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LES HAMADRYADES2

Page history last edited by PBworks 16 years, 8 months ago

Avertissements

 

Standard : Xena et Gabrielle et quelques autres personnages ont été créés et appartiennent à Universel/Renaissance et à quiconque est intéressé financièrement par Xena la princesse guerrière. Aucune atteinte des droits d'auteur n'est intentionnelle. Les autres personnages m'appartiennent.

 

 

 

Avertissement de violence : Cette histoire dépeint la violence habituellement associée à Xena princesse guerrière.

 

 

 

Subtext : cette histoire décrit l'amour entre deux femmes et notamment l’expression physique de leurs sentiments. Si cela vous dérange ou si vous avez moins de 18 ans, veuillez passer votre chemin. Pour les autres, bonne lecture !!!

 

Note : ceci est ma première fanfic alors soyez indulgents !!!

 

Commentaires : les commentaires et les questions sont attendus : s.scootie@tiscali.fr

 

 

 

 

Les hamadryades

 

 

par Scootie

 

 

Chap.1Chap.2

 

 

Deuxième partie

 

 

 

Chrisopélée lisait un mélange de peur et de volonté dans les yeux pers de Gabrielle.

 

« Allons nous installer sur ces pierres » dit-elle doucement tout en dirigeant Gabrielle. Une fois assise, la reine soupira et débuta son récit d’une voix monocorde :

 

« Depuis l’aube des temps, les Hamadryades vivent en harmonie avec la nature sous la protection de leur déesse Cérès. C’est dans la paix que nous traversons les siècles car les maux qui affectent les hommes nous sont inconnus. Ce que je voudrais que tu comprennes Gabrielle, c’est que la nature de ton espèce et celle de mon peuple n’ont rien de commun : nous ne connaissons pas l’envie, la jalousie, la vengeance ou ces folies qui vous mènent inéluctablement à votre perte. Nous ne savons pas nous battre car nous n’avons jamais eu d’ennemis. La simplicité de notre vie et la pauvreté de notre territoire ont éloigné mon peuple des appétits d’un quelconque guerrier désirant se forger une réputation. Mais, il y a deux lunes maintenant, les choses ont changé… nous ont changées. ». Sur ces derniers mots, Chrysopélée ferma les yeux mais Gabrielle ne lui laissa pas le temps de se replonger dans ses pensées :

 

« Et ? » dit-elle impatiemment.

 

La reine rouvrit immédiatement les yeux à présent voilés. Sa voix était faible et son intonation hésitante :

 

« Quatre d’entre nous ont disparu…puis trois autres quelques jours plus tard ».

 

La reine passa sa main dans ses cheveux. « Nous ne comprenions pas ce qui se passait…mais…il y a une demi-lune… nous avons eu la réponse à nos questions… des bêtes… des bêtes de plus de deux mètres nous ont attaquées… elles n’étaient qu’une quinzaine mais douées d’une force et d’une rapidité telles que nous n’avons pu que nous enfuir. Toutes celles qui se sont réfugiées avec moi dans cette grotte ont survécu…les autres ont été emportées par les bêtes. J’entends encore leurs cris de détresse et d’impuissance face à ses monstres. Leurs hurlements résonnent… »

 

« Attends !» l’interrompit Gabrielle « qu’entends-tu par bêtes ?»

 

Manifestement, Chrysopélée était en train de revivre ces événements et la colère avait envahi ses yeux lorsqu’elle se pencha vers Gabrielle pour lui dire d’un ton véhément : « Ils sont de ton espèce Gabrielle. Ils sont plus grands, plus puissants et plus véloces mais ils sont d’apparence humaine et ils concentrent ce qu’il y a de pire chez les hommes ».

 

 

 

 

 

 

La première ombre échappa à la lame acérée de Xena mais le coup suivant atteint son but et, ce qu’il fallait bien appeler un bras humain, tomba sur le sol alors qu’un cri rauque et bref emplissait l’air. Ses adversaires avaient ralenti leur vitesse et Xena put enfin d’observer le visage de ses ennemis. Elle ne s’attendait pas à ce qu’ils aient figure humaine même si des différences étaient notables : d’une taille nettement plus grande que la moyenne, ils étaient également pourvus de muscles étonnamment développés; la blancheur de leur peau et la noirceur de leur longue chevelure, ainsi que leur étonnante pilosité, offraient un contraste saisissant. Ils se ressemblaient à tel point que Xena eut l’impression d’avoir en face d’elle une grande fratrie, dont elle était la proie car tous la fixaient d’un air prédateur. Mais après sa première attaque, ils tournaient autour d’elle en gardant une distance raisonnable et se contentaient de la bousculer de temps en temps avec force. Elle avait l’impression qu’ils essayaient de lui faire comprendre qu’elle ne pouvait rien contre eux, qu’elle était à leur merci et qu’ eux seuls décidaient du moment de l’attaque. Soudain, le cercle se brisa et ils formèrent une ligne face à elle. Elle commença alors à reculer sans les quitter du regard alors qu’ils avançaient lentement vers elle, révélant des dents longues et acérées.

