| 
  • If you are citizen of an European Union member nation, you may not use this service unless you are at least 16 years old.

  • You already know Dokkio is an AI-powered assistant to organize & manage your digital files & messages. Very soon, Dokkio will support Outlook as well as One Drive. Check it out today!

View
 

JALOUSIE2

Page history last edited by PBworks 16 years, 7 months ago

JALOUSIE

 

 

 

Par Ladywarrior

 

 

 

 

Chap.1Chap.2

 

 

Pour les avertissements, voir la 1ère partie.

 

 

 

2ème partie

 

 

 

 

Xena galopa à vive allure à travers les verts pâturages de Grèce, empruntant les petits chemins qui coupaient la route principale pour Potédaïa pour aller plus vite. Elle était restée éveillée toute la nuit à réfléchir à ce qu’elle allait dire à sa compagne pour qu’elle lui pardonne cette affreuse scène, mais elle n’avait rien trouvé qui pourrait effacer ses propos. Alors, au petit matin, après avoir réalisé cela, elle avait décidé de revenir au campement et d’improviser quand elle se trouverait face à Gabrielle. Lorsqu’elle avait vu qu’elle n’était plus là à son arrivée, son sang s’était glacé dans ses veines et une terreur sans nom s’était emparée d’elle, une terreur comme elle n’en avait jamais ressentie, une terreur sombre et glaciale qui lui étreignit le cœur, la laissant tremblante et au bord de l’évanouissement. Car là, Gabrielle n’avait pas été enlevée, elle était partie de son plein gré, elle l’avait fuie. Elle était déjà partie avant, deux fois, mais les situations étaient différentes, elle était jeune, la première fois elle voulait rentrer à l’académie d’Athènes, et la fois suivante c’était parce qu’elle avait eu peur. Ses yeux s’étaient alors posés sur Virgile qui dormait profondément, sa fourrure remontant jusqu’à son menton et soudain la bêtise de son accusation l’avait saisie de nouveau, alors elle s’était énervée et avait commencé à arpenter bruyamment le campement pour réunir ses affaires sans se soucier de réveiller les deux autres.

 

Et maintenant qu’elle galopait à vive allure, le visage plein de larmes de Gabrielle ne quittait pas son esprit. Elle tourna au sommet d’un chemin dégagé qui dévalait une colline et ralentit immédiatement Argo en tirant sur les rênes. Gabrielle se trouvait juste en bas de la colline et marchait d’un pas nonchalant en lui tournant le dos, face au soleil maintenant à son apogée, et Xena sentit son cœur exploser dans sa poitrine. Sa compagne était là, à une demi lieue à peine devant elle et la terreur revint dans ses veines. Et s’il était trop tard ? Et si Gabrielle ne voulait pas revenir, que ferait-elle ?

 

 

 

Ses yeux ne quittaient pas la silhouette en contrebas, et enfin, doucement, elle fit avancer son cheval au pas en se disant que la seule manière de savoir ce que Gabrielle voulait faire, c’était d’aller le lui demander. La distance entre elles se réduisit jusqu’à ce que Gabrielle soit capable d’entendre le bruit des sabots qui frappaient lentement le sol de terre. Elle se raidit et carra les épaules, prête à réagir en cas de problèmes, mais elle ne changea pas son rythme et continua d’avancer de la même démarche, attendant de connaître les intentions du cavalier qui s’approchait d’elle.

 

A quelques pas le cheval s’arrêta, la laissant reprendre un peu d’avance puis reprit sa marche. Gabrielle commençait à être agacée par ce jeu et se retourna enfin pour voir le visage de la personne qui manifestement la suivait depuis un bon moment. Et elle se retrouva capturée par un regard bleu glace fixé sur elle. Xena lui sourit timidement d’un air penaud mais ne dit rien. Les yeux de Gabrielle se firent sauvages et envoyèrent des éclairs, si un regard avait pu tuer, Xena serait morte mille fois. Elle ne dit rien non plus, se tourna et continua sa marche d’un pas beaucoup plus énergique, cherchant à mettre de la distance entre elle et la guerrière. Elle entendit Argo se remettre en route au même rythme qu’elle sans chercher à la rattraper, juste à la suivre à courte distance.

 

- Je t’aime Gabrielle. Murmura doucement Xena du haut de sa monture.

 

La jeune femme s’arrêta de nouveau, hésita puis repartit.

 

Elles se suivirent ainsi pendant une ou deux lieues encore et Xena tenta encore de lui parler.

 

- Je suis désolée, je…

 

- Non Xena, tes excuses ne suffiront pas cette fois. Se retourna soudain Gabrielle, ne laissant pas finir la guerrière. Cette fois je ne pardonne pas, et je ne reviens pas.

 

Elle coupa à travers champ et se dirigea vers une petite forêt, empêchant ainsi Xena de la suivre à cheval. La guerrière la regarda la fuir et une colère s’empara alors d’elle. Elle talonna Argo qui partit au galop le long du chemin qui contournait la forêt. Elle n’allait sûrement pas renoncer, ce n’était pas son genre. Elle devait rattraper Gabrielle et la convaincre d’accepter ses excuses, elle ne pouvait supporter l’idée de vivre sans elle.

 

 

 

Gabrielle avançait avec colère au milieu des branches et des ronces, ruminant de rage contre sa compagne. Elle contourna un arbre mort et sauta par-dessus un ruisseau marécageux sans y penser, mais elle rata son atterrissage et glissa dans la boue. Elle se rattrapa du mieux qu’elle le put mais elle s’affala quand même de tout son long, empêchant de justesse sa tête de s’enfoncer dans le tas qui se trouvait sous elle. Elle s’assit sur l’herbe fraîche avec rage en ôtant un maximum de boue de ses vêtements.

 

- Bon sang, mais c’est pas possible d’être aussi maladroite, maintenant il faut que je trouve un endroit pour me laver ! Gronda-t-elle contre elle-même.

 

- Ce n’est vraiment pas mon jour.

 

Elle se rappela d’une auberge à quelques lieues plus au sud. Elle se remit debout, attrapa son sac et prit cette direction.

 

 

 

Xena commença à s’inquiéter de ne pas la voir ressortir du bois de son côté. Elle refit rapidement le tour du bois, descendit d’Argo et elle s’enfonça à son tour dans l’épaisse forêt pour suivre la piste de sa compagne. Elle arriva au ruisseau et détecta les traces de chute. Elle sourit malgré elle, retenant difficilement un fou rire en imaginant l’expression de sa compagne.

 

- Ah Gabrielle, tu as vraiment le chic pour te mettre dans les ennuis. Certaines choses ne changeront décidément jamais.

 

Elle en déduisit la direction que sa compagne avait dû prendre, souhaitant sans aucun doute se laver au plus vite. Elle retrouva Argo et repartit vers le sud.

