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LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR15

Page history last edited by PBworks 13 years, 1 month ago

LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR

 

 

 

 

par Dreams

 

 

Traduction : Keegan (keegan@libertysurf.fr)

 

et Emilie(happymeal@hotmail.fr)

 

 

 

Table des matières

 

 

 

Chap.21

 

" Pourquoi as-tu envoyé un mail à cette fille au juste ? " demanda Adrian en se tournant pour reposer à présent sur le ventre.

 

Julianne l'observa depuis sa serviette. Pourquoi ne pouvait-il pas la laisser bronzer en paix ? Et pourquoi insistait-il pour bronzer en string ? Dieu merci, il s'est retourné. " Parce que j'ai vraiment aimé le dessin, et je voulais savoir si elle avait une galerie quelque part. " Court, direct, et aussi étonnant que cela puisse paraître, véridique.

 

" Si elle avait une galerie, elle ne resterait pas assise dans ce parc en essayant de gagner un peu d'argent, " répondit logiquement Adrian.

 

Julianne haussa les épaules. " On sait jamais. "

 

" Tu sais à quoi elle ressemble ? " demanda-t-il.

 

" Non, et je m'en fiche, " l'informa Julianne, espérant qu'il abandonne le sujet. Je n'aurais jamais dû lui parler de Kris. Arf. Elle regarda l'océan et essaya de se relaxer. C'était son unique jour de congé et elle voulait en profiter.

 

Adrian haussa les épaules. " Elle pourrait être vraiment laide. "

 

" Je m'en fiche. "

 

" Bien sûr que non. Je suis sûr que tu te l'imagines dans ta tête. Comment s'est-elle décrite ? "

 

" Elle ne l'a pas fait. " S'il te plaît, abandonne, Adrian, avant que je ne te tue. " Et je m'en fiche royalement. C'est juste une femme à qui j'envoie des emails occasionnellement. "

 

Adrian secoua la tête et s'assit.

 

Julianne détourna le regard. " Est-ce que tu pourrais mettre un short s'il te plaît ? "

 

" J'essaie juste d'éviter les marques, " répondit Adrian avec un sourire, mais il enfila tout de même son short. " Et puis ça rajoute une touche de testostérone dans ta vie. "

 

" Bien sûr, parce que ma vie baigne dans les oestrogènes. "

 

Adrian leva le doigt. " Ce qui nous amène à ma prochaine question. "

 

Julianne leva les yeux au ciel. " Ne commence pas. "

 

" Tu ne pourras pas te cacher indéfiniment, Julianne. Bien que j'apprécie de jouer le rôle de ton petit ami télévisuel, il faudra que tu affrontes un jour la vérité. Tu ne peux pas vivre éternellement en isolation. "

 

" Je préfère ma vie ainsi, Adrian, " répondit-elle. " C'est plus simple. Est-ce que tu sais à quel point ma vie serait compliquée si je sortais avec quelqu'un maintenant ? Les secrets, les esquives, les mensonges, les… " Elle haussa les épaules. " Personne ne peut avoir de relation dans ces conditions. "

 

" Tu as simplement peur de souffrir. "

 

Julianne haussa les épaules. " Ce n'est pas le cas de tout le monde ? "

 

" Et si tu tombes amoureuse ? "

 

" Ca n'arrivera pas. "

 

Adrian secoua la tête. " Tu ne peux pas le savoir… "

 

Julianne défia Adrian du regard. " Si je le sais, mon cher Adrian. Parce que je ne me laisserai pas tomber amoureuse. "

 

Adrian sourit. " Mais tu admets être sexuellement frustrée ? "

 

" Non. "

 

" Non, tu ne l'admets pas ? "

 

" On surestime le sexe. "

 

" Dit-elle, elle qui n'a jamais essayé. "

 

Julianne sourit. " C'est plus simple comme ça. Une chose que je n'ai jamais connue ne me manquera pas. "

 

" Tu vas finir vieille fille, " prédit Adrian. " Tu parleras à tes plantes, et tu leur donneras des petits noms, comme Peluche. "

 

Elle rit. " Tu es un idiot. "

 

Adrian le prit comme un compliment. Il observa l'océan un long moment, puis revint à Julianne. " Est-ce qu'elle sait ? "

 

" Je lui ai dit. "

 

" Est-ce qu'elle sait qui tu es ? "

 

Julianne secoua la tête, soudain déprimée.

 

" Tu es sûre que c'est une bonne idée, Julianne ? " demanda sérieusement Adrian.

 

Probablement pas … Elle haussa les épaules. " Ce ne sont que des messages. "

 

" Je l'espère, " répondit Adrian, mais il en doutait.

 

  • * *

 

Chère Kris,

 

Eh bien pendant que tu achetais robe, maquillage, chaussures et sous-vêtements, je travaillais mon bronzage sur la plage. J'adore la Californie. ;o)

 

Malheureusement, Adrian adore bronzer en string. Je crois qu'il essaie de me faire changer de bord, inconsciemment, mais il ne se doute pas que sa performance a l'effet contraire. Hehe. En fait, il fait partie de ces types musclés que recherchent toutes les femmes, alors ce n'est pas comme si la vue était horrifiante. Mais… Tu sais… Berk.

 

Ce que je recherche chez une femme. Um, eh bien, pour tout te dire, je n'ai pas eu beaucoup de relations, je n'ai donc pas de moyen de comparaison. Mais je suppose que je suis comme tous ces gens qui recherchent ce qu'ils ne peuvent trouver. Je veux simplement que quelqu'un m'aime pour qui je suis. Je n'ai même pas de préférences au niveau physique parce que, si j'en avais, je pénaliserais tout le monde. Personne n'est parfait. Mais j'ai hâte de trouver celle qui sera parfaite à mes yeux.

 

Tu dois me trouver vieux jeu.

 

Alors comme ça tu es à moitié Porto Ricaine ? Adrian est en partie Porto Ricain. Ou peut-être Colombien ? Cubain ? Je devrais savoir ce genre de choses, mais j'oublie, malheureusement. Il est un mélange de plusieurs nationalités mais ne parle pas un mot d'espagnol. Peut-être que tu pourrais lui apprendre ? J'ai essayé d'apprendre le français au lycée, mais j'ai peur de ne pas avoir compris grand-chose. :o)

 

Ton amie,

Julia.

 

Son mail terminé, Julia partit en recherche d'un salon de chat. Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas chatté avec qui que ce soit et elle était de bonne humeur. Le salon pour lesbiennes était tentant, mais depuis peu, des types qui s'ennuyaient se faisaient passer pour des lesbiennes et l'avaient envahi.

 

Julianne aurait pu accepter, mais elle s'ennuyait, elle aussi. Dommage que je ne puisse pas chatter avec Kris. Elle se figea, une idée soudain en tête. Elle entra l'adresse email de Kris dans le moteur de recherche de membres. Elle ne peut pas avoir de pseudo … Mais quelques secondes plus tard, elle l'avait.

 

KMilan05

 

Julianne en eut le souffle coupé. Je me demande si elle est connectée.

 

Elle ne l'était pas.

 

Curieusement déçue, Julianne se déconnecta.

 

 

Chap.22

 

Kris se regarda dans le miroir de la chambre de ses parents. A sa grande consternation, la nuit fatidique était venue. Et la voilà donc, les cheveux relevés en une élégante coiffure de style français, le visage maquillé, les pieds parfaitement tenus, et plus important encore, le corps enveloppé dans la robe parfaite.

 

" Nathan est arrivé ! " cria Carlos, de l'autre côté de la porte.

 

" J'arrive ! " répondit Kris. Elle soupira devant son reflet. Finissons-en. Ca ne durera que quelques heures. Tu vas danser, tu vas manger, et tu rentreras chez toi. Aucun problème. Elle se dirigea vers le salon, toujours aussi mal à l'aise.