 

 

 

 

 

 

« D’apparence humaine… » répéta doucement Gabrielle. Elle réfléchit quelques instants et reprit la parole : « Sais-tu d’où ils viennent ? ».

 

« Non, ils sont apparus soudainement et notre histoire n’a jamais fait mention de ce genre de bêtes ».

 

« Vous n’avez aucune information qui puisse être utile ? »

 

« Nous savons seulement qu’ils ne s’intéressent pas uniquement aux hamadryades car, peu après l’attaque de ces bêtes, une bande de mercenaires est venue sur notre territoire. Nous nous sommes cachées et avons écouté leurs conversations : ils avaient été recrutés par différents villages afin de savoir ce qu’il était advenu de leurs commerçants qui avaient pris la route et dont ils n’avaient plus de nouvelles. La rumeur de ces disparitions avait fait le tour des villages encadrant la forêt, ce qui avait permis de circonscrire la zone où les disparitions avaient lieu. La bande devait traquer une meute de loups, un monstre ou encore un groupe de bandits. Ils ne savaient pas à quoi s’attendre et quand ils se dirigèrent vers le côté le plus sombre de la forêt, nous avons préféré ne pas les suivre. Depuis, nous ne les avons jamais revus ; ils étaient pourtant une dizaine de combattants lourdement armés ». La voix de Chrysopélée mourut sur ses derniers mots.

 

Gabrielle la fixa : « Sachant que vous ne pouviez les battre, vous vous êtes posé la question de savoir qui le pouvait ? »

 

« Oui, il nous fallait quelqu’un de hors norme, quelqu’un qui est, en quelque sorte, un monstre. J’ai donc invoqué ma déesse pour lui demander le nom de la personne qui pourrait nous débarrasser de ces humains et sa réponse se résumait en deux noms : Hercule ou Xena. Mais notre déesse nous a averti qu’Hercule étant en Crète, il se trouvait trop loin car la symbiose entre mon peuple et les arbres n’est pas un mythe et, loin de nos arbres, nous déclinons et finissons par mourir lentement.

 

Comme le temps pressait, notre choix s’est alors porté sur Xena qui était à quelques jours de notre territoire et dont la réputation de guerrière et de force n’est plus à faire. Elle n’est pas une demi-déesse mais elle n’est certainement pas une simple humaine. Le problème était sa réputation : nous avions entendu dire que maintenant elle oeuvrait pour le bien mais nous avions aussi entendu que c’était une fausse rumeur, qu’elle était toujours assoiffée de conquête. Alors, nous avons réfléchi à ce qui pourrait l’amener à se battre contre ces tueurs, qu’elle soit bonne ou mauvaise, et ton nom a été prononcé. Car les rumeurs contradictoires quant au chemin qu’avait choisi de suivre Xena, ne l’étaient pas quand elle te concernaient : tu es l’amie de Xena, celle qui la suit partout. Et si elle laissait permettre ça, c’est qu’elle devait te porter dans son cœur. Autrement, pourquoi une guerrière de sa trempe s’encombrerait-elle d’une personne comme toi ? Tu es son point faible Gabrielle et nous avons décidé de l’exploiter. »

 

Gabrielle, le regard trouble, demeura songeuse quelques instants. Les derniers mots de la reine la touchaient profondément mais elle n’eut pas le temps de s’appesantir sur ses émotions car la reine poursuivit son histoire :

 

« Notre plan était donc de te capturer et de t’amener sur notre territoire afin que Xena vienne te chercher. Pour cela, nous lui avons laissé une carte qui représentait une route qui ne pouvait que lui faire rencontrer nos ennemis. Le temps pressait et nous nous n’avions pas d’autres solutions. Notre déesse nous a donné le pouvoir temporaire de nous transformer en énergie pure afin de pouvoir t’enlever aux mains de Xena. Ce pouvoir, malheureusement, ne dure que quelques minutes et ne nous permet donc pas d’attaquer à notre tour nos adversaires. Nous n’avions pas le choix et nous avons donc agi pour notre survie. Je sais que tu es en colère Gabrielle et que tu t’inquiètes pour ton amie, mais je te parle de sauver un peuple tout entier, un peuple dont l’origine est plus ancienne que celle des hommes, un peuple qui était condamné ».

