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INDISCRETIONS-S1P3

Page history last edited by Fausta88 15 years, 7 months ago

 

Traduction

 

INDISCRETIONS

 

Accord parental ignoré

Crédits :

Réalisation : XWPFanatic

Productrice exécutive : Tonya Muir

Scénario : XWPFanatic,TNovan et Tonya Muir

Traduction : Katell

 

 

 

Troisième épisode : Un baril de poudre

 

Je gare la Mercedes sur le parking extérieur ce matin, en me disant que le temps devrait se maintenir, et en plus, je n'aime pas le parking souterrain. Il faut marcher un peu plus loin et ça me fait arriver à l'entrée principale de l'immeuble plutôt que derrière, mais la matinée est superbe et je lève le visage vers le soleil, sentant sa chaleur sur ma peau.

 

Finalement, à la fin de la semaine, tout le tintouin sur Harper Kingsley a fini par se tasser, et Erik a arrêté de me harceler à son sujet. Je ne lui ai pas dit que ces yeux bleus hantent mes rêves, et je n'ai pas l'intention de le faire. A la place, on a décidé de passer le week-end à Mammoth avec des copains à lui, et j'ai hâte de partir après le journal de ce soir.

 

J'arrive au coin de l'immeuble, et je me dirige vers le grand logo multicolore de la chaîne, quand j'entends le grondement sourd d'une moto. Ça me fait sursauter, et puis je me mets aussitôt à grogner. J'ai horreur des motos. Elles sont dangereuses et causent tout le temps des accidents, et les imbéciles qui les conduisent ont encore moins de respect pour leur propre vie que pour celle des autres automobilistes. Ils zigzaguent dans le trafic, roulent sur les lignes blanches et il m'arrive très souvent de vouloir ouvrir ma portière et d'en faucher un alors qu'il essaie de se faufiler dans les embouteillages. Je secoue la tête et continue vers la porte, alors que la moto s'approche de moi et s'arrête juste devant l'entrée de l'immeuble. Sur le trottoir. Connard, va.

 

Je ne peux pas m'empêcher de regarder la scène qui se déroule sous mes yeux. Il y a deux personnes sur la moto, tout habillées de cuir, et portant des casques noirs. Le conducteur coupe le moteur et retire son casque, avant de l'accrocher au guidon ; je suis choquée de voir de longs cheveux noirs se dérouler sur ses larges épaules. Il me semble bien que c'est Harper Kingsley, mais je n'en suis pas complètement sûre vu d'ici et en plus, j'essaie de ne pas trop regarder.

 

Le passager en fait de même, passant le casque à la conductrice, et révèle des cheveux bouclés mi-longs châtain. La conductrice accroche le casque à l'autre poignée du guidon, puis se retourne complètement, vers l'arrière de la moto. Elle attire l'autre femme vers elle et se met alors à la dévorer.

 

Je suis sûre que mon menton a dû toucher le trottoir avant que je réussisse à fermer la bouche. Le baiser est sauvage et passionné, chaque femme bougeant les mains de façon érotique, leurs langues de toute évidence cherchant et plongeant. Je vois un trait de salive s'étirer entre elles lorsqu'elles se séparent pour reprendre leur souffle. Et comme si ça ne suffisait pas, la brune attrape les cuisses de sa compagne, les soulevant au-dessus des siennes, attirant son corps si près du sien que leurs torses se touchent maintenant sur toute leur longueur.

 

La passagère n'y tient plus, je le vois bien en m'approchant. Elle se presse contre le corps de la conductrice, et elle la saute pratiquement là, dans la rue ; et bien que je trouve ça dégoûtant à un certain niveau, je dois aussi trouver ça érotique à un autre parce que je sens monter en moi une pulsation que j'essaie le plus souvent d'ignorer.

 

Je jette un coup d'œil autour de moi et je suis soulagée de voir que je ne suis pas la seule à regarder. Il faut dire que le spectacle est impressionnant ; je crois que la passagère a carrément eu un orgasme parce qu'elle se frotte un peu moins contre l'autre et que leurs baisers ont perdu de leur intensité. La plus grande des deux femmes murmure quelque chose, souriant avec une désinvolture totale, et elle regarde autour d'elle la foule rassemblée. C'est bien Harper Kingsley, et je suis encore plus dégoûtée. Mais il y a autre chose en moi, peut-être de la jalousie, parce que Harper peut se montrer telle qu'elle est si librement, et que moi, je ne le peux pas. En tout cas, ce n'est certainement pas de la jalousie envers sa pétasse qui réussit maintenant à descendre de la moto, titubant un peu, et est aidée par les grandes mains de sa compagne.

 

Je suis à quelques mètres d'elle quand, à ma grande surprise, Harper hèle un taxi. Elle donne à sa passagère un dernier long baiser, puis la pousse à bord. Alors que le taxi s'éloigne, elle fait signe de la main à son audience sans aucune honte, puis se tourne brièvement vers moi.

 

Ses yeux sont encore plus incroyables en réalité et ils croisent les miens, s'y arrêtant pendant un instant. Puis elle me fait un clin d'œil et m'adresse un petit sourire suffisant avant de continuer son chemin dans l'immeuble, de passer les grandes portes en verre, et d'entrer dans l'aire de réception de la chaîne.

 

Jésus Marie Joseph. Il y a tellement de trucs qui me passent par l'esprit, mais la première chose qui me frappe vraiment c'est à quel point je suis sexuellement excitée. Quand on est aussi bien refoulée que moi et aussi paranoïaque que moi, on ne donne pas très souvent librement cours à ses désirs. Enfin, avec une autre personne en tout cas. La scène incroyable à laquelle je viens d'assister a laissé ma libido dans un état d'éveil impressionnant. Et ce n'est qu'après avoir pleinement reconnu mon état d'excitation que je me rends compte de ce qui vient de se produire.

 

Elle vient d'entrer dans l'immeuble de la chaîne. Ma chaîne. Non, non, non. C'est pas bon, ça.

 

Dire que j'ai des amis à la chaîne est moins une litote qu'un mensonge pur et simple. La vérité est que je n'ai aucun ami, à part Erik, et que je n'ai que des ennemis à la chaîne. Remarquez, je les mérite bien, je ne dis pas le contraire. Parfois, il faut marcher sur les doigts des autres pour grimper à l'échelle sociale, et ça ne m'a jamais dérangée. Il m'est même arrivé de marcher sur quelques têtes au passage, mais je ne présente jamais d'excuse. Je suis sur la voie express et j'ai peu ou même aucune tolérance pour ceux qui se trouvent dans mon chemin et respectent la limite de vitesse. Barrez-vous ou je vous rentre dedans. C'est une bonne philosophie qui m'a toujours bien servie.

