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LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR5

Page history last edited by PBworks 12 years, 9 months ago

LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR

 

 

 

 

par Dreams

 

 

Traduction : Keegan (keegan@libertysurf.fr)

 

et Emilie(happymeal@hotmail.fr)

 

 

 

 

Table des matières

 

Démentis etc : voir Part 1

 

Ecrivez-moi : Parce que j'adorerais savoir ce que vous en pensez. On peut me joindre à dreams@midnightisland.com

 

 

Chap. 6

 

 

 

"Alors, tu vas appeler ?" interrogea Julianne, depuis sa place sur la canapé. Après une fructueuse journée à jouer les touristes, tous les deux étaient revenus à l'appartement hôtelier, fourbus par toute la marche. Bien qu'Adrian ait insisté plusieurs fois afin qu'ils prennent un taxi, Julianne considérait qu'une telle action aurait déprécié l'expérience. D'autre part, ça n'était pas souvent qu'elle pouvait se promener dehors sans être reconnue instantanément.

 

Après un agréable et long bain, et un changement de vêtements, Julianne s'était retirée sur le canapé, où elle était désormais assise avec son ordinateur portable ouvert sur ses jambes étendues. Elle jeta un regard dans la direction d'Adrian qui était affairé sur son propre portable, à taper quelque chose avec abandon. Ils partageaient le canapé, mais Julianne en avait réquisitionné la majeure partie, forçant Adrian à utiliser la table basse pour reposer ses jambes. "Hello," appela-t-elle. "Vas-tu l'appeler ?"

 

"Appeler qui ?" demanda-t-il, n'interrompant pas sa frappe. Yeux bleus rétrécis en profonde concentration sur ce qu'il était en train d'écrire, quoi que ce puisse être.

 

"La jeune fille."

 

"Quelle jeune fille ?"

 

Julianne le poussa du pied, dans l'espoir qu'un petit contact physique le sortirait du monde, quel qu'il soit, où il résidait désormais.

 

"Hein?", demanda Adrian, levant enfin les yeux.

 

"Vas-tu appeler cette fille dont tu as obtenu le numéro aujourd'hui ?" demanda-t-elle, lui épelant tout afin d'éviter d'autres regards interdits.

 

Adrian écarta le commentaire d'un geste de la main et reprit son écriture. "Je pense que j'emménagerai ici avec toi," l'informa-t-il. "New York m'inspire. Je viens juste de commencer un nouveau scenario."

 

"Et le scénario que tu as commencé la semaine dernière ?" demanda Julianne.

 

"Il faudra qu'il attende," répondit Adrian. "Je suis en feu avec celui-ci."

 

Julianne le regarda pendant un moment, écoutant le son apaisant de ses doigts sur le clavier. Quand elle fut certaine que son meilleur ami n'allait pas lui accorder plus d'attention, elle revint à ses affaires.

 

Elle menait à ce moment là trois discussions différentes, avec trois personnes qu'elle ne connaissait pas. Ce qui était important, cependant, était qu'ils ne la connaissaient pas elle. La jeune fille du Canada pensait que Julianne était un péruvien de 40 ans. Le mec du Maine pensait qu'elle était strip teaseuse et proposait de la faire venir par avion pour un show personnel. Et la fille texane avait l'impression que Julianne était un fermier de l'Alabama.

 

Internet était tellement amusant.

 

"Hé, combien coûtait ce dessin?" demanda Julianne.

 

"Genre 10 dollars," répondit Adrian.

 

Julianne leva les yeux. "C'est tout ?"

 

"Qu'est ce que tu veux dire 'c'est tout' ? C'étaient mes derniers 10 dollars," se plaint-il. "On n'est pas tous millionaires, tu sais."

 

Julianne plongea dans sa poche et retira un billet de 10 dollars. "Je pensais que ce serait plus cher," répondit-elle. "Tu sais que je ne porte jamais beaucoup d'argent sur moi."

 

Adrian accepta l'argent. "Où est mon pourboire ?"

 

Julianne examina la question. "D'accord. Voilà un pourboire. Lève tes fesses de paresseux et appelle cette fille."

 

"Et pourquoi ?"

