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LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR16

Page history last edited by PBworks 13 years, 1 month ago

LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR

 

 

 

 

par Dreams

 

 

Traduction : Keegan (keegan@libertysurf.fr)

 

et Emilie(happymeal@hotmail.fr)

 

 

 

Table des matières

 

 

***

 

Chère Kris,

 

Comment s'est passé ton examen ? Je crois que je ne prends pas de risque en avançant que l'examen d'Histoire de l'Art n'était pas aussi pénible que cet essai sur Shakespeare. ;o)

 

Je suis désolée pour Nathan. Mais à partir du peu de choses que tu m'as dites sur lui, j'ai l'impression que tu es mieux sans lui. A quoi bon être avec quelqu'un qui, visiblement, ne t'apprécie pas ? Tu peux faire tellement mieux que ça, Kris. Tu es bien trop merveilleuse pour laisser quiconque te maltraiter. Tu mérites bien plus que ça.

 

Prends ça de la part d'une lesbienne qui n'a jamais eu de petite amie. :o)

 

Bref, changeons de sujet. Jamais je ne rêverais de ne pas payer pour tes œuvres, ne songe même pas à me les donner gratuitement. Je suis une cliente avide, et je me sentirais trompée si tu me volais le plaisir de les acheter. Je suis têtue à ce sujet, alors ne te donne pas la peine de discuter.

 

J'adorerais chatter à nouveau avec toi. Préviens moi simplement lorsque tu peux, et je serai là.

 

D'ici là…

 

Ton amie,

Julia

 

****

 

Chère Julia,

 

Mon examen s'est vraiment bien passé, en fait. C'était l'un de mes cours préférés et ça va beaucoup me manquer, mais je suis encore plus heureuse que les cours soient terminés. Je vais peut-être chercher un travail à Starbucks avec Leigh. Je dois vraiment aider mes parents cet été pour le loyer. Ils ne pourront pas toujours me supporter. Ils me payent déjà le loyer pendant l'année scolaire. Je me sens tellement mal à propos de ça.

 

En parlant de culpabilité, je ne pourrais pas accepter ton argent ! On peut peut-être trouver un compromis qui ne t'enlève pas tes idéaux d'achats, mais ne compromette pas non plus mon intégrité en tant qu'amie.

 

Alors, dans quel genre de scénarios joues tu ? Leigh n'arrête pas de jouer dans ces pièces expérimentales qui ont sûrement été écrites et mises en scène sous l'influence de quelque chose de fort. Mais elle aimerait vraiment entrer dans un film. Toutes les économies qu'elle peut faire, elle les met de côté pour déménager à Los Angeles. Hé, peut-être qu'un jour vous serez voisines.

 

Comme je l'ai dit, les cours étant terminés, je suis disponible à tout moment. Jusqu'à ce que je trouve du travail, bien sûr. D'ici là, je suis à toi n'importe quand. Que dirais tu de Samedi ? Six heures ? Tiens moi au courant.

 

Ton amie,

Kris

 

 

***

 

KMilan05 : Tu es vraiment ponctuelle.

PoetnAngel : Seulement quand j'ai une bonne raison de l'être. :o)

KMilan05 : Tu as un rendez-vous sur internet, ou autre chose ?

PoetnAngel : Quelque chose dans le genre. Quelle est ton excuse ?

KMilan05 : Je rencontre seulement une fille. Ca fait partie de mon programme volontaire Adoptez-une-Lesbienne.

PoetnAngel : LOL. Comment vas-tu ?

KMilan05 : Plutôt bien. Et toi ?

PoetnAngel : Euh. J'ai dû essayer quelques robes aujourd'hui. Pas très amusant.

KMilan05 : Des robes, hein ? En quelle occasion ?

PoetnAngel : Oh rien de très important. Je dois voyager un peu dans les semaines à venir et je dois paraître convenable.

KMilan05 : Je vois. Tu es toujours aussi vague ?

 

 

" Seulement quand j'essaie de ne pas mentir, " dit Julianne en secouant la tête. Elle passa une main frustrée dans ses cheveux et regarda sa chambre. Jusqu'ici la journée avait été un cauchemar. Elle détestait discuter avec son couturier. Mais elle était trop paresseuse pour le licencier et en prendre un autre. J'aurais dû tout simplement aller à Target et choisir quelque chose. Ca m'aurait épargné le mal de tête. Pour ne pas mentionner l'argent.

 

 

PoetnAngel : J'aime être mystérieuse.

KMilan05 : Considère que c'est réussi. Qu'as-tu fait d'autre aujourd'hui ?

PoetnAngel : Euh. J'ai picniqué sur la plage.

KMilan05 : Toute seule ?

PoetnAngel : Eh bien le sable et l'eau m'ont tenu compagnie.

KMilan05 : Tu ne te sens pas seule ?

PoetnAngel : Nan. Je suis habituée. Et puis c'est mieux comme ça. La vie est bien plus simple quand tu es seule.

KMilan05 : Simple mais ennuyante.

PoetnAngel : Hey ! Ma vie est tout ce qu'il y a de plus excitant.

KMilan05 : Ah oui ? Acheter des robes et picniquer seule ?

PoetnAgnel : Hum. Qu'est-ce que tu as fait ?

KMilan05 : Euh j'ai fait du rafting en eau vive ce matin. Puis j'ai pris un jet pour Paris où de magnifiques célébrités m'ont invitées à dîner et à boire avec elles. Puis j'ai fait du saut à l'élastique sur la Tour Eiffel. Je suis exténuée.

PoetnAngel : Wow. Je crois que tu as raison. Ma vie est plutôt ennuyante.

KMilan05 : Je te l'avais dit. Tu devrais m'écouter plus souvent.

PoetnAngel : Alors que me conseilles-tu pour rendre ma vie plus intéressante ?

KMilan05 : Eh bien, je crois que tu devrais commencer par sortir avec quelqu'un.

PoetnAngel : Qui ?

KMilan05 : La première fille que tu vois demain.

PoetnAngel : Et si elle est hétéro ?

KMilan05 : Alors j'imagine que tu devras te montrer très charmante.

PoetnAngel : Je vois. Alors, si une quelconque mais très charmante fille venait te voir et te demandait de sortir avec, tu dirais oui ?

KMilan05 : Je ne suis pas sûre. A quoi ressemble cette quelconque mais très charmante fille ?

 

Julianne inclina la tête sur le côté et étudia la question à l'écran. Elle flirte avec moi ? Je flirte avec elle ? " Pourquoi les femmes sont elles si incompréhensibles ? "

 

PoetnAngel : Eh bien, elle est grande.

KMilan05 : Être grand est un bon point.

PoetnAngel : Ah oui ? Alors tu aimes les grands ?

KMilan05 : Eh bien je n'y ai jamais vraiment pensé. J'imagine que j'aimerais quelqu'un de plus grand que moi.

PoetnAngel : Et quelle taille fais-tu ?

KMilan05 : Je mesure 1m65 et demi.

PoetnAngel : Quand tu es fier d'un demi centimètre, tu sais que tu es petit.

KMilan05 : Hé ! C'est pas drôle. Quelle taille fais-tu ?

PoetnAngel : 1m37.

KMilan05 : Menteuse !

PoetnAngel : Comment peux-tu dire ça ? Je pourrais vraiment être aussi petite. Tu pourrais tout juste m'avoir blessée.

KMilan05 : C'est ce que j'ai fait ?

PoetnAngel : Non.

KMilan05 : Tu es aussi petite ?

PoetnAngel : Non.

KMilan05 : Alors ?

PoetnAngel : Je mesure 1m85.

KMilan05 : Devrais-je te croire ?

PoetnAngel : Probablement pas.

KMilan05 : Hum ! Alors tu mens ?

PoetnAngel : Nan :o)

KMilan05 : Tu es vraiment aussi grande ?

PoetnAngel : Oui oui. Le lait, ça fait grandir.

KMilan05 : Peut-être que j'aurais dû essayer ça. Alors, dis m'en plus à propos de cette quelconque mais très charmante fille.

 

Julianne fronça les sourcils. Je crois qu'elle flirte vraiment avec moi.

 

***

 

Kris enfouit son visage dans ses mains. Qu'est-ce que je suis en train de faire ?? Elle va penser que je flirte avec elle. Elle s'arrêta pour regarder la conversation. Peut-être parce que je suis en train de flirter avec elle. Peut-être que Leigh a raison. Je fais l'un de ces… trucs avec le changement d'équipe. Et… hum. Je deviens folle.

 

PoetnAngel : Eh bien, que veux tu savoir d'autre ?

KMilan05 : Que pense-t-elle des petites femmes New-yorkaises ?

PoetnAngel : Oh, elle ne les aime pas beaucoup. Elle préfère les femmes plus grandes.

KMilan05 : Vraiment ?

PoetnAngel : Oui, des blondes aux yeux bleus.

KMilan05 : Alors pourquoi viendrait-elle me voir ?

PoetnAngel : Oh, eh bien elle a oublié ses critères, ce jour là.

 

Kris se surprit à rire. Pourquoi n'as-tu jamais eu de petite amie, Julia Raye ? Je suis prête à parier que ce n'est pas parce que tu n'as pas eu d'offres.

 

KMilan05 : Alors tu préfères les blondes aux yeux bleus, toi aussi ?

PoetnAngel : Ca ne m'importe vraiment pas.

KMilan05 : D'accord, alors, la dernière femme que tu as relookée, à quoi ressemblait-elle ?

PoetnAngel : Une serveuse, l'autre jour. Elle avait des cheveux châtains courts, relevés en pics. Et un piercing au nez.