 

Comme tous les matins, j'attire les mêmes regards noirs et les mêmes murmures méprisants en traversant la salle de rédaction en direction de mon bureau. Je préfère ignorer Gail qui jacasse près de moi et me colle comme d'habitude une montagne de dossiers dans les bras. Elle a calqué son pas sur le mien et me suis jusque dans mon bureau, sans pour autant s'arrêter de parler, et ce même après que j'aie allumé les télévisions et me sois assise. Ce n'est que lorsque je lui rappelle qu'il est temps pour moi de boire une tasse de thé, qu'elle la ferme enfin et quitte mon bureau. A travers les stores à moitié fermés, je jette un coup d'œil de l'autre côté de la salle de rédaction, vers le bureau de Chambers. La porte est fermée et ses stores sont tirés. Harper n'est pas dans la salle de rédaction, et ça ne me dit toujours rien qui vaille. Elle est là-dedans avec lui, je le sais.

 

Et je sais aussi que la chaîne a fini par céder au corporatisme et que la fin est proche. Je suis à deux doigts de me noyer dans ma tasse de Earl Grey quand Gail me la rapporte, mais je sais pas comment plonger mon nez et ma bouche dans la tasse et aspirer assez de liquide pour que mort s'ensuive. Alors, après avoir réfléchi longuement au problème (ce qui me vaut un regard confus et quelque peu dégoûté de Gail qui se tient sur le pas de la porte), j'abandonne et choisit de boire une gorgée.

 

Et je me rends compte que cette fois, avant de partir, Gail a dit quelque chose d'important pour changer. Je me repasse rapidement la conversation-monologue, et je me souviens alors qu'elle a dit que Chambers voulait me voir une demie-heure avant le meeting de production, dans son bureau.

 

Je réfléchis à cette révélation pendant un moment. Il se pourrait qu'il veuille me virer dans le but de rendre la transition vers la télé poubelle plus simple, puisque je n'ai jamais caché mes sentiments envers ces gens-là, mais ça ne serait pas prudent. Mon contrat n'expire que dans un an et s'il me renvoie maintenant, ça va coûter un paquet à la chaîne. J'ai pris mes précautions quand j'ai signé le dit contrat il y a deux ans. S'ils ont choisi de me coller dans le placard avec leur clause de moralité et de me forcer à rester assise à présenter le journal pendant trois ans, ils vont avoir autant de mal que moi à rompre le contrat.

 

Alors ça ne risque pas d'arriver. Peut-être qu'il veut me parler de ce bordel avec Harper avant et puis ensuite me demander de ne pas venir au meeting de production. Je souris rien qu'en y pensant, tout en tapotant un crayon à papier particulièrement bien taillé sur le bord de ma tasse. Je pourrais faire un esclandre au meeting. J'adore faire des esclandres et Chambers le sait bien. Ce n'est pas la première fois qu'il m'apprend des nouvelles de cette façon, alors je me dis que ça doit être ça. De toute façon, je n'ai aucun contrôle sur qui ils engagent comme caméraman, alors j'essaie de ne plus y penser et j'ouvre un dossier, déterminée à travailler un peu et à oublier l'exhibitionniste à la chevelure noire qui se trouve dans le bureau de mon patron.

 

 

 

  • * *

 

 

 

Chambers est un peu plus gros qu'il ne devrait l'être, même si sa grande taille permet de compenser un peu ses kilos en trop. Ses cheveux sont argentés et nous sommes tous bien contents qu'il ait finalement décidé de ne plus se teindre l'année dernière. Je crois que c'est sa femme qui lui faisait, ou alors une stagiaire chez son coiffeur, parce que les tons variaient entre le mauve et le marron couleur merde… ce qui ne nous empêchait pas de lui dire que c'était vraiment super. Et voilà qu'il se tient devant moi, les mains dans le dos. Il est derrière son bureau et je crois qu'il pense vraiment que ça va le protéger.

 

Je me suis déjà passée la conversation dans la tête et je suis prête à réagir calmement et à le surprendre. Je préfère qu'il ne sache pas trop sur quel pied danser. Il croit toujours que je vais péter les plombs et faire un scandale. Mais en fait, pratiquement tout ce que je fais est réfléchi et planifié. Alors je sais qu'il va me dire que Harper a été engagée comme cadreuse et qu'on va relever le défi de la concurrence. Le pire qu'il puisse me dire, c'est qu'elle va être derrière la caméra pour mon journal, mais je suis sûre qu'il va la garder pour les reportages spéciaux et les directs. Ça serait gâcher son expérience que de la garder en studio. Je me dis que je vais me contenter de hocher la tête et de sourire avant de me retirer calmement. Il va pas en revenir.

 

Il me demande de refermer la porte, ce que je fais, avant de m'y appuyer, les chevilles croisées, désinvolte. J'ai choisi une soie vert émeraude ce matin et je sais que cette couleur flatte celle de mes yeux et mes cheveux dorés. Je le sais parce j'ai des gens qui s'occupent de choisir les fringues et les couleurs qui me vont le mieux tous les jours de ma vie, et qu'il n'y plus grand-chose dans mon placard que j'ai choisi moi-même.

 

" Asseyez-vous, Kelsey ", fait Chambers nerveusement.

 

Je secoue la tête une seule fois. " Je préfère rester debout, merci. "

 

" OK ", fait-il en hochant la tête mais je vois bien qu'il est déçu. Soit je suis moins imposante assise, soit il a envie de s'asseoir, je ne sais pas trop.

 

" Nous avons procédé à un changement de format. "

 

J'acquiesce, croisant son regard. Ce n'est pas comme ça que je l'aurais dit. Il n'a pas dit 'une nouvelle recrue', ou un truc plat dans ce genre.

 

" Harper Kingsley a signé avec nous en tant que responsable de nos reportages spéciaux. Elle servira de réalisatrice et caméra principale pour nos reportages en extérieur et nos envoyés spéciaux. "

 

J'acquiesce une nouvelle fois. C'est une chance en or pour elle. Si elle ne me dégoûtait pas autant, je serais contente pour elle.

 

Chambers inspire profondément et je me rends soudainement compte qu'il y a autre chose. Je repousse la nervosité qui m'envahit soudainement et je plisse les yeux, le fixant toujours. " Et quoi d'autre ? "

 

" Euh… elle a demandé un reporter à plein temps pour son équipe. Quelqu'un qui irait en extérieur et présenterait les reportages en direct. "

 

Je n'aime vraiment pas la tournure que cette conversation est en train de prendre et ça doit se voir sur ma figure, parce qu'il se met à parler encore plus vite.

 

" On a regardé l'équipe de près et on savait qu'il nous fallait quelqu'un avec beaucoup d'expérience et une bonne présence, quelqu'un que le public connaît déjà et apprécie. C'est vous que nous avons choisie ", finit-il par bafouiller.

 

Je demande lentement : " Vous me retirez le journal ? "

 

Il hoche la tête.

 

" Mon contrat spécifie que… "

 

" Votre contrat autorise ce changement, Kelsey ", dit-il en m'interrompant. " Croyez-moi, nous nous en sommes assurés avant de vous en parler. "

 

Je me demande vaguement s'il a une petite souris dans sa poche ou si son problème de poids a engendré une identité propre pour qu'il emploie la première personne du pluriel comme ça. " Vous me rétrogradez ? " Ma voix est basse et dangereuse.