 

Un long silence s’installa pendant que Gabrielle réfléchissait.

 

 

 

 

 

Xena , tout en reculant, essayait de garder la même distance entre elle et ses adversaires. La peur, l’hésitation ou encore les questions n’existaient plus : seule la concentration dominait l’esprit et le corps de Xena. Elle continuait lentement et inexorablement à s’enfoncer dans la forêt toujours plus sombre et humide. Mais alors que les arbres se firent moins nombreux, la rangée de combattants se brisa pour ne laisser que de petits groupes plus mobiles. Ils changèrent progressivement de position pour former cette fois-ci un demi-cercle face à Xena. Elle n’avait pas d’autres solutions que de reculer. Elle se permit de quitter des yeux ses ennemis afin de trouver une issue. Aucune possibilité des deux côtés. Elle jeta alors un coup d’œil derrière elle et elle comprit qu’ils l’avaient amenée exactement là où ils voulaient quand elle vit un rocher haut d’une quinzaine de mètres qui lui barrait la route.

 

Elle se retourna pour, à nouveau, faire face à ses ennemis quand, soudain, deux d’entre eux bondirent sur elle. Par pur réflexe, elle transperça de son épée la poitrine du premier alors que sa main gauche saisit son chakram qu’elle ne lança pas, puisque d’un mouvement circulaire du bras elle s’en servit pour égorger le second. Mais à peine eut-elle le temps de terminer son mouvement, qu’elle sentit, plus qu’elle ne vit, une présence derrière elle.

 

 

 

 

Gabrielle se leva et fit face à Chrysopélée, toujours assise. Elle la fixa un moment et dit : « Peu m’importe tes raisons, nous réglerons ça plus tard ; maintenant, ce que je veux, c’est venir en aide à Xena. »

 

« Nous ne pouvons pas t’aider Gabrielle, nous ne sommes pas des combattantes comme tu as pu le comprendre »

 

« L’utilisation de la force n’est pas la seule manière de battre un ennemi. Tu dois m’aider à trouver une solution : ces combattants ont nécessairement un point faible ».

 

« Gabrielle, ils sont plus forts, plus rapides et agissent en meute quand ils traquent leurs victimes. Ils n’ont pas l’air de ressentir le moindre sentiment. La prédation est leur moyen de vivre et, face à ça, nous sommes impuissantes ».

 

« A combien nous trouvons-nous de leur territoire ? »

 

« A une demi-journée à cheval »

 

« Alors, j’irai »

 

« Tu ne peux pas Gabrielle »

 

« Je ne laisserai pas Xena se battre seule »

 

« Tu ne pourras pas te défendre Gabrielle, tu n’es qu’un moucheron pour eux. Ta présence pourrait distraire Xena de son combat. Tu pourrais la faire perdre. »

 

« Tu me recommandes donc de ne rien faire ? »

 

« Oui, Gabrielle, c’est la solution la plus sage : faire confiance à Xena ».

 

Gabrielle était dévorée par l’envie de rejoindre Xena, de savoir si elle allait bien. Cependant, elle savait que Chrysopélée n’avait pas tort car Xena cherchait toujours à la protéger à ses risques et périls. Face à la force brute, elle n’était pas d’une grande utilité mais Gabrielle, à ce moment précis, n’écoutait plus sa raison.

 

« Tu n’as pas tort »dit-elle doucement « mais je pars quand même »

 

« Mais tu cours à une mort certaine ! »

 

« Tu as fait des choix difficiles pour protéger ton peuple, je fais de même pour mon amie ».

 

Chrysopélée se dit que décidément ces humains étaient illogiques mais n’insista pas. Il était clair que Gabrielle ne changerait pas d’avis. Avec un peu de chance, elle arriverait même après le combat.

 

Gabrielle interrogea encore la reine : « Feras-tu quelque chose pour m’aider ? »

 

Chrysopélée ne sut quoi répondre et le silence qui suivit ne surprit pas Gabrielle qui avait une dernière question :

 

« Dois-je me mettre à genoux pour avoir un cheval ? ».