KMilan05 : Alors tu aimes le style punk ?

PoetnAngel : J'aime tous les styles ;o) Et toi ? Le dernier homme que tu as relooké, à quoi ressemblait-il ?

 

" Hmm, " Kris réfléchit à la question. Honnêtement, elle ne se souvenait pas de la dernière fois qu'elle avait relooké qui que ce soit. Elle se sentait coupable, comme si elle trompait Nathan. Peut-être qu'il était temps de commencer.

 

KMilan05 : Reposes moi la question dans quelques jours. Je ne suis pas allée jusque là dans le célibat.

PoetnAngel : Tu fais partie de ces gens vraiment monogames, n'est-ce pas ?

KMilan05 : Je suis coupable de ce crime. Est-ce que tu tromperais quelqu'un ?

PoetnAngel : Nan, je préfère ma vie aussi simple et avec le moins de drames possible.

KMilan05 : Ennuyante, tu veux dire ?

PoetnAngel : Eh bien, je ne suis pas de taille face à toi et ton saut à l'élastique.

KMilan05 : C'est vrai. Ta vie ne pourra jamais être aussi excitante que la mienne.

PoetnAngel : Exactement, alors je ne devrais même pas essayer.

KMilan05 : Tout à fait, pas besoin de te donner de faux espoirs.

PoetnAngel : Alors qu'est-ce que tu as vraiment fait aujourd'hui ?

KMilan05 : LOL. Tu veux dire que tu n'as pas cru mon histoire de rafting ?

PoetnAngel : Même pas une minute.

KMilan05 : Mince. Bon, j'ai regardé la télé et j'ai rendu visite à Leigh au travail. J'ai repris une de mes œuvres. Je l'ai complétée. Et je me suis remise devant la télé. C'est à peu près tout.

PoetnAngel : C'est tout que tu as fait aujourd'hui ? Et tu critiques mon picnic sur la plage ?

KMilan05 : LOL. Eh bien, j'imagine que si tu le prends dans ce sens…

 

Kris leva les yeux de l'ordinateur en entendant la serrure de la porte s'ouvrir. Un instant plus tard, Leigh entra dans l'appartement, une flaque d'eau se formant instantanément à ses pieds.

 

" Je déteste la pluie, " annonça-t-elle, repoussant un mèche de cheveux roux dégoulinant de son visage. " Je hais ça. " Elle retira ses chaussures et marcha sur la pointe des pieds à travers la cuisine, en regardant brièvement Kris. " Tu parles à ta cyber petite amie ? "

 

Kris choisit d'ignorer le commentaire. " Tu vas mouiller la moquette, " la prévint-elle.

 

" Je vais simplement retirer mes habits ici. " Elle s'arrêta et sourit malicieusement. " Tu aimerais ça, hein ? " Elle tapota la tête de Kris. " D'accord. Mais je ne fais pas le striptease pour toi. "

 

" Dieu merci, " répondit Kris avec un frisson. Elle ignora une Leigh se déshabillant, et tourna son attention vers sa conversation avec Julia.

 

PoetnAngel : Heureuse que tu reconnaisses que ma vie n'est pas aussi ennuyante.

KMilan05 : Je n'ai jamais vraiment dit que j'étais d'accord. Désolée pour le retard, ma colocataire vient de rentrer et est maintenant en train de se déshabiller dans la cuisine. Elle est un peu déséquilibrée…

PoetnAngel : Vous vous déshabillez souvent dans la cuisine ?

KMilan05 : Oui, c'est une ancienne tradition de New York. Chaque fois que tu entres dans un appartement tu dois retirer tes habites.

PoetnAngel : Marrant, j'ai dû rater ce passage dans la brochure.

KMilan05 : C'est ce que tu perds en ne lisant pas les petites lignes.

PoetnAngel : LOL. Hé, je suppose que tu ne regardes pas les MTV Movie Awards ?

KMilan05 : Leigh les regarde religieusement. Elle est persuadée qu'elle y sera un jour alors elle doit se préparer psychologiquement. Elle allume même des bougies autour de la télé quand l'émission passe. Pourquoi ?

PoetnAngel : Oh… simple curiosité. Je viens de voir la publicité.

 

" Depuis combien de temps parles-tu avec elle ? " demanda Leigh en sortant de sa chambre. Elle portait à présent un short et un t-shirt. Ses cheveux étaient enfermés dans une serviette bleu vif.

 

" Ce ne sont pas tes affaires, Marge, " répondit Kris.

 

Leigh se pencha au-dessus de Kris, en lisant la conversation à l'écran. " Déséquilibrée ? " demanda-t-elle, feignant l'outrage. " Je suis parfaitement équilibrée. J'aurais pu être trapéziste. "

 

Kris choisit de ne pas commenter cette phrase.

 

" Et je n'allume pas de bougies autour de la télé, " reprit-elle en tapant Kris sur le bras. " Le sanctuaire est dans ma chambre. "

 

" Je ne te dérange pas ? " demanda clairement Kris.

 

" Quoi, tu as besoin d'intimité pour parler avec elle ? " demanda Leigh. " Si tu veux coucher virtuellement avec elle, va dans ta chambre. Et n'oublie pas de te protéger. "

 

" Pas drôle, " répondit Kris. " Va regarder la télé. "

 

Leigh releva le nez en l'air et s'écria. " Tu n'es vraiment pas drôle ! "

 

 

Chap. 26

 

Julianne se retrouva sur scène avec cinq cent paires d'yeux fixées dans sa direction. Elle serra plus fort le micro et se força à respirer. Ce n'est ni l'endroit ni le moment d'avoir peur de la scène. " Bonjour tout le monde, " accueillit-elle la foule qui continuait d'applaudir et de siffler son entrée. Elle fit de son mieux pour sourire à travers la tempête de flashs qui venait de se déclencher. Respire juste. Respirer, c'est bien. Respirer t'évitera de t'évanouir. S'évanouir, c'est mauvais.

 

Comme la foule se calmait, Julianne parla de nouveau. " Je suis vraiment heureuse d'être ici avec vous. C'est la première fois que je fais ce genre de fiesta alors soyez gentils, s'il vous plaît. "

 

Quelques personnes sifflèrent, ce que Julianne trouva curieusement encourageant. " Quand j'ai accepté le rôle de Kiara, je n'aurais jamais imaginé que la série rassemblerait autant de fans. Je n'aurais définitivement jamais imaginé me tenir ici, en ce moment, devant vous tous. Et bon sang, vous êtes nombreux ici. " J'ai dit ça à voix haute ? " Je ne sais pas vraiment de quoi parler alors je vais simplement vous laisser me poser vos questions. " Pourquoi suis-je si désespérante ? Je ne suis définitivement pas faite pour les apparitions publiques.

 

Des centaines de bras se levèrent.

 

Oh merde. Je devais être folle quand j'ai accepté de faire ça. Elle pointa une personne au hasard, qui se leva et s'adressa nerveusement à elle. Est-ce que tous mes fans sont des petits garçons ? se demanda-t-elle. Peut-être que si Kiara a une petite amie, on pourrait s'amuser un peu plus.

 

Le garçon sourit rêveusement à la scène. " Vous êtes belle, " l'informa-t-elle..

 

Julianne se surprit à rougir malgré elle. C'est le moment d'être forte, Franqui. " Merci, " répondit-elle. " Tu n'es pas mal non plus. "

 

Sa mâchoire en tomba et il se rassit en sautant dans sa chaise.

 

Eh ben c'était facile. Elle regarda la mer de mains se relever. Cette fois, elle sélectionna une femme qui portait un t-shirt L'Ange Gardien. Julianne était légèrement surprise. Elle ne savait même pas que ces t-shirts existaient.

 

La femme, qui ne semblait guère plus âgée que Julianne, toussa nerveusement. " Pourriez-vous nous donner un indice à propos des attentes à avoir de ce film ? Est-ce qu'il sera très différent de la série? "

 

Julianne cligna des yeux. La femme avait parlé tellement vite que Julianne n'avait pas compris un mot. Elle sourit. " J'ai compris le mot film quelque part là-dedans. "

 

La foule rit gentiment et la femme rougit jusqu'aux racines de ses cheveux clairs. Elle répéta les deux questions, lentement cette fois, et se rassit.

 

Julianne eut envie de rire pour une raison quelconque. C'était plutôt drôle. Qui se serait douté qu'elle pourrait faire rougir une femme si facilement ? Et elle est plutôt mignonne. Elle se souvint instantanément que des yeux attentifs observaient tous ses mouvements. " Voyons voir. Vous pouvez vous attendre à des effets spéciaux bien meilleurs. " L'audience applaudit cette phrase. " Kiara pourrait trouver l'amour. " Un murmure parcouru la foule. " Et il y a une très grande surprise à la fin. " Elle fut heureuse lorsque le murmure s'étendit.

 

" Ca sera différent de la série, " continua-t-elle, " de plusieurs manières. Notre budget est plus important alors les costumes sont vraiment beaux. Les ailes de Kiara bougent maintenant et d'autres choses intéressantes. " Il est temps d'être claire. " Ensuite, nous n'avons pas à nous en faire autant pour la censure alors nous avons pris quelques libertés. " Des libertés ennuyantes, hétérosexuelles, mais des libertés tout de même. " Je crois que la série enchaînera parfaitement avec le film lors de la reprise en automne. "

 

Julianne se prépara à la nouvelle série de questions. L'heure suivante passa plus vite qu'elle ne l'aurait imaginé. Elle était la dernière actrice de la série prévue à cette convention et, dès qu'elle eut terminé, elle fut rapidement conduite derrière une table où la signature d'autographes commencerait.