 

 

 

Gabrielle sortit du bois dans un état d’énervement qu’elle atteignait rarement en grognant de frustration. Comment avait-elle pu glisser ainsi ? Mais en réalité, elle savait pertinemment qu’elle était tombée parce qu’elle n’était pas concentrée sur ce qu’elle faisait. Xena l’avait troublée. Elle l’avait suivie, rattrapée et elle lui avait dit qu’elle l’aimait d’une voix douce et suppliante. A cette pensée, elle se sentit fondre et son pas ralentit malgré elle.

 

- Non, ne cède pas ! Lui cria une voix intérieure. Elle est ici parce que tu as blessé son orgueil en partant, rien de plus. Tu sais à quel point elle est orgueilleuse, tu la connais trop bien.

 

Gabrielle serra la mâchoire et marcha plus vite en marmonnant.

 

- Elle l’est peut-être, mais elle ne supplie jamais. Et là elle le fait pour toi, tu es la seule à la voir aussi vulnérable que ça, la seule ! Elle ne le montre à personne d’autre…et elle est venue te chercher. Murmura une autre voix plus doucement dans sa tête.

 

Et son pas ralentit de nouveau, le cœur battant dans sa poitrine face à ce constat. Elle s’arrêta, ferma les yeux et prit une grande inspiration pour se calmer, puis la dispute de la veille lui revint en mémoire.

 

- Non, elle ne gagnera pas ! Pas cette fois !

 

Et elle repartit avec colère. Toute à ses pensées, elle ne remarqua pas les mouvements dans les bois qu’elle longeait. Le bris d’une brindille l’extirpa soudain de sa rêverie et elle se concentra sur les sons et les odeurs autour d’elle, les sens aux aguets.

 

Pendant un moment elle se dit que c’était Xena qui la suivait encore, mais la guerrière ne faisait jamais de bruit, elle était la meilleure pisteuse qu’elle ait jamais connu, silencieuse et dangereuse. Et puis surtout pourquoi se cacherait-elle alors que son but était que Gabrielle la remarque ? Non, non, c’était quelqu’un d’autre et son instinct lui indiqua que c’était une personne hostile, puisqu’elle ne se dévoilait pas.

 

Elle laissa tomber son sac et sortit ses armes avec agilité en se tournant en direction du bruit lorsqu’elle entendit des branchages frottés les uns contre les autres, certaine cette fois qu’un danger la guettait. Elle vit alors un homme qui la fixait avec un sourire gourmand sur les lèvres. Son visage lui disait quelque chose mais elle ne voyait qui il était, puis elle réalisa que c’était l’homme que Xena avait transpercé de son épée la veille.

 

- Mais comment… ? Tu es mort. S’étonna-t-elle.

 

L’homme grogna.

 

- C’était mon jumeau. Toi et tes amis vous avez tué mon frère, alors je vais t’utiliser pour attirer la grande guerrière qui a tué mon frère et ensuite je vous tuerai toutes les deux.

 

Gabrielle recula d’un pas en position de défense, celui-ci avait l’air beaucoup plus méchant que son frère.

 

- Et tu comptes t’y prendre comment ? Tu ne penses tout de même pas que je vais te laisser me tuer sans combattre.

 

- Oh, mais j’espère bien que tu vas te battre, sinon où est le plaisir ?

 

Gabrielle sourit légèrement.

 

- A un contre un ? Attend-toi à un peu de résistance de ma part, tu n’es pas prêt de m’avoir.

 

L’homme ricana méchamment.

 

- Je n’ai jamais dit que j’étais seul.

 

Il siffla entre ses doigts et une trentaine de gars armés jusqu’aux dents sortirent tout autour d’elle de leur cachette. Gabrielle recula de nouveau, ses sais en défense devant elle et étudia la situation. Elle était cernée de tous les côtés et n’avait aucune chance de s’enfuir. Elle devait combattre mais à voir leur artillerie et la détermination dans leur regard, elle savait qu’elle n’avait pas la moindre chance de s’en tirer.

 

- Xena, où es-tu quand j’ai besoin de toi ?

 

Mais elle secoua la tête pour chasser cette idée, si elle la quittait elle ne devait désormais plus compter que sur elle-même. Elle se redressa et carra les épaules tentant de les faire douter par cette attitude frondeuse.

 

Cela ne marcha pas et ils firent tous un pas en avant vers elle.

 

- Venez me chercher ! Lança-t-elle en défiant le chef du regard.

 

- Pas de problème !

 

Il fit un geste et la bande se précipita sur elle. Elle repoussa les deux premiers et en assomma un troisième. Elle les affronta sans faiblir, leur offrant une résistance digne de Xena. Elle se surpassait, s’étonnant elle-même mais sachant très bien que sa vie en dépendait. Ils étaient cinq, puis dix, puis quinze à terre s’écroulant en un tas de corps qui s’amoncelait autour d’elle. Ses coups volaient, rapides et précis, et atteignaient ses adversaires avec puissance. Coups de poings, coups de pieds, esquive, parade, elle était une montagne imprenable, un roc sur lequel ils se brisaient et elle ne se savait pas capable d’un tel talent.

 

Mais elle se fatiguait vite. Ils étaient trente, lorsqu’un tombait, deux se relevaient et l’attaquaient à nouveau. Un coup qu’elle ne put éviter l’atteignit à la tempe et elle se retrouva sur un genou à la merci de ses ennemis. Un coup de pied arriva et elle vola vers l’arrière, tombant sur le dos en gémissant. Le chef s’approcha d’elle et posa une botte sale sur sa poitrine pour la garder au sol.

 

- Alors petite fille, qu’as-tu à dire ? Tu m’as lancé un défi et tu as perdu. Gloussa-t-il en pressant le pied plus fort.

 

- A trente contre une ? Quel courage ! Cracha-t-elle avec colère en tentant de se dégager.

 

- Doucement femme ! L’arrêta-t-il. La fin justifie les moyens et maintenant je peux faire de toi ce que je veux.

 

Il laissa son regard descendre le long du corps de sa prisonnière d’une manière très équivoque.

 

- Relevez la !

 

Deux l’agrippèrent par les bras et la soulevèrent pour la remettre sur ses jambes. Elle regarda autour d’elle et fut assez fière de découvrir une vingtaine de bonhommes gisant à terre assommés ou gémissant de douleur. Et sans pouvoir s’en empêcher, elle ricana devant ce spectacle.

 

- Ça t’amuse d’être prisonnière ? Pourquoi n’as-tu pas peur de nous ? S’énerva le chef en venant mettre son visage à quelques centimètres du sien, ses yeux pleins de colère plongés dans les siens.

 

A cette distance, l’odeur qu’il dégageait était suffocante et elle eut la nausée. Elle le fixa à son tour, ayant retrouvé son sérieux.