 

" Non ", dit-il rapidement en secouant la tête. " C'est une occasion en or pour vous. Vous aurez une plus grande présence à l'écran, et vous pourrez accroître votre expérience sur le terrain. Ça va aider l'audimat de la chaîne et vous garantira le poste de présentatrice du journal à New York. "

 

Je lui lance un regard, étudiant les gouttes de sueur qui perlent sur son front. Il vient de sortir l'as de sa manche. Il sait que je veux être transférée à New York. Il n'a pas besoin de m'offrir quoi que ce soit, d'ailleurs, puisque mon contrat m'oblige à ce changement de poste même si je ne suis pas d'accord, et même sans compensation. Je sais qu'il essaie de me calmer, de réduire l'impact que ce changement aura dans la salle de rédaction. " Vous ajoutez une clause à mon contrat stipulant que j'aurai le poste à New York quand Reeves prendra sa retraite, même si cela se produit avant l'expiration de mon contrat ici, et on pourra s'arranger. "

 

Il sait très bien ce que je suis en train de dire. Je le ferai parce que j'y suis obligée, mais je peux le faire en silence, en faisant semblant de le croire quand il dit que c'est une promotion, ou je peux le faire en faisant un scandale et en dénonçant la rétrogradation qu'il m'impose vraiment. C'est à lui de choisir. L'image de la chaîne peut en dépendre.

 

" Et si Reeves reste encore une année ? "

 

" Alors on renégocie mon contrat tout en gardant la clause de New York, plus une clause qui me permet de partir dès que le poste se libère. " C'est un bon deal, et je le sais. Ça m'assurera le poste que je convoite depuis des années, ainsi que mon poste ici, sur mon second marché préféré, jusqu'à ce que la présentation du journal à New York soit disponible.

 

Lentement, très lentement, il finit par acquiescer. " Je vais demander aux avocats de s'occuper de ça. "

 

Je demande alors avec précaution : " Alors je travaille pour Tabloïde maintenant ? " Sa réponse sera pour moi très révélatrice.

 

" Ah, non, pas exactement. Ça sera plus comme un partenariat. Elle s'occupe de la caméra et de la réalisation live. Vous travaillez toujours pour moi. Ce soir sera votre dernier journal. "

 

" Super ", je réponds brièvement et je me retourne pour attraper la poignée de la porte. J'ai jusqu'à présent très bien réussi à me contrôler, et il le sait aussi bien que moi. Je demande en silence, un sourcil levé, la permission de sortir, qu'il me donne d'un signe de tête. Je décide alors de prendre une pause déjeuner anticipée et je prends immédiatement la direction de la sortie.

 

 

 

  • * *

 

 

 

Ses bras sont enroulés autour de moi, et on s'arrête bientôt devant ma nouvelle chaîne. Je pousse ma Harley Davidson FLTSF Fat Boy sur le trottoir, me créant une place de parking réservée rien que pour moi. Il faut que je parle au patron de la chaîne pour qu'il me trouve un emplacement juste devant l'entrée. Il n'est pas question que je laisse mon bébé sur un parking. Il faut que ses trois cent kilos de sauvagerie pure soient à ma disposition à tout moment. Et très loin des conducteurs de voitures étrangères qui sont prêts à ouvrir leur portière sans prévenir sur ma beauté.

 

Je coupe le moteur et je retire mon casque, tandis que la fille derrière moi continue son exploration de mon torse, tout comme elle l'a fait pendant tout le chemin jusqu'ici. J'essaie de me souvenir de son nom, mais ça m'échappe encore, comme toute la matinée. Je hausse les épaules en pensée. C'est pas très grave de toute façon. C'est pas comme si j'allais lui envoyer une carte de Noël.

 

J'accroche mon casque à la poignée et je tends la main pour attraper le sien. A peine son visage à l'air libre, elle se précipite à nouveau sur moi. Mon Dieu, on dirait qu'elle s'est jamais faite tirer de sa vie. Pas bien en tout cas.

 

Je me retourne sur le siège, et lui fait face, admirant ses lèvres pleines et sa poitrine généreuse qui m'ont incitée à la choisir dans le bar hier soir. Je me lèche rapidement les lèvres et puis capture les siennes. Elle a bon goût, comme de la menthe, et je me dis qu'elle a dû prendre un tic-tac sur le chemin. Ma langue plonge dans sa bouche, encore et encore, bien décidée à m'emparer de tout ce bon goût.

 

Je la sens gémir contre mes lèvres et son souffle devenir un peu irrégulier. Je parie que je peux la prendre ici, maintenant, et sans les mains. C'est pas mon genre de renoncer à un défi, surtout si c'est moi qui l'ai lancé ; alors j'attrape fermement ses hanches et je la tire vers moi. Elle écarte aussitôt les genoux bien en grand dès qu'elle touche mes jambes et elle se met à onduler sur le siège, cherchant à tout prix le contact. Je sens de petites mains se glisser sur mon dos, mon cou, mes cheveux, tandis qu'elle s'agrippe à moi, cherchant un soulagement bien mérité.

 

Je me penche en avant et tire ses deux jambes par-dessus les miennes, l'attirant vers moi. Elle est à présent à califourchon sur moi, et se met à gémir lorsque la pression sur mon estomac commence à offrir un peu du soulagement tant convoité. Mais je vois bien que ça ne suffit pas tout à fait à la faire craquer, alors j'attrape ses fesses à pleines mains et la tire encore plus près de moi, la frottant encore plus contre moi.

 

Elle n'est plus très loin, maintenant. Nous échangeons de longs baisers humides, nos langues glissant l'une contre l'autre, au rythme de son corps contre le mien. Je la sens humide à travers le coton de son pantalon et contre mon t-shirt. Elle se frotte délibérément contre l'anneau qui perce mon nombril, et s'en sert pour s'exciter davantage. A chaque fois qu'elle se frotte dessus, de petits tremblements ma foi fort agréables se propagent à travers tout mon corps. C'est pas l'extase, mais c'est bien agréable quand même.

 

Il faut toutefois que j'en finisse rapidement pour aller me présenter à mon nouveau boulot. J'ai aussi pitié des spectateurs que nous avons attirés. Il y a un type en costard qui est particulièrement content de nous voir et nous salue avec sa baïonnette au garde-à-vous, tandis que plusieurs autres mecs se dandinent nerveusement sur place. Il y a aussi quelques femmes dans les alentours, et elles ont toutes l'air un peu rouges, se demandant comment ça doit être. Les femmes hétéros aiment le spectacle parce qu'elles se disent que leurs maris ou leurs copains ne leur ont jamais fait ressentir ce que cette fille ressent dans mes bras. Et je suis en train de leur prouver qu'elles ont raison.