 

 

 

 

 

Lorsqu’elle sentit une présence derrière elle, Xena ne se retourna pas. Elle continua à fixer ses adversaires qui, soudainement, s’étaient reculés de quelques mètres et avaient adopté une posture respectueuse, le regard tourné vers le sol.

 

D’un ton doucereux, elle dit : « Tu es venu te divertir, Arès ? »

 

Il se mit à côté d’elle, épaule contre épaule. Puis, il tourna lentement la tête et lui chuchota à l’oreille : « Pourquoi, tu as quelque chose à me proposer, Xena ? ».

 

Elle sourit légèrement mais ses yeux étaient froids lorsqu’elle se tourna également vers lui : « Que fais-tu ici ? »

 

Il sourit en entendant son ton direct : « La moindre des politesses, surtout envers un dieu, serait de me saluer Xena, nous ne sommes pas des bêtes, n’est-ce pas ? »

 

« En fait, je trouve que tu as pas mal de points communs avec mes camarades de jeu. »

 

« Xena, ne prends pas le risque de me mettre en colère alors que tu es déjà dans une mauvaise position » dit-il en souriant.

 

« Arès, ne me dis pas que tu t’inquiètes pour moi ? »

 

« Tu m’es précieuse Xena » répondit le dieu de la guerre, tout en caressant du bout des doigts la joue de la guerrière.

 

« Dis-moi pourquoi tu es là Arès ?» dit-elle tout en le regardant droit dans les yeux, ce qui lui fit retirer la main « ou plutôt dis-moi pourquoi ils ont l’air d’avoir peur de toi ? »

 

Soudain sérieux, Arès répondit : « Je suis ici pour te proposer mon aide Xena, enfin… un service… à charge de revanche. Si tu acceptes il n’y aura pas de combat car, comme tu le vois, ils me craignent ».

 

« Arès, je n’accepterais même pas que tu me cires mes bottes alors t’être redevable… »

 

« Xena, je crois que tu oublies ton amie Gabrielle, tu sais celle à courtes pattes»

 

« Justement, non. »

 

« Xena… tu ne sais pas qui ils sont. Moi-même, je n’aimerais pas à avoir à me battre contre eux. »

 

« Tu as l’air de savoir beaucoup de choses, Arès… allez, sois un gentil garçon et explique-moi pourquoi je devrais renoncer au combat ».

 

Arès sourit mais le sérieux de ses yeux n’échappa pas à Xena.

 

« Tu devrais accepter ma proposition… me devoir un service n’est rien face à ce qui t’attend »

 

« Et qu’est-ce qui m’attend ? »

 

« Une mort certaine et douloureuse… car ils consomment leurs victimes vivantes…ils aiment la chair tendre et saignante » dit Arès tout en caressant d’un doigt le bras de Xena »

 

Xena réprima un frisson de dégoût et demanda doucement :

 

« D’où viennent-ils, Arès ? ». Celui-ci se perdit un moment dans le bleu des yeux de Xena puis il se racla la gorge et finit par dire : « je crois que je te dois bien une petite histoire … avant d’assister à ta mort, Xena…oui, en effet, je les connais et ça ne date pas d’hier. C’était à une autre époque, celle de l’Age de bronze. Cette heureuse période a été faste pour moi mais elle ne l’était pas pour les hommes. Ceux-ci, peu nombreux et faibles, devaient défendre leur vie quotidiennement face à des créatures extraordinaires dont il reste encore quelques glorieux spécimens, un peu moins depuis que tu manies cette épée… bref, ces combattants, comme tout bon guerrier, ne respectaient rien sinon moi, le dieu de la guerre, leur chef. Rien ne pouvait résister à leur puissance car ils n’ont pas d’émotion mais leur force fut aussi leur faiblesse. Car étant faits pour le combat, ils ne défendaient pas les plus faibles d’entre eux; ainsi les plus âgés, les malades ou encore les femmes enceintes furent dévorés par les plus forts qui ne voyaient en eux que des charges. Ils ne surent pas évoluer car ils étaient faits pour détruire et non construire. Aussi, progressivement, leur nombre devint de moins en moins important et, finalement, ils disparurent ».

 

 

 

« Permets-moi d’en douter Arès » dit Xena tout en faisant un geste vers ceux qui étaient l’objet de leur conversation.