 

La mâchoire de Nathan en tomba. " Whoa, " fut tout ce qu'il parvint à dire.

 

Kris se força à sourire et se tourna vers sa mère pour obtenir son approbation.

 

Sari souriait fièrement. " Mon bébé a grandi. "

 

Carlos la regardait d'un œil critique. " C'est tout ce que tu portes ? " demanda-t-il. " Tu as une veste pour aller avec ? "

 

Sari lui tapa le bras. " Elle est magnifique. " Elle demanda à Nathan de se tenir près de Kris. " Maintenant, ne bougez plus avant que je ne revienne avec l'appareil. " Elle se retira dans la chambre.

 

Kris se tint maladroitement là. Ses pieds la faisaient déjà souffrir et elle n'avait fait que deux pas. Je vais vraiment le regretter demain matin. Elle sentit le souffle de Nathan au creux de son oreille.

 

" Tu es incroyable, " lui murmura-t-il.

 

" Merci, " répondit-elle. Elle regarda le smoking qu'il portait. Il ressemblait trait pour trait à celui qu'il avait porté lors de son propre bal de promo. Les hommes étaient tellement chanceux. " Tu n'as pas l'air mal, toi non plus. "

 

Nathan sourit. " Tous les garçons m'envieront là bas, " l'informa-t-il. " Et toutes les filles t'envieront toi. " Il lui fit un clin d'œil.

 

Elle sourit. Peut-on être plus imbus de soi-même ?

 

Sari revint avec l'appareil photo un moment plus tard avec un grand sourire. Elle le donna à Carlos. " Nous allons prendre quelques photos de vous deux, puis de Kris seule. "

 

Carlos se plaça face à eux, et dirigea l'objectif dans leur direction. " Souriez, " leur dit-il.

 

Kris se plia à la demande de son beau-père ne serait-ce que pour que la soirée finisse plus vite. A ses côtés, Nathan afficha son sourire 'émail diamant', et quelques instants plus tard, ils étaient aveuglés par un flash.

 

Et un autre.

 

Ils en prirent une de Nathan reboutonnant le corsage de Kris. Et une de Nathan, un bras passé autour de la taille de Kris. Puis Carlos prit quelques photos de Kris seule. Puis de Kris et sa mère. Pour finir, Sari prit une photo de Kris et Carlos.

 

Kris eut la mauvaise impression que ces nouvelles photos remplaceraient celles de William, et tristesse et mélancolie s'emparèrent d'elle.

 

" Nous ferions mieux d'y aller, " annonça Nathan. " La limousine nous attend. "

 

Carlos et Sari les accompagnèrent jusqu'à la porte d'entrée et les regardèrent partir jusqu'à ce qu'ils entrent dans l'ascenseur.

 

" Tu devrais porter ce genre de choses plus souvent, " commenta Nathan, passant une main dans ses cheveux en regardant les étages défiler au dessus de la porte. " Parfois j'oublie à quel point tu es sexy. "

 

Erf… " Merci " Kris parvint à se retenir de lever les yeux au ciel. Ne sois pas méchante, Kris. Il essaie juste d'être gentil. Ce n'est pas de sa faute s'il ne sait pas choisir ses mots. Elle hocha légèrement la tête à cette pensée. Il sera avocat et non poète. Kris se surprit à réfléchir à ce qu'aurait dit Julia dans une situation similaire. Sûrement pas ça.

 

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent difficilement et Kris et Nathan se retrouvèrent dans le hall où le meilleur ami de Nathan les attendait.

 

" Whoa maman ! " murmura Ash Barclay, s'approchant de Kris pour lui faire la bise. " Bon sang Kris, je n'ai plus vu de formes pareilles depuis… "

 

" Hep ! " l'interrompit Nathan en tapant son meilleur ami sur le bras. " Va baver sur ta cavalière. "

 

Ash fit un clin d'œil à Kris. " Bill et les autres filles attendent dans la limousine. "

 

La limousine blanche était garée au pied de l'immeuble et Kris fut forcée d'admettre que le véhicule était impressionnant. Le chauffeur se redressa et ouvrit la porte à leur arrivée.

 

Kris entra en première et fut confrontée aux acclamations du reste du groupe de lycéens. Je suis trop vieille pour ça. Elle sourit et les salua de la main.

 

Bill Stines sourit à Kris. " Ca faisait longtemps, " lui dit-il, attrapant sa main pour l'aider à s'installer. " Comment vont les cours ? "

 

Kris commençait à répondre quand Ash et Nathan sautèrent dans le véhicule en criant avec excitation. La voix de Kris fut avalée par le bruit.

 

" On va s'éclater ce soir ! " s'exclama Ash. " Regardez les filles. " Il sortit une bouteille de champagne. " Une gâterie en provenance de la réserve de mes parents. " Cette nouvelle reçut une acclamation de Nathan et un soupir de Kris.

 

La nuit va être longue. Les yeux de Kris quittèrent les garçons pour regarder le reste du groupe. La cavalière de Ash, Lindsey Evans, était occupée à rajouter une couche de maquillage à son visage déjà surfait, pendant que la cavalière de Bill mâchait une poignée de cacahuètes. Kris lui sourit. Elle n'avait jamais rencontré Perry Cooper auparavant, mais si elle sortait avec Bill, alors elle devait avoir un semblant d'humanité. De tous les amis de Nathan, Kris préférait Bill. Il était poli, amical et plus important encore, ce n'était pas un crétin.

 

Perry sourit et proposa quelques cacahuètes à Kris.

 

Kris secoua la tête et déclina l'offre aussi poliment que possible. Elle se tourna vers Bill. " Les cours se déroulent bien, " répondit-elle. " J'aurai terminé les examens de fin d'année la semaine prochaine. "

 

" Ca doit être bien de finir si tôt, " commenta Perry. " Nous ne finissons qu'en Juin. J'ai hâte d'entrer à l'université.

 

Kris hocha la tête. " Où vas-tu aller ? "

 

" A Duke, " répondit fièrement Perry. " Avec Bill. "

 

" Félicitations à tous les deux, " répondit Kris en souriant. Ce n'est pas si mal. Je peux survivre une nuit avec eux .

 

Ash lui donna une coupe de champagne, remplie à ras bord. " Faites passer, ma chère, " lui dit-il. " Nous allons nous ruiner ce soir ! "

 

Ou pas …

 

  • * *

 

Kris parvint à éviter l'alcool toute la soirée. Elle n'était pas d'humeur à faire la fête et un coup d'œil à la salle la fit se sentir plus sombre qu'excitée.

 

La salle de bal était décorée avec des ballons noirs et violets. Et les lumières étaient tellement tamisées que l'on pouvait presque affirmer être dans une autre dimension. Mais les décorations n'affaiblissaient pas la musique qui sortait des haut-parleurs, ni le mal de tête qui battait aux tempes de Kris.

 

Nathan apparut près d'elle quelques instants plus tard, un verre d'eau à la main. " Désolé, je n'ai pas trouvé d'aspirine, " s'excusa-t-il.

 

" Alors à quoi sert le verre d'eau ? " demanda Kris, plus lasse qu'ennuyée.

 

Il haussa les épaules et s'assit à la table. " Tu aurais pu avoir soif. Je croyais que les filles avaient toujours des pilules à prendre pour leurs… problèmes féminins. "

 

" Oui, eh bien, " commença patiemment Kris, " mes 'problèmes féminins' ne sont pas prévus avant une semaine. "

 

Nathan hocha la tête, promenant son regard sur la piste de danse. Il se lécha les lèvres et se tourna vers Kris. " Tu veux sortir d'ici ? " demanda-t-il.

 

" J'adorerais, " répondit Kris, espérant ne pas paraître trop excitée. Je peux enfin rentrer chez moi. La soirée en enfer est enfin terminée.

