| 
  • If you are citizen of an European Union member nation, you may not use this service unless you are at least 16 years old.

  • You already know Dokkio is an AI-powered assistant to organize & manage your digital files & messages. Very soon, Dokkio will support Outlook as well as One Drive. Check it out today!

View
 

INDISCRETIONS-S1P18

Page history last edited by Fausta88 15 years, 7 months ago

 

 

Traduction

 

INDISCRETIONS

 

Accord parental ignoré

Crédits :

Réalisation : XWPFanatic

Productrice exécutive : Tonya Muir

Scénario : XWPFanatic,TNovan et Tonya Muir

Traduction : Katell

 

 

 

Dix-huitième épisode : Retour à la réalité

 

C'est le matin.

 

Je le sais parce que le soleil filtre à travers les stores et me frappe en plein dans l'œil. J'enfouis mon visage un peu plus dans les cheveux de Kelsey et je resserre mon étreinte autour de sa taille. Ça me plaît.

 

Elle descend sa main pour attraper la mienne et la remonte entre ses seins, avant de m'embrasser les doigts. "Rendors-toi", murmure-t-elle.

 

"Bonjour", je chuchote en lui embrassant la nuque. Elle frissonne. J'en suis la cause et ça me plaît énormément de le savoir.

 

"Tu vas aller courir ?"

 

Je lui chatouille le bas de la gorge du bout des doigts. "Je ne crois pas. Je vais descendre et nous préparer le petit déj avant que Mama et Papa ne rentrent."

 

Elle grogne et se met à rougir. Je regarde son fard remonter tout le long de son corps. Bon Dieu, ce que c'est mignon. "Il va falloir que j'affronte ta mère, maintenant."

 

Je lui embrasse l'épaule. "Chér, ça ira très bien. Après tout, c'est pas comme si on avait besoin de porter une pancarte informant tout le monde de ce qu'on a fait hier soir." Je ne pensais pas qu'elle allait le regretter si vite. Tu parles d'un réveil douloureux.

 

Kelsey se retourne dans mes bras et m'inspecte avec attention. "Et comment je vais expliquer ça ?" Elle caresse doucement le suçon qu'elle m'a donné hier soir.

 

"Une morsure d'araignée ?"

 

Elle rit devant ma plaisanterie inattendue. "Je ne crois pas qu'elle va avaler ça."

 

"C'est vraiment si terrible que ça, Kels ?" je demande avant d'avoir eu le temps de me retenir. Dieu sait que je ne veux pas revivre le fiasco d'Omaha.

 

"Qu'est-ce qui est si terrible ?" demande-t-elle à son tour. Et puis je vois dans ses yeux qu'elle a compris ce que je lui demande vraiment. "Non, pas du tout, Harper. Pas du tout." Elle m'embrasse le menton et se blottit un peu plus contre moi. "La nuit dernière, c'était merveilleux. Tu étais merveilleuse. Tout ça est merveilleux."

 

"Ah ouais ?"

 

"Ouais. En fait, je dis qu'on peut se passer de petit déj. On pourra toujours manger dans l'avion. Mais il y a certaines choses qu'on ne peut pas faire en l'air."

 

Ses mains recouvrent mes seins et je laisse échapper un petit soupir. "Chérie, tu ne connais pas l'expression 's'envoyer en l'air' ?"

 

Kelsey cligne des yeux innocemment. "C'est pas quand tu fais du trampoline ?"

 

Mon Dieu, ce que j'aime me réveiller auprès de cette femme. "Euh, non. Mais je pourrai t'expliquer plus tard."

 

 

 

  • * *

 

 

 

On se tient tous un peu maladroitement à côté de la voiture de location. Kelsey et moi essayons délibérément de ne pas nous toucher, ce qui est particulièrement difficile. Tout ce que je veux, c'est la toucher, la tenir contre moi, la caresser.

 

Arrête un peu, Harper ! Ou tu vas jamais tenir jusqu'à l'avion. Du trampoline. Tu parles d'un sens de l'humour, Kels.

 

Papa me surprend à avoir des pensées peu chastes et me fait un clin d'œil.

 

Il faut qu'on y aille. J'arrive à peine à comprendre ce que ma mère raconte.

 

"N'oubliez pas de nous appeler quand vous arriverez à Los Angeles toutes les deux, pour qu'on ne s'inquiète pas."

 

Kelsey réussit à lui répondre, puisque j'ai de toute évidence perdu ma langue. "C'est promis, Cécile."

 

"Tu peux m'appeler Mama, ma petite." Je regarde Mama serrer Kelsey fort dans ses bras et puis l'embrasser sur les deux joues. "Et il faut que tu reviennes vite. Au moins pour Noël, si ce n'est pas plus tôt."

 

Je n'entends pas la réponse de Kelsey puisque Papa choisit ce moment-là pour m'attraper la tête sous son bras. Il frotte son poing fermé sur le haut de mon crâne, comme il l'a toujours fait, depuis que j'ai eu trois poils sur le caillou. "Ne fais pas ta tête de pioche, Harper Lee", il me chuchote à l'oreille. "Et n'aie pas peur. Je ne t'ai pas élevée pour reculer devant quoi que ce soit."

 

"Oui, papa."

 

"Merci d'être rentrée pour Thanksgiving, ma chérie." Il me laisse me relever et regagner un peu de ma dignité. "On est toujours si contents de t'avoir ici."

 

"Moi aussi, Papa." Je l'embrasse sur la joue. Puis je me tourne vers Mama.

 

Elle me tend les bras, un large sourire sur les lèvres. Je vais jusqu'à elle, me sentant vraiment comme la petite file qui cherchait autrefois refuge entre ces bras, sachant qu'ils pourraient me protéger contre tout, et tous. " Je t'aime, mon cœur. Je suis bien fière de toi."