 

- Vous n’avez aucune idée de ce que vous venez de faire. Et à cause de votre ignorance vous allez tous mourir !

 

Son regard était intense. Il sembla hésiter un moment mais se reprit très vite et se recula.

 

- Emmenez la au repaire. Ordonna-t-il.

 

Les hommes sur pieds l’entourèrent et ils l’emmenèrent vers l’ouest, laissant derrière eux ceux tombés sous les coups de Gabrielle.

 

 

 

Xena suivait la piste de sa compagne le long du bois, perdue dans ses pensées, quand elle aperçut plus loin toute une troupe inconsciente à l’endroit où les traces de Gabrielle semblaient aller. Elle sourit en se doutant que la jeune femme n’était sans doute pas étrangère à l’état dans lequel se trouvaient les hommes. Elle laissa Argo brouter l’herbe tendre et se rapprocha des restes de la rixe. Elle aperçut le sac de Gabrielle et son sang se glaça dans ses veines. Elle avait l’habitude de lui venir à l’aide vu le nombre de fois où Gabrielle s’était faite kidnapper, mais à chaque fois elle avait cette terreur qui s’emparait d’elle. Elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur qu’un jour elle arriverait trop tard et Gabrielle se serait fait tuer. Elle attrapa brutalement le col d’un homme qui semblait plus éveillé que les autres et le secoua sans ménagement.

 

- Qu’est-ce qui s’est passé ? Réponds moi !

 

L’homme la regarda et grimaça.

 

- C’est toi qui as tué Aldred, je ne te dirai rien.

 

- Oh si tu vas me le dire.

 

Elle lui fit le point de pression et l’homme suffoqua immédiatement, les yeux exorbités.

 

- Très bien, je vais te poser quelques questions et tu as intérêt à y répondre rapidement car il ne te reste qu’une trentaine de secondes à vivre et tu mourras.

 

L’homme hocha la tête, terrifié.

 

- Donc je reprends, qu’est-ce qui s’est passé ?

 

- Nous avons attaqué la femme blonde.

 

- Pourquoi ?

 

- Parce que tu as tué Aldred et Alderin veut le venger.

 

- Qui est Alderin ?

 

- Son jumeau, il veut utiliser ton amie pour t’attirer et se venger de toi, et elle nous a bien résisté.

 

- Où est-elle maintenant ? Parle où je te laisse mourir.

 

Elle le secoua un peu. Elle sentait la colère qui bouillonnait en elle.

 

- A notre repaire. C’est vers l’ouest, vers la grande falaise blanche. Pitié !

 

Elle le lâcha brutalement et libéra le point de pression avant de le rendre inconscient avec un direct du droit en plein visage.

 

 

 

Elle courut vers Argo et lui sauta sur le dos en prenant appui sur sa croupe. Le cheval se cabra et partit au grand galop, sensible à l’humeur angoissée de sa maîtresse.

 

Elle atteignit le bas des falaises à la tombée de la nuit. Elle descendit de cheval, prit son fouet et quelques dagues supplémentaires et chassa Argo qui s’éloigna en trottant vers un arbuste appétissant. La guerrière longea la falaise à pas de loup, cachée par l’obscurité naissante. Elle arriva à un angle et tenta un coup d’œil furtif de l’autre côté. Deux hommes montaient la garde devant une grande caverne allumée par des torches. Elle retira sa tête et réfléchit à une stratégie. Elle ignorait combien d’hommes se trouvaient à l’intérieur, elle ne pouvait donc pas y aller en force. Non, elle devait pénétrer discrètement dans la grotte et observer avant de tenter quoi que ce soit. Mais avant tout il fallait rentrer.

 

Elle lança son chakram et le fit rebondir sur les parois rocheuses. Les deux hommes entendirent un sifflement et tentèrent d’apercevoir ce qu’il se passait, totalement dépassés par ce bruit dont ils ignoraient l’origine. Ils cherchaient, se tournant dans tous les sens. Ils ne virent pas arriver les coups qui les mirent KO. Xena avait longé la roche pendant qu’ils étaient distraits et les avait contourné pour venir les assommer.

 

Elle pénétra prudemment dans le repaire et évolua le long du chemin en se camouflant dans l’ombre pour ne pas se faire remarquer.

 

Xena déboucha dans une grande cavité au milieu de laquelle se trouvait un grand feu et où des hommes évoluaient en groupe, jouant aux cartes, mangeant ou discutant simplement. Ils n’étaient pas plus de vingt mais elle préféra les éviter, se faufilant dans l’ouverture d’une seconde galerie. Elle marchait en étudiant soigneusement les possibilités de fuite quand elle passa à côté d’une petite galerie cachée derrière un gros rocher. Elle s’en approcha et sentit un courant d’air et une odeur d’humidité.

 

 

 

Soudain un cri familier résonna dans la grotte. Elle se précipita, toute discrétion oubliée et déboucha dans une autre cavité, plus petite que la précédente, pleine d’armes, d’armures et de cibles. C’était l’espace d’entraînement de la bande à n’en pas douter. Là, une vision d’horreur s’offrit à elle. Gabrielle était suspendue par les bras à une potence et elle tournait le dos à une dizaine de gars qui se régalait du spectacle qu’elle leur offrait. L’un d’eux lui arracha son haut rouge, recula et brandit un fouet qu’il s’apprêtait à lancer sur le dos nu de sa compagne. Il leva le bras. Xena vit rouge, elle saisit son chakram et le lança vers l’homme qui perdit son bras dans un cri de douleur. Il tomba à terre en hurlant, choqué, fixant le jet de sang qui giclait de son bras. Xena s’avança en courant, en poussant son cri de guerre et récupéra le chakram. Les hommes sortirent leurs armes et se précipitèrent sur elle. Elle était folle de rage et les extermina sans la moindre pitié. Elle trancha des têtes, transperça quelques cœurs et plusieurs poitrines. Deux réussirent pourtant à s’enfuir, refusant le combat face à cette furie couverte maintenant de sang. Elle courut vers Gabrielle qui se débattait pour rompre ses liens.

 

- Gabrielle, tu n’as rien ?

 

- Non, ça va, tu es arrivée juste à temps.

 

- Comme toujours. Lui répondit Xena avec un sourire timide.

 

Gabrielle grogna, reconnaissant ce fait à contre cœur.

 

- Détache moi !

 

Xena se recula et coupa les cordes d’un coup d’épée.

 

- Partons vite, les autres ont du prévenir leurs copains. Dit la guerrière.

 

Elles coururent dans la galerie et Xena l’attira vers le trou qu’elle avait repéré plutôt.

 

- Par là !

 

Des voix leur arrivèrent de la caverne.

 

- Allez Gabrielle, rentres là-dedans, je pense que c’est une issue. Je te retrouve de l’autre côté.

 

- Et toi ?

 

- Je vais les retarder un petit peu et m’occuper du petit frère, il a fait une grosse erreur.