 

"Oh, je ne sais pas," répondit Julianne. "peut-être parce qu'elle s'attend probablement à ce que tu le fasses ? T'est-il venu à l'esprit que si elle t'a donné son numéroc'est parce qu'elle veut que tu l'appelles ?"

 

Adrian y réfléchit. "Tu crois ?"

 

"Les mecs," râla Julianne, retournant à son 'chat'.

 

Adrian retira la carte contenant le numéro de la fille et la jeta à Julianne, la frappant sur le front. La carte rebondit et atterrit sur le clavier. "Pourquoi ne l'appelles-tu pas ?" suggéra Adrian.

 

"Ha, ha," répondit Julianne, pince sans rire, enlevant la carte de sa place d'obstruction. Elle la lui renvoya. "C'est toi qui étais tout vantard d'avoir obtenu son numéro."

 

"Et je l'ai obtenu."

 

Julianne hocha la tête. "Je ne vous comprends vraiment pas. Tu obtiens un numéro. Tu l'appelles."

 

"Pourquoi fais-tu de cela toute une histoire ?" demanda Adrian. Il se tourna pour étudier sa meileure amie. "Se pourrait-il que ça ait à voir avec la mystérieuse artiste derrière l'œuvre. Hmmm?"

 

"Je t'en prie," dit Julianne avec un roulement des yeux. "Je pense juste aux intérêts des cœurs des jeunes femmes de part le monde."

 

Adrian acquiesca de la tête. "C'est ça," convint-il. "Comme quand tu reçois des lettres de fan. Tu les lis. Tu y réponds."

 

"C'est tout à fait différent," argumenta Julianne.

 

"Comment ça ?"

 

"Ca l'est, c'est tout."

 

Adrian se tourna pour mieux voir l'actrice. "On va faire un marché, Madame Je-me-donne-de-grands-airs. J'appelle ce numéro tout de suite," proposa-t-il, brandissant la carte, "si tu acceptes de lire, et de répondre à, au moins dix lettres de fans par semaine."

 

Julianne réfléchit. "Deux."

 

"Cinq."

 

"Trois."

 

"Marché conclu," répondit Adrian, offrant sa main.

 

Ils se la serrèrent pour sceller l'accord.

 

Julianne tendit la main et lui passa le téléphone. "Commence à composer."

 

 

 

*****

 

 

 

"Pourquoi est-il gay ?" geignit Leigh, se tapant la tête contre la table de la cuisine. "Il est trop sexy pour être gay."

 

Kris haussa les épaules. "Ceux qui sont sexy le sont le plus souvent. Rupert Everett … Ricky Martin .. Elton John…"

 

"Ricky Martin n'est pas gay," contra Leigh.

 

"Continue à t'en convaincre," dit Kris, tappotant le bras de son amie.

 

Leigh ouvrit la bouche pour répondre. Puis fronça les sourcils. "Attends une seconde, Eton John n'est pas sexy."

 

"Je suis sûre qu'il y a des gens qui pensent que si," répondit Kris. "Et puis, je n'arrivais à penser à personne d'autre."

 

Leigh soupira, se souvenant soudain du sujet de départ. "Alors, comment gères-tu tout ça ?"

 

"Il n'y a pas grand'chose à gérer," répondit Kris avec un haussement d'épaule. "Je ne comprends pas vraiment, mais je ne vais pas lui tourner le dos ou quoi que ce soit. Ca m'ennuie pour le reste de la famille. Ils ne vont pas lui faciliter la vie."

 

"Ca craint," commenta Leigh. "Ils devraient vraiment lui foutre la paix. Ca n'est vraiment pas la fin du monde."

 

"Ils ne vont pas le voir sous cet angle. Carlos a les nerfs parce qu'il croit qu'il a élévé son fils pour qu'il devienne une tapette. Et maman croit que William ira droit en enfer. Dimitri… je ne sais pas. Il est probablement juste effrayé à l'idée que ses amis le découvrent et se mettent à se moquer de lui à ce sujet."

 

"Et William?" poussa Leigh.

 

Kris fronça les sourcils. "Je ne sais pas…"

 

Leur conversation fut soudain interrompue par la sonnerie du téléphone, auquel Kris se mit en demeure de répondre. "Oui?" dit-elle.