 

"Je t'aime aussi, Mama." Je ne sais pas pourquoi, mais le fait que ma mère soit fière de moi est une réussite plus grande que quoi que ce soit d'autre.

 

"Tu prends bien soin d'elle. Et maintenant sauvez-vous, avant que je me mette à pleurer."

 

"Oui, Mama." Je prendrai bien soin de Kelsey. Et je ne veux pas pleurer non plus. Je l'embrasse et puis monte dans l'Explorer avant que mon cœur décide qu'il préfère rester là.

 

 

 

  • * *

 

 

 

En m'installant dans mon siège, je me demande pourquoi un voyage si merveilleux doit être gâché par le vol du retour. Moi, en tout cas, je vote pour l'installation de TGV à travers tout le pays.

 

Harper s'installe à côté de moi et je me demande comment elle arrive à supporter ça si bien. Je me sens comme une sardine dans ces avions. Même en première. Dieu merci, on n'est pas en classe éco.

 

"Ça va, Gourou ?"

 

"Ben, tu sais, moi et les avions…"

 

"Ouais, mais j'ai ce qu'il te faut cette fois-ci." Elle lève un sourcil à mon intention. "Laisse-moi faire."

 

"Pas de problème." J'essaie de sourire, mais je tressaille en entendant la porte se refermer ; je sais que je suis officiellement prise au piège.

 

 

 

  • * *

 

 

 

"Tu sais", je fais en riant un peu tandis qu'elle m'attrape autour de la taille par derrière, "ça serait plus facile si j'arrivais jusqu'au répondeur."

 

"Toi", elle me tire en arrière et se met à m'embrasser la nuque, "t'as pas besoin de vérifier ton répondeur pour l'instant."

 

"J'ai des messages." Je me retourne dans ses bras.

 

Pour toute réponse, elle m'embrasse passionnément.

 

Quels messages ?

 

On s'en fout des messages. Je me fous de la plupart des gens qui en laissent de toutes façons, alors…

 

Ses bras se resserrent autour de moi et le baiser continue. On commence à perdre l'équilibre et on retombe sur le canapé. Il va falloir que je lui dise d'acheter des chemises avec des attaches simples, ou alors même des velcro, parce que les boutons, ça commence à m'agacer sérieusement.

 

"Oh, oui, c'est bon", je gémis. Elle a trouvé un point très sensible sur mon cou. Je ne crois pas que quelqu'un ait jamais trouvé ce point-là avant elle.

 

Je la sens qui tire sur ma chemise pour la sortir de mon jean. Je réussis à défaire le dernier bouton de sa chemise et je commence à la pousser sur ses épaules. Mon Dieu, ce que j'aime ces épaules-là, vraiment.

 

"Kels… s'il te plaît", elle chuchote, et puis elle défait le bouton de mon jean.

 

Je sais ce qu'elle a. Elle m'a très bien distraite dans l'avion (c'est fou ce qu'elle arrive à faire avec une couverture, un glaçon et un fouet à champagne), mais maintenant, elle est toute excitée et a vraiment besoin qu'on la soulage.

 

"Je peux faire quelque chose pour toi, Tabloïde ?"

 

"Oh oui." Elle hoche la tête, la levant suffisamment longtemps pour me laisser lui retirer complètement sa chemise. "Par contre…" Elle réussit je ne sais pas trop comment à retirer ses boots que j'entends atterrir sur le sol. "… c'est pas le moment de me taquiner."

 

"Ah bon ?"

 

"Non." Elle m'embrasse à nouveau. Ce n'est pas un long baiser langoureux. C'est un baiser profond et très exigeant.

 

Tandis que mes mains glissent sur sa poitrine, je la sens et je l'entends gémir contre mes lèvres. Ses mains commencent à me débarrasser de ma chemise et mon soutien-gorge, et puis se mettent à caresser ma peau. Oh, oui, ça me plaît.

 

C'est bon.

 

C'était pas l'ascenseur, ça ? Nan, pas possible.

 

Je défais la boutonnière de son jean et puis mes mains se glissent à l'intérieur. Je la sens bouger un peu pour que je puisse faire glisser le jean sur ses hanches.

 

"Oh, ce que c'est bon", gémit-elle. On continue à se débarrasser mutuellement de nos vêtements.

 

"Oh merde !" s'écrie une voix grave et résolument masculine depuis l'entrée.

 

La voix d'Erik est une interruption majeure. Ooooh merde !

 

Je réussis à jeter un coup d'œil par-dessus Harper pour apercevoir mon meilleur ami, le visage rouge brique, filer à toute allure vers la cuisine. Harper pousse un grognement lorsque je me recule et que je tends la main vers ma chemise.

 

"Je suis désolée", je fais en l'embrassant doucement sur la gorge. "Je ne l'attendais pas avant la semaine prochaine."

 

"Pas", elle déglutit avec difficulté et attrape elle aussi sa chemise, "de problème."

 

"J'ai laissé un message sur le répondeur !" s'écrie Erik depuis la cuisine.

 

Elle a un sourire chagriné. "Pouvais pas deviner…" chuchote-t-elle en reboutonnant sa chemise.

 

"Mouais." Je souris, puis m'extirpe du canapé tout en essayant d'arranger mes vêtements, histoire d'avoir l'air plus ou moins présentable. "J'arrive, Erik."

 

"Oh, je t'en prie. Prends ton temps. Je ne voudrais pas interrompre quoi que ce soit." Il rit et j'entends la porte du frigo qui s'ouvre.

 

"Trop tard, espèce de petit con !" je crie.

 

Il rit à nouveau et j'entends Harper marmonner quelque chose comme quoi elle va l'étrangler. Je me penche vers elle et l'embrasse rapidement. "Oh, il va me le payer. Je te le promets. Je connais tous ses points faibles."