 

Nathan se leva et aida Kris à en faire autant. Prenant sa main dans la sienne, il l'emmena dans le hall de l'hôtel.

 

" Comment allons-nous rentrer ? " demanda Kris. " La limousine va revenir pour chacun d'entre nous ? "

 

Nathan se contenta de sourire, et Kris se demanda soudain s'ils rentraient vraiment. Elle suivit son petit ami jusqu'à l'ascenseur et fronça les sourcils en le voyant appuyer sur le bouton d'appel.

 

" Où allons-nous ? "

 

" C'est une surprise, " répondit doucement Nathan. Il sourit à Kris. " Je t'ai dit à quel point tu es belle ce soir ? "

 

Kris se contenta de sourire. Elle avait hâte de rentrer et de laisser retomber ses cheveux. Elle avait la mauvaise impression que la cause principale de son mal de crâne était les milliards de pinces qui retenaient ses cheveux. Une douche. J'adorerais prendre une douche.

 

Mais lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, Kris réalisa que sa nuit était loin d'être terminée. Et maintenant, elle s'inquiétait. La nuit du bal de promo et une chambre d'hôtel. Si je ne le connaissais pas mieux…

 

" Je nous ai réservé une chambre pour la nuit, " annonça Nathan en souriant comme un idiot. " Attends de la voir, Kris. Tu n'en reviendras pas. "

 

Kris sentit son estomac se contracter. Je n'avais pas prévu ça. Il n'a jamais parlé d'une chambre d'hôtel. Pourquoi ai-je l'impression d'être piégée au beau milieu d'une spéciale fin d'étude ? " Euh, Nathan, " commença-t-elle, prête à lui annoncer son déplaisir face à ce soudain retournement de situation.

 

" Nous y sommes, " l'interrompit Nathan, les portes s'ouvrant devant eux.

 

Kris sortit de l'ascenseur et regarda rapidement autour d'elle. Le couloir était baigné d'une douce lumière jaune. La moquette bleu pâle semblait s'étendre à l'infini, ce qui lui rappela instantanément l'océan.

 

Nathan lui prit la main et s'avança dans le couloir, pendant que Kris regardait les tableaux alignés sur les murs. J'espère que mes œuvres ne finissent pas comme ça. Elle grinça des dents à cette idée puis se rappela du danger immédiat. Peut-être que tout le monde est dans cette chambre. Une sorte d'after. Nous resterons là un moment puis nous rentrerons.

 

Nathan s'arrêta enfin et sortit la clé de sa poche. " Ferme les yeux, " lui dit-il.

 

Kris obéit, ne serait-ce que pour lui faire plaisir. Un instant plus tard, Nathan la tirait doucement et elle entendit une porte se refermer derrière elle.

 

" Qu'est-ce que tu en penses ? "

 

Kris ouvrit les yeux et son regard fut aussitôt attiré par les bougies stratégiquement placées autour du lit queen-size. Oh … merde. " Nathan, qu'est-ce que ça veut dire ? " Peut-être a-t-il décidé de devenir un suppôt de Satan. Peut-être qu'il me voit comme une vierge à sacrifier. Elle fronça les sourcils. Mon Dieu, j'espère que non.

 

Nathan sourit " Tu aimes ? " demanda-t-il, l'excitation se ressentant à travers sa voix. Il courut jusqu'aux rideaux et les ouvrit. Une magnifique vue de New York apparut de l'autre côté des portes-fenêtres.

 

Ses lèvres s'ouvrirent légèrement, mais aucun son n'en sortit. Si possible, son mal de crâne s'intensifia lorsqu'elle regarda le lit devant elle, et elle comprit alors l'intention on ne peut plus claire de Nathan.

 

" Je sais que tu voulais que notre première fois soit spéciale, " dit Nathan en se rapprochant pour lui prendre les mains. " Alors j'ai préparé tout ça pour toi. " Son haleine sentait l'alcool.

 

Combien de verres a-t-il bu ? " Nathan, " essaya-t-elle, forçant son esprit à former des phrases cohérentes. " Je suis vraiment flattée et… et surprise. Mais… "

 

Nathan fronça les sourcils. " Mais quoi, Kris ? " demanda-t-il impatiemment. " Ne me dis pas que tu n'es pas prête. Nous sommes ensembles depuis six ans ! Combien de temps te faudra-t-il encore ? "

 

Kris n'arrivait plus à réfléchir. Sa tête était sur le point d'exploser et ses pensées allaient à mille à l'heure. Elle ne l'avait pas vu venir. " Tu ne peux pas prévoir notre première fois sans m'en parler, " lui expliqua-t-elle. " La chambre est belle, et les bougies sont une bonne idée, Nathan, mais ce n'est pas le bon moment. "

 

Nathan laissa retomber ses bras, frustré. " Le bon moment ? " cria-t-il. " Je pars pour le Massachusetts dans quelques semaines ! "

 

Kris soupira. Elle aurait dû se faire porter malade pour éviter cette nuit. " Je croyais que nous attendrions d'être mariés ? "

 

La mâchoire de Nathan en tomba et il se mit à rire amèrement. " Mariés ? Je croyais que tu ne voulais pas te marier, Kris ? Tu ne veux pas d'enfants. Tu ne veux pas de mariage. Et c'est clair que tu ne veux pas de moi ! "

 

" Ce n'est pas vrai ! " s'écria Kris.

 

" J'ai été très patient avec toi, " continua Nathan. " Mais je n'en peux plus. Soit tu grandis, soit notre histoire est terminée. Je n'irai pas à l'université en étant toujours vierge. "

 

" Quoi ?! " explosa Kris. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Il avait été patient avec elle ? A propos de quoi avait-il été patient ? " Enflure ! J'arrive pas à croire ce que tu viens de dire ! "

 

" Tu as vingt-trois ans, Kristina, " répondit-il. " Tu n'es plus une enfant. Grandis. "

 

Kris secoua la tête, trop énervée pour parler. Les larmes perlèrent au coin de ses yeux, mais elle refusa de les laisser couler. Elle ne lui donnerait pas ce plaisir. " Va te faire voir, Nathan. " Et elle sortit, essayant d'ignorer les insultes que Nathan lui criait à présent.

 

Ne pleure pas. Ne pleure pas. Ne pleure pas. Bon sang. Elle essuya les larmes avec le revers de sa main en attendant l'ascenseur.

 

Nathan se tenait dans l'embrasure de la porte, un flot d'insultes sortant de sa bouche. Il frappa le mur du poing et claqua la porte de la chambre d'hôtel.

 

A son grand soulagement, il ne la suivit pas.

 

  • * *

 

" Oh mon dieu, qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? " demanda Leigh en se levant de table.

 

Kris entra en trébuchant dans l'appartement, une heure plus tard. La pluie s'était mise à tomber dès sa sortie de l'hôtel. Elle avait mis quarante minutes pour trouver un taxi. Elle était mouillée. Elle avait froid. Son maquillage avait coulé. Sa robe était ruinée. Ses pieds étaient une torture. Et son mal de crâne continuait de lui battre aux tempes. Elle venait de vivre la pire soirée de sa vie, et de loin.

 

" Kris, " dit Leigh, la voix inquiète. " Ma chérie, que s'est-il passé ? "

 

Kris boitilla jusqu'à la chaise la plus proche et s'assit lentement. Elle se débarrassa de ses chaussures avec un gémissement et s'adossa, les yeux fermés. Elle était persuadée que si elle ouvrait la bouche pour parler, elle ne s'arrêterait jamais de pleurer.

 

Elle se leva donc silencieusement, et entra dans la salle de bain. Elle voulait seulement prendre une douche. Elle voulait enlever cette robe qui lui collait maintenant à la peau. Elle voulait retirer tout le maquillage de son visage, et libérer ses cheveux de leur prison de pinces. Et ne pas penser à Nathan.