 

J'attire ma passagère tout contre moi et je me soulève un peu du siège, m'assurant que mon anneau frotte bien contre elle à l'endroit le plus sensible, avec juste la pression qu'il faut. Elle décolle aussitôt et je sens son corps succomber aux tremblements. Je l'embrasse alors longuement et passionnément ; elle est à moi, totalement.

 

Rassasiée, elle se blottit contre ma poitrine, respirant profondément, embrassant mon cou et ma mâchoire. Je lui lèche un peu le lobe de l'oreille. Je demanda alors : " C'était bon, chérie ? ", laissant mon accent de Louisiane ressortir, parce que je sais à quel point les femmes adorent les accents du Sud.

 

" Harper… oh mon Dieu… oui. "

 

Je souris. La journée promet d'être très bonne. Je jette un coup d'œil à la foule autour de nous, et je ne serais pas étonnée d'entendre des applaudissements. D'habitude, il faut aller dans des clubs qui vous font casquer un paquet à l'entrée pour voir le genre de truc qu'on vient de leur montrer.

 

" Allez, il faut que j'aille travailler. " Je la prends par la taille et la soulève de mon Fat Boy. Je la suis, balançant la jambe par-dessus le long corps de ma bécane. Elle titube un peu, encore un peu faible, et je la rattrape. Par-dessus son épaule, j'aperçois ce que je cherchais.

 

Je siffle, un de ces sifflements perçants que mes frères m'ont appris quand on était petits. C'est le même sifflement dont mon père se servait pour nous appeler quand il était temps de rentrer le soir. On entendait ce son pétrifiant dans tout le quartier. Un taxi s'arrête immédiatement près du trottoir et j'ouvre la portière pour ma passagère.

 

Elle attrape le revers de mon blouson en cuir et frotte sensuellement ses seins contre les miens. " Appelle-moi. "

 

" OK, chérie ", je lui promets. Je mens. Je ne me souviens même pas de son nom, mais j'ai bien aimé passer un peu de temps en sa compagnie. Pour la distraire de mon manque évident de sincérité, je l'embrasse une dernière fois. Une fois qu'elle est installée dans la voiture, je referme la portière et m'éloigne.

 

Mes spectateurs sont toujours là. Je reconnais immédiatement l'une des femmes, maintenant que je ne suis plus distraite par ma passagère. Kelsey Stanton, la jeune et ravissante présentatrice du journal de la chaîne, me regarde avec un air particulièrement pincé. De toute évidence, elle pense que je suis une mufle de première. Je reste immobile un long moment, la regardant à mon tour. Elle est plus petite que ce à quoi je m'attendais, mais bon sang, y'a rien à jeter. Je voudrais bien lui faire faire un tour sur ma moto. Je pourrais même me servir de mes mains, juste pour bien la sentir. Sachant que ça va la faire bouillir, je lui souris et lui fais un clin d'œil. J'arrive pas à croire qu'elle est hétéro. C'est pas logique.

 

Il est temps d'y aller et de dire bonjour à mon nouveau patron.

 

Tout en marchant le long des couloirs très collet monté de la chaîne, je ne peux pas m'empêcher de ricaner en pensant à ce qui m'a amenée, moi, une cadreuse de télé-poubelle, dans un endroit pareil.

 

Depuis le matin où j'ai donné mon stylo-torche préféré, mon téléphone n'a pas arrêté de sonner et je croule sous les offres de boulot. Les flics ont insisté pour conserver le stylo en tant que preuve à conviction, ce qui m'a franchement énervée. C'est pas comme si je l'avais payé cher, mais c'est pour le principe. Je me dis que si je réussis à désarmer un dingue avec un stylo-torche, je devrais au moins pouvoir garder le dit stylo en souvenir. Et le voilà maintenant à la merci d'un connard de fonctionnaire qui va décider de me le piquer et de le revendre aux enchères sur Ibazar, pour ramasser un paquet au passage.

 

Le premier message qui m'a vraiment intéressée venait de KNBC, la filiale associée de NBC à Los Angeles. Ronald Chambers, directeur de la chaîne, m'a appelée personnellement et m'a demandé de venir travailler pour leur division infos. Pas besoin de vous dire que j'ai été vraiment surprise de recevoir une offre aussi respectable. On m'avait toujours dit que bosser pour TrueTV saboterait ma carrière à coup sûr.

 

L'entretien d'embauche a eu lieu dans le bar d'un hôtel dans le centre de Los Angeles. Je me suis dit qu'il ne voulait pas que je m'approche des locaux de la chaîne, de peur de mettre en colère ses chers employés. Comme Kelsey Stanton, par exemple. Gary m'a dit la semaine dernière au bar qu'elle n'a pour les gens de mon espèce que du mépris. Evidemment : après tout, notre audimat est toujours bien meilleur que le sien.

 

Chambers m'a dit ce qu'il leur fallait : un bon travail de caméra de la part de quelqu'un qui n'a pas peur de chasser le scoop. Il a l'impression que ses reporters sont devenus un peu trop mous, trop habitués à s'appuyer sur leur prestige plutôt que sur leur instinct dans leur recherche de la vérité. Je suis censée " aller sur le terrain et remuer tout ça ", ou un truc bidon dans ce genre, comme a dit Chambers. Tout ce qu'il demande, c'est un petit soupçon de scandale pour les citoyens propres sur eux qui regardent KNBC.

 

Ça devrait pas me poser de problème.

 

Pour ce deal, j'ai insisté pour que mon équipe m'accompagne : Jimmy, mon assistant, et Conrad, mon monteur. La meilleure équipe du métier. Et maintenant, elle appartient à Chambers. Mais bon, pour le salaire qu'il va me donner, je veux bien appartenir à n'importe qui.

 

Et le meilleur, c'est qu'il m'a promis Kelsey Stanton.

 

Hétéro, mon cul.

 

< A suivre >

 

 

 

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Vous êtes autorisés par la présente à recevoir une copie de ce document de la liste de diffusion ou du site Web, entièrement ou partiellement, (et, sauf exception précisées par ailleurs ou fournies par Exposure Productions, à imprimer une unique copie de ce document pour votre usage personnel) mais uniquement dans le but de lire et parcourir le document. Vous êtes également autorisés par la présente à sauvegarder les fichiers sur votre ordinateur pour votre usage personnel. Tout autre emploi de document provenant de la liste de diffusion ou du site Web, y compris, sans que cela constitue une liste exhaustive, les modifications, publications, rediffusion, affichage, incorporation dans un autre site Web, reproduction du document (soit par lien, utilisation de trames, ou toute autre méthode), ou tout autre moyen d'exploiter un quelconque document, entièrement ou partiellement, pour des utilisations autres que celles permises ici ne peuvent être fait sans l'accord écrit préalable de Exposure Productions.

 

Avertissement d'ordre juridique.