 

"Tu as le fond mauvais, tu sais ça ?" Elle tire sur ses bottes, puis se lève et m'enveloppe de ses bras. "Pas vrai ?"

 

"Tu l'as dit. Allez, viens." Je lui prends la main et l'entraîne avec moi vers la cuisine.

 

Erik est appuyé contre le comptoir, en train de boire un verre de lait. On dirait une pub télé. Je secoue la tête et je lâche la main de Harper pour le serrer dans mes bras. "Je suis contente que tu sois rentré. Ton timing est merdique, mais je suis contente de te revoir." Je me recule un peu et puis lui essuie la lèvre supérieure, couverte de lait, avec un torchon posé sur le comptoir.

 

Il me sourit, puis à Harper. "Désolé, vraiment. J'ai vraiment laissé un message, tu sais. On a fini plus tôt, alors me voilà."

 

"Ne t'inquiète pas, va." Je recule et je tends la main à Harper, parce que je n'aime pas ne pas être loin d'elle très longtemps. "Erik, tu te souviens de Harper."

 

Il inspire profondément, et hoche la tête. "Bien sûr. Comment allez-vous, Ms. Kingsley ?"

 

Je sens la tension monter aussitôt dans la pièce. Oh merde. Erik, sois gentil. Je t'en supplie, sois gentil.

 

"Très bien. Mais je vous en prie, appelez-moi Harper." Elle lui tend la main droite.

 

Il la regarde un moment. Prends-la, Erik. Nom de Dieu, prends-la. Il sourit et ne me déçoit pas.

 

"Ravi de vous revoir." Il ne lui serre pas la main plus longtemps qu'il ne le faut. "Kels, mais où t'étais passée ? J'étais vachement inquiet."

 

"Désolée. J'ai laissé un message pour toi à un assistant à la production. J'étais à la Nouvelle-Orléans."

 

"La Nouvelle-Orléans ? Pour quoi faire ?"

 

"Harper m'a emmenée là-bas pour Thanksgiving. Je suis allée chez elle et on a passé le week-end là-bas, avec sa famille."

 

Il lève un sourcil et la regarde. "Vraiment ? On dirait que vous vous êtes bien amusées."

 

"Je me suis vraiment bien amusée."

 

"Nous", fait Harper en me serrant la main un peu plus fort, "nous sommes vraiment bien amusées."

 

Je suis vraiment contente de l'entendre dire ça.

 

"Content de l'apprendre", fait Erik.

 

Bon sang, Erik, décoince-toi un peu. Si la température tombe encore, il va falloir que j'aille chercher ma veste.

 

"Kels, je crois que je vais prendre un taxi, et rentrer, histoire de défaire ma valise, OK ?"

 

"Je peux te déposer."

 

"Non. Vous avez des trucs à vous raconter, vous deux. Je vais rentrer et puis quand tu seras prête, passe-moi un coup de fil. On ira dîner, OK ?" Elle se penche vers moi et m'embrasse. J'ai presque l'impression que c'est un baiser d'adieu et je sens mon estomac se contracter. Je lui serre un peu plus la main en essayant de lui faire comprendre que oui, je vais l'appeler.

 

"Ne t'éloigne pas trop du téléphone, Tabloïde. J'ai l'intention de t'offrir un très bon dîner, ce soir." Je lève la tête et parviens à lui murmurer à l'oreille : "Et puis de te ramener ici pour le dessert."

 

"Tu me connais trop bien, Gourou." Elle me fait un clin d'œil. "A plus tard."

 

Je reste dans la cuisine, résistant à l'envie de la suivre. J'écoute la porte de l'ascenseur s'ouvrir puis se refermer. Je me retourne alors vers Erik. "Pourquoi tu ne lui as pas dit de partir pendant que tu y étais ?"

 

"Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?"

 

"Tu aurais pu essayer d'être un peu plus aimable."

 

"Oh, allez, Kels. C'était Harper Kingsley. Le fléau de ton existence, tu te souviens ? Mais qu'est-ce qui t'arrive, là ?"

 

"Je ne suis pas 100 % sûre, mais je dirais que ça a à voir avec le fait que j'ai trente-deux ans et que j'en ai marre de vivre ma vie selon des règles imposées par les autres."

 

"Alors t'as décidé d'être au menu du jour dans le lit de Harper ? Bon Dieu, Kels."

 

"Non, ce n'est pas comme ça." Je la défends, espérant par-dessus tout avoir raison. "C'est différent."

 

"C'est elle qui t'a dit ça ?"

 

"Non", j'admets doucement. J'ouvre la porte du frigo et j'attrape une bouteille d'eau. Je m'appuie contre le comptoir près d'Erik et je dévisse le bouchon. "Elle ne m'a rien dit sur la direction que tout ça va prendre. Je ne crois pas qu'on sache vraiment."

 

"Kels, chérie." Il se rapproche de moi et passe son bras autour de mes épaules. "Je suis ton meilleur ami et je t'aime. Je veux que tu sois heureuse, et je ne veux pas qu'on te fasse du mal. Mais tu dois bien admettre que son historique n'est pas très bon."

 

"Je sais, mais pourquoi est-ce que ça ne changerait pas, hein ? Ça ne serait pas possible qu'on puisse construire ensemble une merveilleuse relation à long terme ?"

 

"Bien sûr que si. Mais il est également possible que quand tu l'appelleras ce soir pour l'inviter à dîner, elle soit déjà partie voir ailleurs. Tu ne te souviens pas de ce que tu m'avais dit après le dîner ce soir-là ? Elle a quitté la bibliothèque avec une femme, et elle en avait une autre le soir à dîner."

 

"Elle ne me ferait pas ça."

 

Elle ne me ferait pas ça, hein?

 

"J'espère que non, Kels, mais s'il te plaît, ne te fais pas d'illusions, et je t'en supplie, fais attention."

 

Je hoche la tête, tout en prenant une gorgée d'eau. "D'accord."