 

Gabrielle l’attrapa par le bras.

 

- Non, si tu restes, je reste !

 

Elles se regardèrent intensément.

 

- Tu n’es plus en colère contre moi ? Murmura Xena.

 

- Oh que si ! Mais ce n’est ni le lieu, ni le moment pour parler de ça. Viens, nous les retrouverons bien assez tôt.

 

Elle la tira par le bras. Xena sembla réfléchir, la tête tournée dans la direction des pas qui s’approchaient puis se tourna en soupirant et suivit Gabrielle dans le passage.

 

Elles glissèrent un moment et tombèrent finalement dans une rivière souterraine peu profonde.

 

- Gabrielle ! Cria Xena lorsqu’elle refit surface, ne voyant pas sa compagne.

 

- Je suis là.

 

Elle se retourna et nagea vers la jeune femme.

 

- Ça va ? Demanda-t-elle en lui posant une main sur la joue.

 

Gabrielle chassa sa main d’un mouvement de la tête avec un regard noir ignorant volontairement l’étincelle de culpabilité qu’elle aperçut dans les yeux de Xena.

 

- Je vais bien, merci. Répondit-elle d’un ton agacé.

 

- Nous devons sortir d’ici. Conclut Xena d’une voix impatiente en observant l’endroit où elles avaient atterri.

 

- Par là ! Gabrielle montrait du doigt un passage dans la roche au-dessus d’elle, à l’autre bout duquel elle apercevait une étoile.

 

Xena nagea en dessous de l’issue et étudia l’orifice, cherchant une solution pour grimper là haut. Elle regarda Gabrielle et ricana en la voyant se frotter le corps pour se laver de la boue. Elle prit le chakram sur son flanc et le lança incliné par rapport au passage, dans lequel il s’enfonça après avoir rebondit une ou deux fois sur les parois montantes. Elle prit son fouet et l’accrocha autour du chakram. Elle tira légèrement pour s’assurer de la solidité du système et tendit la main vers l’autre femme.

 

- Il faut qu’on grimpe Gabrielle, passe la première.

 

La jeune femme vint à ses côtés mais ignora la main qu’elle lui tendait pour l’aider. Elle se hissa le long du fouet en prenant appui sur l’épaule de Xena qui retint une remarque acerbe en marmonnant. La guerrière grimpa à son tour et récupéra ses armes en se calant avec le dos et les jambes en travers des parois étroites.

 

 

 

Gabrielle arriva au sommet et s’assit au bord du trou en s’appuyant sur ses bras pour reprendre son souffle, soulagée d’être enfin à l’air libre. Xena sortit à son tour et se releva de suite, à peine essoufflée.

 

- Eh bien, ça aurait pu être pire. Tu aurais pu ne pas trouver de rivière pour te nettoyer. Lança Xena en gloussant.

 

Gabrielle se releva avec colère et marcha dans l’autre direction en fulminant contre sa compagne.

 

- Gabrielle, je plaisantais. Gabrielle !

 

Elle tenta de la rattraper mais une lance qui lui arrivait dessus se retrouva brusquement entre ses mains.

 

- Attrapez les ! Cria une voix masculine dans l’obscurité.

 

Elles se retrouvèrent rapidement cernée par la bande.

 

- Ils commencent à m’énerver sérieusement ceux là, j’ai autre chose à faire. Grogna Xena.

 

Elle les attaqua la première. Elle leur fonça dessus et sauta au milieu des hommes en poussant son cri de guerre. Elle planta la lance dans le sol et prit appui avec ses bras pour tourner autour à l’horizontale, envoyant voler une dizaine de gars qu’elle frappait avec les pieds, et dont très peu se relevaient, complètement anéantis par une guerrière pressée d’en finir.

 

Gabrielle en combattit trois autres. Elle esquiva un coup d’épée du premier et le plia en deux avec un coup de pied entre les jambes, le rendant inoffensif. Elle coucha le second d’un crochet du gauche avec la garde de son arme et assomma le troisième avec un coup de coude derrière la nuque après avoir évité son attaque avec une dague. Un coup de pied puissant en propulsa un autre, qui venait en renfort, directement dans le trou d’où un bruit d’eau arriva, lui indiquant que son adversaire était tombé à pic.

 

Elle releva la tête et se rendit compte qu’il ne restait plus que le chef de la bande qui faisait maintenant face à une Xena exaspérée et de ce fait très dangereuse.

 

- Tu as tué mon frère ! Cracha l’homme.

 

- Exact, mais ne t’inquiète pas je vais t’envoyer le rejoindre. Je m’en voudrais de séparer une famille si unie !

 

L’homme brandit son épée et courut vers elle en hurlant de rage. Elle attendit le dernier moment, se baissa et lui transperça la poitrine avec son épée, le fixant dans les yeux sans une trace d’émotion.

 

- Ton frère aussi m’a sous-estimée et je l’ai tué de la même manière. Salue le de ma part.

 

Le jumeau s’effondra à ses pieds dans un dernier râle.

 

 

 

Elle rangea son épée et se tourna vers Gabrielle. L’autre femme la regarda un moment et marcha de nouveau dans l’autre direction.

 

- Gabrielle, où est-ce que tu vas ? Ces montagnes sont dangereuses la nuit.

 

- C’est toujours mieux que d’être avec toi ! Lança-t-elle sans se retourner en accélérant le pas.

 

Xena encaissa le coup en silence et commença à la suivre.

 

- Gabrielle, s’il te plait écoute moi ! Je suis désolée.

 

- Non, tu ne l’es pas ! J’ai juste blessé ton orgueil, c’est tout.

 

- Trouvons un abri et laisse moi te parler s’il te plait.

 

Elle accéléra et lui attrapa le bras, cherchant son regard mais Gabrielle tourna la tête et regarda au loin pour tenter de cacher les larmes qui menaçaient de couler encore.

 

- Lâche moi, je ne veux plus t’entendre, c’est la dernière fois que je te laisse me faire du mal ainsi.

 

Xena hésita un moment.

 

- Je suis désolée, vraiment.

 

La guerrière regarda autour d’elle et repéra un point sombre dans la montagne.

 

- Il semble qu’il y ait un abri là-bas, allons-y, nous sommes trempées. S’il te plait. Supplia-t-elle dans un murmure.

 

Gabrielle hésita à son tour puis finit par hocher la tête sans la regarder et se laissa guider dans l’obscurité par la guerrière.

 

Xena siffla à l’entrée de la caverne vers l’extérieur et attendit un moment avant d’entendre un hennissement tout proche et de voir apparaître son cheval. Elle le dessella et le laissa errer pour la nuit. Elle alluma ensuite un feu avec sa pierre à briquer et les quelques branches trouvées à tâtons à l’extérieur de la grotte et inspecta le lieu. C’était une petite cavité creusée dans la roche, basse mais assez profonde pour les accueillir. Gabrielle s’était assise auprès du feu, dans le sable qui tapissait le sol et fixait les flammes, le menton posé sur ses genoux qu’elle entourait de ses bras.