 

Bien que cette série soit inspirée par quelques faits réels, il s'agit d'une œuvre de fiction et les références à des personnes ou des organisations réelles ne sont incluses que pour donner un certain air d'authenticité. Tous les personnages, principaux ou secondaires, sont entièrement le produit de l'imagination des auteurs, ainsi que leurs actions, motivations, pensées et conversations, et aucun des personnages ni des situations qui ont été inventées pour eux n'ont pour but de représenter des personnes ou des événements réels. En particulier, les descriptions des chaînes de télévision CBS et NBC ne sont pas destinées à représenter ces sociétés, ou aucune des personnes y travaillant, mais sont seulement utilisées afin d'apporter un sentiment d'authenticité à cette œuvre de fiction.

 

 

 

 

INDISCRETIONS

 

Accord parental ignoré

 

Crédits :

 

Réalisation : XWPFanatic

 

Productrice exécutive : Tonya Muir

 

Scénario : XWPFanatic,TNovan et Tonya Muir

 

Traduction : Katell

 

 

 

 

 

 

 

Troisième épisode : Un baril de poudre

 

Je gare la Mercedes sur le parking extérieur ce matin, en me disant que le temps devrait se maintenir, et en plus, je n'aime pas le parking souterrain. Il faut marcher un peu plus loin et ça me fait arriver à l'entrée principale de l'immeuble plutôt que derrière, mais la matinée est superbe et je lève le visage vers le soleil, sentant sa chaleur sur ma peau.

 

Finalement, à la fin de la semaine, tout le tintouin sur Harper Kingsley a fini par se tasser, et Erik a arrêté de me harceler à son sujet. Je ne lui ai pas dit que ces yeux bleus hantent mes rêves, et je n'ai pas l'intention de le faire. A la place, on a décidé de passer le week-end à Mammoth avec des copains à lui, et j'ai hâte de partir après le journal de ce soir.

 

J'arrive au coin de l'immeuble, et je me dirige vers le grand logo multicolore de la chaîne, quand j'entends le grondement sourd d'une moto. Ça me fait sursauter, et puis je me mets aussitôt à grogner. J'ai horreur des motos. Elles sont dangereuses et causent tout le temps des accidents, et les imbéciles qui les conduisent ont encore moins de respect pour leur propre vie que pour celle des autres automobilistes. Ils zigzaguent dans le trafic, roulent sur les lignes blanches et il m'arrive très souvent de vouloir ouvrir ma portière et d'en faucher un alors qu'il essaie de se faufiler dans les embouteillages. Je secoue la tête et continue vers la porte, alors que la moto s'approche de moi et s'arrête juste devant l'entrée de l'immeuble. Sur le trottoir. Connard, va.

 

Je ne peux pas m'empêcher de regarder la scène qui se déroule sous mes yeux. Il y a deux personnes sur la moto, tout habillées de cuir, et portant des casques noirs. Le conducteur coupe le moteur et retire son casque, avant de l'accrocher au guidon ; je suis choquée de voir de longs cheveux noirs se dérouler sur ses larges épaules. Il me semble bien que c'est Harper Kingsley, mais je n'en suis pas complètement sûre vu d'ici et en plus, j'essaie de ne pas trop regarder.

 

Le passager en fait de même, passant le casque à la conductrice, et révèle des cheveux bouclés mi-longs châtain. La conductrice accroche le casque à l'autre poignée du guidon, puis se retourne complètement, vers l'arrière de la moto. Elle attire l'autre femme vers elle et se met alors à la dévorer.

 

Je suis sûre que mon menton a dû toucher le trottoir avant que je réussisse à fermer la bouche. Le baiser est sauvage et passionné, chaque femme bougeant les mains de façon érotique, leurs langues de toute évidence cherchant et plongeant. Je vois un trait de salive s'étirer entre elles lorsqu'elles se séparent pour reprendre leur souffle. Et comme si ça ne suffisait pas, la brune attrape les cuisses de sa compagne, les soulevant au-dessus des siennes, attirant son corps si près du sien que leurs torses se touchent maintenant sur toute leur longueur.

 

La passagère n'y tient plus, je le vois bien en m'approchant. Elle se presse contre le corps de la conductrice, et elle la saute pratiquement là, dans la rue ; et bien que je trouve ça dégoûtant à un certain niveau, je dois aussi trouver ça érotique à un autre parce que je sens monter en moi une pulsation que j'essaie le plus souvent d'ignorer.

 

Je jette un coup d'œil autour de moi et je suis soulagée de voir que je ne suis pas la seule à regarder. Il faut dire que le spectacle est impressionnant ; je crois que la passagère a carrément eu un orgasme parce qu'elle se frotte un peu moins contre l'autre et que leurs baisers ont perdu de leur intensité. La plus grande des deux femmes murmure quelque chose, souriant avec une désinvolture totale, et elle regarde autour d'elle la foule rassemblée. C'est bien Harper Kingsley, et je suis encore plus dégoûtée. Mais il y a autre chose en moi, peut-être de la jalousie, parce que Harper peut se montrer telle qu'elle est si librement, et que moi, je ne le peux pas. En tout cas, ce n'est certainement pas de la jalousie envers sa pétasse qui réussit maintenant à descendre de la moto, titubant un peu, et est aidée par les grandes mains de sa compagne.

 

Je suis à quelques mètres d'elle quand, à ma grande surprise, Harper hèle un taxi. Elle donne à sa passagère un dernier long baiser, puis la pousse à bord. Alors que le taxi s'éloigne, elle fait signe de la main à son audience sans aucune honte, puis se tourne brièvement vers moi.

 

Ses yeux sont encore plus incroyables en réalité et ils croisent les miens, s'y arrêtant pendant un instant. Puis elle me fait un clin d'œil et m'adresse un petit sourire suffisant avant de continuer son chemin dans l'immeuble, de passer les grandes portes en verre, et d'entrer dans l'aire de réception de la chaîne.

 

Jésus Marie Joseph. Il y a tellement de trucs qui me passent par l'esprit, mais la première chose qui me frappe vraiment c'est à quel point je suis sexuellement excitée. Quand on est aussi bien refoulée que moi et aussi paranoïaque que moi, on ne donne pas très souvent librement cours à ses désirs. Enfin, avec une autre personne en tout cas. La scène incroyable à laquelle je viens d'assister a laissé ma libido dans un état d'éveil impressionnant. Et ce n'est qu'après avoir pleinement reconnu mon état d'excitation que je me rends compte de ce qui vient de se produire.

 

Elle vient d'entrer dans l'immeuble de la chaîne. Ma chaîne. Non, non, non. C'est pas bon, ça.

 

Dire que j'ai des amis à la chaîne est moins une litote qu'un mensonge pur et simple. La vérité est que je n'ai aucun ami, à part Erik, et que je n'ai que des ennemis à la chaîne. Remarquez, je les mérite bien, je ne dis pas le contraire. Parfois, il faut marcher sur les doigts des autres pour grimper à l'échelle sociale, et ça ne m'a jamais dérangée. Il m'est même arrivé de marcher sur quelques têtes au passage, mais je ne présente jamais d'excuse. Je suis sur la voie express et j'ai peu ou même aucune tolérance pour ceux qui se trouvent dans mon chemin et respectent la limite de vitesse. Barrez-vous ou je vous rentre dedans. C'est une bonne philosophie qui m'a toujours bien servie.

