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INDISCRETIONS-S1P1

Page history last edited by Fausta88 15 years ago

 

Traduction

 

INDISCRETIONS

 

Accord parental ignoré

Crédits :

Réalisation : XWPFanatic

Productrice exécutive : Tonya Muir

Scénario : XWPFanatic,TNovan et Tonya Muir

Traduction : Katell

 

NOTE DE LA TRADUCTRICE :

Cette série était à l'origine conçue comme une série TV, avec un épisode par semaine. Retrouvez les quatre saisons d'Indiscrétions en version originale à cette adresse : http://ausxip.com/exposure/index.html

 

Bonne lecture !

Katell

 

 

Premier épisode : Powder Blues

 

Je vérifie mon équipement une dernière fois, installant un peu mieux la caméra sur mon épaule. J'ai beau rembourrer le dessous, ça pèse toujours un âne mort. La Betacam de Sony fait presque 7 kilos, sans les accessoires. C'est pas très lourd, quand on compare aux vieux modèles, alors je suppose que je devrais pas trop me plaindre. Surtout que la Betacam s'en est pris plein la tronche depuis qu'on bosse ensemble.

 

En plus de la caméra que tout le monde voit, j'ai une micro-caméra accrochée à ma ceinture. Elle est plus petite qu'un bipeur, avec un objectif de la taille d'une pièce de 50 centimes. Mais elle rend des images en couleur et un son très nets. Elle est alimentée par une batterie de neuf volts, elle aussi accrochée à ma ceinture. Si pour une raison ou une autre il faut que j'abandonne la grosse caméra, je ne serais pas complètement aveugle. Ce qui m'est arrivé trop souvent.

 

J'ai un co-équipier, Jimmy Parks. Tout le monde l'appelle Jimmy Olsen parce qu'il est roux et qu'il est jeune dans l'équipe, tout droit sorti de l'école de ciné. Les cheveux roux, c'est de sa faute. En fait, ils sont plutôt orange que roux. Ce qui est particulièrement étrange, parce que Jimmy est d'origine coréenne. Jimmy est dans la camionnette et contrôle les prises de vue. Les deux caméras tournent en direct en ce moment. On est sur le point d'entrer.

 

Le flic à côté de moi écoute ce qu'on lui dit dans son oreillette et hoche la tête. Il me fait signe que tout est OK et je le suis de près dans la maison. On est au milieu de Beverley Hills, sur la pelouse de Tyler Sagemore, une des plus grosses stars d'Hollywood du moment. Tyler est sur le point d'être arrêté pour un certain nombre de méfaits. On sait qu'il fournit de la coke à sa très jeune partenaire sur le plateau du film qu'il est en train de tourner. On sait aussi qu'il la saute, ce qui n'est pas si grave, sauf qu'elle est mineure. Remarque, il ne le sait pas ; elle a raconté des craques sur son CV et elle lui en a racontées à lui aussi. Dans son cas, il aurait mieux fallu qu'il sache.

 

Mes contacts à la police de Los Angeles m'ont prévenue que ça allait se passer ce soir. En travaillant pour TrueTV, je me suis fait plein de copains dans la police. Je les croise tout le temps quand je me balade, pendant qu'ils coffrent le gratin. J'admire le boulot qu'il font ici, à Hollywood, là où rien n'est vrai et tout le monde se croit important.

 

L'action commence. Je pointe la Betacam sur la porte d'entrée où l'officier de police responsable frappe bruyamment. " M. Sagemore, ici la police de Los Angeles. Veuillez ouvrir la porte. Nous avons un mandat pour procéder à la fouille des lieux. " Deux flics se tiennent de chaque côté du policier responsable, au cas où quelque chose clocherait. Je me tiens un peu en retrait, avec quatre autres flics.

 

Je ne peux pas m'empêcher d'espérer que quelque chose cloche. Personne n'a envie de regarder une arrestation facile. Même moi, j'ai pas envie de tourner une arrestation facile.