 

« J’ai pu en ressusciter quelques-uns …en leur donnant mon sang et mon souffle car ils sont en quelque sorte mes enfants, un peu sauvages, certes, mais ils sont mes premiers élus Xena et je me dois de les protéger. »

 

Pendant toute l’histoire, Xena observa les élus d’Arès. Celui dont elle avait transpercé l’abdomen était encore en vie et essayait de ramper dans la direction opposée de ses « frères ». Ceux-ci avaient maintenant les narines bien ouvertes et semblaient très excités. Ils commençaient même à trépigner sur place et à pousser de petits grognements. Ils semblaient difficilement se contrôler et leur excitation était palpable mais tous regardaient Arès. Celui-ci eut à peine le temps d’hocher la tête, qu’ils se précipitèrent sur leur frère blessé pour, Xena n’en douta pas un instant, le dévorer. Et c’est ce qu’ils firent. Mais, pour manger, ils n’agissaient plus en meute : c’était à celui qui pourrait avoir la plus grande portion de viande. Aussi, rapidement, les cris de souffrance du blessé cessèrent pour laisser place à des bruits de chair que l’on déchire et que l’on avale.

 

« As-tu envie de terminer en plat de résistance, Xena » dit soudain Arès « car crois-moi il n’y a pas d’autre issue face à leur insatiabilité ».

 

Xena, encore sous le choc des images et des bruits, essayait de faire marcher efficacement son cerveau. Elle triait rapidement les informations qu’elle possédait sur ces cannibales. Ses yeux se fermèrent une seconde mais quand elle les rouvrit, ils montraient une confiance qu’en fait elle n’avait pas.

 

« Arès, plus je les regarde plus je te vois… alors pars avant de m’énerver »

 

Une lueur de colère assombrit les yeux d’Arès qui dit pourtant calmement : « Ta mort signera celle de Gabrielle ». Sur cette dernière phrase, il disparut.

 

 

 

 

 

Gabrielle se dirigeait fermement vers l’enclos que la reine lui avait indiqué et dans lequel des chevaux trottaient tranquillement. Sa démarche trahissait son angoisse et ses yeux sa colère. Soudain, une voix s’éleva derrière elle : « Tu vas la rejoindre ? ». C’était plus une affirmation qu’une question. Gabrielle se retourna promptement et dit : « Jesria, si tu comptes me convaincre de ne pas le faire alors tu perds ton temps »

 

« Non, je ne veux que t’offrir mon aide »

 

« Ton aide ? » répéta Gabrielle de manière dubitative.

 

« Même si j’ai obéi à ma reine sans rien dire, je n’étais pas d’accord avec son plan pour amener Xena sur le territoire de ces monstres. Alors si tu désires la rejoindre, je peux te servir de guide »

 

« Qui me dit que tu ne tenteras pas de m’éloigner du lieu du combat ? »

 

« Je ne veux pas avoir de sang sur les mains ». Gabrielle fixa ses yeux sur ceux de Jesria qui ne clignèrent pas. Sa sincérité semblait évidente mais Gabrielle avait appris à ne pas se fier aux apparences. Cependant, elle décida de lui faire confiance car son esprit lui disait qu’elle avait déjà perdu trop de temps. « D’accord, je te fais confiance mais si tu me trompes, je te jure que mes mains, elles, porteront ton sang». Jesria ne sembla pas s’inquiéter outre mesure et c’est avec conviction qu’elle répondit « je comprends »

 

« Bien, alors allons-y »

 

« Tu sais monter à cru ? »

 

« Non » dit Gabrielle en ouvrant l’enclos.

 

 

 

 

A peine Arès eut-il disparu que les premiers élus commencèrent déjà à se rapprocher de Xena en grognant. Elle n’avait pas eu le temps de trouver un plan ayant une véritable chance de fonctionner : l’idée qui lui était venue alors qu’elle regardait les élus manger leur frère était on ne peut plus hasardeuse et avait plus de chances de la faire tuer que de la sauver.

 

Mais le temps lui manquait, et c’est donc sans hésitation qu’elle se retourna fermement vers l’entrée de la grotte et qu’elle offrit son dos au regard et aux mains de ces prédateurs. Tout en effectuant ce mouvement, elle rangea son épée dans son fourreau et, à une vitesse hallucinante, se saisit de son chakram alors qu’elle entendit les pas de ses adversaires accélérer. De toutes ses forces, de toute sa volonté, de toute sa rage, elle le lança. A peine eut-elle terminé son mouvement, qu’elle se lança en l’air alors que le chakram finit son chemin dans la paroi rocheuse, à la moitié de la hauteur de l’obstacle. Il était alors à moitié planté dans la roche.