 

Si possible, cette idée était encore plus effrayante que de faire face à cinq cents personnes sur scène. A présent, elle devait parler avec eux, personnellement. L'estomac de Julianne se contracta à cette idée.

 

Une personne du comité de la convention monta sur scène et donna à tout le monde les instructions pour obtenir leurs autographes.

 

" Tu as l'air malade, " l'informa Max Trouy depuis la chaise voisine. " Ca va ? "

 

Julianne se força à lui sourire. Un très mauvais acteur, mais un homme assez gentil. " Je suis juste un peu nerveuse, " répondit-elle.

 

" Ce ne sont que des fans, " lui rappela Max en haussant les épaules avec dédain.

 

Juste des fans. Juste des fans. Julianne répéta ces mots dans sa tête, avec l'espoir qu'ils la réconforteraient.

 

En voyant la ligne se former, Julianne ne put s'empêcher d'espérer que, par miracle, Kris serait dans la foule. Que d'une certaine manière, elle pourrait la reconnaître. Je deviens complètement folle. Mais le fait de penser à Kris lui remonta légèrement le moral.

 

Un fan anxieux donna à Julianne une photo en papier glacé de Kiara. " Vous êtes la meilleure ange de tous les temps, " dit la petite fille.

 

Julianne sourit en signant la photographie. " Eh bien, merci beaucoup, " dit-elle en relevant les yeux. " Comment t'appelles-tu ? "

 

" Erin, " dit joyeusement la fillette.

 

Julianne écrit rapidement, " Pour Erin, " au dessus de la signature. " Merci d'être venue me voir, Erin, " dit-elle et elle rendit la photo à la fillette.

 

Erin se mordit la lèvre nerveusement un instant. " Euh, je peux avoir un câlin ? "

 

Julianne cligna des yeux, surprise. " B-Bien sûr, " bégaya-t-elle. Pourquoi suis-je aussi pitoyable ? Elle essaya de cacher sa nervosité derrière un sourire.

 

La fillette contourna la table en courant et jeta ses bras autour de Julianne. " C'est le plus beau jour de ma vie, " déclara Erin avec enthousiasme dans l'oreille de Julianne.

 

C'est une bonne chose que tu sois si jeune, petite. Julianne se surprit à rire.

 

Erin mit fin à l'étreinte et courut vers sa mère pour lui montrer la signature, laissant Julianne légèrement abasourdie. Eh bien, c'est une première. Elle s'éclaircit la voix et se tourna vers le fan suivant. Cette fois, c'était un homme adulte portant un t-shirt froissé 'Kiss'.

 

Ne pense même pas à demander un câlin, mon grand. Julianne rétrécit légèrement les yeux, en avertissement.

 

Au bout d'une heure, Julianne commença à avoir mal à la main, mais elle refusa de s'arrêter. Elle ne trouvait pas cela juste pour les gens qui attendaient toujours dans la file de devoir rentrer chez eux les mains vides simplement parce qu'elle avait mal aux fesses et que sa main la faisait souffrir. Elle ouvrit la main et la referma douloureusement quelques fois en attendant la personne suivante.

 

" Je ne voulais pas parler aussi vite, tout à l'heure. "

 

Julianne leva les yeux dans une paire de magnifiques yeux bruns. Elle perdit momentanément l'usage de la parole. Elle est encore plus mignonne de prêt. Que disait Kris ? Quelque chose à propos de charme ? Elle sourit. " Aucun problème. Je ne fais pas souvent rougir les femmes si facilement, " répondit-elle. Charmer ne veut pas dire flirter ouvertement, espèce d'idiooote !

 

En réponse, la jeune femme rougit violemment une fois de plus, d'une façon que Julianne trouva absolument adorable. Elle donna hâtivement la photographie qu'elle avait apportée à Julianne.

 

Julianne fut surprise de voir que ce n'était pas une photographie d'elle an costume d'ange. Intéressant. " A qui dois-je l'adresser ? "

 

" Sam, " dit rapidement la femme, " antha. "

 

Les sourcils de Julianne disparurent derrière sa frange.

 

Sam rit nerveusement. " Samantha, " expliqua-t-elle. " Désolée. Vous pouvez simplement écrire Sam. "

 

Eh bien, au moins, elle est trop nerveuse pour voir à quel point je le suis moi aussi. Julianne ignora l'envie d'écrire, " Envie de prendre un verre, un jour ? " sur l'image. A la place, elle écrivit, " Pour Sam Antha. Merci de regarde la série. Sincèrement, Julianne Franqui. " Voilà. C'est suffisament platonique. Elle lui rendit la photo avec un sourire. " Et voilà. "

 

Sam sourit. " Merci, " glapit-elle avant de partir.

 

Julianne la regarda s'en aller et sourit légèrement. Je devrais participer à ce genre de conventions plus souvent.

 

***

 

Adrian regardait Julianne faire les cent pas dans le salon. C'était ce qu'elle faisait en général lorsque qu'elle était dans une crise quelconque, il y était donc habitué. Julianne était toujours en crise, bien qu'elle fût la seule à le penser.

 

Pour sa part, Adrian essayait de regarder la télé, mais l'écran plat Phillips était sans cesse caché ici et là par les mouvements de va-et-vient de sa meilleure amie. " Julianne, " dit-il doucement. " STOP ! "

 

Julianne obéit, mais réussit à le faire juste devant la télé. " Quoi ? " demanda-t-elle. " Je ne te fais rien ! "

 

" Est-ce que tu pourrais marcher ailleurs ? " demanda Adrian en agitant frénétiquement le bras ce qui, du moins l'espérait-il, indiquait son désir de la voir se déplacer. " J'essaye d'apprécier ces magnifique fesses, en ce moment. " Il désigna la très jolie femme à l'écran, qui était en partie cachée par une autre paire de magnifiques fesses qui n'étaient malheureusement pas pour lui.

 

Julianne fit un pas dramatique versa sa gauche. Elle jeta un rapide coup d'œil à la femme dont parlait Adrian et secoua la tête. " Tu as les goûts les plus bizarres en matière de femmes, " commenta-t-elle.

 

Adrian considéra la femme à l'écran. " Tu crois que ce sont des vraies ? "

 

" Je ne vais pas parler de poitrine avec toi, Adrian. "

 

" Poitrine ? " demanda Adrian, essayant de paraître insulté. " Je parlais de ses oreilles. "

 

Julianne marcha devant la télé une fois de plus, et l'éteignit. La femme avec les énormes… oreilles… disparut alors. " J'ai besoin de ton aide, " annonça-t-elle en se retournant pour faire face à son meilleur ami.

 

" Pourquoi j'ai toujours peur quand tu me dis ça ? " demanda Adrian en s'enfonçant légèrement dans le canapé de velours noir. Il observa sa meilleure amie avec agitation. " Je ne vais pas aimer ça, hein ? "

 

Julianne sourit. Il allait détester l'idée, mais ça ne voulait pas dire qu'il ne le ferait pas. " Je crois que j'ai une solution à notre petit problème de remise de prix, " dit-elle.

 

" Notre petit problème de remise de prix ? " demanda-t-il. " Tu veux dire ton petit problème de remise de prix "

 

Julianne l'ignora. " Le plan est très simple. "

 

" Le plan, " répéta lentement Adrian. " Je n'aime pas le mot 'plan' quand il sort de ta bouche. Ca sous-entend que tu as réfléchi, et je n'aime pas ça, quand tu réfléchis, Julianne. "

 

" Comme je viens de le dire, " continua-t-elle, recommençant à faire les cent pas, " c'est très simple. Tout ce dont nous avons besoin est d'une perruque, un nouveau nez, et peut être un nouveau menton. Et quelques contacts. " Elle s'arrêta pour observer sa réaction.

 

" Nouveau nez ? " Non, il n'aimait pas la tournure que prenait la conversation.

 

Julianne sa hâta de s'asseoir à côté de lui. " Ecoute, ça sera vraiment bien pour toi. Si les gens pensent que tu es mon petit ami, que va-t-il advenir de ta vie sexuelle ? Tu ne pourras pas me tromper sans arrêt si je déclare au monde que tu es l'homme le plus fantastique que je connaisse. Qu'est-ce que ça révèlerait de mes goûts en homme ? "

 

Adrian s'arrêta pour réfléchir à la question. Bien sûr, il y avait un retour vicieux. Bon sang, s'il arrivait à se concentrer. Il était légèrement distrait par le parfum de Julianne. Pourquoi sentait-elle si bon en permanence ?

 

" Alors, je te rends vraiment service en essayant de camoufler ton identité, " continua-t-elle. " Tu peux continuer de mener ta propre vie. Et l'amie de Kris ne pourra pas te reconnaître. Nous ferons d'une pierre deux coups. " Elle lui offrit son sourire le plus charmeur.

 

Adrian lui rendit son sourire. " T'es mignonne, " l'informa-t-elle. " Mais tu es folle si tu penses que je vais me laisser convaincre pour ce… ce… Tu sais quoi ? Il n'y a pas de mots pour ça. "

 

Le sourire de Julianne s'effaça. Bon sang ! On passe au plan B. Elle rampa jusqu'à lui et se plaça sur ses genoux. " S'il te plaiiiiiiit, " supplia-t-elle en le serrant dans ses bras.

 

" Oh, bon sang ! " se plaignit Adrian, bien que, pour finir, cela ressembla plus à un gémissement. " C'est pas juste, Julianne, tu sais que je n'arrive pas à réfléchir quand tu fais ça. "

 

Julianne se recula pour pouvoir regarder son visage. " Je te revaudrai vraiment ça, " proposa-t-elle, ses yeux bleus suppliant les siens.