 

Voila.

 

Son reflet la surprit et elle cligna tristement des yeux. Le mascara avait coulé sur son visage d'une manière presque grotesque. Et dire que, quelques heures plus tôt, elle paraissait être l'opposée totale de ce qu'elle ressentait à présent. Elle arracha son regard du miroir et retira sa robe.

 

" Kris, " l'appela Leigh depuis l'autre côté de la porte. " Je vais faire du chocolat chaud, okay ? "

 

Kris ne répondit pas. Elle commença à retirer les pinces de ses cheveux et tressaillit de douleur lorsque ses cheveux se libérèrent légèrement. Quelques minutes plus tard, elle était presque certaine de toutes les avoir retirées.

 

Sous l'eau de la douche, elle laissa couler ses larmes. Comment les choses avaient-elles dégénéré ? C'était comme dans un rêve. Un cauchemar. Quelque chose d'exagéré et irréel. Pourquoi n'avait-elle pas réalisé à quel point Nathan pouvait être crétin ? Ou plutôt, pourquoi lui avait-elle pardonné à chaque fois qu'il l'était ?

 

Elle nettoya son visage à fond. L'eau chaude lui avait éclairci les idées et son mal de tête commençait à disparaître.

 

Sortant de la douche, elle s'enveloppa dans une serviette et sortit de la salle de bain. La douce odeur de chocolat chaud assaillit ses sens et elle remercia le ciel pour Leigh.

 

Elle s'habilla rapidement, soulagée de retrouver ses vêtements habituels. Un short de basket blanc et un débardeur suffirent.

 

Leigh leva la tête à l'entrée de Kris dans la cuisine. Elle montra du doigt une tasse sur la table. " J'ai même mis des shamallows dedans, " dit-elle.

 

Kris sourit légèrement et s'assit face à sa meilleure amie. " Je crois que Nathan et moi venons de nous séparer, " dit-elle enfin, son regard fixé sur les shamallows fondants dans sa tasse. La distance et la froideur qu'elle ressentait à ce propos la stupéfiaient. " Il voulait que nous couchions ensemble cette nuit. "

 

" Oh oh, " marmonna Leigh. " Que s'est-il passé ? "

 

Kris haussa les épaules et leva la tête. " Il s'est énervé et m'a dit de grandir. "

 

" Quelle enflure. "

 

" Tu crois ? Je veux dire, ce n'était peut-être pas juste que je le fasse attendre aussi longtemps. Peut-être… "

 

" Est-ce que ces pinces t'ont endommagé le crâne ? " demanda Leigh en secouant la tête. " Ecoute-moi, Kristina, tu ne dois rien à ce crétin. Tu as dit que tu voulais faire ce que tu voulais. Et si tu ne veux pas coucher avec lui, tu ne le fais pas. C'est aussi simple que ça. "

 

Kris hocha la tête. " Tu as raison. Bref, je lui ai dit d'aller se faire voir et je suis partie. Mais il a commencé à pleuvoir… " Elle soupira. " Je veux seulement tout oublier de cette nuit. "

 

Leigh sourit. " Kris, je crois qu'on devrait faire la fête. On devrait rester debout toute la nuit et regarder n'importe quels films jusqu'à l'aube. Hé, on pourra peut-être même voir ce lever de soleil. "

 

Kris sourit en se sentant légèrement mieux. " Ca a l'air sympa. " Qu'est-ce que je vais dire à mes parents ? Elle repoussa cette pensée et attrapa le téléphone. " Je commande la pizza. Je meurs de faim. " Elle allait s'offrir une belle nuit. Tant pis pour Nathan.

 

  • * *

 

Chère Julia,

 

Je ne veux pas revivre les évènements de la nuit dernière, mais je peux la résumer au fait que Nathan et moi nous sommes séparés. Je ne peux même pas dire en être triste. Je pense que je suis plus dérangée par la façon dont les choses se sont finies plutôt que par la fin elle-même.

 

Je veux dire, est-ce que le fait que quelqu'un refuse de dormir avec toi t'ait déjà énervée ? Quelqu'un s'est-il déjà énervé contre toi ? C'est tellement stupide… Je ne voulais pas que ma première fois soit la nuit du bal de promo. Bon sang, quel genre de cliché c'est ?! Et après il veut que je grandisse ?

 

Soupir.

 

Okay, alors peut-être que ce qu'il s'est passé est encore un peu amer. Mais je pense que je m'en remets bien. Leigh m'a remonté le moral. Nous avons commandé une pizza et grignoté jusqu'au petit matin. Leigh s'est endormie avant le lever du soleil, mais je suis restée éveillée pour le regarder. Pourquoi est-ce que je fais toujours ça ? Je suis sûre que c'est en partie ta faute. :)

 

Quoi qu'il en soit.

 

Je sais ce que tu sous-entends par trouver la personne parfaite pour soi. Je ne pense pas que Nathan était cette personne, et je suppose que c'était une erreur. Comment peut-on sortir avec quelqu'un que l'on n'aime même pas ? Je crois l'avoir fait en grande partie pour faire plaisir à mes parents. Ils l'adorent. Mon dieu, je ne sais même pas ce que je vais leur dire. Si je leur dis la vérité, Carlos poursuivra Nathan avec un fusil. Mais qu'est-ce que je pourrais bien dire ? Il n'y a pas si longtemps, Carlos et Nathan parlaient de notre mariage, bon sang !

 

Je m'en occuperai plus tard. Je ne pense pas que Nathan ait dit son dernier mot de toute façon. Le connaissant, il passera aujourd'hui avec un bouquet de roses et me suppliera de lui pardonner. Eh bien je ne le ferai pas. Oui, je sais… j'essaie de m'en convaincre. Mais c'est dur. Je n'ai jamais vécu sans lui.

 

Alors dis-moi, Julia, comment se fait-il que tu ne sois jamais sortie avec qui que ce soit ? Tu as l'air extraordinaire. Je parie qu'un milliard de femmes tueraient pour sortir avec toi. Tu es aussi difficile ? ;)

 

Mon père m'a envoyé un mail. Il veut que l'on chatte ce soir. Je pense qu'il est juste radin et qu'il ne veut pas payer l'appel longue distance. Heh ! J'en ris, mais c'est probablement vrai. Il t'arrive de chatter online ? Je le fais seulement quand mon père veut me voir. Je ne comprends pas l'intérêt de parler avec des étrangers (excepté la présente compagnie, bien sûr).

 

J'espère que tu as bien bronzé (moque-toi de moi, tant que tu y es !) ;)

 

Ton amie,

Kris

 

 

Chap.23

 

Julianne commençait à avoir la légère impression de perdre la tête. Pour quelle autre raison serait-elle couchée dans ce lit, zappant sans cesse de chaîne, vérifiant toutes les deux secondes si Kris s'était connectée. Ca tourne à l'obsession.

 

Elle soupira en passant une main dans ses cheveux bruns, frustrée. Après avoir lu le mail de Kris, une heure plus tôt, Julianne avait décidé de rester sur internet. Elle n'était pas vraiment sûre de la raison pour laquelle elle faisait cela. Et elle ne voulait pas non plus s'arrêter sur la logique parce que, si elle commençait, elle réaliserait qu'elle agissait en réalité comme une folle, obsédée par Kris.

 

Il valait donc mieux passer à autre chose.

 

La télé clignotait en rythme avec le bouton sur lequel elle appuyait. Si elle n'avait pas été complètement réveillée, cela aurait pu la bercer. Elle regarda l'écran de l'ordinateur où son écran de veille était maintenant en pleine action.

 

Ennuyée, elle tapa une touche quelconque et allait revenir à son excitant changement de chaîne lorsqu'elle s'aperçut que KMilan05 s'était connectée.

