| 
  • If you are citizen of an European Union member nation, you may not use this service unless you are at least 16 years old.

  • Finally, you can manage your Google Docs, uploads, and email attachments (plus Dropbox and Slack files) in one convenient place. Claim a free account, and in less than 2 minutes, Dokkio (from the makers of PBworks) can automatically organize your content for you.

View
 

LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR4

Page history last edited by PBworks 12 years, 9 months ago

LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR

 

 

 

 

par Dreams

 

 

Traduction : Keegan (keegan@libertysurf.fr)

 

et Emilie(happymeal@hotmail.fr)

 

 

 

Table des matières

 

 

Démentis etc : voir Part 1

 

Ecrivez-moi : Parce que j'adorerais savoir ce que vous en pensez. On peut me joindre à dreams@midnightisland.com

 

 

 

 

Chap. 5

 

 

 

“Je hais Shakespeare,” grommela Kris, poussant une mèche de cheveux châtain clair derrière ses oreilles. La mèche qu’elle avait teinte en bleue était en train de se décolorer. Peut-être était-il temps de changer de couleur. Rouge, ou peut-être vert. "S’il était encore en vie, je le tuerais moi-même."

 

"Je suis sûre que c'est illégal," lui dit Leigh, alors que l'ascenseur s'arrêtait au 12ème étage. Elles commencèrent à marcher en direction de l'appartement. "Et de toute façon, je ne vois pas pourquoi tu es d'aussi méchante humeur. J'ai vendu deux de tes peintures aujourd'hui. Et, le plus important, William est à la maison."

 

Kris sourit comme elles parvenaient à destination. "Tu as raison. Aujourd'hui est une bonne journée. Je ne vais pas lasser une stupide dissert la gâcher." Elle frappa fort.

 

Comme la porte s'ouvrait, son sourire s'élargit.

 

William Serrano souleva sa demi-sœur dans ses bras et l'étreignit fort. Il lui embrassa la joue plusieurs fois avant de la libérer. "¡Llego la fea!" annonça-t-il.

 

Kris lui frappa l'avant bras. "Je ne suis pas laide," argumenta-t-elle.

 

William jeta un regard à Leigh et lui fit un clin d'œil. "No, no. Leigh no es fea. Pero tú…" Il reçu une autre tappe de la part de Kris.

 

Mme Milano vint vers eux un moment après, un sourire illuminant son visage. Ses yeux marron s'éclairèrent à la vue de sa fille. "Kristina," la salua-t-elle, l'embrassant sur la joue.

 

"Coucou, Mami", dit Kris.

 

"Leigh, sois la bienvenue." Sari Milano se tourna vers son beau-fils. "Arrête de parler en espagnol devant l'invitée. C'est impoli." Aux filles, elle dit, "Carlos et Dimitri sont partis au magasin chercher de la glace. Ils seront bientôt de retour." Elle fit volte-face pour les conduire vers le salon. "Venez, asseyez-vous. Je vous apporte quelque chose à boire."

 

Kris s'assit comme indiqué et regarda l'appartment. Il était petit d'après les normes. Le salon accommodait à peine le canapé sur lequel elle était assise. Mais c'était chez elle. Des peintures et des photos encadrées de Puerto Rico décoraient les murs. Accompagnant les masques de vejigantes, provenant de la ville natale de Carlos, Loiza. Kris n'était jamais allée sur l'île, mais Carlos et William en parlaient tout le temps. Ils s'étaient installés à New York peu de temps avant que Carlos et la mère de Kris se soient mariés.

 

Une fois que sa mère eut disparu dans la cuisine, Kris se tourna vers son frère. "Alors, c'est quoi ces grandes nouvelles que tu as à nous annoncer?" murmura-t-elle.

 

Le naturel enjoué de William s'assombrit. "Tu le découvriras un peu plus tard," dit-il, sa détresse évidente.

 

Kris était sûre que quoi ça puisse être, ça ne serait pas plaisant.

 

Sentant la tension dans l'air, Leigh décida de parler. "Alors, William, que fais-tu ces temps-ci ?"

 

Il dirigea de gentils yeux marron sur Leigh. "J'essaie de rentrer dans la programmation informatique," répondit-il. Mais c'est dur de décrocher un boulot qui paie bien par ici sans de bonnes études. Et l'école, c'est cher."

 

Mme Milano revint vaec le plateau, tendant à chacun un verre de jus d'oranges. "Désolée, c'est la seule chose fraîche de la maison jusqu'à ce que Carlos revienne avec la glace."

 

Chacun accepta la boisson et la remercia.

 

"Comment va le commerce de l'art ?"

 

Kris s'égaya. "J'ai vendu deux trois choses aujourd'hui. C'est une belle journée alors beaucoup de gens étaient dehors."

 

"Il n'y a pas d'argent dans l'art," affirma sa mère en secouant la tête. Ca n'était pas la première fois qu'elle le disait, mais comme les autres fois, le commentaire tomba dans l'oreille d'une sourde.

 

"Eh bien, Kris a beaucoup de talent," répondit Leigh. "Vous devriez voir comme les gens s'arrêtent pour regarder son travail. Elle aura sa propre galerie un des ces jours."

 

Kris lui sourit en réponse, flattée.

 

Sari hocha la tête. "Eh bien, je suis juste heureuse que kris ait Nathan pour prendre soin d'elle," dit-elle, souriant à sa fille.

 

William se racla la gorge. "Eh bien, je suis certain que Kris est capable de prendre soin d'elle," dit-il.

 

"Bien sûr qu'elle en est capable," acquiesca Sari. "Mais toute femme a besoin d'un homme pour s'occuper d'elle en ce monde. Et vice versa."

