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LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR2

Page history last edited by PBworks 12 years, 9 months ago

LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR

 

 

 

 

par Dreams

 

 

Traduction : Keegan (keegan@libertysurf.fr) et Emilie(happymeal@hotmail.fr)

 

 

Table des matières

 

Démentis etc : voir Part 1

 

Ecrivez-moi : Parce que j'adorerais savoir ce que vous en pensez. On peut me joindre à dreams@midnightisland.com

 

 

 

Chap. 2

 

 

 

Kris Milano but une gorgée de son cappuccino grande, ses yeux noisette rivés à l'écran de l'ordinateur devant elle. Elle allait finir d'écrire cet essai ce soir, même si ça devait la tuer.

 

Starbucks bruissait d'activité. Les masses accros à la cafféine, en manque d'une dose, continuaient à se déverser par les portes et Kris observait le manège de sa place sur le canapé. Son portable la regardait fixement depuis sa place sur ses genoux, et Kris lui jeta un regard plein de désespérance. Pourquoi était-elle forcée de prendre un cours de littérature, cela lui échappait. Elle ne se souciait que d'art. Qui se préoccupait de Shakespeare ? Il était déjà mort. Mais l'art… l'art vivait à jamais.

 

Elle ne s'apesantit pas sur le fait que beaucoup considéraient Shakespeare comme étant de l'art. Là n'était pas la question, et ça n'aidait en rien sa proscrastination.

 

"Comment tu t'en sors ?" demanda Leigh Radlin, la meilleure amie de Kris et sa colocataire. Elle portait son uniforme Starbucks, complet jusqu'au tablier vert. Elle tenait dans une main un chiffon mouillé et une bouteille de produit de nettoyage dans l'autre. Elle se mit à nettoyer la table la plus proche de Kris.

 

Kris secoua la tête, ne se donnant pas la peine de rappeler à Leigh qu'elle avait déjà nettoyé cette table. Deux fois. "Je vais te lire ce que j'ai jusque là", dit Kris. Elle se racla la gorge de manière théâtrale. "Dans la pièce de Shakespeare, "Songe d'une nuit d'été"…"

 

Leigh attendit qu'elle continue. "Oui", encouragea-t-elle.

 

"C'est tout."

 

"Ca fait quatre heures que tu es assise là", affirma Leigh. "Que diable as tu fabriqué pendant tout ce temps ?"

 

"Je pensais à des thèmes de couleurs pour ma dernière peinture", admit Kris. "Je n'arrive pas à décider si je dois donner au coucher de soleil une impression de chaleur… ou une impression de froid détachement. Peut-être que je ferai les deux. Oh, et il y a cette super photo que j'ai développé il y a peu. Je pense faire un genre de collage avec. Peut-être même…" Elle interrompit son babillage pour prendre note de la tête que faisait Keigh. "Oui, ok. L'essai." Résignée, elle se tourna à nouveau vers l'écran.

 

  • * *

 

Deux heures plus tard, Kris était toujours à la même place. Le cappucino avait depuis été remplacé par un mocha caramel et un morceau de gateau excessivement cher. Elle était certaine que l'un ou l'autre, ou peut-être même les deux, serait la cause de sa crise d'insomnie cette nuit-là.

Leigh se laissa tomber à côté de Kris avec un long soupir. "J'ai cru que je ne sortirais jamais d'ici."

 

"Tu es toujours là," lui fit remarquer Kris.

 

"Oui, tu as raison." Elle jeta un regard curieux à sa meilleure amie. "Alors, as-tu réussi à écrire au moins une phrase entière ?" la taquina-t-elle.

 

"Deux, en fait," répondit fièrement Kris. "Il est largement temps de faire une pause," dit-t-elle. "Allons-y."

 

Laissant Starbucks derrière elles, elles se dirigèrent dans les rues affairées de Time Square où une large foule de gens hurlant étaient rassemblés sous les fenêtres des studios de MTV. Ils hurlaient et criaient, brandissant des pancartes et des bannières.

 

"C'est l'heure de la becquée pour les larbins-parasites," commenta Kris, impassible, jettant un œil de l'autre côté de la rue au rassemblement d'hystérie. "J'imagine que les Backstreet Boys sont de retour en ville."

 

Leigh fit non de la tête, distraite par les posters qui pendaient à l'extérieur de Virgin Records. "C'est cette fille de cette série que tu détestes," dit Leigh. "Tu veux aller voir un film, ou faut-il que tu te remettes à ton essai ?"