 

 

 

  • * *

 

 

 

Je repose Pépin par terre. Il miaule son mécontentement et puis va droit vers son bol, parce qu'il pense toujours avec son ventre.

 

Je jette mon sac sur le canapé et puis je fais l'appart de long en large. J'arrive à claquer toutes les portes que je trouve. J'ouvre même la porte du placard à linge, juste pour pouvoir la claquer ensuite.

 

Mais pour qui il se prend ? M. Erik Collins, alias 'Je suis une super star de ciné, mais je suis tellement dans le placard que je trouve plus la sortie'. Il s'est enfermé dans son placard et il a piégé Kels avec lui là-dedans.

 

Connard d'hypocrite.

 

Il trouve que je suis pas assez bien pour Kelsey.

 

Et s'il avait raison ?

 

Heureusement, le téléphone se met à sonner, me sauvant d'une dangereuse auto-analyse. Ça ne peut pas être Kelsey ; il est trop tôt. Enfin, si elle m'appelle ce soir. Quelque chose me dit qu'Erik doit être en train de faire de son mieux pour la faire changer d'avis sur nous deux.

 

"Allô ?"

 

"Bonjour, mon cœur."

 

"Bonjour, Mama. Oh merde, j'ai oublié de t'appeler de l'aéroport."

 

"Qui t'a dit, Harper Lee."

 

Je grogne. Il faut que je fasse attention aux gros mots avec Mama. On pourrait croire que je le sais, depuis le temps. "Désolée, Mama."

 

"Qu'est-ce qui ne va pas ?"

 

Comment les mères font pour toujours savoir quand leurs enfants sont stressées ? Et avec ma mère, c'est pas la peine de le nier. Sinon, je vais la retrouver sur le pas de ma porte demain matin. "Quand on est rentrées, Erik est arrivé."

 

"Erik ? Qui c'est ça ?"

 

Je soupire. Je n'avais pas envie de rentrer dans les détails maintenant, mais puisque la boîte de Pandore est ouverte, je n'ai plus trop le choix. Je lui raconte tout ce que je sais de la relation entre Erik et Kelsey.

 

"Alors tu penses que cet homme est en train de dire du mal de toi ?"

 

"J'en suis plutôt sûre, oui."

 

"Et tu crois que Kelsey va le croire ?"

 

Est-ce que je crois ça ? Je ne sais plus. Et c'est ce que je dis à Mama. "Je devrais peut-être l'appeler et lui dire que ça n'a pas d'importance."

 

"Espèce de tête dure !"

 

Super. Me revoilà une tête de pioche. Un peu de compassion, ça serait sympa, Mama.

 

"Il faut que tu fasses un peu plus confiance à Kelsey, Harper. C'est une adulte, et très capable de faire ses propres choix. Laisse-la te choisir, toi. Ne va pas faire quelque chose de stupide. Et tu n'as pas intérêt à faire du mal à cette gentille fille."

 

"Je crois que tu l'aimes plus que moi," je râle.

 

"Mais non. Je t'aime tellement que je ne te laisserai pas te faire du mal à toi en lui faisant du mal à elle."

 

Je soupire. "OK, Mama, OK. Tu as gagné."

 

"Mais qu'est-ce que je vais faire de toi? Ce n'est pas moi qui gagne. C'est toi qui gagnes. Moi, je ne gagnerai que quand tu me donneras des petits enfants."

 

Je me cogne le combiné sur le front plusieurs fois. "Mama !"

 

"Je suis désolée, Harper, mais c'est la vérité."

 

"Ouais, ben on a un petit problème, là. Un problème dont tu es tout à fait consciente, je crois."

 

Elle rit et je souris, pour la première fois depuis que j'ai quitté l'appartement de Kelsey. "J'ai une confiance la plus totale dans tes capacités à résoudre les problèmes, Harper. Et maintenant, je vais te laisser, pour que ta jolie petite amie puisse t'appeler."

 

Je ne lui dis même pas que j'ai le signal d'appel sur la ligne.

 

 

 

  • * *

 

 

 

A la quatrième sonnerie, mes rêves d'un bon dîner commencent à s'évanouir. Peut-être qu'elle est partie retrouver ses copains au Rio. Je ne pourrais pas lui en vouloir, après la façon dont Erik s'est comporté.

 

Peut-être qu'il repensera à son comportement quand il trouvera les petits cadeaux que je lui ai laissés dans les poches de sa veste préférée. Il va lui falloir des semaines pour faire partir l'odeur et ça va lui coûter une fortune pour la faire nettoyer. C'était très gratifiant.

 

"Allô ?"

 

Ah, voilà la voix que je voulais entendre. "Salut, toi." J'ai l'impression d'être une ado qui ne sait pas trop quoi dire.

 

"Alors, euh…" Je l'entends faire une pause et je me demande si elle ressent la même chose. "Qu'est-ce que tu fais ?" demande-elle, comme une adolescente. Oh oui, elle est comme moi. Je souris en y pensant. J'aime bien qu'on soit à égalité.

 

"Ça te dit toujours d'aller dîner ?" je demande.

 

"Bien sûr. Où ça ?"

 

"En fait, je me disais que je pourrais passer prendre quelque chose et puis aller chez toi. On pourrait passer une soirée tranquille."

 

"Ça me dit bien. Surtout après la bouffe qu'on a eue dans l'avion pour le déjeuner. Pourquoi tu ne viendrais pas ici directement et puis on irait ensemble chercher à dîner ? Je préfèrerais que tu ne sois pas toute seule dehors trop longtemps."

 

"Oh c'est vrai, j'avais presque oublié." Mais pas elle. Ça doit être bon signe, non ? Au moins, elle s'inquiète.

 

J'espère que mon petit admirateur m'a oubliée pendant les vacances. Je n'avais pas de surprises qui m'attendaient à l'appartement en rentrant aujourd'hui.