 

Qu'est-ce qu'elle sent déjà ? Vanille et quelque chose d'autre. Adrian décida qu'il détestait les lesbiennes. " Je te déteste. "

 

" S'il te plaît ? " essaya-t-elle de nouveau, légèrement boudeuse.

 

" Je te déteste de tout mon coeur. "

 

" Choisis ce que tu veux, et c'est à toi, " dit-elle, ignorant sa déclaration. " Ce que tu veux. "

 

Ce qu'il veut, hein ? Ca pourrait être intéressant. Après tout, elle marquait un point. Il ne pourrait pas aller chercher de filles si elles savaient toutes qui il est. " Je ne ferai pas de chirurgie plastique pour toi. "

 

Julianne rit, sachant qu'elle avait gagné. " Pas de chirurgie plastique. Je vais simplement demander à une des filles de l'équipe de maquillage et d'effets spéciaux. " Elle se servit de sa poitrine pour se relever. " Ca te va ? "

 

" Pourquoi est-ce que tu fais ça ? " demanda-t-il. " Tu te rends compte que c'est diabolique ? "

 

Julianne sourit. " Ouaip. Je vais chercher de l'eau, " annonça-t-elle, et elle se dirigea vers la cuisine. Mission accomplie.

 

Adrian se déplaça sur le canapé pour pouvoir la regarder. " Hey, je pourrais être fou amoureux de toi et tu pourrais complètement jouer avec mes sentiments, " dit-il.

 

" Mais ce n'est pas le cas, " répondit Julianne.

 

" Je passerais la nuit avec toi en une milliseconde, " l'informa-t-il sérieusement.

 

Julianne réapparut de la cuisine en portant une bouteille d'eau. " Tu dormirais avec la plupart des femmes en une milliseconde, Adrian, " rétorqua-t-elle en le rejoignant sur le canapé.

 

" C'est vrai, " admit-il. " Rappelle-moi pourquoi on fait ça, encore ? "

 

Elle soupira, repoussant quelques mèches de cheveux bruns derrière ses oreilles. " Je ne veux pas qu'elle le découvre comme ça, " expliqua-t-elle. " Si Leigh te reconnaît comme le petit ami de Julianne Franqui… "

 

" Elle ne se souvient peut être pas à quoi je ressemble, " proposa-t-il.

 

Julianne renifla. " Bien sûr. "

 

" Bon, qui va la croire ? " demanda Adrian. " C'est la seule qui m'ait vu. "

 

Julianne réfléchit à cela un moment puis secoua la tête. " Ouais, mais j'ai dis à Kris que je ressemble à Julianne Franqui. Ca paraîtrait bizarre que nous ressemblions tous les deux aux mêmes personnes. "

 

" Je croyais que tu n'aimais pas compliquer ta vie, Julianne, " dit Adrian. " J'ai l'impression que tu traverses énormément de problèmes juste pour que l'amie de cette fille suspecte quoi que ce soit. "

 

" Tu sous-entends que j'agis bizarrement ? "

 

" Comme une lunatique certifiée, " confirma Adrian.

 

" Je ne veux pas prendre ce risque, Adrian, " répondit-elle. " S'il y a ne serait-ce qu'une chance que Kris suspecte quoi que ce soit, eh bien... "

 

" Je croyais que ce n'étaient que des emails ? "

 

Julianne s'autorisa un sourire. " Eh bien, nous avons évolué au chat online. " Elle sourit. " Elle est tellement drôle. Je jure que je pourrais lui parler indéfi… " Elle se tut rapidement.

 

Les sourcils d'Adrian se levèrent. " Oui… ? " l'encouragea-t-il.

 

Elle toussa et commença à boire de l'eau pour s'empêcher de parler d'avantage.

 

" Tu es complètement accro. " Il tapota son genou amicalement.

 

Je sais…

 

 

Chap. 27

 

 

Chère Julia,

 

Starbucks m'a embauché. J'imagine que je vais faire du café pendant les prochains mois. Comment l'aimes-tu ? Ou plutôt, est-ce qu'au moins tu aimes le café ? J'adore le café, quoi que pas autant que Leigh. J'ai bien peur qu'elle soit un peu intoxiquée. J'aime simplement une bonne tasse le matin. Miam. C'est la meilleure manière de commencer la journée. Tu ne crois pas ?

 

Ton amie,

Kris.

 

***

 

Chère Kris,

 

Généralement je prends du Coca au petit déjeuner. Je ne sais pas pourquoi je n'ai jamais préféré le café, mais j'imagine que je suis plus une fille soda. Parfois, je bois du Sprite le matin ce qui, je pense, n'a aucun sens puisqu'il n'y a pas de caféine dedans, mais j'arrive quand même à passer la journée. Peut-être que je suis juste intoxiquée au sucre.

 

Ton amie,

Julia

 

***

 

Chère Julia,

 

Je déteste les cafards. Je sais qu'il n'y a aucun rapport, mais il y avait ce très gros cafard dans l'appartement aujourd'hui et je me suis enfuie en criant. Hey, ne te moques pas de moi. Il était gros et très laid. Avec d'énooooormes antennes et comme…

 

Bref.

 

Ton amie,

Kris

 

***

 

Chère Kris,

 

Un cafard, hein ? Et il était énorme, tu dis ? Je suis soulagée que Leigh ait été capable de s'occuper du monstre diabolique. Qui sait ce qui aurait pu arriver, autrement ? Il aurait pu grandir et te manger vivante ! Aaaaaaargh !! CHACUN POUR SOI !!!!!!

 

Ton amie,

Julia

 

***

 

Chère Julia,

 

Tais toi.

 

Ton amie,

Julia

 

***

 

Chère Kris,

 

Je plaisantais à propos du cafard. A vrai dire, je ne les aime pas beaucoup non plus. Mais j'ai vraiment horreur des araignées. Les grosses, les petites… Berk !

 

Ton amie,

Julia

 

***

 

 

Chère Julia,

 

J'ai une araignée de compagnie nommée Hariette que tu peux venir saluer. Je te laisserai l'amadouer si tu es gentille.

 

Ton amie,

Kris

 

***

 

Tu n'as pas d'araignée.

 

***

 

Si j'en ai une.

 

***

 

Non.

 

***

 

Si.

 

***

 

Non. Non. Et non !!!

***

 

Tu as bien dis que tu avais vingt-trois ans ? ;) Hé, tu veux chatter demain soir ? Leigh doit travailler tard alors je vais énormément m'ennuyer et j'apprécierais ta compagnie. Qu'est-ce que tu en penses ?

 

***

 

Arf ! J'aimerais pouvoir :o( Mais j'ai un rendez-vous prioritaire et j'ai bien peur de ne pas pouvoir annuler. Regarde tomber la pluie ?

 

Chap. 28

 

" Je n'arrive pas à croire que je me laisse faire, " marmonna Adrian en regardant son reflet dans le miroir. Il devait reconnaître que la femme qu'avait engagée Julianne pour la tâche avait fait un excellent travail pour le rendre hideux. Son nez avait été allongé à la Cyrano de Bergerac. Bon, peut être pas autant mais c'était tout de même laid. Ses yeux bleus étaient camouflés derrière une paire de lentilles de contact marron. Et pour couronner le tout, il portait également une perruque blonde qui tombait jusqu'aux épaules. Il baissa le miroir pour regarder son ancienne meilleure amie. " Je ressemble à un monstre. "

 

Julianne toussa pour retenir le rire qui menaçait. Le maquillage d'Adrian avait été un succès total. Elle n'avait pas du tout prévu de faire ressembler son meilleur ami à une Barbra Streisand au masculin, mais c'était le cas. Il n'était pas repoussant, simplement… différent. La perruque n'aidait en rien. Oh, de qui je me moque ? Il a l'air complètement ridicule.

 

Depuis la vitre de la limousine, Julianne regarda passer New York City dans une série de conversations muettes et de passants aux destinations inconnues. Oui, ça ne m'embêterait pas de vivre ici un jour. Elle s'enfonça plus profondément dans les confins de cuir du siège et se concentra sur le monde au-delà de l'abri de la limousine. Inconsciemment, elle regarda tous les corps qu'elle put en se demandant si l'un d'entre eux était Kris. Elle pourrait être n'importe qui.

 

" Merci de faire ça, " dit-elle finalement, son regard quittant la métropole pour se fixer sur les yeux bruns et hésitants d'Adrian.

 

" J'espère vraiment que cette fille en vaut la peine, " répondit Adrian en essayant de se gratter le nez à travers l'ajout de latex. Echouant, il abandonna. " Qu'arrivera-t-il si j'éternue et que le nez vole dans la foule ? "

 

Julianne rit à cette pensée. " Alors n'éternues pas, " le conseilla-t-elle, bien que son ton reste léger. La maquilleuse lui avait assuré qu'aucun éternuement ne pourrait décrocher cette colle. " Je suis bien habillée ? " demanda-t-elle, changeant soudain de sujet. Elle baissa les yeux sur ses vêtements. Malgré le fait qu'elle ait payé une robe bien trop cher, elle avait opté pour des habits plus communs : un jean noir et un débardeur bleu avec le mot 'tease' imprimé en noir. Après tout, ce n'étaient pas les Academy Awards, autant être à l'aise.

 

" Julianne, tu pourrais porter un sac à patate et avoir l'air belle, " répondit Adrian. " Tu es magnifique et tu le sais. "

 

Oui, mais qu'en penserait Kris ? se demanda Julianne. Dernièrement, tout se rapportait à Kris, et cela devenait énervant. Je ne la connais même pas ! Elle pourrait être un homme de cinquante ans pour ce que j'en sais. Elle lissa ses cheveux qui bouclaient et prit une grande respiration. Je ne vais pas penser à Kris. Je ne vais pas penser à Kris.