 

L’instinct de Xena avait maintenant pris les commandes de son corps alors qu’elle effectuait au zénith de son saut fulgurant un tour sur elle-même qui la projeta droit vers la roche. Elle savait que sa marge de manœuvre était très réduite et, alors que la paroi se rapprochait rapidement, elle mit ses mains à la hauteur de sa tête, les paumes tournées vers la roche. Le choc fut brutal mais il n’empêcha pas les mains de Xena de chercher quelque chose à agripper afin de ralentir la descente que le corps de Xena commençait à opérer le long de la paroi. Mais la descente, à peine commencée, fut coupée nette. Le souffle haletant, le cœur battant à tout rompre, le pied gauche de Xena reposait fermement sur la moitié de son chakram sortant de la roche. Elle connaissait la solidité de celui-ci mais pas celle de la roche qui le tenait emprisonné. Aussi, sans perdre de temps, son pied pivota afin d’être en parallèle avec la paroi. Elle tendit à nouveau sa jambe et poussa de toutes ses forces. Son saut l’amena à la crête du rocher et elle se tourna en l’air afin que ses mains en agrippent le bord. Pendue dans le vide, elle entendait les cris de colère de ses adversaires. Elle se hissa sur le sommet du rocher à la force de ses bras où elle resta accroupie quelques instants afin de calmer les battements saccadés de son cœur. Mais elle finit par se relever pour se saisir de son épée d’une main ferme. Elle s’approcha prudemment du vide et vit ses adversaires qui se lançaient déjà le long de la paroi qui était cependant trop élevée pour eux. Leur manège dura un moment, jusqu’à ce que l’un d’entre eux se détache du groupe pour se diriger vers la forêt. Quelques minutes plus tard, il revint portant une pierre d’une taille impressionnante, qu’il déposa au pied de la paroi puis il repartit vers la forêt alors suivi par ses frères.

 

Xena respira lentement. Elle se tenait droite et immobile au sommet du rocher. Elle n’essaya pas de descendre de son abri car elle savait pertinemment qu’elle était trop lente par rapport à eux. Elle regarda donc les pierres s’entasser au bas de la paroi pendant plusieurs dizaines de minutes. Alors que l'empilement des pierres atteignait environ trois mètres, elle sut qu’ils allaient bientôt être capables en sautant d’atteindre le sommet. Elle leva alors son épée vers sa paume gauche et fit une profonde entaille. Le sang jaillit de suite et elle tendit sa paume dans le vide. Le liquide rouge tomba en partie sur l’entassement des pierres et sur quelques-uns de ses adversaires qui apportaient encore des pierres.

 

 

 

 

Gabrielle se maintenait tant bien que mal sur son cheval alors que Jesria chevauchait avec grâce plus en avant. La voix de la conseillère de la reine s’éleva soudain pour dire piteusement alors qu’elle ralentissait l’allure pour être à la hauteur de Gabrielle: « Je veux te présenter mes excuses pour ce que mon peuple a fait … à toi et à Xena »

 

« Je te remercie mais je préférerais que tu m’aides à faire avancer ce cheval plus rapidement » répondit Gabrielle, exaspérée.

 

« D’accord ». Jesria frappa alors fortement la croupe du cheval qui s’élança au galop alors qu’un cri de stupéfaction se fit entendre à des kilomètres à la ronde.

 

 

 

 

Toujours debout et immobile, Xena s’efforçait de demeurer calme face au spectacle qui s’offrait à elle. L’objectif de la blessure qu’elle s’était infligée était atteint : ils se poussaient, se bousculaient afin d’être le premier pour la curée. Ils ne se contrôlaient absolument plus. Son but était réalisé : de meute organisée, ils n’étaient plus que des bêtes agissant pour leur propre compte. La frénésie s’était emparée d’eux. Ainsi, tous essayaient de manière désordonnée de sauter à partir du monticule de pierres afin d’atteindre le sommet de son abri mais il leur manquait un bon demi-mètre.