 

Au premier coup de feu, mon vœu est exaucé. J'entends le clic du micro d'épaule, et puis les mots suivants : " Coup de feu ! On y va. "

 

Je mets la caméra en route tandis que deux policiers arrivent derrière moi avec le bélier. C'est le seul truc ici qui soit plus lourd que ma caméra. Je suis contente de pas avoir à trimbaler ce truc-là. Deux grands coups et la porte s'ouvre en grand.

 

" Go ! Go ! Go ! " hurle le leader, tandis que les policiers s'engouffrent à l'intérieur. J'ai une bonne vue sur leur entrée et je suis pour l'instant ravie de la tournure des événements. Je suis sûre que mes copains flics ne sont pas aussi contents, eux.

 

Bien que ma tête me crie de rester à l'abri, mon instinct n'est pas du tout d'accord et me pousse à suivre de près le policier le plus proche de moi. Je manipule ma caméra comme lui son pistolet automatique, sachant que je suis aussi bonne avec mon arme que lui avec la sienne. Elle m'a sortie de plus d'une situation épineuse.

 

Tandis que je fais tout ce que je peux pour ne pas les gêner, je m'assure aussi de récupérer de bonnes prises. Je sais qu'il vaut mieux pas passer devant les flics. O'Reilly, mon pote dans cette équipe, m'arracherait la tête si j'allais faire un truc aussi con. Je ne suis pas prête à prendre un risque pareil, même pour un bon reportage. Pas parce que j'ai peur pour moi, mais parce que je ne veux pas compromettre ma relation avec O'Reilly ou ses potes.

 

On entre dans le hall sombre, le rush est palpable et porte un goût riche et profond qui me picote la langue, m'offrant un meilleur fix que n'importe quelle drogue que j'ai jamais essayée. Le hall est une pièce qui ressemble au reste de la maison : énorme et austère. Sur notre gauche se trouve un grand escalier tournant fait de marbre gris et blanc et conduisant au premier étage qui est en fait un balcon surplombant l'entrée et le salon un peu plus loin. Sur les murs en pierre sont alignées des appliques de cuivre luisant et c'est plutôt évident, même pour moi, que le décorateur intérieur a choisi le look 'trop de fric et pas de goût'. La petite partie de la maison que nous découvrons pue le fric et le manque de goût.

 

Je me sers de la Betacam comme si elle était une extension de mon corps, regardant à travers l'objectif aussi facilement qu'avec mes propres yeux. Je parcours l'escalier et le balcon, écoutant attentivement les murmures autour de moi, les encourageant en silence à parler plus fort. Bien que je préfère personnellement les images chocs, une bonne bande son fait toujours plaisir.

 

Les policiers sont en train de vérifier le rez-de-chaussée pendant que je me tiens à quelques pas de la porte d'entrée, laissant la Betacam fouiller les lieux pour moi. On dirait qu'il n'y a rien à cet étage. Mon intuition me dit de suivre les flics qui sont en train de monter les escaliers vers le premier, alors c'est ce que je fais. Mon instinct est toujours bon, et j'ai appris il y a bien longtemps à ne pas l'ignorer.

 

" En haut ? A quel bout ? " marmonne le leader de l'équipe dans son micro, le dos collé contre le mur au milieu des escaliers. Je me tiens derrière lui, et je me rends soudainement compte à quel point nous sommes vulnérables dans cette grande pièce vide. J'espère qu'on va bouger vite parce que je sais que s'il se passe quelque chose ici, ça va pas être bon pour moi. Ça serait comme de tirer sur des rats dans une poubelle. J'ai vu mes frères faire ça quand j'étais gamine, et j'ai jamais vraiment compris le pourquoi de la chose, mais je trouve que l'analogie est plutôt bien trouvée.

 

" Extrémité sud-est ", vient la réponse avec un craquement. " Les coups de feu viennent de la fenêtre sud-est. "

 

Cool. Je règle la Betacam, tapote la micro-cam sur ma ceinture pour me rassurer qu'elle est bien là. On se remet en route presque aussitôt, gravissant rapidement les dernières marches. On est toujours exposés si Sagemore décide de venir dans le hall principal plutôt que de faire une séance de ball-trap sur les voitures de police dehors, mais cette certitude ne fait que m'exciter davantage. J'adore le danger de mon boulot, quelque chose que j'avais peur de ne pas rencontrer en tant que caméraman. Merci Jerry Springer et la 'trash TV'. Il a établi un modèle de journalisme sensationnaliste qui me permet de faire ce que je fais aujourd'hui. De vivre sur la corde : tais-toi et saute.