 

Xena s’installa à son tour et lui tendit une tasse de thé. Gabrielle hésita encore et tendit le bras pour la prendre. Un lourd silence s’installa entre elles, chacune plongée dans ses pensées.

 

- J’ai récupéré tes affaires. Dit Xena désireuse de rompre ce silence étouffant.

 

La jeune femme assise prés d’elle ne dit rien, ignorant totalement Xena.

 

- Je t’aime Gabrielle et je suis vraiment désolée, crois moi. Murmura Xena sans oser la regarder.

 

- L’amour, ce n’est pas ça Xena. Ce n’est pas le soupçon et le doute. Tu m’accuses d’une chose qui n’existe pas et cela me prouve que tu n’as pas confiance en moi.

 

- Pardonne moi s’il te plait. Supplia Xena en baissant la tête.

 

- Je suis fatiguée de toujours pardonner. J’ai pardonné ta violence et ce côté sombre qui te complète, j’ai pardonné ton passé amoureux plus que chargé qui ressurgit sans cesse dans nos vies pour me rappeler à quel point certaines personnes ont compté dans ta vie, j’ai pardonné l’arrivée de Eve, mais je ne peux pas pardonner ta jalousie qui m’accuse moi de te tromper alors que tu sais très bien que personne ne compte autant que toi dans ma vie, personne. Et que tu en doutes me fait vraiment très mal.

 

Xena encaissa les paroles de Gabrielle la tête basse, mais elle ne put s’empêcher de murmurer ces mots :

 

- Tu oublies Perdicas.

 

Gabrielle la regarda, choquée, et se leva pour fuir ce regard avant de se tourner à nouveau vers elle.

 

- Dois-je parler de Borias, César, Hercule, Ulysse, Marc Antoine…Ares…ou Lao Ma et j’en oublie certainement.

 

Xena garda le silence ne trouvant rien à ajouter.

 

- Maintenant dis moi Xena, laquelle de nous deux a le plus de raisons d’être jalouse ? Toi qui me crois attirée par Virgile, ou moi qui sais très bien ce qu’il y a eu entre toi et ceux que j’ai cités. J’ai épousé Perdicas c’est vrai, mais tu sais très bien que je ne l’aimais pas. C’était plus de la tendresse et de la compassion que de l’amour. J’étais déjà folle amoureuse de toi.

 

Le silence reprit sa place entre elles. Xena se leva à son tour et fit quelques pas vers elle avant de s’arrêter à une distance raisonnable, ne voulant pas la voir la fuir à nouveau.

 

- Gabrielle, en nous reprochant notre passé à tour de rôle, nous n’arrangerons rien.

 

Elle fit un pas alors que sa compagne montrait son accord avec un léger hochement de tête.

 

- Je t’aime, tu es le grand amour de ma vie Gabrielle. Je t’ai fait mal, je le sais, mais c’est parce que j’ai terriblement peur de te perdre. Rien d’autre ne m’effraie plus au monde que l’idée de vivre sans toi.

 

Deux autres pas prudents en avant.

 

- Tu es toute ma vie. Il n’y a que toi dans mon cœur et dans ma tête. Tous les autres ne comptent pas face à toi et seulement toi.

 

Un autre pas en la fixant avec intensité. Elle touchait maintenant presque le corps de sa compagne.

 

- Je t’aime de toute mon âme.

 

Elle tomba à genoux devant Gabrielle, la main droite sur le cœur, les yeux plongés dans les siens.

 

- Et je t’appartiens !

 

Gabrielle la regarda les yeux embués de larmes. Elle lui attrapa la nuque et l’attira contre elle. Xena passa ses bras autour de sa taille et répondit à son étreinte, la tête enfouie contre son ventre.

 

- Je t’aime tellement Gabrielle. Ajouta encore Xena la voix tremblante et rauque.

 

Sa compagne lui releva la tête de ses deux mains et se plia pour venir l’embrasser. Leur baiser fut doux et profond. Il était une promesse de pardon, un pacte de cet amour absolu qu’elles éprouvaient l’une pour l’autre et qui cette fois encore ne se briserait pas. Leur amour avait résisté à cette épreuve et elles se le montraient.

 

Le baiser s’intensifia et devint passionné. Xena tira Gabrielle à elle et elles glissèrent toutes les deux sur le sol terreux et sablonneux de leur refuge. Gabrielle s’écarta et plongea ses yeux dans ceux de sa compagne, et elles restèrent ainsi, juste à se regarder, un long moment, se noyant chacune dans le regard de l’autre.

 

- Je t’aime Xena, et pour toujours. Déclara la jeune femme dans un murmure avec conviction.

 

Xena déglutit et l’attira à nouveau à ses lèvres pour y cueillir un baiser de feu qui les laissa à bout de souffle. La guerrière les fit rouler, enlacées, et se retrouva sur Gabrielle qui éclata soudain de rire.

 

- Qu’est-ce qui t’arrive ? Demanda Xena en s’agenouillant de surprise.

 

Gabrielle se releva légèrement et se frotta le dos.

 

- Ça chatouille. Répondit-elle en rigolant.

 

Xena mit ses mains sur ses hanches et fit une grimace. Elle se leva et alla vers leurs affaires. Elle sortit les fourrures et installa leur couchage, suivie des yeux par une Gabrielle amusée. Quand elle eut finit, Xena revint vers elle et lui tendit les mains. Gabrielle les prit et se laissa soulever jusque dans les bras de la guerrière qui reprit ses lèvres avec avidité en la serrant contre elle. Xena la porta jusqu’au couchage sans que leurs bouches ne se séparent une seule seconde. Elle déposa Gabrielle comme s’il s’agissait d’une chose extrêmement précieuse et fragile, et s’allongea sur elle.

 

Elle lui embrassa la gorge et remonta vers son oreille pour s’emparer de son lobe qu’elle mordilla avec délice, ravie d’entendre un profond gémissement dans la gorge de sa compagne.

 

Elle se mit à genoux et retira son armure sans quitter des yeux Gabrielle qui se lécha les lèvres inconsciemment, la respiration courte et les pupilles dilatées par le désir. Une fois débarrassée de tout son équipement, Xena se précipita sur elle et reprit sa bouche avec une soif qui ne demandait qu’à être assouvie.

 

Gabrielle la repoussa légèrement.

 

- Promets moi de ne plus jamais me faire une telle scène. Je sais que je suis faible à te pardonner si vite après les horreurs que tu m’as dites, et tu dois penser que tu as rattrapé les choses facilement, mais je ne t’excuserai plus Xena, il faut que tu le saches. Je n’accepterai plus jamais de telles accusations, surtout concernant Joxer qui n’est plus là pour se défendre. Il était mon ami, et il me manque beaucoup.