 

Comme tous les matins, j'attire les mêmes regards noirs et les mêmes murmures méprisants en traversant la salle de rédaction en direction de mon bureau. Je préfère ignorer Gail qui jacasse près de moi et me colle comme d'habitude une montagne de dossiers dans les bras. Elle a calqué son pas sur le mien et me suis jusque dans mon bureau, sans pour autant s'arrêter de parler, et ce même après que j'aie allumé les télévisions et me sois assise. Ce n'est que lorsque je lui rappelle qu'il est temps pour moi de boire une tasse de thé, qu'elle la ferme enfin et quitte mon bureau. A travers les stores à moitié fermés, je jette un coup d'œil de l'autre côté de la salle de rédaction, vers le bureau de Chambers. La porte est fermée et ses stores sont tirés. Harper n'est pas dans la salle de rédaction, et ça ne me dit toujours rien qui vaille. Elle est là-dedans avec lui, je le sais.

 

Et je sais aussi que la chaîne a fini par céder au corporatisme et que la fin est proche. Je suis à deux doigts de me noyer dans ma tasse de Earl Grey quand Gail me la rapporte, mais je sais pas comment plonger mon nez et ma bouche dans la tasse et aspirer assez de liquide pour que mort s'ensuive. Alors, après avoir réfléchi longuement au problème (ce qui me vaut un regard confus et quelque peu dégoûté de Gail qui se tient sur le pas de la porte), j'abandonne et choisit de boire une gorgée.

 

Et je me rends compte que cette fois, avant de partir, Gail a dit quelque chose d'important pour changer. Je me repasse rapidement la conversation-monologue, et je me souviens alors qu'elle a dit que Chambers voulait me voir une demie-heure avant le meeting de production, dans son bureau.

 

Je réfléchis à cette révélation pendant un moment. Il se pourrait qu'il veuille me virer dans le but de rendre la transition vers la télé poubelle plus simple, puisque je n'ai jamais caché mes sentiments envers ces gens-là, mais ça ne serait pas prudent. Mon contrat n'expire que dans un an et s'il me renvoie maintenant, ça va coûter un paquet à la chaîne. J'ai pris mes précautions quand j'ai signé le dit contrat il y a deux ans. S'ils ont choisi de me coller dans le placard avec leur clause de moralité et de me forcer à rester assise à présenter le journal pendant trois ans, ils vont avoir autant de mal que moi à rompre le contrat.

 

Alors ça ne risque pas d'arriver. Peut-être qu'il veut me parler de ce bordel avec Harper avant et puis ensuite me demander de ne pas venir au meeting de production. Je souris rien qu'en y pensant, tout en tapotant un crayon à papier particulièrement bien taillé sur le bord de ma tasse. Je pourrais faire un esclandre au meeting. J'adore faire des esclandres et Chambers le sait bien. Ce n'est pas la première fois qu'il m'apprend des nouvelles de cette façon, alors je me dis que ça doit être ça. De toute façon, je n'ai aucun contrôle sur qui ils engagent comme caméraman, alors j'essaie de ne plus y penser et j'ouvre un dossier, déterminée à travailler un peu et à oublier l'exhibitionniste à la chevelure noire qui se trouve dans le bureau de mon patron.

 

 

 

  • * *

 

 

 

Chambers est un peu plus gros qu'il ne devrait l'être, même si sa grande taille permet de compenser un peu ses kilos en trop. Ses cheveux sont argentés et nous sommes tous bien contents qu'il ait finalement décidé de ne plus se teindre l'année dernière. Je crois que c'est sa femme qui lui faisait, ou alors une stagiaire chez son coiffeur, parce que les tons variaient entre le mauve et le marron couleur merde… ce qui ne nous empêchait pas de lui dire que c'était vraiment super. Et voilà qu'il se tient devant moi, les mains dans le dos. Il est derrière son bureau et je crois qu'il pense vraiment que ça va le protéger.

 

Je me suis déjà passée la conversation dans la tête et je suis prête à réagir calmement et à le surprendre. Je préfère qu'il ne sache pas trop sur quel pied danser. Il croit toujours que je vais péter les plombs et faire un scandale. Mais en fait, pratiquement tout ce que je fais est réfléchi et planifié. Alors je sais qu'il va me dire que Harper a été engagée comme cadreuse et qu'on va relever le défi de la concurrence. Le pire qu'il puisse me dire, c'est qu'elle va être derrière la caméra pour mon journal, mais je suis sûre qu'il va la garder pour les reportages spéciaux et les directs. Ça serait gâcher son expérience que de la garder en studio. Je me dis que je vais me contenter de hocher la tête et de sourire avant de me retirer calmement. Il va pas en revenir.

 

Il me demande de refermer la porte, ce que je fais, avant de m'y appuyer, les chevilles croisées, désinvolte. J'ai choisi une soie vert émeraude ce matin et je sais que cette couleur flatte celle de mes yeux et mes cheveux dorés. Je le sais parce j'ai des gens qui s'occupent de choisir les fringues et les couleurs qui me vont le mieux tous les jours de ma vie, et qu'il n'y plus grand-chose dans mon placard que j'ai choisi moi-même.

 

" Asseyez-vous, Kelsey ", fait Chambers nerveusement.

 

Je secoue la tête une seule fois. " Je préfère rester debout, merci. "

 

" OK ", fait-il en hochant la tête mais je vois bien qu'il est déçu. Soit je suis moins imposante assise, soit il a envie de s'asseoir, je ne sais pas trop.

 

" Nous avons procédé à un changement de format. "

 

J'acquiesce, croisant son regard. Ce n'est pas comme ça que je l'aurais dit. Il n'a pas dit 'une nouvelle recrue', ou un truc plat dans ce genre.

 

" Harper Kingsley a signé avec nous en tant que responsable de nos reportages spéciaux. Elle servira de réalisatrice et caméra principale pour nos reportages en extérieur et nos envoyés spéciaux. "

 

J'acquiesce une nouvelle fois. C'est une chance en or pour elle. Si elle ne me dégoûtait pas autant, je serais contente pour elle.

 

Chambers inspire profondément et je me rends soudainement compte qu'il y a autre chose. Je repousse la nervosité qui m'envahit soudainement et je plisse les yeux, le fixant toujours. " Et quoi d'autre ? "

 

" Euh… elle a demandé un reporter à plein temps pour son équipe. Quelqu'un qui irait en extérieur et présenterait les reportages en direct. "

 

Je n'aime vraiment pas la tournure que cette conversation est en train de prendre et ça doit se voir sur ma figure, parce qu'il se met à parler encore plus vite.

 

" On a regardé l'équipe de près et on savait qu'il nous fallait quelqu'un avec beaucoup d'expérience et une bonne présence, quelqu'un que le public connaît déjà et apprécie. C'est vous que nous avons choisie ", finit-il par bafouiller.