 

On arrive sur le palier et on plonge dans une pièce. Un bref coup d'œil : elle est vide. Rien que du mauvais goût et des babioles hors de prix. Là, il attend ses ordres. On entend encore quelques coups de feu et ils ont l'air plus forts. Je me glisse plus près de la porte ouverte et jette un coup d'œil de l'autre côté avec la Betacam. Je crois qu'il est dans la pièce au bout du couloir, ou juste un peu plus loin. J'espère qu'il va ouvrir la porte pour que je puisse prendre le célèbre Sagemore une arme à la main. On pourrait vendre ces images pour un bon paquet, et m'assurer un bon bonus. Cette pensée me fait sourire et je sais que mes dents doivent briller dans la lumière tombante. Je passe la main dans mes cheveux emmêlés, repoussant ma longue queue de cheval sur mon dos.

 

Je me concentre toujours sur la porte quand deux autres policiers se glissent derrière moi dans la pièce qu'on occupe. Je jette un coup d'œil derrière moi pour voir qu'ils ont le plan de la maison. Rapidement, je me retourne, m'assurant au passage de bien retransmettre à travers la caméra toute l'atmosphère de la pièce : les policiers penchés sur le plan déroulé, leurs armes sorties. Les téléspectateurs vont pouvoir sentir la tension dans la pièce et ça me fait sourire. Jusqu'à présent, j'aurais pas pu rêver mieux.

 

Je me concentre sur le plan, fais un zoom avant sur la pièce où nous nous trouvons, puis un panoramique jusqu'à l'endroit où Sagemore doit se trouver. Et puis je reprends ma position à côté de la porte. Il est toujours en train de tirer par la fenêtre, apparemment. Les murmures à la radio le confirment.

 

" Allez, viens ". Je l'encourage, voulant à tout prix que la porte s'ouvre. " Allez, allez. "

 

Je n'ai jamais prié aucun dieu et je ne le fais pas non plus à cet instant, mais par la grâce de je ne sais pas trop qui, la porte s'entrouvre. Et voilà le beau visage de Tyler Sagemore qui apparaît dans l'ouverture.

 

" Allez vous faire foutre ! "

 

Super ! Je souris de toutes mes dents en zoomant sur lui. Je sais que je devrais avoir honte de me réjouir de la stupidité de cet homme, mais je veux un bon reportage et maintenant, je suis sûre de l'avoir.

 

" Nom de Dieu, Tyler ! Lâchez votre arme ! " crie le policier près de moi. Ce n'est que lorsque Sagemore ouvre la porte davantage qu'on découvre sa partenaire à ses côtés. " Laissez-la partir ! "

 

Cool ! Une otage. Oh, quel bol. L'acteur porte un short en éponge blanc et rien d'autre. Je zoome sur son visage pour capturer son regard halluciné par la drogue et puis je recule un peu pour bien montrer l'acteur tenant l'arme sur la fille devant lui. C'est un magnum 44 Smith et Wesson ; la lumière se reflète sur l'argent bien poli. Il a dû recharger pendant sa petite séance de tir parce que même d'ici, je vois les douilles vides sur le sol de la chambre et dans sa main, une boîte de munitions à moitié déchirée, contre l'épaule de la jeune femme qu'il tient tout contre lui. Il a tout au plus dix coups à tirer avant de devoir recharger, mais on ne sait absolument pas combien de balles il a dans le revolver. Si ses mains ne tremblaient pas autant et si l'angle était bon, je pourrais essayer de zoomer et de compter les chambres vides. Excellent.