 

"Non, je vais venir voir un truc avec toi," répondit Kris, ravie d'avoir une raison pour procrastiner. On n'était que vendredi, après tout. Elle avait jusqu'à lundi pour le rendre. L'essai pouvait attendre. Elle jeta à nouveau un coup d'œil de l'autre côté de la rue. "Julianne Franqui?"

 

"Celle-là même", confirma Leigh.

 

"C'est une telle snob," grommela Kris, se tournant pour faire face à sa colocataire. "Est-ce que tu l'as vue chez Leno la semaine dernière ? Elle pourrait au moins prétendre ne pas avoir la grosse tête."

 

"Elle a du talent, elle est célèbre et belle," répondit Leigh en haussant les épaules.

 

"Eh bien, elle n'est pas obligée de le rappeler à tout le monde," rétorqua Kris. "C'est une actrice, elle pourrait au moins faire semblant d'être un être humain convenable."

 

Leigh lança un regard à sa meilleure amie. "J'espère que quand je serai sur grand écran tu ne te montreras pas aussi catégorique."

 

Kris rit. "Je serai ta plus grande fan."

 

Leigh tint son cartable devant elle. "J'aimerais remercier l'academie pour cette prestigieuse récompense. Le réalisateur, la distribution et l'équipe de Tel Film, et ma meilleure amie… une seconde, j'avais noté son nom quelque part."

 

"Aïe." dit Kris en portant la main à son cœur. "Après tout ce que j'ai fait pour toi. J'ai assisté à une horrible pièce après l'autre."

 

"Horrible ?" se plaint Leigh, visiblement offensée. Elle parut considérer la question. "D'accord, je t'accorde que celle avec la nonne accro à la drogue n'était pas terrible. Mais celle où je jouais une rappeuse pseudo-intellectuelle avec un penchant pour la décoration intérieure était assez originale."

 

"La comédie musicale façon Martha Stewart ?"

 

"Martha Stewart n'est pas une rappeuse," argumenta Leigh. "J'ai pris mon rôle très à cœur. J'aimerais que tu ne te moques pas de moi de cette façon."

 

Kris dut rire. "C'était atroce."

 

"Ok, d'accord, c'était plutôt mauvais." Leigh haussa les épaules. "On verra si je rentre à Tisch."

 

"T'es-tu inscrite ?"

 

"Pour quoi faire ? Je n'ai pas les moyens d'aller à l'université de New York. Mais il reste Starbucks."

 

"Amen," acquiesca Kris.

 

  • * *

 

Plus tard ce soir là, Kris s'assit, le portable ouvert et les pieds posés sur la table basse devant elle. Leigh était assise à côté d'elle sur le canapé, armée de la télécommande de la télévision et prête à s'attaquer au monde. Au monde à l'intérieur du poste de télé, en tout cas.

 

La TV oscillait avec le changement de chaînes. Leigh était une zappeuse professionnelle. Elle avait les trophées pour le prouver. "Il n'y a rien," marmotta-t-elle.

 

"Eh bien, et si tu t'arrêtais sur un truc suffisamment longtemps pour lui laisser une chance," suggéra Kris, sachant que c'était une cause perdue d'avance. Depuis qu'elles partageaient un appartement –depuis deux ans pour être plus précis- le rituel avait toujours été le même. Kris baissa les yeux vers l'écran et se concentra sur l'email qu'elle écrivait.

Leigh se pencha pour voir ce que faisait kris. "Tu écris à Nathan ?" demanda-t-elle.

 

"Non," répondit Kris, déplaçant le portable pour que Leigh ne puisse pas lire ce qu'elle avait écrit. "Tu permets, curieuse."

 

Leigh regagna sa place d'origine. "Bien. Mais si tu trompes ton petit ami je veux être mise au courant."

 

"Si tu dois tout savoir, j'écris un email à mon père."

 

"Oh," dit Leigh, l'air déçu. "Et moi qui étais pleine d'espoir."

 

"Je ne comprends pas pourquoi tu n'aimes pas Nathan," dit Kris. "C'est un garçon sympa."

 

"Il m'ennuie à mourir," expliqua Leigh, exaspérée. "Tout ce dont il arrive à parler c'est de sa voiture. Et quand il ne parle pas de sa caisse, c'est pour dire à quel point il a hâte d'intégrer la fac de droit, et comme il va être riche et puissant un jour. Blah blah blah. Achètes-toi une vie, je dis!"