 

"Salut," répondit une voix masculine. "Tu te rappelles de moi ? On s'est parlé un plus tôt ?"

 

Kris envoya un regard interrogateur à Leigh. "Ah bon ?"

 

"Oui, tu m'as donné ton numéro."

 

"Ah bon ?"

 

Une pause. "Peut-être que je n'ai pas le bon numéro."

 

"Probablement pas."

 

"Désolé."

 

"Pas de problème."

 

"Au revoir."

 

"Au revoir." Kris raccrocha le téléphone.

 

"Eh bien ?" demanda Leigh, dans l'expectative.

 

"Faux numéro," expliqua Kris. "Sinon, que crois tu que je devrais faire à propos de William? Devrais-je aller le voir ? L'appeler ? Lui écrire une lettre anonyme ?"

 

Leigh rit. "Cher William, je t'écris une lettre anonyme juste pour te dire que ça ne me dérange pas du tout que tu sois gay…''

 

"d'accord, peut-être que je lui passerai un coup de fil demain," dit Kris. "Ou tu crois que je devrais passer à son appartement ? Je ne suis pas sûre de savoir quoi lui dire, cependant."

 

Leigh pondéra la question. "Eh bien, tu pourrais lui dire exactement ce que tu lui dirais si tu ne savais pas qu'il est gay. Je suis relativement certaine que vous aviez des conversations tous les deux avant cette annonce."

 

Kris laissa échapper un soupir exaspéré. "Tu as raison. Je ne sais pas pourquoi j'en fais toute une affaire."

 

"Eh bien, tu sais, c'est une affaire de la plus haute importance. Maintenant, au lieu d'ignorer avec quelles filles il couche, tu ne sauras pas avec quels garçons il dort. Changement majeur dans ta vie. Laisse moi appeler ton psy."

 

"Très drôle," répondit Kris. "Je l'appellerai demain. Juste pour voir comment il va."

 

Leigh hocha la tête en assentiment. "Super idée."

 

 

 

****

 

 

Adrian raccrocha le téléphone. "Eh bien, voilà," dit-il à Julianne. "J'ai appelé. Elle a dû me donner un faux numéro."

 

Julianne le dévisagea. "T'est-il venu à l'esprit de la demander ?"

 

Adrian réfléchit. "Eh bien… non…" Il haussa les épaules. "De toute façon, le marché était que je l'appelle. Nulle part dans le contrat il n'était écrit que je devais de fait lui parler."

 

"Tu crains," l'informa Julianne.

 

Adrian lui renvoya la carte. "Amuse-toi bien avec ton courrier des fans. Je vais prendre une douche."

 

Julianne le regarda s'en aller, puis s'intéressa à la carte de visite dans sa main. Elle était blanche, toute simple. Au recto, on lisait : "Kris Milano. Œuvres originales : peintures, esquisses au fusain, à l'huile et au crayon. E-mail : kmilano@starplace.com." Il y avait également son adresse et son numéro de téléphone. Quelle confiance.

 

Elle fixa l'adresse email du regard pendant un moment, décidant de la marche à suivre. Juste un petit mot court, résolut-elle, ouvrant sa boite aux lettres. Elle remarqua le message urgent de son agent, mais l'ignora, cliquant à la place sur le bouton "composer un message".

 

Objet : votre art

Message :

 

Julianne regarda fixement le curseur clignoter, uncertaine à propos de quoi écrire.

 

Message :

 

Chère Mle Milano,

 

J'ai acheté une de vos esquisses un peu plus tôt aujourd'hui. La silhouette dans l'image reflétait tellement ce que je ressens parfois, que c'était comme si elle avait été dessinée en pensant à moi. Je me demandais si vous aviez une gallerie ici à New York où je pourrais peut-être voir plus de vos travaux ?

 

Sincèrement,

 

Julianne marqua une pause. Sincèrement, qui ? Elle regarda autour de l'appartement à la recherche d'un nom avec lequel conclure l'e-mail. Finalement, elle se décida.

 

Sincèrement,

J.R. Franks

 

Personne ne connaissait son vrai nom de famille, de toute façon. Elle relu l'e-mail, et décidant qu'il était suffisamment discret, le fit partir.

 

**

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