 

"Alors, ça te va ?"

 

J'entends un bruit de son côté, un bruit qui ressemble à quelque chose qu'on tape sur du bois. "Ça roule, Tabloïde. Qu'est-ce que tu fais ?" Ma curiosité l'emporte.

 

"Je suis allongée sur le canapé, et je regarde un film en vidéo. Pépin a posé son gros cul sur mon ventre et sa grosse tête est juste dans ma ligne de mire. Pourquoi ?"

 

C'est une image amusante, mais ce n'est pas ce qui m'intriguait. Toutefois, j'aime la savoir allongée sur le canapé à attendre mon coup de fil. Il faudra que le chat bouge ses fesses quand j'arriverai, par contre. "C'est quoi, ce bruit ?"

 

"Hein… oh, ça… Je… euh… j'étais en train de tapoter avec les doigts sur la table basse."

 

Qu'est-ce qui te rend si nerveuse, Harper ? "Alors, je viens quand ?"

 

Elle rit. "T'as déjà une demi-heure de retard."

 

 

 

  • * *

 

 

 

J'ai toujours aimé manger la cuisine chinoise dans le carton. Je peux pas l'expliquer, je trouve ça fun. Et donner à Harper des leçons de baguettes, c'est fun aussi.

 

Pour être honnête, ça me donne une bonne raison pour passer les bras autour d'elle, pour l'aider bien sûr. Comme si j'avais besoin d'une bonne raison. Une mauvaise m'ira très bien en fait. Elle est assise par terre, entre mes jambes, et je suis penchée vers elle, depuis mon poste sur le canapé. Depuis ce point de vue, je sens le parfum qu'elle a mis récemment. Et j'aime sentir sa peau contre la mienne quand je guide ses doigts autour des baguettes en bois.

 

Elle appuie sa tête contre mon genou et pousse un grognement. "Je vais mourir de faim avant que la bouffe arrive dans ma bouche, Gourou. C'est pour ça qu'on a inventé la fourchette. Est-ce que c'était si mal que ça ?"

 

"Les baguettes existaient bien avant les fourchettes."

 

"Oui, mais tu as remarqué que les Chinois sont tout maigres ?"

 

Je ris et puis j'attrape un morceau de bœuf dans la boîte avec les doigts et je le lui donne à manger. Elle prend non seulement la viande, mais aussi le bout de mes doigts. Je grogne un peu quand elle les lèche après ça.

 

"Ça, c'est mieux qu'une fourchette, entièrement d'accord." Elle renverse la tête en arrière et me sourit. "Je pourrais manger Chinois tous les soirs si tu me donnais à manger comme ça. Mais bon", elle se retourne et puis s'agenouille entre mes jambes, ses yeux à la hauteur des miens. "On dit qu'on ressemble à ce qu'on mange. Je pourrais bien te ressembler demain matin."

 

Mon dieu, quel cliché, mais ça marche toujours. "Oh, tu es très subtile." Je lui pousse les épaules, tout en essayant de ne pas rire.

 

"C'est pas ce que tu disais ce matin en descendant de l'avion. Dois-je te rappeler qu'il a presque fallu que je te porte ?"

 

"Je sais, je sais. Ce que tu peux être prétentieuse."

 

C'est si bon. D'être là. Avec elle. Je veux un baiser, alors je me penche et je me sers. Et puis je me recule et nos regards se croisent et je pose la main sur sa joue. Elle tourne légèrement la tête, et embrasse la paume de ma main.

 

"Alors, qu'est-ce que tu en penses ?" Je sais que je ne devrais pas, mais j'ai besoin de savoir.

 

"Penses de quoi ?"

 

"De nous ?"

 

Elle inspire profondément, et ses yeux se voilent un peu. Elle me rejoint sur le canapé, et me prend dans ses bras. Je pose la tête contre son épaule, et j'attends sa réponse.

 

"Ne le prends pas mal", commence-t-elle.

 

Oh, ça ne me dit rien qui vaille. Je résiste à l'envie de me reculer.

 

"J'essaie de ne pas trop y penser", continue-t-elle avant de déposer un baiser sur le haut de ma tête. Elle a dû sentir le frisson qui vient de me parcourir le corps. Ses grandes mains frottent doucement mon dos. "Kels, quand je commence à penser à tout ça, je panique. Alors, cette fois-ci, j'ai décidé de ne pas trop penser et de profiter du moment."

 

"Hé, ça me plaît comme idée." Je sens le soulagement qui me submerge. Je préfère vraiment ne pas y penser, moi non plus. Je paniquerais aussi, j'en ai bien peur.

 

"Parfait. Je crois que c'est ce qu'on devrait faire."

 

"Encore un plan Harper Kingsley mis à exécution. Ça me plaît."

 

"Bien sûr que ça te plaît. Tu serais dingue autrement. Comment pourrais-je ne pas te plaire ?"

 

J'entends le ton suffisant avant même de me retourner pour voir le sourire qui l'accompagne. Mais oui, il est bien là. Elle devrait le faire breveter.

 

"Bon, tu veux que je t'explique mon plan ?" je fais en tirant sur le maillot de foot qu'elle porte par-dessus un débardeur en coton blanc.

 

"Oh absolument."

 

"Mon plan est de te déshabiller entièrement et de profiter de toi autant que je peux." Je suis devenue une nymphomane depuis la première fois que sa peau a touché la mienne. Mais s'il faut avoir une dépendance, alors je n'ai rien trouvé de mieux.

 

"Je dois admettre que ton plan est encore meilleur que le mien." Elle lève les sourcils d'un air joueur. Elle peut vraiment avoir l'air idiot quand elle le veut.

 

"Préfères-tu que je te viole ici ou dans la chambre ?"