 

" Tu penses à Kris, n'est-ce pas ? " devina Adrian.

 

Effrayée, Julianne le regarda. " Pas du tout, " mentit-elle. " Je pensais à… euh… mon discours. "

 

" Je t'écoute alors, " dit Adrian qui n'y croyait pas un mot. Julianne était si prévisible lorsqu'elle baissait sa garde.

 

J'aurais mieux fait d'en préparer un, c'est ça ? Elle s'éclaircit la gorge. " J'aimerais remercier tous les fans pour cette prestigieuse récompense. C'était amusant d'embrasser ce semblant d'homme à côté de moi. Ses lèvres étaient extrêmement douces et ses cheveux faciaux ne m'ont pas du tout gratté. C'est pourquoi j'ai aimé l'embrasser. Comme j'aime embrasser tous les hommes. Hubba hubba viva la hétérosexualité. Amen. "

 

Adrian applaudit. " Je te mets au défi de répéter ce discours sur le podium, " la taquina-t-il. " C'est un double défi, en fait. "

 

" Ha, " dit Julianne sur un ton catégorique.

 

Adrian leva le miroir à son visage une fois de plus et bougea sa tête d'un côté puis de l'autre pour étudier chaque angle. " Aucune fille ne s'intéressera à moi ce soir, " marmonna-t-il avec regret. " Tu vas tellement payer pour ça. "

 

" Tu prends les chèques ? " plaisanta Julianne.

 

" Oh non, " répondit Adrian en posant le miroir pour pouvoir regarder Julianne sans être distrait. " Tu me dois un massage. "

 

" Massage ? "

 

" Pour commencer. "

 

C'est pas vrai. " Eh bien d'accord, mais est-ce que je peux simplement engager une de ces masseuses Suédoises pour toi ? Tu aurais une bien meilleure chance d'être proprement massé avec l'une d'elles. "

 

Adrian réfléchit à cette idée. " Tu paieras ? "

 

" Absolument tout, " lui assura Julianne.

 

" D'accord, " dit Adrian avec un hochement de tête. " Mais je suis loin d'avoir fini. "

 

Bon sang. Julianne observa leur destination entrer dans son champ de vision. C'est parti.

 

" Je n'arrive pas à croire que je fais ça, " dit à nouveau Adrian. " Je t'assure, tu es une sorte de version lesbienne de Lucy Ricardo. "

 

Julianne sourit au compliment. " Je crois que je dois t'appeler Ethel à partir de maintenant. "

 

  • * *

 

Jusqu'ici, tout va bien. Julianne regarda la scène qu'occupait la dernière idole des adolescents. Près d'elle, Adrian, alias Fernando Croa, continuait de renifler. " Ca te démange ? " murmura Julianne.

 

" Je crois que j'ai du latex dans le nez, " murmura Adrian en retour. " Tu t'amuses bien ? "

 

Julianne haussa les épaules. " Ce genre de choses est toujours amusant, " répondit-elle. Pas aussi amusant que toi, cependant. Ils avaient été arrêtés sur le tapis rouge par un reporter de MTV qui avait demandé si Adrian était jaloux du baiser entre Julianne et Rye Philips. En réponse, Adrian avait ouvert la bouche quelques fois puis avait adopté un horrible accent Espagnol et dit, " Je no parler lé Français. " Julianne s'était presque fêlé une côte en essayant de s'empêcher de rire.

 

" Tu sais ce que tu vas dire ? " demanda Adrian.

 

" Je vais simplement improviser, " répondit Julianne. Elle jeta un rapide coup d'œil au public. " Je ne vois pas Rye aux alentours. Peut être qu'il n'a pas pu venir. "

 

" J'ai entendu dire qu'il tourne un film au Saskatchewan, " plaisanta Adrian.

 

" Je ne pourrais pas avoir plus de chance. " Julianne s'intéressa à nouveau à la scène au moment où le numéro de danse se terminait et la foule explosait en applaudissement. Elle applaudit avec plus d'entrain que ce qu'elle ressentait.

 

A ses côtés, Adrian remua dans son siège. " Quand tu te pencheras pour m'embrasser, avant d'aller sur scène, pense au facteur nez, " la prévint-il.

 

Julianne sourit légèrement. " Qu'est-ce qui te fait penser que je vais t'embrasser ? "

 

" Parce que les célébrités embrassent toujours la personne qui les accompagne avant de recevoir un award, " répondit Adrian. " C'est la tradition. Et puis je suis ton petit ami et tu meurs d'amour pour moi. "

 

Les applaudissements continuaient lorsqu'une voix surgit des haut-parleurs et annonça les deux nouveaux présentateurs. " De la série Making It, merci d'accueillir Douglass Price et Jane Feinman. " Les deux acteurs s'avancèrent vers les marches à l'extrémité de la scène et sourirent chaleureusement, le public applaudissant toujours.

 

" Qu'est-ce qu'un bon film sans ce baiser si spécial ? " demanda Jane, le bruit se ramenant à un bas murmure.

 

Julianne respira profondément. " C'est parti, " marmonna-t-elle.

 

" Et qu'est-ce qu'une bonne récompense sans un baiser spécial ? " L'homme ferma les yeux et soupira bruyamment, uniquement pour recevoir une petite claque de la part de la femme à ses côtés.

 

" Je t'ai dit pas en public, " répondit Jane lorsque que la foule ria. " Nous sommes ici pour célébrer ce moment magique pendant lequel nos personnages préférés du grand écran partagent ces baisers mémorables. "

 

Douglass se frotta le visage et acquiesça. " Bon d'accord, " dit-il. " Et les nominés pour le plus beau baiser sont… "

 

Les écrans géants de chaque côté de la scène s'allumèrent, une voix profonde annonçant, " Kim Strayer et Paul James dans Des Images de Toi. "

 

Les deux acteurs en question apparurent à l'écran. La femme regardait un miroir où son reflet se changea en celui d'un homme. " Peter ? " demanda-t-elle avec hésitation. L'homme surgit du miroir et embrassa la jeune femme avec passion.

 

L'extrait se termina et un autre prit sa place. " Billy Lee et Pepper Elles dans Le Panier de Linge de Gordon. " La foule acclama cet extrait.

 

Julianne renifla. " Le Panier de Linge de Gordon ? " Elle poussa Adrian du coude. " Ca ressemble à quelque chose que tu pourrais écrire. "

 

Adrian se gratta la joue avec son majeur.

 

" Rye Philips et Julianne Franqui dans Une Couverture d'Ombre. "

 

Julianne grinça des dents face à l'image de Rye Philips et elle-même s'embrassant avec abandon. Ecoeurant. Ecoeurant. Ecoeurant. De toutes les choses pour lesquelles j'aurais pu être nominée.

 

L'extrait prit fin et l'attention de la foule se tourna de nouveau vers Jane et Douglass. " Et les gagnants sont… "

 

Julianne retint sa respiration. S'il vous plaît, faites que je ne me fige pas là-bas. La dernière chose dont j'ai besoin c'est que Kris voit ça et me prenne pour une parfaite idiote. Elle s'arrêta. Je ne vais pas penser à Kris. Je ne vais pas penser à Kris. Je ne…

 

" Rye Philips et Julianne Franqui ! " annonça Jane, la foule explosant en applaudissements.

 

Julianne simula la surprise et l'excitation, comme toute bonne actrice le ferait. Pour faire plaisir à Adrian, elle se pencha et lui donna un rapide baiser sur les lèvres avant de se lever et de se diriger vers les marches. Bon sang, il y a beaucoup de monde ici, réalisa-t-elle lorsqu'elle eut une bonne vue du public.

 

Elle prit la récompense des mains de Douglass, qui lui chuchota des félicitations à l'oreille. Elle sourit et le remercia, puis prit place derrière le podium. Apparemment Rye n'a pas pu venir, finalement. Bon sang. Le public se calma, attendant son discours. Okay, maintenant, souviens-toi que Kris va regarder ça. Oh mon Dieu, comme s'il y avait quelque chose que je puisse dire pour cet award en particulier qui ne me fasse pas passer pour une abrutie complète.

 

Julianne regarda la statuette de pop-corn, quoi que ce soit et se dégagea la gorge. " Eh bien, il n'y a pas grand-chose à dire après avoir gagné une récompense pareille, " plaisanta-t-elle, " si ce n'est merci. C'est toujours un honneur d'être reconnue comme quelqu'un qui embrasse bien. "

 

Kris. Elle ferma les yeux et les ouvrit de nouveau. " Tout d'abord, j'ai pensé que recevoir une récompense pour avoir embrassé quelqu'un à l'écran était idiot. Je me suis moquée de cette nomination quand je l'ai reçue. Et puis j'ai commencé à réfléchir à ce que je ressens chaque fois que je suis prise dans la romance de quelqu'un d'autre à l'écran, et au fait que j'ai hâte de voir ce moment où ils exprimeront enfin leur amour. Je veux dire, c'est ce que nous recherchons tous, n'est-ce pas ? L'amour ? "

 

Julianne s'arrêta un moment, puis continua. " Je crois qu'en tant qu'acteurs, la seule chose que nous pouvons vraiment espérer est que nos performances touchent le public d'une manière ou d'une autre, et le fasse croire en la magie de cette possibilité, et à la promesse de l'amour. J'aimerais prétendre que cette récompense signifie que j'ai réussi quelque chose de la sorte. Si ce n'est pas le cas, bon nombre de femmes ont pensé que Rye Philips était vraiment mignon. " Elle rit. " Mais quelle que soit la raison de votre vote, je vous remercie. "

 

 

Chap. 29

 

Kris regarda l'écran de son ordinateur et s'assit sur une chaise. Elle essayait de prétendre que le fait que Julia n'ait pas pu la rejoindre sur internet cette nuit ne la décevait pas, mais c'était peine perdue. Rendez-vous prioritaire ? Hmm.