 

J'en profite pour me concentrer un peu sur la fille, ses cheveux blonds attachés avec un ruban, ses yeux caramel perdus dans le vide. Ils sont de toute évidence tous les deux complètement défoncés. La fille, c'est sûr. Elle est bien trop calme. Elle ne bronche pas lorsqu'il grogne aux policiers et lui colle l'arme sur la tempe.

 

Des uniformes bleus se pressent autour de moi sur le seuil de la porte. Ils essaient de me pousser de là, mais pas question de bouger. C'est pour ça que je suis là et il n'est pas question qu'un flic me mette à l'abri comme si j'étais une damoiselle en détresse. J'ai vu plus de fusillades que la plupart de ces types réunis.

 

Ils crient à Sagemore de lâcher son arme. Les cris viennent aussi d'en bas, et je m'aperçois qu'il y aussi des policiers dans le hall, mais je ne peux pas me permettre de regarder. Je ne peux pas détourner mon attention une seule seconde, refusant de manquer le moment qui mettra un terme à la soirée. Pour être honnête, c'est ce que j'espère. Je me demande si cette pensée me rend aussi dégueulasse que le type qui avance en titubant dans le couloir. Il a du mal à parler, comme s'il était saoul, gesticulant avec le revolver et hurlant des obscénités aux policiers et à moi-même. Je suis contente que sa copine soit droguée elle aussi. Elle titube avec lui, alors qu'il la tient fermement contre lui, mais son visage tranquille ne porte aucune trace de la peur qu'elle devrait ressentir. Si elle meurt ce soir, ses derniers moments n'auront pas été remplis de panique et j'en suis reconnaissante. Je ne suis pas la salope sans cœur qu'on dit, même si j'en suis pas loin.

 

Alors on se retrouve coincés dans le couloir du premier. Même s'il avance et qu'il fait des grands gestes avec son arme, il est trop près de la porte pour qu'ils puissent le descendre depuis le hall d'entrée. Il tient la fille devant lui pour que les policiers accroupis sur le seuil avec moi ne puissent pas faire grand-chose non plus. Aucun de nous ne peut bouger sans risquer d'être blessé ou de la mettre en danger, elle, et, après un moment, même les cris diminuent… et bientôt, tout ce qui reste dans le silence est une tension à couper au couteau. Le bol que j'ai, j'en reviens pas.

 

" C'est une caméra, ça ? " aboie Tyler, rompant le silence.

 

Il me faut un instant pour comprendre que c'est à moi qu'il s'adresse. J'ai tellement l'habitude de l'avoir sur l'épaule, je n'y pense même plus. " Ouais ", je fais lentement, faisant traîner l'unique syllabe. Je me dis que c'est pas le moment d'essayer de lui expliquer que les caméras, ça baise pas.

 

" Viens là ! " gueule-t-il, la salive coulant le long de son menton. Il s'essuie sur les cheveux de la fille.

 

" Non, Tyler. Elle peut pas faire ça ", répond O'Reilly pour moi.

 

" Mon cul ! " hurle Tyler. Il appuie le magnum un peu plus sur la peau de la fille. Elle glousse, comme si ça la chatouillait. " Ramène-toi, chienne de la télé, ou je lui fais sauter la cervelle. "

 

Chienne de la télé ? Qu'est-ce que c'est que cette insulte ? Je lève les yeux au ciel. La coke, c'est pas bon pour vous. " Pourquoi ? "

 

" T'occupe pas, pourquoi ", marmonne O'Reilly près de moi.

 

" Je veux parler. "

 

" Ben parle. " Je montre la Betacam de ma main libre. " Ça tourne. "

 

" En privé. "

 

O'Reilly avance un peu devant moi, me bouchant presque la vue. " Tu te crois où, Sagemore ? A une soirée de gala ? Pose ton flingue et ensuite, tu pourras parler avec la gentille dame. "

 

Je grogne. Je ne suis ni gentille, ni une dame. Je forcerai O'Reilly à me payer une bière plus tard rien que pour ça.

 

" Vous comprenez rien ! " Les mots sont à peine sortis de la bouche de Tyler que son magnum tire et atteint le policier le plus proche en pleine poitrine. Le flic s'effondre en hurlant. La fille réagit à peine au coup de feu qu'on vient de tirer tout contre son oreille.