 

"Des décisions, toujours des décisions…"

 

 

 

  • * *

 

 

 

On finit par opter pour le canapé et la chambre. Et ce matin, on choisit la douche. On partage ensuite des muffins et du jus d'orange tout en lisant les éditions dominicales du LA Times et du New York Times. On est accros aux news. C'est dingue.

 

Je tombe bientôt sur la section loisirs et je me rends compte que je ne suis pas allée au ciné depuis l'été et 'Star Wars I : La Menace Fantôme'. J'enrage toujours à propos de ce film et toutes ses occasions manquées. Et bien sûr, toutes les connotations racistes étaient un peu trop évidentes à mon goût. Mama et Papa ont carrément quitté la salle après l'arrivée des méchants faux asiatiques, à peine cinq minutes après le début du film. J'aurais dû en faire autant.

 

"Hé, Tabloïde !", fait Kels en m'arrachant à mes pensées. Je me tourne et elle me lance les clés de la Mercedes.

 

Je les attrape dans ma main gauche et je les fait sauter en l'air. "C'est pour quoi, ça ?" je demande. "Tu ne vas quand même pas me donner ton bébé, si ?"

 

Elle rit. "Sûrement pas. Mais à te voir lorgner le programme des cinés, je me suis dit que tu avais envie d'aller voir un film. Alors, allons-y."

 

"Et tu vas me laisser conduire ? Ça, c'est ce que j'appelle de la confiance, Gourou."

 

"Je te fais confiance." Sa réponse est douce et j'ai la très nette impression qu'on est en train de parler de bien plus que de sa voiture. "Alors, quel film tu veux aller voir ?"

 

"Je sais pas." Je hausse les épaules en tournant le journal à l'envers pour qu'elle puisse voir ce qui passe dans le coin. "On se décidera sur place. Mais pas de dessins animés ou de trucs à l'eau de rose."

 

Elle rit. "Pas de films de filles, hein ? Ça veut dire que tu veux pas voir 'Anna et le roi' ?"

 

Je me mets à pousser Kelsey hors de l'appartement, parvenant tout juste à bloquer Pépin qui en profite pour essayer de se faire la malle. On prend l'ascenseur jusqu'au parking et puis on file droit vers la petite Mercedes rouge. J'ouvre la portière passager pour elle et je la laisse s'installer avant de faire le tour pour monter. J'aimerais bien qu'on descende la capote. J'ouvre ma portière et je m'assieds au volant. Le malade qui la harcelait nous empêche de nous amuser.

 

"Rien de sanglant ni qui fait peur", dit-elle, comme si elle avait lu dans mes pensées. Elle me jette un coup d'œil par-dessus ses lunettes de soleil. J'adore quand elle fait ça. C'est tellement mignon.

 

"'Scream 3' ne sort pas avant janvier. Ils ont repoussé la sortie prévue en décembre… ils vont me gâcher tous mes plans de réveillon de Noël."

 

"Je doute fortement que Mama te laisserait faire ça."

 

Elle a appelé ma Mama… Mama. "Qu'est-ce que tu dis de 'Révélations' ?" je suggère.

 

Elle fait la grimace. "Et qu'est-ce que tu dis de carrément retourner tout de suite au boulot ? Bon sang, Harper, j'ai vraiment pas envie de voir un film qui parle d'une salle de rédaction."

 

"Bon point." Je sors du parking souterrain, passant en revue les films dont j'ai vu les titres dans le journal. "Hé, Tim Robbins a sorti un nouveau film. Ça se passe dans les années trente. C'est une comédie."

 

"J'aime bien Robbins ; ça me dit bien."

 

"Je crois pas qu'il joue dedans. Il y a John Cusack et Susan Sarandon, je crois. Les critiques étaient plutôt bonnes."

 

"Ça me va. Et j'adore Sarandon. Elle est géniale."

 

Je hoche la tête vigoureusement. "C'est une grande dame. Mama et Papa ont travaillé avec elle sur beaucoup de causes, surtout après 'La Dernière Marche'."

 

"Super." Elle s'enfonce un peu plus dans son siège, puis elle tend la main vers moi et la pose sur la mienne, qui est posée sur le levier de vitesses. Je pourrais facilement m'y habituer. Si je pensais à nous deux, bien sûr.

 

 

 

  • * *

 

 

 

Heureusement que Kels et moi on gagne bien notre vie, parce qu'aller au ciné, ça coûte les yeux de la tête. Bien sûr, j'ai payé pour nous deux. Je suis pas radine en rencard.

 

On fait la queue devant le stand de bouffe, attendant avec tous les autres notre chance d'acheter un sac de pop-corn et un soda à prix exorbitant… on est en train d'avoir une conversation très agréable sur ce qui risque de se passer quand on rentrera chez moi, quand une femme dans la queue tout près de nous reconnaît soudainement Kels. Je me contente de grogner quand elle décide de s'immiscer dans notre vie.

 

"Oh, eh ben, vous seriez pas Kelsey Stanton ? La reporter de NBC News ?"

 

Et voilà que soudainement, mon petit Gourou tout détendu et heureux, se transforme en Gourou 100% boulot. Elle a l'air d'avoir oublié qu'on était en train de s'amuser. Elle fait un pas en arrière, se détachant de moi très nettement et c'est à peine si elle croise mon regard.

 

"Oui, c'est exact."

 

"Je le savais !" s'écrie la dame. "Je savais que j'allais rencontrer des stars pendant ma visite !"

 

Bien sûr, elle n'est pas de Los Angeles. Un habitant de la ville ne nous dérangerait jamais. Pas quand ils peuvent aller au centre des célébrités de la Scientologie et y voir toutes les vraies stars.

 

"D'où venez-vous ?" demande poliment Kelsey.

 

"Du Kansas. Je viens d'une ville qui est le centre géographique exact des Etats-Unis."

