de hoquets.

" C'est toi Gabrielle d'Utopia ? Avec la tueuse de chèvres ? " Demanda Verbeuse avec horreur. Ceci était pire que le scandale Homère. Et elle se sentait bien à l'aise avec la maison d'Homerita partie en fumée.

" C'est la Gabrielle Galopante ! L'amoureuse des Centaures ! " Cria une voix sur la gauche.

Les sourcils de Xena grimpèrent au plafond. " Mais, Gabrielle, je ne savais pas que tu… " " Ne sois pas ridicule ! " L'interrompit le barde d'un ton agacé.

" LA MEURTRIERE ET GABRIELLE ! LA MEURTRIERE ET GABRIELLE ! LA MEURTRIERE ET GABRIELLE ! "

" Vite, les parchemins ! " Xena saisit une brassée de parchemins du messager, et ils disparurent en flammes dès qu'elle en cassa le sceau. Puis elle lança les parchemins enflammés sur la foule hurlante.

La rejoignant rapidement, Gabrielle en ouvrit d'autres. Mais le dernier parchemin ne voulut pas s'enflammer. Elle le secoua. Un faux ? Incapable de résister, elle commença à lire.

Sujet : Grande Eclate

De : Ta Copine

Tu cherches à t'éclater ? Visite le palace eunuque. Tous les eunuques. A toute heure !

" Maudite PUB ! ! " Gronda Gabrielle en déchirant le parchemin inutile.

La taverne fut bientôt remplie de fumée.

Gabrielle sentit un coup sec sur son bras. Elle leva les poings pour rosser son attaquant, mais ils furent recouverts par les mains couvertes de suie de Xena.

" La porte de derrière… "

Gabrielle hocha la tête. " Vite !'

 

Suite et fin en 3ème partie

 

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