 

Le cœur de Julianne s'emballa pour des raisons qu'elle ne voulait pas comprendre, et elle cligna des yeux, soudain indécise. Je ne peux pas lui parler. Elle regarda le nom à l'écran. Alors qu'est-ce que tu attendais, au juste ?

 

Elle considéra prudemment les options qui lui étaient proposées. Je pourrais lui envoyer un message et prétendre que ce n'est pas moi. Ou je pourrais avouer que je la traquais et que j'ai trouvé son pseudo. Choix attrayants. Ou je pourrais éteindre cet ordinateur et revenir à ma vie.

 

Julianne laissa tomber sa tête sur les oreillers derrière elle. " Pourquoi est-ce que je tiens tant à ce que les choses se compliquent ? " gémit-t-elle. " Ma vie n'est pas assez intéressante ?? "

 

En se rasseyant, elle attrapa l'ordinateur et le plaça face à elle. Elle continua de regarder le pseudo de Kris, partagée entre la crainte et l'envie de le voir disparaître.

 

Julianne réfléchit à ce qu'elle pourrait dire. Elle cliqua sur le nom pour voir si Kris avait un profil. Elle n'en avait pas. Bon, je ne pourrais donc pas vraiment prétendre l'avoir trouvée comme ça. Elle ouvrit une fenêtre de discussion et y entra le pseudo. Elle va penser que tu es pathétique. Ne fais pas ça. Ne fais pas ça. Ne fais pas ça.

 

Julianne referma la fenêtre.

 

" Envoie-lui simplement un message, et attends la suite, " se dit-elle. " Tu n'es pas obligée de lui dire qui tu es. Et tu ne passeras pas pour une parfaite idiote. "

 

Hochant la tête, elle rouvrit la fenêtre de discussion. Elle tapa, " Salut. " Effaça. Tapa, " Bonsoir. " Effaça. Soupira. Se frappa le front. Et tapa, " Je dérange ? "

 

Cependant, elle ne tapa pas 'entrée'. Et si mon pseudo est trop évident ? Julianne leva les yeux au ciel. " Seulement si elle est voyante. " Elle hésita encore un moment puis tapa 'entrée'. Peut-être qu'elle ne répondra même pas.

 

 

PoetnAngel : Je dérange ?

KMilan05 : Je vous connais ?

PoetnAngel : Vous répondez souvent à une question par une autre question ?

KMilan05 : Et vous ?

 

 

Julianne se surprit à ricaner en dépit d'elle-même.

 

 

PoetnAngel : Ca vous dérange ?

KMilan05 : Ca devrait ?

PoetnAngel : Est-ce que ça vous ennuie ?

KMilan05 : C'est ce que vous voulez ?

PoetnAngel : Est-ce que ça signifie que vous n'êtes pas occupée ?

KMilan05 : Qui est-ce ?

 

Elle regarda la question, sachant que si elle continuait à éviter la vérité, Kris finirait par se lasser et partirait. Dis-lui, tout simplement. Dans le pire des cas, elle pensera que tu es folle, et elle ne serait pas loin de la vérité.

 

 

PoetnAngel : C'est Julia.

 

Il y eut une longue pause et Julianne commença à s'inquiéter d'avoir effrayé Kris. Et à quoi t'attendais-tu ? Tu lui envoies un email de nul part. Tu lui dis que tu es lesbienne. Et maintenant tu traques son pseudo sans sa permission. Et tu as le cran de lui envoyer un message.

 

 

KMilan05 : Julia ! Comment m'as-tu trouvée ?

PoetnAngel : Euh, tu me crois si je te dis que ton pseudo m'est apparu en rêve ?

KMilan05 : lol. Je pourrais, mais quelque part j'en doute. Alors ?

PoetnAngel : Euh, d'accord. Bon, au risque de paraître pathétique, je m'ennuyais et j'ai recherché ton nom. Désolée. :o(

KMilan05 : Wow ! Je ne savais même pas qu'on pouvait faire ça. Pourquoi t'excuses-tu ? Je m'en fiche. Ca fait tellement bizarre de te parler comme ça. Désolée si je mets du temps à répondre. Je chatte avec mon père et tape assez lentement.

PoetnAngel : Pas de problème. Comment vas-tu ? J'ai reçu ton mail à propos de Nathan. Je suis désolée.

KMilan05 : Oui, eh bien il n'a pas encore téléphoné ou fait quoi que ce soit, ce qui est plutôt bizarre. Je crois qu'il est assez énervé, lui aussi. Et toi, comment vas-tu ?

PoetnAngel : Bien. Je suis allée courir aujourd'hui, et j'ai regardé la télé.

KMilan05 : Que fais-tu dans la vie ? Tu ne m'as jamais dit.

 

Julianne se figea. Ummm…

 

 

PoetnAngel : Oh, tu sais, un peu de ci, un peu de ça. Je suis actrice…

KMilan05 : Actrice ? Vraiment ! Leigh est actrice, elle aussi. Je parie que vous vous entendriez bien. Alors, tu joues dans beaucoup de pièces ou autre ?

PoetnAngel : Ou autre. Tu chattes souvent avec ton père ?

KMilan05 : Pas vraiment. Nous ne sommes, ni l'un ni l'autre, très portés sur internet. Tu vas souvent sur internet ?

PoetnAngel : Je ne dirais pas " souvent " mais de temps en temps.

KMilan05 : Je vais peut-être venir plus souvent alors. :)

 

Julianne cligna des yeux face à la réponse de Kris. " Euh, je crois qu'elle ne me trouve pas si effrayante que ça. " Elle se surprit à sourire.

 

 

PoetnAngel : Ca me rassure que tu ne m'en veuilles pas de t'avoir traquée.

KMilan05 : Pourquoi je t'en voudrais ? Au contraire ! Je suis heureuse que tu l'aies fait. C'est beaucoup plus simple de parler comme ça, tu ne trouves pas ?

PoetnAngel : Oh que si. :o) Alors, qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui ?

KMilan05 : J'ai dormi ! Beaucoup. lol. Je n'ai pas dormi de la nuit, comme je t'ai dit, et j'étais tellement fatiguée. Quand je me suis réveillée, je suis partie faire une longue promenade, mis les choses au clair, et j'ai décidé que la vie de célibataire était agréable !! Tu n'es pas d'accord ?

PoetnAngel : LOL. En fait, je ne sais pas vraiment ce que ça fait de ne pas être célibataire.

KMilan05 : oh, oh ! Alors réponds à ma question. Comment se fait-il que tu sois toujours célibataire ? Il doit y avoir beaucoup de filles mignonnes en Californie.

PoetnAngel : Je crois que… je n'aime pas être… à découvert.

KMilan05 : Depuis combien de temps t'es-tu " révélée " ?

PoetnAngel : A moi-même ? Un moment. Depuis que j'ai 12 ans. A une autre personne, environ quatre ans.

KMilan05 : Depuis que tu as 12 ans ?? Wow, je ne savais même pas que j'étais hétéro quand j'avais 12 ans. Hehe. Alors, tu n'as jamais eu de petite amie ?

PoetnAngel : Non. Tu essayes de me déprimer ? ;o)

KMilan05 : LOL. Désolée ! Pas du tout. Je trouve simplement ça incroyable. J'aurais aimé rester célibataire aussi longtemps. Ca a dû te donner un grand sentiment de liberté et d'individualité.

 

Julianne rit. " Oui, peut-être dans une autre vie. "

 

 

KMilan05 : Mais je parie que ça doit être dur, être gay et tout ça. Hé, à quoi est-ce que tu ressembles ?

PoetnAngel : Umm. Eh bien, il parait que je ressemble énormément à Julianne Franqui.

KMilan05 : Wow, tu dois être belle !