 

Oh, ben, il y a vraiment de quoi être fière. Bien sûr, je suppose qu'elle ne compte que quarante-huit états. Si on ajoute l'Alaska et Hawaii, je parie que le centre serait quelque part dans le Pacifique, putain. Ce qui est exactement où cette Kansan… Kansian… Kansasienne… bref… devrait se trouver en ce moment.

 

"C'est fantastique !" s'exclame Kelsey avec un peu trop d'enthousiasme. "Je vous présente Harper Kingsley, ma camérawoman."

 

Eh ben, Kels, tu as quand même réussi à reconnaître ma présence. Comme c'est gentil de ta part. Il n'y a rien de tel que d'avoir honte d'être vue en ma présence.

 

La femme continue à la distraire avec d'autres contes fascinants du Kansas, jusqu'à ce qu'on atteigne enfin le stand. "Euh…" Je m'éclaircis la gorge. "Ms. Stanton, que désirez-vous ?" Moi aussi, je peux la jouer coincée.

 

Elle me lance un regard intrigué, se demandant pourquoi j'ai soudainement pris ce ton formel. T'as qu'à deviner toute seule, Kels. Et barre-toi, toi, du Kansas. Tu es en train de foutre en l'air une très bonne journée.

 

Kels réussit enfin à se défaire de l'autre pot de colle et essaie de reprendre les choses où elle les avait laissées. "Je suis désolée."

 

"Pas grave", je grommèle en jetant un billet de vingt sur le comptoir, avant de récupérer un tas de bouffe et pas beaucoup de monnaie.

 

 

 

  • * *

 

 

 

Le film n'était pas mauvais. Il y avait de bons moments, pas de doute là-dessus. Et je l'aurais peut-être trouvé drôle si je n'avais pas eu des nœuds dans l'estomac. Pendant tout le film, je voulais trouver le moyen de présenter des excuses à Harper. Je sais que j'ai paniqué quand cette femme m'a reconnue. C'était un réflexe. J'ai toujours réagi comme ça. Tout ce que je pouvais faire, c'est rester assise dans cette salle sombre et lui tenir la main pour essayer de lui faire comprendre combien j'étais navrée.

 

Son humeur est massacrante, et je ne peux pas lui en vouloir. Voyons voir… hier, c'est Erik qui lui fait un caca nerveux, et aujourd'hui, c'est mon tour.

 

Et merde.

 

On sort du cinéma et on retourne à la voiture, quand une femme l'appelle. Elle se retourne et se retrouve les bras pleins d'une très mince et très jolie brune. Elle repousse doucement les bras de la femme mais pas avant d'avoir reçu un baiser sur le cou. Juste à l'endroit où j'ai laissé ma marque il y a deux nuits de ça.

 

Oh mon Dieu. Quelle journée. On n'aurait pas dû sortir.

 

On n'aurait pas dû quitter la Nouvelle-Orléans.

 

Mais qu'est-ce que je fabrique ? Elle ne sera jamais heureuse avec moi. Je suis bien trop coincée et elle va vite se lasser. Pas quand elle est si ouverte quant à son style de vie. Je ne pense pas qu'elle soit du genre à se cacher, comme moi.

 

Je sens les larmes qui me montent aux yeux et je me force à me ressaisir.

 

J'entends la voix de ma mère dans ma tête : 'Que je ne te vois pas pleurer, Kelsey Diane Stanton.'

 

"Mon Dieu, tu es superbe, Harper !" s'exclame la pétasse.

 

"Merci." Je remarque qu'elle n'a pas prononcé le nom de cette femme. Je parie qu'elle ne s'en souvient même pas. Je me demande si elle se souviendra du mien dans un mois.

 

Reprends-toi, Kels !

 

"Comment ça va ?" demande l'autre connasse en tirant un peu sur la veste de Harper.

 

Harper hausse les épaules et lance un coup d'œil dans ma direction. "Bien, merci. Mais il faut qu'on y aille."

 

La grognasse se tourne vers moi pour la première fois. Elle m'examine de la tête aux pieds et n'a pas l'air de me trouver adéquate. Salope.

 

"Ben, quand t'auras fini, passe-moi un coup de fil. J'aimerais vraiment te revoir, Harper, et retourner faire un tour sur ta Harley." Elle se penche tout entière vers Harper et appuie tout son corps contre elle. "On s'est tellement bien amusées la dernière fois. On pourrait recommencer."

 

J'observe la scène avec une énorme boule dans la gorge. Est-ce qu'on pourra jamais aller quelque part sans tomber sur un fille qu'elle a sautée ?

 

"Nan, je ne crois pas", répond Harper. "A plus." Elle se retourne vers moi et me prend doucement le bras. "Allez, viens, Kels."

 

On fait quelques pas, vers la Mercedes. Je déglutis avec difficulté et me force à parler. "Ecoute, Harper… si tu veux y aller… c'est bon, tu sais." Mon Dieu, ce que ça fait mal. Mais il faut que je lui laisse le choix.

 

Choisis-moi, Harper. Je t'en supplie.

 

Elle s'arrête et me regarde intensément. Le soleil de l'après-midi rend ses yeux encore plus bleus que d'habitude. "Tu le penses vraiment, Kels ?"

 

Oh mon Dieu. J'ai perdu. Garde ton sang froid jusqu'à ce qu'elle soit partie, Kels. Je hoche la tête, raide comme un piquet. "Oui."

 

"Oh."

 

La note de déception dans sa voix me redonne espoir. "Tu ne veux pas partir ?"

 

Elle secoue vigoureusement la tête. "Non. Pas avec elle. Et certainement pas devant toi. Bon sang, Kels, tu es plus importante que ça pour moi. J'espérais que tu pensais un peu mieux de moi, maintenant."

 

"Ce n'est pas ça, Harper", je proteste vite. "C'est juste que…" J'ai du mal à trouver les mots pour exprimer ce que je ressens. "Je… je n'ai jamais gagné contre des femmes comme elle."