 

Le nombre de jurons qui nous échappe, à moi et aux flics autour de moi, va nous garantir un très long bip à l'antenne. Je pointe la caméra sur le flic ; c'est un bleu que je ne connais pas et je me rends compte qu'il porte un gilet pare-balles. Ça doit quand même faire très mal, mais il ne va pas en mourir.

 

Tous les flics sont sur les nerfs, chacun d'entre eux espérant pouvoir descendre Tyler rapidement et proprement. Moi, mon champ de tir est dégagé, et c'est tout ce qui importe.

 

" Ramène-toi, grouille ! Ou je lui fais sauter la cervelle ! " Il n'a pas l'air de plaisanter, en plus.

 

Bah, tant pis ; au moins, ça va faire un reportage en béton. Avant qu'on n'ait le temps de m'en empêcher, je m'approche de l'acteur. " Qu'est-ce que vous voulez ? "

 

" Je veux parler. " Il geint maintenant ; il doit se rendre compte qu'il s'est foutu dans un merdier pas possible.

 

L'idée me vient sans prévenir. " OK, OK… vous pouvez parler. Vous pouvez parler à tout le pays, Tyler. On est l'émission d'information indépendante la plus regardée au monde. " Si c'est pas de la bonne promo, ça. " Je vais juste sortir mon micro, Tyler. OK ? Il est juste là… " Je plonge la main dans mon gilet, tout doucement, cherchant du bout des doigts quelque chose qui ait vaguement la forme d'un micro, espérant qu'il est trop défoncé pour remarquer celui qui est attaché au bout de la Bétacam. Mes doigts se referment sur mon stylo-torche.

 

Oh, et puis pourquoi pas ? Je le sors et le tiens devant moi. " C'est notre tout dernier modèle de micro, Tyler. Ça capte tout et ça transmet par onde lumineuse. " C'est pas possible de raconter des conneries pareilles. Je me force à avoir l'air sérieux. Ses yeux sont tellement vitreux, je ne suis pas sûre qu'il se souvient de son nom en ce moment. " Tout ce que vous avez à faire, c'est le tenir et parler dedans. "

 

Il me regarde, intrigué. Ses deux mains sont occupées, dans son esprit. L'une est agrippée à sa partenaire, l'empêchant de s'échapper. L'autre tient le revolver. Avec un peu de bol, il va falloir qu'il lâche l'un ou l'autre pour prendre le 'micro'.

 

" Tiens-le, toi ! " proteste-t-il, sa voix pleine de confusion, doutant de tout.

 

" Je peux pas, Tyler. Il faut que je filme. " Je tapote le stylo-torche contre la caméra.

 

" Oh. " Il est à deux doigts de mordre à l'hameçon. Je le sens.

 

" Allez, on y va ? " Je lui tends le stylo-torche une fois de plus et je lui souris comme un de ces faux-culs de présentateurs du JT.

 

Il tend la main qui tient le revolver. Oui ! Oui ! Oui !

 

" Vous voulez que je vous tienne ça un moment pendant que vous parlez ? " Je lui demande avec autant d'innocence que mes lèvres peuvent articuler.

 

" Ça ne vous dérange pas ? " demande-t-il, ses bonnes manières reprenant le dessus tandis que la coke descend dans son système.

 

Je hausse les épaules. " Non, pas du tout. Mais juste une minute, OK ? "

 

" OK. " Il me tend le magnum, canon en premier, ce qui me fout une trouille pas possible. J'ai pas un joli gilet pare-balles, moi. J'ai juste mon gilet de tournage, et c'est pas ça qui va arrêter les balles. J'attrape le canon. Il est encore chaud d'avoir récemment tiré, et je le tire doucement de ses doigts.

 

Le flingue a à peine le temps de passer de sa main à la mienne que quatre flics pas contents du tout lui sautent dessus.

 

Et je prends le tout en gros plan.

 

Bon Dieu, ce que je suis bonne.