 

 

Elle sourit. Kris trouve que je suis belle ?

 

 

PoetnAngel : Tu la trouves belle ?

KMilan05 : Eh oui. Je suis presque sûre que le monde entier le pense. Une brune aux yeux bleus. La meilleure combinaison.

PoetnAngel : Tu es une fan ?

KMilan05 : LOL. Pas vraiment. Je ne peux pas la supporter.

 

Le sourire de Julianne se transforma en froncement de sourcils. Oh-oh. Houston, on a un problème.

 

 

PoetnAngel : Pourquoi ça ?

KMilan05 : Quelque part, je la trouve fausse, tu sais ? Je ne sais pas. Je ne l'aime pas, c'est tout. Elle a l'air hautaine et insupportable. Désolée, tu es une fan ?

 

Ne te mets pas sur la défensive. Elle a raison, et tu le sais. C'est plus sûr comme ça, non ? Elle ne se sentit pas mieux pour autant.

 

 

PoetnAngel : Je ne dirais pas que je suis fan.

KMilan05 : J'aime que les célébrités paraissent terre à terre, plutôt que flottant au dessus de nous. Parce que sans les personnes normales, ils ne seraient pas là où ils sont. Ils pourraient au moins montrer un peu de remerciement.

 

Cela faisait mal. Suis-je si transparente ? pensa tristement Julianne. Elle pensa à la pile de lettres d'admirateurs non lues dans son bureau, et aux milliers d'autres qu'elle n'avait pas pris la peine de lire.

 

 

PoetnAngel : Tu as tout à fait raison. Alors, que ferais-tu si tu étais riche et célèbre ?

KMilan05 : Ha ! Euh. Voyons. La première chose que je ferais serait de déménager mes parents dans un meilleur appartement et de faire en sorte qu'on s'occupe d'eux. Ensuite, je ferais des dons à toutes les œuvres caritatives auxquelles je pourrais penser. On peut faire tant de choses, une fois qu'on a les moyens. Et s'il restait de l'argent, j'ouvrirais une galerie. Mais seulement après m'être assurée d'avoir sauvé quelques arbres. :) Qu'est-ce que tu ferais si tu étais riche et célèbre ?

Je m'assiérais ici, en admiration devant les gens comme toi.

 

  • * *

 

" Vous vouliez me voir, Mlle Franqui ? " demanda Karen avec hésitation, en se tenant dans l'embrasure de la porte de la cabine, mal à l'aise.

 

Julianne sourit à son assistante. Elle n'avait jamais pensé à la regarder auparavant, mais elle décida qu'il était probablement temps de faire attention aux gens. Karen devait avoir dix-neuf ou vingt ans. Que pouvait-elle bien faire ici ? " Entrez, " dit-elle sur un ton qu'elle ne se souvenait pas avoir employé avec quiconque, en dehors d'Adrian.

 

La surprise sur le visage de Karen était évidente. " Euh, d'accord. " Elle entra et ferma prudemment la porte derrière elle.

 

Julianne était persuadée que cette situation rendait Karen nerveuse. Suis-je vraiment si intimidante ? " Depuis quand travaillez-vous pour moi, Karen ? "

 

La jeune femme redressa ses lunettes et réfléchit. Elle glissa nerveusement une mèche de cheveux châtains derrière ses oreilles. " Environ deux ans, Mademoiselle "

 

" Appelez-moi Julianne. " Elle proposa une chaise à Karen, notant la hausse de nervosité de la jeune femme. " Je ne vais pas vous frapper, " plaisanta-t-elle.

 

Karen s'assit, légèrement hésitante, bien qu'elle se permette un petit sourire. " Quelque chose ne vas pas, Mlle… Julianne ? "

 

Julianne sourit. " En réalité, tout va pour le mieux, " assura-t-elle à sa jeune assistante. " Pourquoi travaillez-vous pour moi ? "

 

La mâchoire de Karen en tomba. Elle bégaya, momentanément prise au dépourvu. " Eh bien, vous m'avez engagée. Et j'apprends beaucoup ici sur le plateau. Plus que je n'aurais pu en apprendre à l'école.

 

Intéressant. " Alors vous êtes actrice ? "

 

Karen rit légèrement. " Oh non, " dit-elle en agitant la main comme si l'idée lui paraissait ridicule. " Je suis scénariste. "

 

Hmm… " Vous avec terminé certains scénarios ? "

 

Karen regarda Julianne, hésitante. " J'en ai terminé quelques-uns, " répondit-elle.

 

" Les avez-vous déjà montrés à Adrian ? " demanda Julianne.

 

Les yeux gris de Karen s'arrondirent et elle sembla légèrement effrayée. " Bien sûr que non ! Je ne dépasserais jamais la limite comme ça ! " Elle commença à bredouiller et Julianne eut du mal à suivre la jeune femme.

 

" Karen, calmez-vous ! Je ne vous accusais en aucune manière, " dit Julianne. " Je posais seulement la question parce qu'il recherche toujours de bons scénarios à diriger et que, si vous lui montriez votre travail, vous pourriez peut-être monter quelque chose ensemble. "

 

Son assistante fronça légèrement les sourcils. " Pourquoi faites-vous cela ? " demanda-t-elle doucement.

 

Julianne soupira. " Parce que je crois que j'ai été une enflure suffisamment longtemps, " répondit-elle. " Et il est temps d'y remédier. "

 

 

Chap.24

 

" Tu as l'air incroyablement heureuse ce matin, " commenta Leigh en voyant sa colocataire entrer dans la cuisine avec un sourire étrange et inhabituel. " La discussion avec ton père s'est bien passée ? "

 

Kris s'arrêta puis sourit. " Oh oui. Ma conversation avec mon père s'est merveilleusement bien passée. " Elle se pencha pour embrasser la joue de Leigh. " Tu m'as laissé du café ? "

 

Deux sourcils clairs se soulevèrent. " Euh, ouais, " répondit-elle, " mais je ne pense pas que tu aies vraiment besoin de caféine ce matin. "

 

Kris rit doucement et se servit une tasse. " Je suis donc de bonne humeur. "

 

" Clairement, " approuva Leigh, se retournant presque dans sa chaise. " Une raison particulière ? "

 

Kris réfléchit à la question tout en appuyant sur les numéros sur le micro-ondes. " En fait, je ne suis pas sûre, " répondit-elle. " Je crois que j'aime seulement être célibataire. "

 

" Je vais boire à ça. " Leigh leva sa propre tasse de café avec d'en prendre une gorgée. " Alors, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? "

 

Kris bailla avant de répondre. " J'étudie, " dit-elle à regret. Mais elle sourit instantanément au moment où le bip du micro-ondes annonça que son café était prêt. " Ah, le paradis. " Elle tira une chaise et s'assit, fraîche et heureuse.

 

" Alors que voulait te dire ton cher Papa ? " demanda Leigh en observant attentivement sa colocataire. Elle garda son regard fixé sur Kris, bien que la vue soit momentanément cachée par la tasse à ses lèvres.

 

Kris haussa les épaules. " Il m'a dit que je lui manquais. Et qu'il aimerait que je puisse faire le voyage jusqu'à lui avant la fin de l'été. Et qu'il veut que je rencontre quelqu'un. Une nouvelle conquête, j'imagine. " Elle fit une pause pour boire son café. " C'est à peu près tout. "

 

" Mais tu as chatté toute la nuit. Je pouvais t'entendre taper. "

 

Kris n'avait visiblement pas prévu ce commentaire car elle se figea un moment, la tasse de café à mi-chemin de ses lèvres. Puis elle se relaxa et se radossa. " Je chattais avec Julia, " admit-elle.

 

Il était visible, pour Leigh, que Kris ne se rendait pas compte du sourire ridicule sur son visage. " Julia, " répéta-t-elle. " La cyber lesbienne ? "

 

" La seule et unique, " confirma Kris.