 

Elle fit un pas de plus, et s’accroupit à la limite du bord de la roche. Elle posa sa main gauche sur le sol, l’autre tenant toujours son épée. Et, alors qu’un des premiers élus d’Arès, après un bond prodigieux, allait atteindre la paroi rocheuse à quelques dizaines de centimètres du sommet, elle tourna sa longue épée de manière à qu’elle soit perpendiculaire au sol, et l’abaissa prestement. Les bruits d’un crâne brisé et d’un cri de surprise furent doux aux oreilles de Xena. Elle retira l’épée de la tête, non sans un bruit de succion, alors que le corps moribond allait s’écraser au milieu de ses frères. Ceux-ci ne prirent pas la peine de l’enlever de leur passage et ils poursuivirent leur série de sauts en direction du sommet. Inlassablement, ils bondissaient, même si à chaque fois que l’un d’entre eux se rapprochait trop de la cime, Xena pratiquait une ouverture assez conséquente dans leur crâne. Ce manège dura un moment, jusqu’à ce que celui qui était parti le premier à la recherche de pierres dans la forêt s’arrête et que le reste du clan finisse par l’imiter. Au milieu des corps sans vie, il n’en restait plus que cinq encore debout et tous étaient maintenant très calmes. Xena ne quitta pas des yeux celui qui était apparemment le plus intelligent. Quand celui-ci se rapprocha du corps privé de vie d’un ses frères, elle sut qu’elle allait devoir les affronter. Elle observa donc stoïquement l’entassement des cadavres que ses adversaires s’efforçaient maintenant de réaliser sur le monticule de pierres. Une fois la pyramide de cadavres achevée, ils se mirent en file indienne et sautèrent chacun leur tour vers le sommet.

 

 

 

 

Gabrielle avait l’impression qu’à tout moment son corps pouvait se disloquer alors que le galop de son cheval ne faiblissait pas. Mais ses mains tenaient fermement la sombre crinière de son cheval car elle était consciente que chaque minute pouvait être précieuse. Elle essayait de focaliser ses pensées sur la conduite de son cheval mais, immanquablement, celles-ci dérivaient vers Xena. Son inquiétude était à son comble et un mauvais pressentiment l’avait envahie. Elle tenta de se raisonner en se répétant que Xena était pleine de ressources et que sa force physique et son intelligence stratégique étaient hors du commun. Mais son anxiété ne diminua pas pour autant. Elle murmura d’une voix tendue: « tu as intérêt à être en vie, Xena ; sinon j’irai te botter les fesses au royaume des morts ».

 

 

 

 

De sa main gauche, Xena saisit une dague cachée sur le côté de son armure et, alors que les cinq élus, après s’être élancés dans les airs allaient atteindre son refuge, elle la lança vers la gorge du premier de ses adversaires qui fut tué sous le coup. Le deuxième n’eut pas le temps d’atterrir que l’épée de Xena le transperça au niveau de l’abdomen. Des bruits sourds se firent entendre : les trois autres venaient de toucher terre. Sans temps mort, Xena entendit le pas d’un des élus derrière elle : elle attendit le dernier moment pour effectuer un saut vertical et se retourner en l’air afin d’atterrir dans le dos de son adversaire et de le pousser de toutes ses forces avec une jambe. Il ne put résister à la poussée et bascula dans le vide en hurlant. Mais, une vive douleur au niveau de l’épaule gauche la surprit. Elle donna un violent coup de coude en arrière, ce qui eut pour effet de faire cesser la douleur, puis elle se retourna pour faire face à ses deux derniers adversaires qui se tenaient maintenant côte à côte. Apparemment, ils avaient compris qu’elle n’était pas une proie facile.

 

Soudain, ils bondirent en même temps dans sa direction et elle n’eut que le temps d’amener son épée devant elle avant de s’effondrer sous le poids des deux élus. Un coup puissant au niveau du poignet la fit lâcher son épée puis elle sentit des dents et des griffes marquer son cou et son abdomen. Elle essaya de les repousser mais ses efforts étaient vains face à leur force surhumaine. Elle cessa alors de se défendre et prestement mit le pouce de chaque main sur chacun des yeux d’un de ses adversaires et appuya de toutes ses forces alors que les dents de l’autre s’enfonçaient profondément dans sa chair. Elle sentit les globes éclater alors que sa victime tentait maintenant de se reculer de celle qui était précédemment sa proie. Mais, elle sentit les mains de son dernier adversaire serrer soudainement son cou : en vain, elle essaya de les retirer.

