| 
  • If you are citizen of an European Union member nation, you may not use this service unless you are at least 16 years old.

  • Finally, you can manage your Google Docs, uploads, and email attachments (plus Dropbox and Slack files) in one convenient place. Claim a free account, and in less than 2 minutes, Dokkio (from the makers of PBworks) can automatically organize your content for you.

View
 

LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR6

Page history last edited by PBworks 12 years, 9 months ago

LA FACE AVEUGLE DE L'AMOUR

 

 

 

 

par Dreams

 

 

Traduction : Keegan (keegan@libertysurf.fr)

 

et Emilie(happymeal@hotmail.fr)

 

Table des matières

 

Démentis etc : voir Part 1

 

Ecrivez-moi : Parce que j'adorerais savoir ce que vous en pensez. On peut me joindre à dreams@midnightisland.com

 

 

Chap. 7

 

 

 

Kris était assise à la la table de la cuisine, tard le lendemain. Elle avait passé tout le week end à éviter la dissertation tant redoutée, et elle n'avait désormais pas d'autre choix que de se concentrer.

 

"Concentre-toi," se dit-elle, fixant l'écran de l'ordinateur. "Il y avait des fées… et un mec avec un âne sur la tête." Elle secoua la tête. "Shakespeare devait se shooter à quelque chose." Elle feuilletta le livre qu'elle tenait en main. "Titania était cool. Peut-être que je peux parler d'elle. Reine des fées et tout. Heh. Ca sonne curieux. Reine des fées."

 

Elle s'interrompit pour considérer cela. "Il faut que j'arrête de me parler à moi-même."

 

Elle était parvenue à écrire " Titania, Reine des Fées," quand le téléphone sonna, interrompant sa productivité.

 

Secrètement soulagée de l'interruption, elle s'empara du combiné accroché sur le mur. "Bonjour."

 

"Salut, ma belle."

 

Kris sourit légèrement. "Salut, Nathan."

 

"Tu m'as manqué ce week end," dit-il. "Tu veux faire quelque chose ce soir ?"

 

Kris fixa son ordinateur. "J'aimerais pouvoir, mais j'ai cette dissertation que je n'ai pas arrêté de remettre à plus tard depuis deux semaines. C'est à rendre demain."

 

"Oh," dit-il, d'un ton déçu. "Et si je te retrouvais après ton cours demain ? On pourrait aller manger quelque chose."

 

Kris pondéra son emploi du temps du lundi. "Je suppose que je peux te caser," répondit-elle, souriant. "Je veux te parler de quelque chose, de toute façon."

 

Nathan marqua une pause. "C'est à propos de nous ?"

 

"Non, pas du tout," répondit-elle vivement. "Un truc de famille."

 

"A propos de famille," commença Nathan. "J'ai parlé à ton père plus tôt dans la journée. On va dîner chez tes parents vendredi soir."

 

Kris fut subitement agacée. Pourquoi pensaient-ils toujours pouvoir planifier sa vie ? Et si elle avait eu quelque chose d'important à faire vendredi ? Cela leur arrivait-il jamais de demander avant ? "D'accord," dit-elle, ne souhaitant pas commencer une dispute. "Oh, hé, j'ai vendu trois œuvres l'autre jour."

 

"C'est bien, mon bébé," répliqua Nathan. "Bon, il faut que j'y aille. J'ajoute un autoradio du tonnerre à la Mustang. Dimitri va mourir quand il va voir ça."

 

Kris tenta d'ignorer le pincement de déception qui la traversa. Ca n'était pas la première fois que Nathan avait ignoré ses accomplissements. Elle savait qu'il pensait que la peinture était une perte de temps. "Comme si mon frère ne t'adulait déjà pas assez," plaisanta-t-elle.

 

Nathan rit. "Oui, bon… mais c'est toi que j'adule."

 

Kris força un sourire qu'elle ne ressentait pas. "Je devrais retourner à ma dissert'," dit-elle, ne s'arrêtant pas pour se demander pourquoi elle préférait soudain écrire sa dissertation que de parler à son petit ami. "Je te verrai demain, toutefois."

 

"Je te verrai à ce moment là, mon bébé," répondt Nathan. "Je t'aime."

 

"Je t'aime aussi," répondit-elle.