 

" Et dis-moi, qu'avait à dire Julia, la cyber lesbienne ? " questionna curieusement Leigh, en se penchant en avant, les coudes sur la table.

 

Kris se contenta de hausser les épaules. " On a parlé de tout et de rien, " répondit-elle négligemment. " Et arrête de l'appeler comme ça. " Ses sourcils bruns se levèrent légèrement. " Quoi ? Qu'est-ce que c'est que ce regard que tu me lances ? "

 

Leigh s'adossa à sa chaise et secoua la tête. " Je sais ce que c'est, " expliqua-t-elle. " J'ai pris Psycho à l'université. "

 

Kris fut à son tour intéressée. " Partagerez-vous votre analyse avec moi, Dr. Radlin ? "

 

" Tu fais cette chose, " dit Leigh en pointant Kris d'un doigt accusateur. " Tu sais, quand tu… décides de changer d'équipe pour un moment. "

 

Kris leva les yeux au ciel et se leva, emmenant sa tasse de café avec elle. " Quelle perspicacité, " répondit-elle, feignant la surprise. " Et bien pensé ! "

 

Leigh se leva aussi, pas encore prête à abandonner le sujet. " Nathan t'a fait souffrir alors tu tournes le dos aux hommes ! C'est ce que tu fais. Tu vas briser le cœur de cette pauvre lesbienne ! "

 

" Réaction excessive une fois de plus, " chantonna Kris sur le chemin de sa chambre. Elle s'arrêta et se tourna. " Oh, je t'ai dit qu'elle est actrice ? Tout comme toi. " Elle sourit et entra dans sa chambre, en fermant la porte.

 

" Je vais dire à ta mère que tu as laissé tomber Nathan pour une cyber lesbienne ! " menaça Leigh en plaisantant depuis l'autre côté de la porte.

 

Kris pouffa de rire. Ca serait étonnant. Secouant la tête, et toujours de bonne humeur, elle décida d'étudier pour son dernier examen du semestre.

 

  • * *

 

Kris appréciait le bruit calmant du brossage de dents. C'était réconfortant. Ca lui donnait un sentiment de propreté… et… de confort. Elle fronça les sourcils. J'ai besoin de plus de sommeil. Secouant la tête, elle regarda son reflet. Trop sexy. Rien de mieux qu'une brosse à dent violette plantée dans une bouche mousseuse pour faire dire aux fellas, " Ooo lala. "

 

La brosse à dents toujours dans la bouche, elle sortit de la salle de bain. Sa colocataire était à sa place habituelle devant la télé, zappant sans réfléchir à travers les nombreuses chaises.

 

Kris leva les yeux au ciel. Le même argument chaque nuit. " Hé, laisse-moi te poser une question, " dit-elle, bien que l'état de sa bouche l'empêcha en réalité de former les mots. Sa phrase finit par ressembler à, " é aiss oi e owé u ession. "

 

Leigh se retourna avec un air perdu. " Pourrais-tu rincer ta bouche avant d'essayer d'avoir une conversation avec moi ? Ou apprends au moins le langage des signes. "

 

Kris leva son majeur. Qu'est-ce que tu penses de ça comme langage des signes ? Elle retourna dans la salle de bain et revint dans le salon un moment plus tard. Sa bouche sentait maintenant la menthe fraîche. La vie était belle. Elle s'assit et regarda sa colocataire un moment. " Tu donnes souvent notre numéro à des types bizarres ? "

 

" Seulement à ceux qui le demandent, " répondit Leigh avec un demi-sourire. " De toute façon, c'est pas comme s'il n'était pas sur ta carte. "

 

Kris hocha la tête. " Alors tu as donné ma carte à ce type. "

 

" Quel type ? "

 

Parfois, Kris avait le sentiment que Leigh s'amusait à la torturer. Mais elle refusa d'abandonner. " Le type avec Julia… "

 

" Qui est Julia ? "

 

Kris leva les mains, prenant une attitude choquée, et étrangla l'air qui aurait pu être le cou de Leigh. " Tu essayes de me rendre folle ? " demanda-t-elle.

 

" Je m'ennuie, il n'y a rien à la télé, " répondit Leigh. " Tu es la seule chose qui puisse m'amuser. " Elle eut un grand sourire. " Quoi qu'il en soit, je lui ai donné la carte, mais j'ai écrit le numéro au dos. "

 

Kris cligna des yeux, comme si le fait d'ouvrir et de fermer ses yeux éclairerait, d'une manière ou d'une autre, le manque pur de logique de sa colocataire. Mais rien ne se passa. " Le numéro est déjà sur la carte, " dit-elle inutilement.

 

" Pff, " dit Leigh. " Mais je ne pouvait pas lui dire, 'Hé mon grand, c'est la carte professionnelle de ma meilleure amie. Appelle-moi.' " Elle secoua la tête. " J'ai pensé que le fait d'écrire le numéro ajouterait vraiment à la puissance du moment. "

 

" Tu. Es. Un monstre. "

 

" Je. Savais. Déjà ça. " Leigh arrêta de zapper. " J'abandonne. Je me fiche de la chaîne ou de ce qu'il passe dessus, je vais le regarder. "

 

Kris remarqua les pubs et secoua la tête. Il est temps d'envoyer un mail à Julia. Elle attrapa l'ordinateur posé sur la table et posa ses jambes à la place.

 

" Tu écris à ta petite copiiiiiiiiine ? " la taquina Leigh.

 

" Quel âge as-tu déjà ? " demanda Kris.

 

Leigh leva un doigt le secoua de gauche à droite. " Non-non-non. Une véritable actrice ne révèle jamais son âge. C'est un destin pire que la mort. Il y a une malédiction à Hollywood. C'est comme ça que toutes ces célébrités finissent présentateurs de JT à trois heures du matin. "

 

Kris leva son propre doigt et fit des gestes circulaires près de son oreille. " Coucou. " Elle retourna son attention vers l'ordinateur. " En plus, je connais ton âge, crétine. "

 

" Alors je dois te tuer, " dramatisa Leigh.

 

" Oooh, j'ai tellement peur, " répondit Kris.

 

Leigh regarda les chaussures de Kris. " Chaussures de lesbienne, " remarqua-t-elle en secouant la tête. " La transformation a déjà commencé. "

 

  • * *

 

Chère Julia,

 

Après avoir échoué dans la recherche d'une chaîne intéressante à regarder, ma colocataire a décidé de donner une chance à une chaîne quelconque. Et le destin a voulu que nous souffrions devant une rediffusion de Happy Days. Je l'ai suppliée de changer de chaîne, mais elle est butée (et folle). Si j'ai des cauchemars cette nuit évoquant les Fonzarelli sous n'importe quelle forme, je la tuerai.

 

J'ai donc passé la journée a étudier pour un examen d'Histoire de l'Art. J'aurai fini les cours demain. J'ai hâte ! Trois mois de liberté ; trois mois d'art. Je vais enfin avoir le temps de commencer cette collection, si tu es toujours intéressée, bien que je ne pense pas que te la vendre soit d'actualité maintenant. Considère-la comme un cadeau. :)

 

Nathan n'a toujours pas fait d'apparition, ce qui est bizarre et m'inquiète un peu. Je veux dire, il part pour Harvard la semaine prochaine… il pourrait au moins dire au revoir, non ? Il ne peut pas être aussi énervé contre moi. Bon… Peut-être que si.