 

William baissa les yeux.

 

Kris appréciait les efforts de tout le monde, mais réalisaient-ils qu'elle était assise là, empêchant de ce fait d'avoir à parler d'elle comme si elle ne l'était pas ?

 

Avant qu'elle ait la chance de dire quoi que ce soit, la porte s'ouvrit et Carlos Serrano entra, portant un sac de glace sur une épaule et quelques sacs pleins dans sa main gauche. Comme William, il était grand avec des yeux et des cheveux foncés, et sa peau naturellement bronzée était encore plus foncée après de longues heures sous le soleil.

 

Dimitri, le frère de seize ans de Kris, entra derrière son beau-père. Il portait une paire de bouteilles de Coca-Cola, méticuleusement balancées dans une main, un autre sac posé sur l'épaule opposée. Dimitra ressemblait beaucoup à Kris, même si peut-être un peu plus semblable à son père qu'à sa mère. La puberté n'avait pas encore corrigé sa silhouette dégingandée, ce qui rendait sa posture un peu gauche, mais il le camouflait bien à l'intérieur des limites étendues de ses habits trop grands. Un bandana noir cachait sa chevelure châtain aux regards.

 

William se leva immédiatement pour aider ses frère et père.

 

"Pon el hielo en el freezer," instruisit Carlos à son fils. Il remarqua alors Kris et vint la saluer. Dimitri et William disparurent dans la cuisine pour tout ranger. "Bella," dit-il, se penchant pour embrasser sa fille sur la joue.

 

Kris sourit. Quelqu'un aun moins pensait qu'elle était belle. "Salut papa," dit-elle.

 

"Bonjour, Leigh," dit-il, l'embrassant sur la joue également. "Comment va la vie à vendre du café ?"

 

"Vraiment à merveille, M. S," répondit-elle. "Ca demande une personne très spéciale pour préparer la chose correctement."

 

"J'en suis certain," répondit M. Serrano, se déplaçant pour saluer sa femme. "kris, comment va l'école ?"

 

"As-tu fini ce papier ?" ajouta Mme Milano.

 

Kris bougea dans son siège. "Euh, presque," répondit-elle, espérant qu'elle mentait mieux qu'elle n'écrivait. "Force est d'aimer Shakespeare." Meurs, meurs, meurs…

 

A son soulagement, William et Dimitri revinrent dans le salon, portant des chaises de la cuisine afin d'avoir un endroit où s'asseoir.

 

Dimitri salua sa sœur de la tête. "Quoid'neuf, soeurette."

 

Kris lui jeta un regard en levant un sourcil interrogateur. "Salut, Dork Notoire. Qu'est ce qui se passe avec les fringues d'aspirant au ghetto ?"

 

En réponse, il lui lança un regard mauvais.

 

Elle lui tira la langue, pas sûre de ce qui dans les liens fraternels provoquait la chute du niveau de maturité.

 

Carlos se tourna vers son fils. "Alors, William, c'est quoi les grandes nouvelles, hein? Tu nous as tous sous la main, là."

 

William déglutit alors que les spots se dirigeaient sur lui. "Euh…"

 

"l a probablement mis quelque fille enceinte," commenta Dimitri.

 

"Non…" dit William, baissant les yeux et regardant dans son verre.

 

"Tu déménages ?" devina Kris.

 

William fit non de la tête.

 

Leigh sauta dans la conversation. "Tu t'engages dans l'armée ?"

 

"Tu te maries ?" demanda Dimitri.

 

"Je suis gay," dit William, levant les yeux.

 

Un silence de mort tomba dans la pièce, comme chaque membre de la famille absorbait l'information. Le verre tomba de la main de Sari Milano, éclaboussant la moquette ivoire du reste de son jus de fruit. Et comme un drapeau tombant au départ d'une course, il y eu une éruption d'exclamations.

 

Kris s'enfonça dans son canapé, pas encore capable de conjurer une réponse. William… gay ? Comment était-ce possible ? Il était tellement… peu gay. D'accord, elle ne se souvenait pas l'avoir jamais vu fou d'une fille, mais elle n'avait vécu avec lui qu'un an. Maintenant qu'il était parti de la maison, elle n'avait aucune idée de ce qu'il faisait. Eh bien, c'était clair.

 

Pour sa part, Leigh paraissait être en état catatonique. Kris essaya de la ramener en agitant la main devant son visage mais sans résultat. Sa meilleure amie continua de regarder dans le vide avec une expression distante.

 

Dimitri sortit comme un ouragan de l'apartement, marmonnant quelque chose à propos d'être dans la même pièce qu'un "maricón." Carlos était furax et en train de devenir de drôles de nuances de rouge et de violacé, telles, que Kris n'en avait jamais vu de pareilles auparavant. Sa mère était pour moitié pleurant, moitié priant.

 

Et William était assis à la même place, ne regardant rien. Il ne paraissait pas écouter son père déclamant sur la moralité. William raidit la machoire, puis se mit debout, dominant son père de sa hauteur. Sans un mot, il sortit de l'appartement et claqua la porte derrière lui.

 

"¡Malditosea!" jura Carlos. Il quitta le salon en trombe et disparut dans le couloir. Le claquement de la porte de la chambre retentit à travers le petit appartement.

 

Sari se leva également, rajustant sa jupe sur toute sa longueur. Elle s'excusa et se retira par le couloir également.

 

Kris se demanda ce qui diable venait d'arriver à sa famille. Là une minute. Partie la suivante. Elle envisagea de courir après William. Mais que lui dirait-elle si elle le rattrappait ?

 

Elle soupira. Autant pour une bonne journée.

 

 

 

**

Comments (0)

You don't have permission to comment on this page.