| 
  • If you are citizen of an European Union member nation, you may not use this service unless you are at least 16 years old.

  • You already know Dokkio is an AI-powered assistant to organize & manage your digital files & messages. Very soon, Dokkio will support Outlook as well as One Drive. Check it out today!

View
 

5 MOIS PLUS TARD

Page history last edited by PBworks 16 years, 6 months ago

Cinq mois plus tard

 

de Ladywarrior

 

 

 

 

Ces personnages, Melinda et Janice, appartiennent à Renaissance Pictures , pas à moi, je ne fais que les emprunter. Pas de scènes érotiques entre deux femmes dans cette histoire mais elles s’aiment, c’est sûr.

 

 

 

 

Je commence à marcher dans la brume sombre du matin. Il fait froid alors je remonte encore un peu mon manteau. Je me sens nerveuse, je ne l’ai pas vu depuis cinq mois. A quoi ressemblera-t-elle ? Ses cheveux auront-ils poussés ? Aura-t-elle maigrit ou grossit ? Sera-t-elle en bonne santé ?

 

 

 

Elle m’a tellement manqué.

 

 

 

Janice. Son prénom me trotte dans la tête. Janice, Janice, je pourrais me le prononcer pendant des jours. J’aime son prénom, comme j’aime ce qu’elle est. Courageuse, passionnée, intense.

 

 

 

J’arrive au bout de la rue et prend la direction de la gare. Les passants ne se soucient pas de moi, ils sont pressés d’aller à leur emploi quel qu’il soit. Où pourraient-ils aller à cette heure sinon au travail ? Qui aimerait se retrouver dans la rue humide et fraîche si tôt.

 

Moi, bien sûre, pour elle je me retrouverai en pleine nuit au bord d’un volcan en éruption. Peut-être ont-ils eux aussi un amour qui doit arriver.

 

 

 

Je me rapproche de la gare et j’entends la locomotive entrer en quai. Sa colonne de fumée de vapeur s’élève au dessus du toit de la gare, son sifflet aigu résonne dans la nuit mourante. Plus que quelques mètres et je serais sur le quai.

 

 

 

J’ai peur soudain. Puis-je encore espérer qu’elle m’aime. Nous ne nous sommes pas vues pendant cinq mois. Oh, nous avons échangé des lettres, des coups de téléphone. Des soupirs, des silences, des déclarations mais m’aimera-t-elle encore ? Elle m’a tellement manqué que j’en ai mal. Comment peut-on aimer quelqu’un au point d’en perdre la raison en seulement deux semaines ?

 

 

 

Et pourtant.

 

 

 

Janice. Janice sera bientôt là, devant moi. Je pourrais la serrer dans mes bras, la regarder, la toucher, l’embrasser.

 

 

 

J’y suis enfin. Le train est déjà arrêté et les voyageurs descendent les uns derrière les autres dans le calme. Il y a quatre wagons et je les observe tous avec excitation, sans me tordre le cou pour l’apercevoir comme les autres personnes autour de moi le font. Je suis grande, c’est facile. Beaucoup de monde descend, des hommes d’affaires, des personnes âgées, des familles. Mais je ne la vois pas. Où est-elle ? A t-elle changé d’avis et décidée de ne pas me rejoindre ? Où es-tu Janice ?

 

 

 

Je tourne autour, je me retourne, je la cherche. Je ne la vois toujours pas. Janice, mon amour, ne me fais plus attendre, je vais mourir ici du manque de toi.

 

Puis je sens une main sur mon épaule qui me caresse et me retourne encore une fois, j’en ai presque le tournis. Et elle est là, face à moi. Elle me sourit et me serre l’épaule.

 

 

 

Tu es là.

 

 

 

Ses yeux me fixent et brillent à la lumière du quai et du jour apparaissant. Elle s’approche de moi et me prends dans ses bras. Dieu, que ses bras m’ont manqué. La sensation de son corps contre le mien, sa chaleur, son souffle dans mon cou. Je t’aime.