 

Il a ce truc interne, donc il doit partir tôt. C'est bizarre. Mes parents l'adorent parce qu'il va avoir tellement de succès. Mais je ne considère pas le succès comme une condition pour l'amour. Ca ne m'intéresse pas. Tant qu'une personne est heureuse, n'est-ce pas ? Peut-être que j'essaie juste de me convaincre que je ne suis pas un cas désespéré. Non, ce n'est pas vrai. Je crois que j'envie simplement le fait que, quand mes parents le regardent, je vois de la fierté et du respect dans leurs yeux. Quand ils me regardent, je ne vois que déception et honte.

 

Tiens, au passage, je me suis bien amusée à chatter avec toi la nuit dernière. On pourra peut-être le refaire un jour ? Après demain j'aurai tout le temps du monde, alors laisse moi savoir quand tu es disponible.

 

Ton amie,

Kris.

 

Chap.25

 

Julianne regarda avec dédain l'emploi du temps de ses apparitions publiques du mois à venir. " Ca va être l'enfer, " commenta-t-elle, et plaça la feuille de papier sur la table. Ses yeux bleus se fixèrent sur les poissons colorés nageant dans l'aquarium. L'Océana était son endroit préféré pour manger. Non seulement on y servait les meilleurs poissons et fruits de mer de la ville, mais il proposait une atmosphère intime où Julianne pouvait apprécier son repas sans se soucier des autres clients la regardant.

 

Au lieu de tables ou cabines, l'Océana fournissait de petites " cavernes " individuelles, cachées dans des murs de chaux. Il y avait même de petits rideaux pour assurer davantage d'intimité. Il y avait, dans le mur, une fenêtre à double-vitrage avec une petite vue privée, sur un aquarium. Des poissons colorés de toutes les formes et tailles nageaient à l'intérieur, passant devant les fenêtres de tous les clients dans leurs voyages circulaires.

 

" Je vois que Operation : Embrassez Vos Fans n'a abouti à rien, " la taquina Adrian en prenant l'emploi du temps. " Voyons voir. Convention Officielle de L'Ange Gardien. MTV Movie Awards. " Il fit une pause. " Radio City Music Hall ? New York. Eh bien je parie que tu es heureuse. "

 

" Plus qu'heureuse, " répondit sèchement Julianne.

 

Adrian la regarda un moment, puis de nouveau l'emploi du temps. " Alors, qu'est-ce que tu vas faire ? Tu présentes ? Accueilles ? Reçois ? "

 

Julianne leva les yeux au ciel. " Je reçois pour le Plus beau baiser. "

 

" Dégoûtant, " répondit Adrian, en secouant la tête en désapprobation. " C'est quel baiser ? Attends. Laisse-moi deviner, le festin de salive et de langue avec Rye Philips ? "

 

" Malheureusement, " confirma Julianne avec un hochement de tête. " Je crois que sa langue a frôlé mon poumon. "

 

Adrian fronça les sourcils. " Merci pour l'image, Julianne. Rappelle-moi de t'avoir à mes côtés la prochaine fois que je dois faire un régime. " Il jeta un regard noir à sa nourriture.

 

" Hé, c'est moi qui ai dû survivre à ça, " répliqua Julianne avec un frisson. Elle couvrit son visage d'une main. " Oh mon Dieu, ils vont probablement vouloir que je l'embrasse sur le podium. Peut-être que je ne devrais pas y aller. Je peux leur donner une de ces excuses 'Je ne suis pas là car je tourne mon nouveau film au Saskatchewan' "

 

Adrian hocha la tête. " Tout en douceur. "

 

" Au moins les gens pensent que j'embrasse bien, " dit joyeusement Julianne, essayant de trouver un bon côté. Peut-être que même Kris sera impressionnée. Ouais, c'est exactement ce dont tu as besoin pour impressionner cette fille. Gagner un MTV Movie Award pour avoir embrassé quelqu'un.

 

" Quelque chose ne va pas ? " demanda Adrian. " Tout d'un coup tu passes de 'wouhou !' à 'bouhou.' "

 

" Elle me déteste, " confia Julianne.

 

" C'est une espèce de reprise du jeu 'Qui est-ce ?' "

 

" Kris, " clarifia Julianne. " Je lui ai demandé ce qu'elle pensait de Julianne Franqui et elle a dit, 'Elle a l'air hautaine et insupportable.' "

 

Adrian siffla. " Dur. Vrai, mais dur. " Il haussa les épaules. " Mais c'est ce qui t'attendait, pas vrai ? Et je dois dire que tu joues vraiment bien ce rôle. "

 

" Merci, " répondit catégoriquement Julianne, son appétit diminuant rapidement. Elle repoussa une crevette sur son assiette. " Je ne veux pas qu'elle pense que je suis hautaine et insupportable, " admit-elle doucement.

 

" Et que veux-tu qu'elle pense ? " demanda Adrian.

 

Julianne s'adossa contre les coussins colorés derrière elle. " Je ne veux pas qu'elle pense quoi que ce soit. Je veux qu'elle sache. " Son regard atterrit sur l'aquarium des poissons. " C'est frustrant d'être aussi honnête avec une personne et de toujours avoir l'impression de mentir. C'est impossible que je sois sincère à 100%. "

 

" Alors dis-lui que tu es vraiment Julianne Franqui, " dit Adrian. " Qu'est-ce qu'il peut arriver de pire ? "

 

Julianne regarda son meilleur ami, incrédule. " Voyons voir. Eh bien, elle ne me croira probablement pas, ce qui pourrait l'amener à lui faire penser que je suis une parfaite idiote. Fin de l'amitié. Ou, si par miracle, elle me croit, elle pourrait penser que je ne fais que jouer avec elle pour me défouler. Puisque, après tout, Julianne Franqui est hautaine et insupportable. Fin de l'amitié. Ou elle pourrait montrer tous mes emails à quelque journaliste, qui parviendrait forcément à parvenir jusqu'à moi. Et alors, non seulement tout le monde saurait que je suis gay, mais je perdrais également son amitié. "

 

Adrian hocha la tête en attrapant son thé glacé. " Alors ce que tu dis, au milieu de tout ça, c'est que le pire scénario possible pour le moment, c'est que tu perdes son amitié ? "

 

Deux yeux bleus clignèrent de surprise. C'est vraiment ce que je viens de dire ?

 

" Intéressant, " commenta Adrian, portant le verre à ses lèvres. " Et cette entière relation ne t'importe pas ? "

 

Julianne leva légèrement les yeux au ciel au sous-entendu. " Elle est hétéro. "

 

" Mais pas toi, " la contra Adrian. " Je te connais depuis des années et jamais, même pas une fois, tu n'as montré un quelconque intérêt, romantique ou non, pour un autre être humain. Et tout d'un coup, tu t'intéresses à ce qu'une fille de New York pense de toi ? "

 

Julianne baissa les yeux. " Elle est spéciale. "

 

" Elle doit l'être, " dit Adrian. " Elle t'a au creux de sa main et aucune de vous deux ne le sait. "

 

" Hé, c'est pas vrai, " répondit Julianne.

 

Adrian se pencha en avant. " Tu veux que je sois ton rencard pour les awards ? " demanda-t-il.

 

Julianne était totalement perdue par le soudain changement de sujet. Il essaye de me rendre folle ? " Bien sûr que oui, " répondit-elle. " Je ne peux pas me montrer seule. "

 

Adrian hocha la tête. " Alors laisse-moi te demander quelque chose, Julianne. Jusqu'ici, je n'ai fait aucune apparition publique à tes côtés. Mais cette caméra se tournera forcément vers moi à un moment ou à un autre pendant l'émission. "

 

" Et alors ? " Julianne commençait à s'impatienter.

 

Adrian secoua la tête et croisa le regard de Julianne. " Comment as-tu eu l'adresse email de Kris à l'origine ? "

 

" La carte, " répondit Julianne, toujours perdue.

 

" Et qui m'a donné cette carte ? "

 

Julianne se figea. " Merde, " fut la seule chose qu'elle parvint à dire.

 

 

 

***

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