 

- Je le promets sur ma vie Gabrielle. Je ne douterais plus jamais de ton amour. Déclara-t-elle solennellement.

 

Gabrielle lui sourit et l’attira à nouveau à elle. Elles se dévêtirent très vite et elles firent l’amour avec passion.

 

 

 

Plus tard, elles étaient enlacées, paisibles. Xena tenait étroitement Gabrielle dans ses bras et lui caressait le dos du bout des doigts d’un mouvement aérien, enveloppant sa compagne d’un voile de volupté.

 

- Et qu’as-tu fait de Eve et Virgile ? Demanda Gabrielle presque à voix basse pour ne pas troubler ce moment.

 

- Ils nous rejoignent vers Potédaïa. Je n’allais sûrement pas les attendre et prendre le risque de te rattraper trop tard. Répondit Xena en resserrant son étreinte autour de sa compagne qui lui embrassa le torse.

 

Gabrielle soupira d’aise.

 

- Et puis je pense que ça leur fera du bien d’être seuls, leurs rapports sont encore très tendus. Continua Xena.

 

- Oui, j’ai remarqué. Virgile a du mal à être à l’aise avec Eve et j’avoue que je le comprends.

 

Xena lui releva le visage et la regarda sur la défensive.

 

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

 

- Eh bien, je comprends qu’il ne lui fasse pas confiance, je ne le ferais pas non plus avec la personne qui a tué mon père de sang froid.

 

Xena hocha la tête, comprenant son raisonnement.

 

- Mais ça viendra. Continua Gabrielle avec un sourire. Eve est une personne vraiment agréable quand elle n’essaie pas de nous tuer, et je l’aime beaucoup.

 

- Oui, notre fille est quelqu’un de bien. Approuva Xena. Je regrette seulement qu’elle ait eu à massacrer autant de monde avant de le découvrir.

 

Gabrielle déposa de petits baisers la long du torse et sur le haut de la poitrine de la guerrière.

 

- Mmm, Mmm…

 

- Elle a fait tellement de mal.

 

La main de Gabrielle descendit le long du corps de Xena.

 

- Mmm, Mmm…

 

- Mais elle peut se…se racheter, avec…notre aide…Bafouilla Xena, maintenant plus concentrée sur les mains baladeuses de sa compagne que sur son propos.

 

- Mmm, Mmm…

 

- Gabrielle…

 

 

 

Celle-ci était occupée à faire descendre ses lèvres vers les seins de la guerrière. Elle s’empara de la pointe d’un premier avec les dents et le mordilla pour ensuite le sucer avant de venir s’emparer du deuxième. Xena gémit et passa ses doigts dans les cheveux courts de Gabrielle pour la plaquer contre elle. Une des mains de la blonde descendit le long de son grand corps et arriva entre ses cuisses où elle passa les doigts le long de son sexe chaud et humide. Xena écarta ses jambes pour lui faciliter l’accès et Gabrielle la caressa tout en remontant vers sa bouche pour s’en emparer au moment où elle la pénétrait de ses doigts. Xena gémit de plus belle contre sa bouche et leurs langues se mêlèrent dans un furieux ballet érotique. Gabrielle activa sa main et lui donna un rythme de va et vient, entrant et ressortant de Xena avec des petits grognements. Les hanches de la guerrière bougèrent contre sa main. Puis la jeune femme fit descendre sa langue sur le corps musclé et élancé de Xena et se cala entre ses jambes pour venir lécher et sucer le bouton sensible de sa compagne qui poussa un petit cri au premier contact.

 

Elle retira ses doigts et sa langue les remplaça. Elle s’enfonça en Xena, haletante et gémissante, qui poussait ses hanches contre sa bouche alors qu’elle lui faisait l’amour avec sa langue.

 

Xena était en sueur, et quand l’orgasme explosa en elle, elle poussa un long râle d’extase. Ses membres se tendirent et son corps trembla des orteils à la racine des cheveux. Gabrielle continua d’entrer et de sortir d’elle dans un mouvement délicieux, nullement satisfaite encore, alors qu’elle criait maintenant de plaisir. La jeune femme blonde, sans interrompre sa douce torture, mit son pouce sur son bourgeon sensible et pressa provoquant un deuxième orgasme fulgurant chez la guerrière qui la laissa sans force et sans volonté. Gabrielle déposa un dernier baiser sur son sexe et remonta pour venir l’embrasser. Xena la serra dans ses bras en reprenant pied avec la réalité et la berça contre elle. Elles s’endormirent serrées l’une contre l’autre, un sourire gravé sur leur deux visages.

 

 

 

Dans la nuit, la froid réveilla Xena qui chercha immédiatement à rapprocher Gabrielle d’elle pour se pelotonner à nouveau dans sa chaleur, mais elle ne rencontra que de l’air. Elle ouvrit un œil pour se rendre compte qu’elle était bien seule sous les fourrures.

 

- Gabrielle ?

 

- Je suis là.

 

Xena se leva et regarda en direction de la voix douce de sa compagne. Elle se trouvait debout à l’entrée de la caverne, offrant sa nudité à la pleine lune et Xena eut le souffle coupé devant le spectacle unique d’une telle beauté.

 

- Tu es si belle mon amour. Murmura-t-elle dans l’oreille de Gabrielle en enlaçant sa taille par derrière.

 

- Tu vas bien ? S’inquiéta-t-elle.

 

- Ouais, je réfléchissais c’est tout. Répondit sa compagne dans un soupir.

 

- A quoi ?

 

Gabrielle sembla hésiter pendant un moment.

 

- J’ai été jalouse de Lao Ma, très jalouse. Confia-t-elle à voix basse en appuyant sa tête en arrière contre l’épaule de la guerrière.

 

- Tu n’en as jamais rien dit.

 

Gabrielle haussa les épaules.

 

- Cela n’aurait servit à rien. Ça ne t’aurait pas empêché de continuer à lui être dévouée et ça t’aurait sûrement éloignée de moi.

 

Xena lui embrassa la nuque sans rien ajouter, sachant très bien que Gabrielle disait la vérité. Si elle avait du choisir à l’époque entre sa dette et son amitié avec Gabrielle, elle aurait sans doute choisi sa dette, car elle se devait de racheter son passé de tueuse implacable, et ce, même au prix du sacrifice de leur amitié. Ce choix avait d’ailleurs failli se poser, mais heureusement, Gabrielle était une personne aimante et pleine de bonté, et elle avait compris que Xena n’avait pas le choix, car de ce choix dépendait la vie de milliers de chinois. Mais elle n’avait pas compris alors quels étaient les réels sentiments de Gabrielle face à cette situation et face à son attachement pour Lao Ma. Elle savait qu’elle ne voulait pas qu’elle tue, mais elle n’avait jamais confié ce qu’elle ressentait pour le mentor de Xena. Sentant que les réponses à ses questions allaient suivre, Xena garda le silence et ne bougea pas d’un pouce de peur de briser ce moment de confidences.