 

C'avait été une nuit vraiment calme. Nathan n'avait toujours pas fait d'apparition et devait partir dans deux jours. Ses parents n'avaient pas téléphoné et elle n'était pas sûre de savoir si c'était une bonne chose ou non. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, c'est ça ? Elle n'était pas sûre de la véracité de cette phrase. Pas dans sa famille.

 

Leigh était au travail et ne rentrerait pas avant des heures. Tout la journée, Kris avait espéré une discussion online avec Julia mais apparemment elle devrait repousser cet espoir.

 

 

Chère Julia,

 

Tu regardes tomber la pluie ? Bien sûr. Laisse moi savoir quand tu seras de nouveau disponible et je te rejoindrai. C'est vraiment dommage que tu n'aies pas pu venir cette nuit. Je m'ennuie vraiment. Mais c'est tant pis. J'ai hâte de tout savoir de ton 'rendez-vous prioritaire'. Si tu veux en parler, bien sûr. Est-ce que cela fait partie des évènements pour lesquels tu as acheté cette robe ? Je pose beaucoup de questions, ce soir.

 

Quoi qu'il en soit, puisque tu n'es pas là pour m'occuper, je vais trouver à m'occuper ailleurs. J'ai hâte d'avoir de tes nouvelles.

 

Ton amie,

Kris

 

 

Kris éteint son ordinateur et observa l'appartement vide. Que faire ? Que faire ? Rendre visite à Leigh ? Nan, je l'ai déjà fait deux fois aujourd'hui. Je dois vraiment me construire une vie. Um, regarder la télé ? Jamais rien de bien le vendredi. Elle tapota son menton d doigt et regarda à travers la double porte qui donnait sur le petit balcon. Ca faisait un moment qu'elle ne s'était pas promenée dans la ville. Bon, sans compter les fois où elle s'était promenée avec Nathan. Allons nous promener.

 

Elle attrapa son carnet de dessin et son crayon et plongea dans le grand inconnu.

 

***

 

Kris n'avait pas menti lorsqu'elle avait dit à Julia qu'elle était fanatique de la nature. Elle aimait tout sur cette Terre, depuis les arbres jusqu'aux fleurs, et aux animaux. Les cafards étaient une exception bien sûr, mais elle ne les voyait pas vraiment comme des animaux. Ils étaient plutôt des sortes d'horribles petits… Bon…

 

Quoi qu'il en soit, l'un des endroits préférés de Kris était Central Park. Dès qu'elle en avait le temps, elle prenait résidence sur l'un des bancs du parc et dessinait. C'était aussi un bon endroit pour prendre des photos, mais elle avait oublié son appareil photo cette nuit et il ne lui restait donc plus qu'à capturer ces moments à la main.

 

Plusieurs heures plus tard, elle se trouvait à Bethesda Terrace, surplombant le Lake et les baies boisées du Ramble. Sur son carnet de dessin figurait un croquis de la sculpture d'Emma Stebbins, L'Ange de Bethsada. L'œuvre de métal représentait un ange flottant dans les airs et descendant sur les eaux troublées de la fontaine dans l'espoir d'accorder le cadeau de guérison.

 

Poète et Ange, pensa Kris en dessinant les ailes de l'ange sur le carnet. Elle aime peut être les anges. Je me demande si elle est venue ici pendant sa visite à New York. Et que faisait-elle à New York au fait ? Kris soupira, levant les yeux sur la balustrade de la terrasse. En dessous, des touristes prenaient la fontaine en photo, les flashs des appareils baignant la sculpture d'une lumière éthérée. Pourquoi ai-je l'impression de ne rien savoir de toi ?

 

Kris replia le carnet sous son bras et descendit le grand escalier. Elle laissa glisser ses doigts le long des panneaux de grès pendant sa descente. C'était un endroit si reposant malgré tous ces touristes. Plusieurs personnes à roller la frôlèrent, lui faisant presque perdre équilibre. Mon Dieu ! Elle se figea sur place au passage de la foule, puis reprit sa route.

 

Un bruit soudain attira son attention et elle se tourna à temps pour voir un homme tomber au sol. " Eh merde ! " marmonna-t-il en s'écrasant avec un bruit sourd.

 

Kris cligna des yeux puis courut jusqu'à l'homme au sol. " Tout va bien ? " demanda-t-elle. Elle remarqua qu'il portait lui aussi des rollers et assuma qu'il faisait partie du groupe qui venait juste de passer.

 

L'homme leva la tête, ses yeux bleus légèrement stupéfaits. " Oui, j'ai dû heurter une pierre ou quelque chose comme ça, " expliqua-t-il, se redressant en position assise.

 

Kris remarqua la longue coupure sur son bras et s'agenouilla pour l'inspecter, plaçant son carnet de dessin sur le sol, à côté d'elle. " Vous devriez faire vérifier cette coupure, " lui dit-elle. Il saignait assez fort et elle ne voulait pas que la blessure s'infecte. " Je peux vous emmener à l'hôpital si vous voulez. "

 

Un sourcil se leva, les doux yeux bleus considérant cette suggestion pendant un moment. " Vous êtes toujours aussi gentille avec les inconnus ? " demanda-t-il en regardant sa coupure. Il eut un mouvement de recul en voyant l'ampleur des dégâts.

 

Kris sourit et observa rapidement la blessure. Apparemment, son bras avait amorti sa chute. Il n'avait pas l'air d'avoir d'autre grave blessure. " Seulement ceux qui décident de saigner devant moi, " répondit-elle.

 

Rassurée du fait que l'homme allait survivre, elle se recula de quelques centimètres. Etre assise si près d'un parfait inconnu était légèrement bizarre. Pas de doute, cet homme était extrêmement beau, mais ça ne voulait pas dire qu'il était un tueur en série. Leigh serait probablement en train de baver sur ce type. Elle réfléchit un instant à cette pensée. Alors pourquoi je ne bave pas ? Je devrais ? Ce n'est pas ce que les femmes célibataires font ? Elle décida que ce sujet était trop compliqué pour y réfléchir maintenant.

 

" C'est un joli dessin, " commenta l'homme, tournant la tête pour avoir une meilleure vue.

 

Reprenant ses esprits, Kris rougit et haussa les épaules. " Je tuait simplement le temps, " dit-elle. " Mais merci. " Elle regarda la sculpture à quelques mètres de là. " Elle est belle, vous ne trouvez pas ? Je ne pense pas pouvoir lui rendre hommage. "

 

" C'est ce que font les gens de New York ? " demanda-t-il. " Tuer le temps ? "

 

Kris sourit. " Je suppose, " répondit-elle. " Je comprends que vous êtes un touriste ? "

 

Il haussa ses larges épaules. " Je ne me qualifierais pas de touriste, " dit-il.

 

Kris hocha la tête. " Vous êtes ici pour le travail ? " supposa-t-elle.

 

" On peut le dire comme ça, " répondit-il avec un léger sourire. " Je devrais nettoyer ça. " Il montra son bras comme si elle n'avait pas encore remarqué, et se releva sur ses rollers sans problème.

 

Kris attrapa son carnet et se releva, elle aussi, en le regardant. " Vous êtes sûr que vous ne voulez pas aller à l'hôpital ? "

 

" Nan, " répondit-il immédiatement. " Mon hôtel est… " Il agita son bras en direction des arbres derrière lui. " Quelque part par là. "

 

Kris sourit. " Bon, d'accord, si vous en êtes sûr, " dit-elle. " Faites attention à ces pierres vicieuses. "

 

" Pas de problème. " Il lui accorda un sourire éclatant et repartit en lui faisant un rapide signe de la main.

.

Kris le regarda disparaître dans l'obscurité et tourna de nouveau son attention vers la Fontaine. Elle leva le dessin à côté de la statue et les compara. Pas mal. Elle ferma le carnet et soupira, regardant rapidement sa montre. Leigh devrait être rentrée maintenant.

 

Elle contempla la sculpture quelques minutes de plus puis repartit en direction de son appartement.

 

 

Chap. 30

 

Lorsque Julianne se réveilla le lendemain matin, elle fut immédiatement accueillie par le son apaisant de gémissements. Elle cligna des yeux, confuse, faisant le tour de la chambre d'hôtel. Elle écouta attentivement.

 

" Aïe, bon sang ! "

 

Julianne fronça les sourcils, repoussa les couvertures et sortit du lit. Elle sortit de la chambre et regarda par dessus la rambarde de la mezzanine, où elle trouva un Adrian essayant de faire des pompes. Julianne leva les yeux au ciel et se dirigea vers la salle de bain. Pourquoi tient-il tellement à s'entraîner ? Pourrait-il devenir encore plus musclé ? Elle finit de se brosser les dents et descendit les escaliers.

 

" Allez, allez, saleté ! " Adrian grogna en tombant à plat ventre.

 

Julianne se tint près de son meilleur ami, regardant ce spectacle avec amusement. " Tu as des problèmes ? " demanda-t-elle innocemment.

 

Adrian la regarda depuis sa position au sol et soupira. " Bonjour, " marmonna-t-il. Il gémit à nouveau en s'asseyant et regarda son bras. " Saleté de blessure. "

 

Julianne aperçut alors la coupure sur son bras et s'agenouilla près de lui, soucieuse. " Mais qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? " demanda-t-elle en inspectant l'entaille.