 

Kris sourit. "Il est juste fier d'avoir été accepté à Harvard."

 

"Et je suis fière d'avoir été prise à Starbucks," contra-t-elle, "mais je ne passe pas ma vie à m'en vanter. Le café, ma chère, est un art de vivre. Le droit c'est…." Elle haussa les épaules, continuant à chercher la chaîne parfaite. "Et d'ailleurs, que fabriques-tu avec un lycéen ? Tu es une étudiante, maintenant."

 

"Il n'a que deux ans de moins que moi," argumenta Kris. "On est ensemble depuis toujours."

 

"Depuis toujours étant le mot clef," répondit Leigh. "Maintenant que Nathan va partir étudier, ne penses-tu pas que vous pourriez laisser tomber un moment ? Ca n'est pas comme si votre relation était pleine de feux d'artifice et tout."

 

Kris fronça les sourcils. "Il y a des feux d'artifice."

 

"Bien sûr. Tu l'appelles à peine. Tu en parles à peine. Quand il est là, c'est comme vous étiez deux potes au lieu de petit ami/petite amie. Tu n'as même pas couché avec lui."

 

"Pas avant qu'on soit mariés," expliqua Kris. "Sais tu ce qui arriverait si ma mère découvrait que j'avais eu des relations prémaritales ?"

 

"Ce qui m'amène à mon argument suivant," déclara Leigh. "Tu as vingt ans. Ne devrais tu pas cesser de te soucier autant de ce que tes parents peuvent dire ?"

 

Kris haussa les épaules. "Ca ne se passe pas de cette façon dans ma famille. Et de toute façon, je ne fais pas toujours tout ce qu'ils désirent. Ils voulaient que je vive avec eux pendant que j'étudiais à l'université et j'ai refusé."

 

"Parce que je me suis interposée et que j'ai argumenté avec eux! Tu étais prête à jeter l'éponge."

 

Kris n'avait pas de réponse à ça. C'était la vérité. Mais elle ne pouvait pas s'opposer aux désirs de ses parents. C'était ses parents après tout. Ils l'avaient élevée, habillée, nourrie, et payaient ses études avec le peu d'argent qu'ils avaient. La moindre des choses était d'obéir à leurs vœux.

 

"Et quoi qu'il en soit, tu ne l'aimes pas."

 

Kris dévisagea son amie, en choc absolu. "Quoi ?"

 

"Je te connais, Kristina," dit Leigh sérieusement. "Tu n'es avec lui que parce que tes parents l'aiment. Pas parce que tu es amoureuse de lui."

 

Là, elle était vexée. "Je suis complètement amoureuse de Nathan."

 

"C'est ça," répondit Leigh.

 

Décidant de laisser tomber le sujet, Kris retourna à son email. Son père habitait désormais à San Francisco, aussi le voyait-elle rarement. Mais ils gardaient le contact par ordinateur. De temps à autre, elle arrivait même à le coincer en ligne. Après avoir envoyé sa lettre, Kris mit le portable de côté et se rassit pour regarder le défilé de chaînes. A sa grande surprise, Leigh finit par s'arrêter sur quelque chose.

 

"Regarde, c'est ta meilleure amie", se moqua-t-elle.

 

Kris leva les yeux au ciel. "Tu changes quand tu veux." Elle fit mine de s'arroger la télécommande.

 

Leigh la tint hors de portée. "Attends, je veux voir ce qu'elle a à dire."

 

Kris se rassit, résignée.

 

"Alors Julianne," le présentateur était en train de dire, "j'ai entendu dire que vous vous étiez trouvé un petit ami. Parlez-nous de lui."

 

"C'est mon meilleur ami," répondit Julianne. "Et l'homme le plus merveilleux que j'aie jamais rencontré."

 

"Les cloches nuptiales vont sonner bientôt ?" demanda le présentateur.

 

Julianne rit. "Je ne compterais pas dessus tout de suite."

 

Le présentateur passa à un autre sujet et Kris remarqua que Julianne semblait se détendre. "Je suppose qu'elle n'aime pas parler de sa vie personnelle," dit-elle.

 

"J'imagine," dit leigh avec un haussement d'épaule. "Quoi qu'elle dise, cela fera les gros titres demain."

Kris dut admettre que c'était vrai. Elle dirigea à nouveau son attention vers le poste.