 

- J’ai envié l’influence qu’elle avait sur toi. J’ai détesté te voir accourir en Chine pour voler à son secours ainsi que la manière dont tu as oublié tous les principes que tu tentais de suivre depuis que je te connaissais pour payer une dette que tu t’étais toi-même imposée. Et pour ça, je l’ai détestée. J’ai haï ce lien qui te rattachait à elle aussi sûrement qu’il t’éloignait de moi.

 

Elle garda le silence un moment, semblant chercher ses mots, et posa ses mains sur celles de Xena sur son ventre.

 

- Je l’ai détestée parce que tu l’aimais.

 

- Tu sais, certaines personnes ont plus compté que d’autres dans ma vie. Les plus importantes ou du moins celles qui ont eu le plus d’influence sur moi, sont sans doute Lao Ma et Hercule, et jusqu’à aujourd’hui je n’avais pas réalisé à quel point cela avait dû être dur pour toi de m’entendre te raconter à quel point ils comptaient pour moi.

 

- Ça a été dur parfois, c’est vrai, mais il faut croire que je cache mieux mes émotions que toi ! Plaisanta Gabrielle en gloussant.

 

- Ouais, il faut croire. Gabrielle, ce que je dois à Lao Ma est payé aujourd’hui. Je l’ai aimée c’est vrai. Elle m’a montré ce que c’était que d’aimer sans rien attendre en retour. Personne ne m’avait montré de douceur ou un peu d’amour depuis l’attaque de Cortèse et ma fuite d’Amphipolis. Tous ceux qui m’ont ensuite approchée attendaient tous quelque chose de moi. Lao Ma est entrée dans ma vie et m’a montré la paix et l’amour, et pendant un moment j’ai été heureuse. Mais j’étais trop bête à l’époque pour saisir la chance qu’elle m’offrait. Les choses auraient sans doute été différentes si je l’avais écoutée. Mais aujourd’hui j’ai payé ma dette et Lao Ma n’est plus que le souvenir d’une époque révolue depuis très longtemps maintenant. Mais ce que je ressens pour toi Gabrielle, est au-delà de la vie ou de la mort. Et je ne veux être avec personne d’autre qu’avec toi mon amour.

 

Gabrielle resserra son étreinte.

 

- On est ensemble quoi qu’il arrive, seulement toi et moi. Je suis obligée de tout te pardonner, tu donnes un sens à ma vie et pour moi il n’y a que toi qui comptes.

 

- Combien de fois me pardonneras-tu mes erreurs ?

 

- Autant de fois qu’il le faudra pour que tu cesses d’en faire. J’essaye d’être en colère contre toi mais un regard vers tes yeux et ma colère fond comme neige au soleil.

 

- Tu allais vraiment me quitter Gabrielle ? Demanda Xena pas très sûre de vouloir connaître la réponse à sa question.

 

Gabrielle garda le silence.

 

- Ne doute plus jamais de moi. Conclut Gabrielle en se retournant pour planter ses yeux dans ceux de sa compagne.

 

- Plus jamais. Répondit Xena et elle l’embrassa.

 

Elle s’écarta et la regarda de nouveau puis marcha en arrière vers leur couchage en tirant Gabrielle par les mains avec un petit sourire espiègle.

 

La jeune femme blonde répondit à son sourire et se laissa guider par la guerrière qui l’allongea sur le ventre après lui avoir volé un autre baiser torride qui les laissèrent à bout de souffle. Xena prit une fourrure, la plia et la glissa sous le bassin de Gabrielle pour surélever ses fesses. Celle-ci gémit d’anticipation devinant maintenant très bien ce qui allait suivre. Xena lui embrassait la nuque, les épaules, le dos en faisant courir ses mains sur son corps, devant pour capturer ses seins et lui caresser le ventre, et derrière pour masser ses fesses et son dos, l’excitant un peu plus à chaque caresse et à chaque baiser. Gabrielle poussa un petit cri de frustration lorsque Xena l’abandonna mais la guerrière revint très vite et s’allongea sur elle, frottant son bassin contre elle avec une chose dure qu’elle avait ceint autour de sa taille et qui n’était pas là plus tôt. Elle reprit ses baisers et ses caresses faisant doucement descendre ses mains le long du petit corps. Elle bougea contre elle et Gabrielle écarta les jambes et remonta son bassin, n’en pouvant plus d’attendre ce plaisir qui lui était promis et qu’elle désirait à en mourir. Xena lui prit les hanches et l’embrassa derrière l’oreille.

 

- Mon amour…

 

Elle la pénétra profondément avec le phallus de cuir au moment où les mots quittaient sa gorge dans un murmure. Elle resta en elle sans bouger et embrassa sa compagne qui réclamait sa bouche en tournant la tête vers elle. Elles mêlèrent leur langue et Xena donna un premier coup de rein qui fit gémir Gabrielle contre sa bouche. Puis un deuxième et cette fois un petit cri s’échappa de sa compagne qui enfouit son visage dans les couvertures.

 

- Xenaaaaa…

 

La guerrière instaura un rythme langoureux à leurs ébats. Elle la pénétrait lentement puis se retirait rapidement, encore et encore. Et quand elle sentait que Gabrielle s’habituait à ce rythme elle la surprenait en inversant la cadence en gloussant, alors que le bout du phallus frottait contre son propre sexe

 

Gabrielle était au supplice. Elle se cramponnait aux fourrures de toutes ses forces en haletant et en gémissant. Elle avait désiré ce plaisir et Xena le lui donnait avec la conviction de son amour. Elles étaient en sueur et Xena glissait parfaitement sur elle, épousant son corps à la perfection. La guerrière tendit les mains et mêla ses doigts à ceux de sa compagne.

 

- Plus fort…Murmura Gabrielle dans un souffle, la voix basse et rauque.

 

Alors Xena changea à nouveau de rythme et poussa plus fort en elle d’une poussée rapide en prenant appui avec ses pieds. Elle haletait sous l’effort et la pénétrait avec puissance. Gabrielle bougeait ses hanches contre elle, voulant toujours plus, dans un râle continu qui montait dans les aigus à chaque coup de rein vers l’avant de sa compagne.

 

Elles étaient toutes deux au bord de la jouissance, bougeant ensemble avec passion. Xena se retira soudain et retourna sa compagne sur le dos. Elle s’agenouilla, lui prit les cuisses pour la tirer contre elle, les écarta et la pénétra à nouveau avec rage en la tenant toujours par les cuisses avant même que Gabrielle ne réalise ce qui se passe.