 

" Je suis tombée, " admit-il en pleurnichant légèrement. Il bougonna " Tu veux l'embrasser ? "

 

" Ah, non merci, " répondit Julianne en lui tapotant la tête. Elle se releva et se dirigea vers la cuisine pour prendre un soda. " C'est ce qui arrive quand on fait du roller en pleine nuit. Je t'ai dit de ne pas faire ça. "

 

Adrian la rejoignit un instant plus tard et s'adossa au mur. " Tu sais que je dois faire un kilomètre et demi par jour, " lui dit-elle. " Et puisque nous avons dû prendre cet avion aussi tôt hier… " Il laissa la fin de sa phrase en suspens. " Et puis c'était une belle nuit. "

 

" Pour voyager ? " Julianne sourit en ouvrant sa canette de Coca-Cola et prit une longue gorgée. " Tu as de la chance de ne t'être rien cassé. "

 

" Il y avait une pierre, " répliqua Adrian.

 

Julianne fit semblant de bouder et se déplaça pour pincer la joue d'Adrian. " Awww, une petite piewwe qui pose pwobleme à Adrian ? " Elle claqua doucement le visage d'Adrian et s'installa sur le canapé. " Alors, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? "

 

Adrian se massa la joue et se retourna. " Eh bien, je vais aller courir " répondit-il. " Ensuite j'espère rentrer à la maison pour ce massage qui m'a été promis. "

 

Julianne se tourna et montra le téléphone du doigt. " Leur numéro est là. Appelle-les et elles se feront une joie de venir te molester. Mais arranges-toi pour que je ne sois pas là quand elles arriveront. " Elle fit semblant de frissonner.

 

Adrian réapparut un moment plus tard. Ce matin là, il portait un t-shirt gris sans manches et un pantalon de jogging noir. C'était généralement la tenue qu'il choisissait pour ses entraînements matinaux. Comment s'était-elle retrouvée avec un fou de l'exercice physique pour meilleur ami, Julianne n'en était pas sûre. Mais le voila, dans sa glorieuse musculature, la regardant avec une expression de totale curiosité. " Et qu'est-ce que tu vas faire ? " demanda-t-il.

 

La canette froide commençait à engourdir ses doigts, et Julianne la posa pour faire face à son ami. " Je pense que je vais aller ma promener, " dit-elle. " Visiter un petit peu. Qu'est-ce que tu en penses ? Serais-je blonde, brune ou rousse aujourd'hui ? "

 

" Je crois que tu devrais te raser la tête. " Il hocha solennellement la tête, et fit un bruit de bourdonnement. " Personne ne te reconnaîtrait, fais-moi confiance. "

 

" Mmm, " répondit Julianne. " Je vais y penser. "

 

" Bien. Bon, j'y vais. Amuse-toi bien à faire… ce que tu veux. " Il lui fit un signe de la main et avança vers la porte.

 

Julianne se retourna. " Fais attention à ces pierres ! "

 

" Haha. On me l'a déjà faite celle là. Sois plus originale, la prochaine fois. " Et il disparut derrière la porte.

 

Julianne regarda la porte close quelques instants. " Mais de quoi parlait-il ? " se demanda-t-elle. Puis elle haussa les épaules et monta les escaliers. Elle avait des choses importantes à faire aujourd'hui. Et elle devait s'y mettre immédiatement avant de perdre tout courage.

 

***

 

Vêtue de son camouflage, Julianne se dirigea vers les rues attrayantes de New York. Après s'être souvenue qu'elle avait été blonde lors de sa dernière sortie, elle avait choisi d'être rousse cette fois-ci. De larges lunettes de soleil masquaient une grande partie de son visage, et son corps était caché par d'amples vêtements.

 

Personne ne la regarda ou ne s'arrêta sur son passage, et Julianne soupira de soulagement. Elle oubliait parfois à quel point il était agréable d'aller quelque part sans être reconnue. La célébrité était excitante environ quinze minutes avant de devenir un véritable boulet dont on ne pouvait pas se séparer. D'accord, il y avait des avantages ici ou là. Mais quelques fois… Seulement quelques fois… Julianne souhaitait pouvoir marcher dans une rue bondée et ne pas avoir à s'inquiéter que le vent arrache sa perruque ou que quelqu'un la reconnaisse, d'une manière ou d'une autre.

 

Julianne observa les gens qui l'entouraient en se demandant ce qu'ils pensaient vraiment d'elle. Se demandant ce qu'ils penseraient s'il savaient qui elle est vraiment. Se demandant même s'ils s'inquiétaient vraiment de savoir qui elle était. A chaque interview qu'elle donnait, elle ne pouvait s'empêcher de se demander si le public voulait vraiment connaître la réponse à ses questions. Pourquoi les gens voulaient-ils savoir qui avait créé sa robe ? Ou pourquoi se souciaient-ils de savoir si elle buvait du Pespi ou du Coca ? Dans le grand arrangement des choses, est-ce que ces choses importaient vraiment ?

 

Est-ce que cela lui importait ?

 

Elle plongea les mains dans ses poches et continua de marcher dans la ville bondée en se sentant, comme toujours, comme déconnectée de tout. Je parie que les plupart des gens qui marchent ici aimeraient savoir ce qu'on ressent avec son nom en haut d'une affiche. Célébrité… Fortune… Si seulement ils pouvaient avoir un avant-goût. Et me voilà, cachée parmi eux, espérant me fondre dans la masse.

 

" Une petite pièce ? "

 

Julianne fut soudain tirée de ses réflexions par un homme près d'elle. Il tendit une tasse légèrement ébréchée, dont l'état correspondait parfaitement avec celui de ses habits. Ses yeux bruns fixèrent ceux de la jeune femme d'un air suppliant. " De la monnaie ? " répéta-t-il.

 

Les mots de Kris s'infiltrèrent alors dans les pensées de Julianne. On peut faire tant de choses, une fois qu'on a les moyens. Julianne regarda l'homme en se demandant combien de fois elle était passé devant des personnes dans son cas sans même leur avoir accordé un regard. " Je n'ai pas de monnaie, " s'excusa-t-elle. Elle sortir son porte-monnaie et espéra y trouver quelque chose. Elle n'avait jamais d'argent sur elle. Un billet de vingt la regarda. Elle le sortit et le donna à l'homme. " C'est tout ce que j'ai sur moi, " expliqua-t-elle.

 

Les yeux de l'homme s'agrandirent et un grand sourire apparut sur son visage. " Merci, " dit-il en regardant le billet dans sa main comme s'il avait été en or. " Dieu vous bénisse. "

 

Julianne sourit et se sentit tout à coup heureuse. " Comment vous appelez-vous ? " se surprit-elle à demander.

 

" James, " dit-il.

 

Elle sourit chaleureusement et tendit la main. " Je m'appelle Julia, " l'informa-t-elle en se demandant pourquoi elle avait choisi de lui donner son vrai nom. " Voulez-vous manger avec moi ? " demanda-t-elle en se surprenant à nouveau.

 

James acquiesça timidement et le regarda comme s'il avait peur de la voir disparaître.

 

" Venez, James, " reprit Julianne. " Choisissez votre poison. Je vous invite. "

 

***

 

Julianne ne parvenait pas à se souvenir de la dernière fois qu'elle avait mangé au McDonald. En fait, elle n'était même pas sûre de l'avoir jamais fait, mais c'est ce qu'avait choisi James et qui était-elle pour refuser ?

 

James se jeta sur sa nourriture en total abandon et Julianne essaya de ne pas le dévisager. A la place, elle baissa le regard sur son hamburger enveloppé au petit bonheur la chance dans un papier jaune. Des gens mangent ça ? Elle le développa prudemment et le regarda silencieusement. Elle ressentit l'envie soudaine de le repousser. Elle se tourna alors vers ses frites. Elles n'avaient pas l'air aussi effrayantes.

 

" Vous êtes vraiment gentille, " dit soudain James, la bouche pleine.

 

Gentille. Julianne considéra ce mot un moment. Faisait-elle cela par gentillesse ? Etait-ce de la pitié ? Pourquoi quiconque faisait quoi que ce soit, de tout façon ? " Je voulais seulement un peu de compagnie, " se surprit-elle à répondre.

 

" Une belle femme comme vous ? " demanda James, ses yeux bruns l'observant attentivement. " Je trouve ça dur à croire. "

 

Julianne ôta ses lunettes de soleil. Elle ne pensait vraiment pas que James sache qui elle était, ou même s'il s'en souciait. " Beauté ne veut pas nécessairement dire compagnie, " répondit-elle. " Et argent ne veut pas dire bonheur, non plus. "

 

" Seulement un toit au dessus de la tête et de la nourriture sur la table, " répondit James d'un ton léger. " Tout le reste ne résulte que de la chance. "

 

Julianne se mordit la lèvre, se sentant soudain idiote de discuter de ses petits problèmes avec un homme sans domicile. Bon sang, je dois être la femme la plus égocentrique sur Terre. " Alors James, parlez-moi de vous. "

 

James jeta un regard sur le hamburger encore intact de Julianne.

 

" Vous le voulez ? " proposa Julianne.

 

Il accepta immédiatement l'offre et mordit joyeusement dans le burger.

 

Julianne prit une pleine poignée de frites et l'avala. Pas mal. Elle pourrait s'y faire.