 

Je demande lentement : " Vous me retirez le journal ? "

 

Il hoche la tête.

 

" Mon contrat spécifie que… "

 

" Votre contrat autorise ce changement, Kelsey ", dit-il en m'interrompant. " Croyez-moi, nous nous en sommes assurés avant de vous en parler. "

 

Je me demande vaguement s'il a une petite souris dans sa poche ou si son problème de poids a engendré une identité propre pour qu'il emploie la première personne du pluriel comme ça. " Vous me rétrogradez ? " Ma voix est basse et dangereuse.

 

" Non ", dit-il rapidement en secouant la tête. " C'est une occasion en or pour vous. Vous aurez une plus grande présence à l'écran, et vous pourrez accroître votre expérience sur le terrain. Ça va aider l'audimat de la chaîne et vous garantira le poste de présentatrice du journal à New York. "

 

Je lui lance un regard, étudiant les gouttes de sueur qui perlent sur son front. Il vient de sortir l'as de sa manche. Il sait que je veux être transférée à New York. Il n'a pas besoin de m'offrir quoi que ce soit, d'ailleurs, puisque mon contrat m'oblige à ce changement de poste même si je ne suis pas d'accord, et même sans compensation. Je sais qu'il essaie de me calmer, de réduire l'impact que ce changement aura dans la salle de rédaction. " Vous ajoutez une clause à mon contrat stipulant que j'aurai le poste à New York quand Reeves prendra sa retraite, même si cela se produit avant l'expiration de mon contrat ici, et on pourra s'arranger. "

 

Il sait très bien ce que je suis en train de dire. Je le ferai parce que j'y suis obligée, mais je peux le faire en silence, en faisant semblant de le croire quand il dit que c'est une promotion, ou je peux le faire en faisant un scandale et en dénonçant la rétrogradation qu'il m'impose vraiment. C'est à lui de choisir. L'image de la chaîne peut en dépendre.

 

" Et si Reeves reste encore une année ? "

 

" Alors on renégocie mon contrat tout en gardant la clause de New York, plus une clause qui me permet de partir dès que le poste se libère. " C'est un bon deal, et je le sais. Ça m'assurera le poste que je convoite depuis des années, ainsi que mon poste ici, sur mon second marché préféré, jusqu'à ce que la présentation du journal à New York soit disponible.

 

Lentement, très lentement, il finit par acquiescer. " Je vais demander aux avocats de s'occuper de ça. "

 

Je demande alors avec précaution : " Alors je travaille pour Tabloïde maintenant ? " Sa réponse sera pour moi très révélatrice.

 

" Ah, non, pas exactement. Ça sera plus comme un partenariat. Elle s'occupe de la caméra et de la réalisation live. Vous travaillez toujours pour moi. Ce soir sera votre dernier journal. "

 

" Super ", je réponds brièvement et je me retourne pour attraper la poignée de la porte. J'ai jusqu'à présent très bien réussi à me contrôler, et il le sait aussi bien que moi. Je demande en silence, un sourcil levé, la permission de sortir, qu'il me donne d'un signe de tête. Je décide alors de prendre une pause déjeuner anticipée et je prends immédiatement la direction de la sortie.

 

 

 

  • * *

 

 

 

Ses bras sont enroulés autour de moi, et on s'arrête bientôt devant ma nouvelle chaîne. Je pousse ma Harley Davidson FLTSF Fat Boy sur le trottoir, me créant une place de parking réservée rien que pour moi. Il faut que je parle au patron de la chaîne pour qu'il me trouve un emplacement juste devant l'entrée. Il n'est pas question que je laisse mon bébé sur un parking. Il faut que ses trois cent kilos de sauvagerie pure soient à ma disposition à tout moment. Et très loin des conducteurs de voitures étrangères qui sont prêts à ouvrir leur portière sans prévenir sur ma beauté.

 

Je coupe le moteur et je retire mon casque, tandis que la fille derrière moi continue son exploration de mon torse, tout comme elle l'a fait pendant tout le chemin jusqu'ici. J'essaie de me souvenir de son nom, mais ça m'échappe encore, comme toute la matinée. Je hausse les épaules en pensée. C'est pas très grave de toute façon. C'est pas comme si j'allais lui envoyer une carte de Noël.

 

J'accroche mon casque à la poignée et je tends la main pour attraper le sien. A peine son visage à l'air libre, elle se précipite à nouveau sur moi. Mon Dieu, on dirait qu'elle s'est jamais faite tirer de sa vie. Pas bien en tout cas.

 

Je me retourne sur le siège, et lui fait face, admirant ses lèvres pleines et sa poitrine généreuse qui m'ont incitée à la choisir dans le bar hier soir. Je me lèche rapidement les lèvres et puis capture les siennes. Elle a bon goût, comme de la menthe, et je me dis qu'elle a dû prendre un tic-tac sur le chemin. Ma langue plonge dans sa bouche, encore et encore, bien décidée à m'emparer de tout ce bon goût.

 

Je la sens gémir contre mes lèvres et son souffle devenir un peu irrégulier. Je parie que je peux la prendre ici, maintenant, et sans les mains. C'est pas mon genre de renoncer à un défi, surtout si c'est moi qui l'ai lancé ; alors j'attrape fermement ses hanches et je la tire vers moi. Elle écarte aussitôt les genoux bien en grand dès qu'elle touche mes jambes et elle se met à onduler sur le siège, cherchant à tout prix le contact. Je sens de petites mains se glisser sur mon dos, mon cou, mes cheveux, tandis qu'elle s'agrippe à moi, cherchant un soulagement bien mérité.

 

Je me penche en avant et tire ses deux jambes par-dessus les miennes, l'attirant vers moi. Elle est à présent à califourchon sur moi, et se met à gémir lorsque la pression sur mon estomac commence à offrir un peu du soulagement tant convoité. Mais je vois bien que ça ne suffit pas tout à fait à la faire craquer, alors j'attrape ses fesses à pleines mains et la tire encore plus près de moi, la frottant encore plus contre moi.

 

Elle n'est plus très loin, maintenant. Nous échangeons de longs baisers humides, nos langues glissant l'une contre l'autre, au rythme de son corps contre le mien. Je la sens humide à travers le coton de son pantalon et contre mon t-shirt. Elle se frotte délibérément contre l'anneau qui perce mon nombril, et s'en sert pour s'exciter davantage. A chaque fois qu'elle se frotte dessus, de petits tremblements ma foi fort agréables se propagent à travers tout mon corps. C'est pas l'extase, mais c'est bien agréable quand même.

 

Il faut toutefois que j'en finisse rapidement pour aller me présenter à mon nouveau boulot. J'ai aussi pitié des spectateurs que nous avons attirés. Il y a un type en costard qui est particulièrement content de nous voir et nous salue avec sa baïonnette au garde-à-vous, tandis que plusieurs autres mecs se dandinent nerveusement sur place. Il y a aussi quelques femmes dans les alentours, et elles ont toutes l'air un peu rouges, se demandant comment ça doit être. Les femmes hétéros aiment le spectacle parce qu'elles se disent que leurs maris ou leurs copains ne leur ont jamais fait ressentir ce que cette fille ressent dans mes bras. Et je suis en train de leur prouver qu'elles ont raison.