 

- Je veux te voir. Dit-elle entre deux halètements.

 

Gabrielle cria, n’en pouvant plus face aux assauts forcenés de Xena. C’était trop bon, trop fort, c’était…exactement ce qu’elle ressentait pour la guerrière, une délicieuse souffrance qu’elle aimait endurer. Elle admira malgré elle ce corps magnifique en sueur qui brillait d’une lueur tantôt argentée sous les rayons de la lune, tantôt dorée sous les reflets des flammes. Elle voyait le corps bouger contre elle et les muscles saillir sous la peau à chaque poussée vers l’avant.

 

Elle balança sa tête en arrière et se cambra lorsque des lumières éclatèrent soudain devant ses yeux et elle partit dans un orgasme époustouflant dans un long cri. Son corps se convulsait de plaisir alors que Xena continuait sa cadence infernale en la fixant dans les yeux pendant qu’elle explosait. Elle cria bientôt elle aussi quand la jouissance secoua son corps et elle s’écroula sur sa compagne, mêlant ses tremblements aux siens.

 

Gabrielle l’entoura de ses bras et lui embrassa les cheveux. Elles étaient épuisées et à bout de souffle, et tentaient de le reprendre avec difficultés. Xena se retira du corps de Gabrielle, ce qui provoqua un autre tremblement et un petit halètement chez sa compagne. Elles se regardèrent dans les yeux et s’embrassèrent avec tendresse avant de sombrer, emmêlées l’une à l’autre dans une étreinte possessive et passionnée.

 

 

 

- Gabrielle tu es prête ? S’impatienta Xena.

 

- Oui, j’arrive. Ne sois pas si impatiente, il n’y a aucun plaisir à chevaucher pendant des heures sous un soleil de plomb.

 

Xena se hissa sur Argo et lui tendit la main avec un regard qui signifiait clairement qu’elle n’était pas du même avis. Gabrielle secoua la tête en ricanant et accepta la main tendue qui la souleva sans effort jusque sur le dos élevé de la monture, qui s’ébroua pour protester contre le fait de lui imposer un tel poids alors qu’il faisait déjà si chaud.

 

- Je veux que nous parcourions un maximum de lieues avant cet après-midi. Il fera tellement chaud que bouger sera une vraie torture.

 

Elle talonna Argo qui partit dans un petit galop. Gabrielle, surprise, partit en arrière et se rattrapa de justesse à la taille de la guerrière.

 

- Je suis sure que tu l’as fait exprès.

 

Un ricanement lui répondit. Xena posa une main sur celles de sa compagne et les serra avec affection.

 

- J’adore te sentir contre moi.

 

Gabrielle posa sa tête contre son dos et resserra son étreinte.

 

- Je suis impatiente de revoir Lila, elle m’a tellement manqué. Elle doit être mariée avec une ribambelle d’enfants. Elle a toujours voulut se marier. Alors que je ne rêvais que de partir à l’aventure, Lila ne rêvait que de mariage et de prince charmant. Maman et papa ont du vieillir. Je les imagine bien, assis tous les deux dans leur fauteuil, près de la cheminée, racontant des histoires aux enfants de Lila assis à leurs pieds. Oh, ce qu’ils m’ont manqué tous. Ils doivent me croire morte, quelle surprise ça va être. J’espère qu’on y sera demain.

 

Xena écoutait le babillage de sa compagne en souriant. Une ombre passa devant ses yeux quand la jeune femme évoqua ses parents. Elle aussi aurait souhaité revoir sa mère vivante mais elle n’avait retrouvé personne à la petite auberge, seulement des souvenirs et des spectres. Comme sa mère lui manquait à elle aussi. Elle aurait aimé les voir elle et Eve, ensemble, échangeant des anecdotes, et non pas s’apercevant un fragment de secondes après qu’elle eut libéré son âme des Enfers. Sa seule consolation était que désormais sa mère était en paix aux Champs Elysées ou au Paradis, peu importait le lieu. Sa seule famille, à présent, était Gabrielle et Eve, et elle ne permettrait jamais à quiconque de les lui prendre, non jamais.

 

- Xena tu m’écoutes ?

 

- Bien sûr, tu viens de dire que ta sœur avait déjà les cheveux blancs quand tu vivais encore avec eux et que les vingt cinq années écoulées n’avaient sûrement pas arrangé les choses.

 

Gabrielle sourit mais n’ajouta rien, c’était inutile. Xena l’écoutait et était là pour elle, c’est tout ce qui lui importait.

 

 

 

Elles rejoignirent Eve et Virgile le lendemain en fin de matinée. Ils attendaient au bord de la rivière, assis à l’ombre d’un grand arbre et semblaient en grande discussion mais ils avaient le sourire.

 

- C’est bon signe. Remarqua Gabrielle à voix haute, sachant que la guerrière pensait à la même chose.

 

Eve les aperçut et courut vers elles avec un grand sourire.

 

- Bonjour ! Lança-t-elle joyeuse à ses deux mères pour les accueillir.

 

Xena descendit d’Argo avec grâce en passant une jambe par-dessus son encolure et se tourna vers Gabrielle une fois à terre pour l’aider à descendre en la tenant par la taille.

 

- Bonjour ma chérie. Xena étreignit sa fille avec chaleur et salua Virgile resté en arrière.

 

Celui-ci répondit d’un signe de tête et jeta un regard désespéré mais accueillant à Gabrielle.

 

- Bonjour Gabrielle, je suis content que tu sois revenue.

 

La jeune femme l’étreignit en souriant.

 

- Moi aussi j’en suis heureuse.

 

Eve s’approcha d’elle et la prit dans ses bras à son tour.

 

- Je savais que Mère te ramènerait, je n’en ai jamais douté. Vous êtes faites pour être l’une avec l’autre, pas séparées. Vous êtes incomplètes sinon.

 

Elles se séparèrent et Gabrielle lui sourit tendrement en lui passant une mèche de cheveux derrière l’oreille.

 

- Merci Eve. Tu n’as jamais douté qu’elle me retrouverait et que je lui pardonnerais n’est-ce pas ?

 

Eve sourit à son tour.

 

- Non, jamais.

 

- Bien, et si nous y allions. Coupa Xena. Potédaïa est de l’autre côté de la colline, nous aurons tout le temps pour les accolades et les câlins une fois là-bas qu’en dites vous ?

 

Eve et Virgile se mirent en chemin et elles les suivirent en plaisantant joyeusement sur les souvenirs d’enfance de Gabrielle dans le petit village. Elles étaient toutes les deux et cela suffisait à les rendre heureuses. Gabrielle était si impatiente de voir sa famille, oui si impatiente…

 

 

 

FIN

 

 

 

Pour tous commentaires envoyez les ici : cocowarrior78@hotmail.fr

 

 

 

**************

Comments (0)

You don't have permission to comment on this page.