 

Pendant les quelques heures qui suivirent, James raconta à Julianne comment sa mère l'avait mis à la porte lorsqu'il avait seize ans. Il avait été à la rue depuis, en essayant de se défendre. Il avait essayé de vendre de la drogue mais s'était fait attraper trop souvent pour faire des bénéfices. Il avait finit par abandonner cette habitude. Il n'avait pas replongé depuis, excepté le fait qu'il buvait une bouteille de temps à autre. Il encaissait mieux les froids mois d'hiver et la chaleur de l'été.

 

Julianne écouta attentivement le récit, réfléchissant à la manière dont elle aurait réagi dans un cas similaire. Je serais probablement morte. Littéralement. Respect et admiration remplacèrent la pitié qu'elle avait éprouvée pour l'homme en face d'elle.

 

Avant de se séparer, Julianne gribouilla son numéro professionnel sur un morceau de papier. " Appelez-moi, " dit-elle. " Si vous avez un jour besoin de quoi que ce soit. "

 

James saisi le morceau de papier et lui sourit, ses yeux bruns embués de larmes. " Vous êtes une femme à part, " lui dit-il. " Merci. "

 

" Non, merci à vous, " dit-elle dans tellement de sens qu'elle ne pouvait les compter. Elle le serra dans ses bras. " Prenez soin de vous, James. "

 

En s'éloignant, reprenant le chemin vers sa destination initiale, elle se demanda brièvement si James l'appellerai jamais. Ou si les vingt dollars qu'elle lui avait donnés serviraient seulement à acheter une bouteille occasionnelle qui lui permettrait de se tenir chaud et de passer les nuits sans fin.

 

***

 

Le Parc de Washington Square était un zoo d'activité qui avait réussi à rendre Julianne encore plus nerveuse qu'elle ne l'était déjà. Elle passa devant des gens lisant, ou parlant ou des couples en rendez-vous. A chaque pas son cœur s'emballait un peu plus, à tel point qu'elle pensait qu'il risquait d'exploser.

 

Elle s'assit sur le bord de la fontaine et prit une profonde respiration. Elle n'est probablement même pas là. Tu es pathétique. Julianne se força à promener son regard sur les gens qui l'entouraient. Il y avait un mime escaladant une corde invisible. Un peu plus loin, des hommes se donnaient en spectacle. Une foule s'était assemblée autour d'eux et Julianne ne pouvait distinguer ce qu'ils faisaient vraiment, mais de temps à autre, leurs tours recevaient des applaudissements enthousiastes.

 

C'est à ce moment là qu'elle aperçut le présentoir, placé dans coin à l'ombre. Plusieurs peintures étaient exposées. Le cœur de Julianne menaça d'exploser. Elle osa regarder derrière la table, où elle vit la femme qui avait donné son numéro à Adrian. Ca doit être Leigh.

 

Julianne prit un moment pour l'observer. Elle est plutôt mignonne. De longs cheveux roux entouraient un visage empli de jeunesse. D'aussi loin, ses yeux paraissaient bruns, mais Julianne portait ses lunettes de soleil et n'en était pas sûre.

 

 

 

Julianne était à la fois déçue et soulagée que Leigh semble être seule une fois de plus. Est-ce que Kris prend la peine de vendre elle-même ses œuvres ?

 

Elle débattit un long moment pour savoir si oui ou non elle devait s'approcher de la table. Mais le fait qu'elle soit seule envoya son cœur dans un gigantesque marathon qui risquait probablement de se terminer en arrêt cardiaque.

 

Prenant une profonde respiration, elle décida de ravaler ses peurs et de tenter sa chance. Elle se leva, fière de ce petit succès. Des petits pas. Allez, tu es une star de cinéma et tu ne peux même pas faire quelques mètres pour regarder des peintures ? Cela n'arrangea que très peu la panique qui s'était installée en elle, mais elle poussa ses jambes à avancer.

 

Elle se figea à mi-chemin.

 

Leigh n'était plus seule. Une autre femme se tenait près d'elle.

 

Julianne cligna des yeux, sachant parfaitement qu'elle fixait la nouvelle venue. Est-ce que c'est elle ?

 

La jeune femme essayait de porter simultanément deux hotdogs, une bouteille d'eau, un sac de bretzels et une canette de soda, et lâcha presque les cinq objets sur la tête de Leigh. Leigh s'empara des deux hotdogs et du soda, tandis que son amie conservait le sac de bretzels et l'eau. Elle déposa les deux objets sur la table et s'assit.

 

Oh mon Dieu… Si c'est Kris, je suis très mal. Julianne craignait de s'évanouir d'un moment à l'autre. Elle avait imaginé que Kris serait mignonne, peut être même assez belle. Mais c'était totalement différent. La première chose que Julianne remarqua fut ses yeux. Elle avait dû regarder par-dessus ses lunettes de soleil pour déchiffrer leur véritable couleur, et ne pouvait toujours pas donner de réponse. Ils étaient brun, vert et or, mixés en une seule couleur. Aimables, chaleureux et invitants. Ils s'allumèrent alors qu'elle riait.

 

De longs cheveux châtain clair aux reflets blonds, que Julianne devinait résulter du soleil, encadraient son beau visage. Bon, elle est magnifique. Tout va bien. Tu vas bien. Contentes-toi de respirer. Inspire. Expire. Bien.

 

Je suis accro.

 

Avançant petit à petit, elle réussit à s'approcher de la table, bien qu'elle ne soit plus sûre de pouvoir marcher jusque là. Qu'est-ce que je pourrais bien dire ? Je ne peux pas vraiment me présenter en tant que Julia.

 

En ce qui lui parut une éternité, elle parvint enfin à atteindre la table. Un moment elle se trouvait à des milliers de kilomètres de là, et l'instant d'après, elle y était. Happée dans une tempête de souvenirs d'emails quelconques et de conversations en ligne. Ils se résumaient tous à ce moment. Elle devait dire quelque chose d'intelligent. Quelque chose qui impressionnerait Kris. Quelque chose comme… " Salut. "

 

Leigh leva les yeux de son hotdog.

 

" Quelque chose vous intéresse ? " demanda Kris en souriant d'une manière que Julianne trouva désarmante.

 

L'anglais abandonna Julianne à cet instant, et il ne lui resta plus qu'une seule méthode de communication. Pointer du doigt. Elle désigna donc un objet au hasard sur la table, qui se trouva être un dessin au crayon d'un ange. Un hasard ?

 

Kris regarda l'image un moment et leva des yeux troublés vers ceux de Julianne. " Désolée, " s'excusa-t-elle. " Je n'avais pas prévu d'exposer celui-là. " Elle jeta un coup d'oeil à Leigh et lui dirigea un regard indéchiffrable qui, Julianne imaginait, traduisait un mécontentement significatif.

 

Julianne regarda rapidement les autres œuvres. " Ce n'est pas grave, " dit-elle rapidement, peut-être trop. Elle se sentit rougir. Je suis tellement nulle. " Um, et celui-ci ? " Elle désigna une peinture de lever de soleil. Lever de soleil ? " Est-ce que… euh… vous êtes restée debout pour peindre ça ? "

 

Kris haussa les épaules et sourit légèrement. " C'est l'impression que ça donne ? " demanda-t-elle.

 

Question piège. Question piège. Réfléchit avant de parler. " Eh bien, " commença Julianne en étudiant attentivement la peinture, " je ne suis pas là pour discuter vos méthodes artistiques, mais je dirais que c'est suffisamment réaliste pour être une photographie. Quoi que je ne suis pas sûre qu'une pellicule puisse afficher une telle palette de couleurs. " Son regard revint croiser celui de Kris avec hésitation, attendant une réaction.

 

A sa grande surprise, Kris rougit. " Merci, " dit-elle, " c'est l'une des plus gentilles choses qu'on m'ait dit jusqu'ici. Etes-vous une artiste ? "

 

" Ah non, " répondit Julianne. " Je ne peux qu'apprécier un beau lever de soleil lorsque j'en vois un. Combien coûte ce tableau ? "

 

" Quinze, " répondit Kris.

 

Julianne s'apprêtait à attraper son porte-monnaie lorsqu'elle se souvint qu'il était vide. Merde ! " Euh, je suppose que vous ne prenez pas les cartes de crédit ? " demanda-t-elle sans conviction. Parce que tu peux lui donner la carte de crédit de Julianne Franqui sans qu'elle ne s'en aperçoive.

 

Kris secoua la tête. " Désolée, " dit-elle. " Je n'ai pas une de ces machines. "

 

Julianne ne se souvenait pas avoir un jour été aussi embarrassée. Je suis millionnaire et je n'ai même pas quinze dollars ?!

 

Kris sembla s'apercevoir de la détresse de Julianne car elle parla. " Je vais vous dire. " Elle se retourna pour attraper quelque chose derrière elle. Elle se replaça, une carte à la main. " Prenez la peinture. Vous pourrez m'envoyer l'argent plus tard. "

 

Julianne accepta la carte, la réplique exacte de celle qu'elle portait dans son portefeuille. " Vous me feriez vraiment confiance à ce point ? " demanda-t-elle.

 

" Bien sûr, " répondit-elle, ce magnifique sourire de nouveau sur les lèvres. " On ne peut pas se tromper en faisant confiance à quelqu'un qui aime les levers de soleil. "

 

Julianne eut envie de pleurer à cette simple remarque. " Merci, " dit-elle. " Vous aurez l'argent dès demain, " promit-elle en emportant la peinture.

 

" J'espère que vous l'aimerez, " dit Kris alors qu'elle partait.

 

Une fois suffisamment loin, Julianne regarda la peinture. Elle sourit devant le mélange de couleurs vives sur la toile, si représentatif de l'artiste qui les avait mis sur cette toile. Voilà ce que j'appelle de la gentillesse.

 

 

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