 

 

 

Elle me parle en me serrant contre elle, mon cœur l’entend mais ma tête ne pense plus. Elle est ici, elle m’a rejoint. Le reste, le monde autour de nous, les voyageurs qui nous entourent, plus rien n’existe. J’oublies tout et je me concentre sur elle. J’ai enfin chaud. C’est seulement maintenant, alors qu’elle me tient, que je la vois, que je réalise comme j’ai eu froid ces derniers mois.

 

 

 

Mais il le fallait. Elle devait terminer ses fouilles et je devais régler les affaires de mon père, mais je serais restée si je l’avais pu. Je ne la laisserais plus jamais derrière moi.

 

 

 

Nous marchons vers mon appartement, bras dessus, bras dessous. Ce n’est ni le lieu ni le moment de nous dire et de nous montrer nos sentiments, l’époque n’est pas bonne. C’est la guerre en Europe et notre pays est en état d’alerte, les gens sont suspicieux et méfiants.

 

 

 

Nous montons les marches qui nous mèneront à l’abri des regards. Nous parlons à peine, nous avons trop de choses à nous dire pour échanger un mot. Je sens son regard sur moi et je me sens une adolescente amoureuse. J’ai envie d’éclater de joie, de rire, et de pleurs en même temps. C’est un sentiment tellement intense.

 

 

 

Nous y sommes. Je l’invite à me précéder. La maison est impeccable, je nettoie nerveusement depuis trois semaines, dans l’attente de son arrivée. Elle pose son sac et me regarde pour de vrai, enfin. Au coin de ses yeux je vois les larmes qui menacent de tomber. Elle est aussi émue que moi. Je m’approche et elle m’ouvre ses bras. Je m’y précipite. Nos corps se retrouvent, nos mains se caressent, nos yeux se cherchent . Je t’aime Janice, ne reste plus jamais loin de moi.

 

 

 

Embrasse moi.

 

 

 

Nous le faisons, encore et encore, jusqu’à manquer de souffle et nous approcher de l’évanouissement. Je veux l’embrasser jusqu’à la fin des temps, ou au minimum, jusqu’à la fin de mes jours. Dieu, ce manque d’elle qui est enfin terminer. Nous basculons de bonheur sur le lit et nous nous regardons simplement. Je ne crois pas me rappeler d’avoir observé un jour des yeux d’une nuance de vert si clair. Ils sont magnifiques et ils me regardent, moi, Melinda, jusqu’aux tréfonds de mon âme. Elle me sourit et se penche pour m’embrasser encore. Oui, encore, embrasse moi encore, je t’aime.

 

 

 

Nous faisons l’amour. C’est tendre et doux. Nous avons le temps d’être passionnées et intenses plus tard. Là, nos corps sont juste entrain de se retrouver et de se saluer. Nous devons nous réhabituer l’une à l’autre.

 

 

 

Nous nous aimons toute la journée et une partie de la nuit suivante, jusqu’aux limites de nos forces. Elle m’a tellement manqué. Elle me raconte ses derniers mois et sa vie sans moi, ça me fais mal, parce que cela me rappelle qu’elle a été loin de moi si longtemps. Je la serre contre moi, très fort. J’ai encore du mal à croire que pour le moment nous n’allons plus nous quitter. Plus pour un moment. Et cette pensée me donne envie d’elle à nouveau. Je la tiens contre moi et je lui fais l’amour. Je lui dis, Je t’aime Janice, et je suis bien décidée à te le montrer. Elle me sourit et me laisse l’emporter vers les vagues du plaisir.

 

Je suis heureuse avec elle, et je pense qu’elle l’est avec moi, elle me l’a dit et je la crois. Je suis bien contre son corps, je me sens renaître, je me sens complète. Enfin.

 

 

 

 

Fin.

 

 

*********

Comments (0)

You don't have permission to comment on this page.