 

Elle soupira une fois le téléphone raccroché. Elle était déprimée et elle n'était pas sûre de savoir pourquoi. Elle regarda l'écran de l'ordinateur d'un œil résigné. Peut-être qu'elle devrait juste abandonner l'école. Elle n'avait pas besoin d'avoir un diplôme en arts visuels pour être une artiste. Vu comme les choses étaient parties, elle serait mariée à Nathan bien assez tôt de toute façon, et alors elle n'aurait plus à s'inquiéter de questions d'argent. Il allait devenir un avocat de première catégorie, après tout. Avec une voiture de première catégorie. Et une vie de première catégorie.

 

Et une femme qui avait laissé tomber ses études.

 

Elle ferma le fenêtre de sa dissertation et cliqua sur sa connection internet. Peut-être que son père lui avait répondu. Il lui remontait le moral, d'ordinaire. Elle avait souvent réfléchi à déménager en Californie. Mais elle ne pouvait pas laisser sa mère et son frère derrière elle comme ça. Et Carlos. Et William. Et Leigh. Oh, et Nathan, bien sûr.

 

Deux nouveaux messages.

 

Elle sourit en remarquant que son père lui avait répondu. Elle cliqua sur la lettre avec impatience.

 

Comment va ma petite fille ? Je crois que tu dois en avoir fini ta dissertation maintenant, mais te connaissant, on sera dimanche soir et tu n'auras toujours pas choisi de sujet. LOL. N'est-ce pas vrai ? Bon, je suis sûr que tu trouveras quelque chose. Parce que tu es brillante (tout comme ton père).

 

Le travail m'a bien occupé. Je suis juste revenu du site de construction il y a quelques instants. On reconstruit une vieille chapelle. Mais tu te moques bien de ça.

 

Je vais te laisser retourner à tes devoirs.

 

Je t'aime,

Papa

 

Kris sourit, se sentant légèrement mieux. Elle lui répondit un mot court lui demandant comment il la connaissait si bien, et lui disant d'être prudent au travail. Puis elle passa au message suivant dans sa boite. Elle ne reconnut pas l'adresse.

 

L'email s'ouvrit sur l'écran et elle en parcourut le contenu, s'attendant à un e-mail publicitaire. Elle fut surprise de découvrir qu'il n'en était rien. Aussi le lit-elle à nouveau.

 

"Eh bien, c'est une première," dit-elle, stupefaite. Quelque tristesse qu'elle ait ressenti quelques instants auparavant, elle fut soudain remplacée par de l'allégresse. Quelqu'un aimait vraiment son travail! Elle se sentait si heureuse qu'elle avait envie de se lever de sa chaise et de danser tout autour de la cuisine. Personne ne lui avait jamais écrit avant. Certains avaient acheté son travail et dit que c'était joli, mais vraiment prendre le temps de lui écrire ? Wow.

 

Kris se redressa sur sa chaise, repoussant ses cheveux derrière ses oreilles. Elle mordilla l'intérieur de sa lèvre, tout en débattant quoi répondre.

 

Cher J.R.,

 

Je suis ravie que vous ayez aimé mon travail. Je suis contente qu'il vous ait parlé. Puis-je vous demander lequel c'était ? Je pourrais vous donner une idée plus précise de ce à quoi je pensais quand je l'ai créé, si cela vous interesse. J'ai peur de ne pas avoir de gallerie, mais merci d'avoir posé la question. Peut-être un jour, si tous mes rêves se réalisent.

 

Merci pour votre lettre. Ce fut une surprise inattendue mais bienvenue. Elle m'aura non seulement alloué dix minutes supplémentaires de procrastination, mais aura aussi égayé ma journée, par ailleurs déprimante.

 

Sincèrement,

Kris Milano

 

Elle relut l'e-mail deux ou trois fois, espérant que ça n'aurait pas l'air trop dorky. Elle débatit d'enlever ou non le second paragraphe. Après un long débat, elle décida finalement de le laisser. C'était la vérité, après tout.

 

Une fois l'e-mail envoyé, elle rouvrit le fichier de son pseudo-essai. Mais elle ne pouvait pas se concentrer sur Shakespeare, désormais. Elle était trop excitée à l'idée d'avoir reçu son premier fan email.

 

Elle rit sous cape alors que le concept prenait effet. "Quelque part là dehors, j'ai un fan."

 

 

***

Comments (0)

You don't have permission to comment on this page.