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Je souris tout en dépliant la béquille de mon bébé, la garant devant mon bar préféré. J'adore le Rio ; j'y trouve tout ce dont j'ai besoin. J'y retrouve pas mal de mes potes et il y a toujours quelqu'un qui veut repartir avec moi. Il y a pas mal de nouvelles groupies. La plupart espère qu'un d'entre nous les aidera à percer dans le 'métier'. Je les laisse y croire. Je sais, c'est dégueulasse. Je me marre toute seule tout en accrochant mon casque sur le guidon avant de descendre de ma bécane.

 

Je me regarde dans la porte fenêtre du bar avant de rentrer. Chemise de soie noire ouverte jusqu'au troisième bouton, petit gilet en cuir noir histoire d'accentuer les jambières sur mon jean noir et mes bottes. Je me passe la main dans les cheveux pour les arranger un peu après avoir porté le casque. Ça oui, je suis bonne à croquer et je suis prête pour ce que la nuit me réserve.

 

Dès que j'ouvre la porte et que je passe le seuil, un tonnerre d'applaudissements retentit, accompagné de sifflements et hurlements variés. J'ouvre les bras en grand et fais une révérence. " Merci ! Merci ! Pas d'applaudissements, je vous en prie, je ne prends que le liquide ! "

 

Ce qui me vaut une deuxième ovation. Un connard réussit quand même à me lancer une pièce que j'attrape au vol de la main gauche. Tout le monde se tait, attendant ma réaction.

 

Je lève les yeux et constate que le coupable est Gary Lawton. Gary est aussi caméraman, et à une époque, on nous voyait comme des rivaux, mais plus maintenant. Maintenant, Gary est pour moi ce qui ressemble le plus à un meilleur ami. Je m'approche et m'assieds sur le tabouret à côté du sien au bar. " Merci, espèce de radin. " Je lance la pièce de 25 cents sur le comptoir.

 

Les gens se mettent à rire et le bar reprend son activité normale.

 

" Y'a pas de quoi. " Il sourit, content de lui, et lève son verre en mon honneur. " Tu sais, je viens de comprendre un truc à ton propos, Harper Kingsley. "

 

" Ah oui ? " Je fais signe au barman d'apporter deux verres, un pour moi et un pour mon ami. " Et c'est quoi ? "

 

" Tu es soit la personne la plus courageuse, soit la plus idiote que j'ai jamais rencontrée. "

 

Je me mets à rire alors que le barman pose nos bières devant nous. Je continue à regarder Gary par-dessus le rebord de mon verre, tout en prenant ma première gorgée.

 

" Une lampe, putain ! Tu lui as passé une lampe ! "

 

" C'était inspiré, tu trouves pas ? " Je rigole, puis repose ma bière et commence doucement à regarder autour de moi pour voir qui pourrait bien m'intéresser ce soir.

 

" C'était dingue, ça c'est sûr. Dommage qu'ils ne refilent pas des oscars pour ce genre de plans, parce que je peux te le dire, c'était géant. "

 

" Merci. " Pour une raison étrange, l'approbation de Gary compte beaucoup pour moi.

 

" J'arrive pas à croire que ça a marché. "

 

" Sagemore était complètement défoncé. J'aurais pu lui passer un bâton de dynamite et il aurait pas fait la différence. "

 

" Ça, ça aurait valu le coup de l'avoir sur film ! " Gary se met à rire tout en vidant son verre. " Tiens, regarde, la Garce des Glaces. " Il montre du doigt l'écran de télévision au-dessus du bar.

 

Je me détourne de la blonde qui a attiré mon attention pour regarder l'écran. Et je tombe sur une autre blonde. Oh, elle est mignonne. Je souris. " La Garce des Glaces, hein ? Elle a pas l'air trop gelée, je trouve. En fait, je crois qu'elle ferait une jolie petite friandise. " Je prends une autre gorgée de bière.