 

"Des films en préparation pour vous ?"

 

"Il y en a un qui sort bientôt. Il est basé sur la série "L'Ange Gardien". On entendit un tonnerre d'applaudissement de la part du public.

 

"Où vous jouez un ange?"

 

"Tout à fait. Je joue un ange gardien qui s'appelle Kiara."

 

"Alors vous allez tenir le même rôle dans le film ?"

 

"Oui," confirma Julianne.

 

"Qu'est ce que ça fait de jouer un ange ?"

 

Julianne réfléchit. "C'est intéressant," dit-elle. "Kiara personnalise tout ce qui est bon. J'ai l'impression que ça me rapproche de Dieu."

 

"Oh je vous en prie," marmonna Kris. "Plus proche de Dieu, mes fesses. C'est une série télévisée."

 

"Chut, c'est le meilleur moment!" dit Leigh.

 

"J'ai amené un extrait", annonça Julianne, au grand plaisir de l'audience.

 

Leigh eut un rire plein d'allégresse. "J'adore."

 

Kris lui jeta un regard, haussant un sourcil. "Tu es tellement bizarre."

 

Leigh éteint la télévision et se tint debout devant le canapé. "C'est la première chose qu'ils vous apprennent en cours de comédie" l'informa-t-elle. "Une fois que vous maîtrisez la réplique de l'extrait, la célébrité et la fortune sont à votre portée."

 

"Ne faut-il pas être déjà célèbre pour avoir un extrait à apporter ?" s'interrogea Kris.

 

"Chut," lui dit Leigh. "Je me suis entraînée." Elle toussa pour s'éclaircir la gorge, et prit un air théâtral. D'un air très sérieux elle dit, "J'ai amené un extrait".

 

Kris regarda avec amusement.

 

"Ou," dit Leigh, faisant un grand sourire jusqu'à ce qu'elle ait exposé toutes ses dents. Elle adopta un horrible faux accent du sud. "Peuchère, je vous é amené un extrait."

 

"Je croyais que tu étais de Brooklyn ?"

 

Leigh réfléchit. "Eh bien, j'ai pensé à mon image, et je pense que je vais la tenter Belle du Sud. Qu'en penses-tu ?"

 

"Je pense que tu es folle à lier."

 

"Excellente nouvelle," répondit Leigh, se laissant retomber sur le canapé avec un petit sourire plein d'orgueil. "La marque d'une vraie artiste."

 

"Je m'insurge contre ça," dit Kris avec un sourire.

 

Leur conversation fut soudainement interrompue par la sonnerie du téléphone. Leigh tendit le bras au dessus de la table basse où était posé le combiné sans fil. "Morgue de New York" répondit-elle au telephone. "Vous les tuez, on les refroidit. Oh, Bonjour Madame Milano. Oui, elle est là, juste à côté."

 

Kris prit le combiné. "Bendición, mami," salua-t-elle sa mere en espagnol. "¿Como andas?"

"Bien, Kristina," répondit Sari Milano. "William viene mañana. Quiere decirnos algo así que pasa por acá."

 

Kris couvrit le combiné une seconde. "William sera chez maman demain. Tu veux venir avec moi?"

 

"Pour voir ton demi-frère de rêve? deamnda Leigh. "Mais bien entendu. Mais qu'ont les puertoricains de plus?" se demanda-t-elle subitement.

 

"Leigh vient également," informa-t-elle sa mère, ignorant le dernier commentaire fait par son amie.

 

"Esta bien," accorda Sari. "Tout va bien pour toi ? Comment va l'école?"

 

"J'ai un essai à rendre lundi," répondit-elle.

 

"Y como va?"

 

"Oh, ça vient merveilleusement bien," mentit Kris.

 

"Bueno, pues nos vemos pronto. Cuídate. Te quiero mucho, recuerda."

 

"Je t'aime aussi, maman. A bientôt." Kris raccrocha et regarda sa colocataire. "Ca fait un moment que William n'est pas venu. Je me demande ce qui se passe. Maman dit qu'il veut nous annoncer quelque chose."

 

Leigh réfléchit. "Peut-être a-t-il rencontré la femme de ses rêves. Il va probablement se marier. Ainsi s'en vont toutes mes chances de connaître l'amour véritable." Elle soupira en accentuant le côté dramatique.

 

Kris rit. "Peut-être, mais je ne pense pas que ce soit ça."

 

 

 

 

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