 

J'attire ma passagère tout contre moi et je me soulève un peu du siège, m'assurant que mon anneau frotte bien contre elle à l'endroit le plus sensible, avec juste la pression qu'il faut. Elle décolle aussitôt et je sens son corps succomber aux tremblements. Je l'embrasse alors longuement et passionnément ; elle est à moi, totalement.

 

Rassasiée, elle se blottit contre ma poitrine, respirant profondément, embrassant mon cou et ma mâchoire. Je lui lèche un peu le lobe de l'oreille. Je demanda alors : " C'était bon, chérie ? ", laissant mon accent de Louisiane ressortir, parce que je sais à quel point les femmes adorent les accents du Sud.

 

" Harper… oh mon Dieu… oui. "

 

Je souris. La journée promet d'être très bonne. Je jette un coup d'œil à la foule autour de nous, et je ne serais pas étonnée d'entendre des applaudissements. D'habitude, il faut aller dans des clubs qui vous font casquer un paquet à l'entrée pour voir le genre de truc qu'on vient de leur montrer.

 

" Allez, il faut que j'aille travailler. " Je la prends par la taille et la soulève de mon Fat Boy. Je la suis, balançant la jambe par-dessus le long corps de ma bécane. Elle titube un peu, encore un peu faible, et je la rattrape. Par-dessus son épaule, j'aperçois ce que je cherchais.

 

Je siffle, un de ces sifflements perçants que mes frères m'ont appris quand on était petits. C'est le même sifflement dont mon père se servait pour nous appeler quand il était temps de rentrer le soir. On entendait ce son pétrifiant dans tout le quartier. Un taxi s'arrête immédiatement près du trottoir et j'ouvre la portière pour ma passagère.

 

Elle attrape le revers de mon blouson en cuir et frotte sensuellement ses seins contre les miens. " Appelle-moi. "

 

" OK, chérie ", je lui promets. Je mens. Je ne me souviens même pas de son nom, mais j'ai bien aimé passer un peu de temps en sa compagnie. Pour la distraire de mon manque évident de sincérité, je l'embrasse une dernière fois. Une fois qu'elle est installée dans la voiture, je referme la portière et m'éloigne.

 

Mes spectateurs sont toujours là. Je reconnais immédiatement l'une des femmes, maintenant que je ne suis plus distraite par ma passagère. Kelsey Stanton, la jeune et ravissante présentatrice du journal de la chaîne, me regarde avec un air particulièrement pincé. De toute évidence, elle pense que je suis une mufle de première. Je reste immobile un long moment, la regardant à mon tour. Elle est plus petite que ce à quoi je m'attendais, mais bon sang, y'a rien à jeter. Je voudrais bien lui faire faire un tour sur ma moto. Je pourrais même me servir de mes mains, juste pour bien la sentir. Sachant que ça va la faire bouillir, je lui souris et lui fais un clin d'œil. J'arrive pas à croire qu'elle est hétéro. C'est pas logique.

 

Il est temps d'y aller et de dire bonjour à mon nouveau patron.

 

Tout en marchant le long des couloirs très collet monté de la chaîne, je ne peux pas m'empêcher de ricaner en pensant à ce qui m'a amenée, moi, une cadreuse de télé-poubelle, dans un endroit pareil.

 

Depuis le matin où j'ai donné mon stylo-torche préféré, mon téléphone n'a pas arrêté de sonner et je croule sous les offres de boulot. Les flics ont insisté pour conserver le stylo en tant que preuve à conviction, ce qui m'a franchement énervée. C'est pas comme si je l'avais payé cher, mais c'est pour le principe. Je me dis que si je réussis à désarmer un dingue avec un stylo-torche, je devrais au moins pouvoir garder le dit stylo en souvenir. Et le voilà maintenant à la merci d'un connard de fonctionnaire qui va décider de me le piquer et de le revendre aux enchères sur Ibazar, pour ramasser un paquet au passage.

 

Le premier message qui m'a vraiment intéressée venait de KNBC, la filiale associée de NBC à Los Angeles. Ronald Chambers, directeur de la chaîne, m'a appelée personnellement et m'a demandé de venir travailler pour leur division infos. Pas besoin de vous dire que j'ai été vraiment surprise de recevoir une offre aussi respectable. On m'avait toujours dit que bosser pour TrueTV saboterait ma carrière à coup sûr.

 

L'entretien d'embauche a eu lieu dans le bar d'un hôtel dans le centre de Los Angeles. Je me suis dit qu'il ne voulait pas que je m'approche des locaux de la chaîne, de peur de mettre en colère ses chers employés. Comme Kelsey Stanton, par exemple. Gary m'a dit la semaine dernière au bar qu'elle n'a pour les gens de mon espèce que du mépris. Evidemment : après tout, notre audimat est toujours bien meilleur que le sien.

 

Chambers m'a dit ce qu'il leur fallait : un bon travail de caméra de la part de quelqu'un qui n'a pas peur de chasser le scoop. Il a l'impression que ses reporters sont devenus un peu trop mous, trop habitués à s'appuyer sur leur prestige plutôt que sur leur instinct dans leur recherche de la vérité. Je suis censée " aller sur le terrain et remuer tout ça ", ou un truc bidon dans ce genre, comme a dit Chambers. Tout ce qu'il demande, c'est un petit soupçon de scandale pour les citoyens propres sur eux qui regardent KNBC.

 

Ça devrait pas me poser de problème.

 

Pour ce deal, j'ai insisté pour que mon équipe m'accompagne : Jimmy, mon assistant, et Conrad, mon monteur. La meilleure équipe du métier. Et maintenant, elle appartient à Chambers. Mais bon, pour le salaire qu'il va me donner, je veux bien appartenir à n'importe qui.

 

Et le meilleur, c'est qu'il m'a promis Kelsey Stanton.

 

Hétéro, mon cul.

 

< A suivre >

 

 

 

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Avertissement d'ordre juridique.

 

Bien que cette série soit inspirée par quelques faits réels, il s'agit d'une œuvre de fiction et les références à des personnes ou des organisations réelles ne sont incluses que pour donner un certain air d'authenticité. Tous les personnages, principaux ou secondaires, sont entièrement le produit de l'imagination des auteurs, ainsi que leurs actions, motivations, pensées et conversations, et aucun des personnages ni des situations qui ont été inventées pour eux n'ont pour but de représenter des personnes ou des événements réels. En particulier, les descriptions des chaînes de télévision CBS et NBC ne sont pas destinées à représenter ces sociétés, ou aucune des personnes y travaillant, mais sont seulement utilisées afin d'apporter un sentiment d'authenticité à cette œuvre de fiction.

 

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Table des matières et suite.

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