 

" Kelsey Stanton ? Tu rigoles ou quoi ? Il faut que tu sortes un peu plus, ma vieille. Elle a une sacrée réputation de mangeuse d'hommes. "

 

Je m'étrange presque sur ma bière en entendant ça. Je lève à nouveau les yeux, et observe la femme à l'écran. Non, pas elle ; elle, elle fait partie de la 'famille'. " Gary, c'est une 'lesbienne chic'. " Il faut lui expliquer patiemment, comme si c'était un gamin ; c'est le cas de la plupart des hommes. " Les mots 'manger' et 'hommes' ne cohabitent pas dans son vocabulaire. " Je suis assez fière d'avoir réussi à employer le mot 'cohabiter' sans sous-entendu sexuel.

 

" Ah ! Ça prouve bien que tu sais rien de rien, Madame La Maligne. Elle vit avec Erik Collins. Ça fait un moment qu'ils sont ensemble. "

 

" Tu m'en diras tant. " Je regarde à nouveau l'écran. En général, je ne me trompe pas sur ce genre de choses, alors ça me surprend un peu. " Dommage. Elle a vraiment l'air d'être le genre à aimer la léchouille. "

 

" Nan. Enfin, pas de ta part, en tout cas. Mais je te parie que ce bon vieux Erik Collins dit 'l'Etalon' se retrouve sur le dos assez souvent. Je te parie qu'elle préfère être dessus. Ça doit être une cavalière accomplie. "

 

" Je pourrais remédier à ce problème. " Je souris en faisant signe du doigt à la fille que je regardais un peu plus tôt. " Si elle était avec moi, elle serait sur le dos et elle aimerait ça, je peux te le dire, dans des jolis draps en soie. " Je baisse la voix juste un petit peu et je me penche vers lui. " Tu sais : quand nos peaux commencent à transpirer légèrement pendant que je la baise comme elle a pas idée. "

 

" T'as vraiment une tête énorme, toi, tu sais ", fait Gary en se tortillant un peu sur son siège. Son sourire disparaît lorsque la fille arrive près de moi et pose doucement sa main sur mon épaule.

 

J'approche ma bouche tout près de son oreille. " Alors… tu bois quelque chose ? "

 

Elle hoche la tête tandis que son autre main se déplace lentement le long de ma chemise ouverte.

 

" Fais attention, chérie, ou mon copain là va nous faire une crise cardiaque. " On jette toutes les deux un coup d'œil à Gary qui nous regarde sans vergogne et n'essaie même pas de le cacher. Je lève un sourcil à son attention tandis que la main de la fille plonge dans ma chemise, ses doigts effleurant la pointe de mon sein. Si Gary veut une petite représentation, ça peut s'arranger. " Tu disais ? " Je fais à nouveau signe au barman.

 

" Eh merde ! Rien, oublie, va. " Il se retourne vers le bar, buvant la bière que je viens de lui commander. Pauvre Gary, il fait jamais une touche.

 

" Alors, ma belle. " Je me concentre à nouveau sur la fille à mon épaule. " A part moi, qu'est-ce que tu prends ? "

 

Elle sourit. " Un Orgasme Hurlant ? "

 

" Ben, je me disais qu'on pourrait commencer par prendre un verre, mais bon, je suis partante. " Je la taquine, tout en glissant les mains sous sa chemise pour lui caresser le bas du dos.

 

" C'est un cocktail ; tu es bête. " Elle me pince légèrement le téton. Oh, on va bien s'amuser.

 

 

 

 

 

 

 

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Avertissement d'ordre juridique.

 

Bien que cette série soit inspirée par quelques faits réels, il s'agit d'une œuvre de fiction et les références à des personnes ou des organisations réelles ne sont incluses que pour donner un certain air d'authenticité. Tous les personnages, principaux ou secondaires, sont entièrement le produit de l'imagination des auteurs, ainsi que leurs actions, motivations, pensées et conversations, et aucun des personnages ni des situations qui ont été inventées pour eux n'ont pour but de représenter des personnes ou des événements réels. En particulier, les descriptions des chaînes de télévision CBS et NBC ne sont pas destinées à représenter ces sociétés, ou aucune des personnes y travaillant, mais sont seulement utilisées afin d'apporter un sentiment d'authenticité à cette œuvre de fiction.

 

 

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Table des matières et suite.

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