 

"Et ben, Kelsey, les gens avec qui tu es sortie dans la passé étaient tous des imbéciles."

 

L'après-midi vient de s'améliorer considérablement. "Tu crois ?"

 

"Bon Dieu, j'en suis sûre. Son idée me plaisait, Kels, mais c'est avec toi que je veux faire ça. Pas elle." Sa voix est basse et elle a l'air gênée. "Je suis désolée que tu aies vu ça, Kels. Je ne voulais pas te faire du mal."

 

"Pas une super journée pour nous, hein ?"

 

"C'est le moins qu'on puisse dire."

 

"Alors, qu'est-ce qu'on fait ?"

 

Elle rit et puis montre du bras le gigantesque parking. "On trouve la voiture."

 

 

 

  • * *

 

 

 

J'entre dans le parking. Je trouve une place, je me gare et puis je coupe le moteur. Je retire les clés du contact, et je les passe à Kels du bout du doigt. "Tu veux monter ? Ou bien il faut que tu y ailles ? J'aime pas trop l'idée de retourner au boulot demain."

 

Bien sûr, si tu ne veux pas, je comprendrai. Rien de tel pour refroidir les ardeurs que de se souvenir qu'on est une chaud lapin, hein? C'était qui, cette fille, de toute façon ? Mon Dieu, je ne me souviens même plus de son nom. Je doute lui avoir même demandé.

 

Kelsey prend ses clés lentement. Merde, elle va partir. Alors, c'est ce que ça fait, de se prendre son passé en pleine poire ?

 

"J'aimerais bien monter. Tu veux vraiment que je vienne ?"

 

Oh, dis donc. Quel bol. "Oui, beaucoup."

 

Elle se penche vers moi et m'embrasse doucement, puisqu'on a l'air d'être seules dans le parking. "Ça me plairait bien, Harper. Et j'aimerais passer la nuit avec toi aussi. Tu veux bien ?"

 

"Tu parles que je veux, Gourou. Je suis désolée pour l'autre, tout à l'heure, dans le parking."

 

Elle hausse les épaules. "Comment tu pouvais savoir qu'elle serait là, Harper ? Ce n'est pas comme si tu avais été une bonne sœur ou que tu m'avais dit que tu en étais une. Et tu connais déjà une ou deux de mes relations à moi."

 

Ah, oui… Beth, qu'elle s'envoie deux fois l'an. Et mon sosie, Susan. Serait-ce raisonnable que d'exiger d'elle qu'elle les largue, même si on n'est pas censées parler de nous deux ? Et que c'est moi qui le lui ai demandé en plus.

 

Bien joué, Harper.

 

Elle n'a même pas dit 'relations passées'. Tu es l'une des trois relations, Harper. Enfin, trois que tu connais. N'y pense même pas. Ça va te rendre dingue.

 

"Je suis désolée de t'avoir fait de la peine", je fais. "Je voulais juste qu'on passe un bon moment au ciné ensemble. Ça me paraissait être une bonne idée un peu plus tôt."

 

"OK, voilà ce que je te propose : on monte, on vire Pépin du canapé, on se blottit dessus et on regarde un film ensemble ? Et puis plus tard, on pourrait commander à dîner et puis aller au lit de bonne heure."

 

"Aller au lit de bonne heure, mais pas dormir de bonne heure, si ?" Je veux juste être sûre qu'on est bien d'accord sur ce point.

 

Elle sourit. "Une bonne journaliste dit toujours exactement ce qu'elle pense. Surtout quand c'est important. Allez, viens, ma beauté. Tu montes ?"

 

OK, peut-être que la journée n'a pas été entièrement gâchée.

 

< A suivre >

 

 

 

© 1999-2001 Exposure Productions - Fanatic et TNovan. Tous droits réservés. Le contenu de cette oeuvre est protégé aux Etats-Unis et dans d'autres pays par diverses lois, comprenant, entre autres, les lois sur le copyright et autres lois sur les droits d'auteur.

 

Vous êtes autorisés par la présente à recevoir une copie de ce document de la liste de diffusion ou du site Web, entièrement ou partiellement, (et, sauf exception précisées par ailleurs ou fournies par Exposure Productions, à imprimer une unique copie de ce document pour votre usage personnel) mais uniquement dans le but de lire et parcourir le document. Vous êtes également autorisés par la présente à sauvegarder les fichiers sur votre ordinateur pour votre usage personnel. Tout autre emploi de document provenant de la liste de diffusion ou du site Web, y compris, sans que cela constitue une liste exhaustive, les modifications, publications, rediffusion, affichage, incorporation dans un autre site Web, reproduction du document (soit par lien, utilisation de trames, ou toute autre méthode), ou tout autre moyen d'exploiter un quelconque document, entièrement ou partiellement, pour des utilisations autres que celles permises ici ne peuvent être fait sans l'accord écrit préalable de Exposure Productions.

 

Avertissement d'ordre juridique.

 

Bien que cette série soit inspirée par quelques faits réels, il s'agit d'une œuvre de fiction et les références à des personnes ou des organisations réelles ne sont incluses que pour donner un certain air d'authenticité. Tous les personnages, principaux ou secondaires, sont entièrement le produit de l'imagination des auteurs, ainsi que leurs actions, motivations, pensées et conversations, et aucun des personnages ni des situations qui ont été inventées pour eux n'ont pour but de représenter des personnes ou des événements réels. En particulier, les descriptions des chaînes de télévision CBS et NBC ne sont pas destinées à représenter ces sociétés, ou aucune des personnes y travaillant, mais sont seulement utilisées afin d'apporter un sentiment d'authenticité à cette œuvre de fiction.

 

 

 

**********

Table des matières et suite.

**********

 

 

Comments (0)

You don't have permission to comment on this page.