 

Alors que l’air commençait à lui manquer, elle frappa toutes les parties de son corps avec puissance mais rien n’y fit. De plus, les longs bras de son adversaire la tenaient éloignée de son visage, et ses jambes et son bassin étaient immobilisés sous le poids de son attaquant réduisant ainsi ses chances d’échapper à l’étau qui enserrait son cou. Elle puisa alors dans ses dernières réserves d’énergie et de volonté pour tourner sa tête vers la gauche, la souleva légèrement et ouvrit largement sa bouche afin de mordre de toutes ses forces son adversaire au niveau du poignet. Le goût du sang envahit immédiatement sa bouche. Son adversaire s‘éloigna aussitôt et sa main valide tenta de retenir le sang qui coulait abondamment de sa blessure. Cependant, ses yeux ne quittèrent guère Xena lorsque que celle-ci se remit debout non sans douleurs. Elle recracha immédiatement le sang de son ennemi. Ne se préoccupant pas de ses diverses blessures, elle se remit en position d’attaque. Yeux dans les yeux, ils ne prêtaient aucune attention aux cris de souffrance de ceux qui agonisaient. Sachant parfaitement que c’était un combat à mort, la tension des deux ennemis était palpable. Progressivement, ils commencèrent à tourner lentement en rond, ce qui amena Xena près de celui dont elle avait crevé les yeux et, d’un coup de pied, de le précipiter dans le vide. Mais, vu l’importance de ses blessures, Xena savait qu’elle ne pouvait se permettre d’attendre plus longtemps : elle sentait son corps perdre de son énergie. C’est donc sans l’ombre d’une hésitation qu’elle rangea son épée dans son fourreau et qu’elle se dirigea vers le bord du rocher pour se jeter dans le vide.

 

 

 

Cela faisait plusieurs heures maintenant que Gabrielle et Jesria chevauchaient lorsque cette dernière imposa une pause. Elles stoppèrent simplement leurs chevaux au bord du chemin afin de les désaltérer avec leurs propres outres remplies d’eau que Jesria avait pris la peine de prendre. Gabrielle était au-delà de l’énervement.

 

« Gabrielle, nous devons laisser les chevaux se reposer quelques minutes : ils sont à bout »

 

« Mais nous n’avons chevauché que quelques heures »

 

« Ils n’ont pas l’habitude de galoper aussi longtemps Gabrielle…juste quelques minutes de repos».

 

Gabrielle n’en pouvait plus : l’incertitude concernant le sort de Xena et cette interminable chevauchée soumettaient ses nerfs à dure épreuve.

 

Le silence fut soudain rompu :

 

« Je t’envie » dit d’une petite voix Jesria.

 

« Quoi ? » répondit Gabrielle, suffoquée.

 

« je t’envie… enfin… je veux dire que le fait de te voir si inquiète à propos du sort de Xena alors que celle-ci n’a pas hésité une seconde à voler à ton secours montre à quel point… ». Jesria semblait chercher ses mots. « Vous êtes importantes l’une pour l’autre ».

 

Les mots jaillirent « Elle remplit ma vie comme nul autre auparavant ».

 

 

 

 

Xena savait qu’elle ne pouvait sortir indemne d’un saut d’une telle hauteur et l’atterrissage et la douleur au niveau de la cheville gauche qui s’ensuivit lui confirmèrent que son idée était dangereuse. Mais, le seul moyen de battre son adversaire était de gagner quelques dixièmes de secondes sur ses agissements. Elle effectua, par conséquent, une roulade et se releva aussitôt en ignorant la douleur, à quelques mètres des cadavres empilés de ses ennemis, son épée à nouveau en main.

 

Mais son adversaire ne l’avait pas suivie. Tous les sens en alerte, elle regarda rapidement autour d’elle. Rien.

 

Mais, en entendant des bruits rapides de pas, elle sut qu’il avait compris sa manœuvre et qu’il était descendu de l’autre côté du rocher. Plus loin sur la gauche, elle le vit bientôt courir à une vitesse effrayante à quatre pattes. Son regard était de glace mais il stoppa net à quelques mètres d’elle et se releva. Lui aussi rencontra un regard glacial. Plus fort et plus rapide, son ennemi ne pouvait que la battre. Elle en était persuadée. Alors, après avoir, une demi-seconde, observé le sol, elle fit semblant de vaciller. Ce ne fut pas très difficile car les nombreuses blessures qu’elle avait reçues saignaient pour certaines relativement abondamment. Son visage reflétait la douleur et des gouttes de sueur apparaissaient sur son front. Son adversaire continuait à l’observer sans l’attaquer. Elle posa un genou par terre et respira difficilement et bruyamment. Soudain, elle se laissa tomber lourdement sur le dos alors qu’elle lâchait son épée. Elle paraissait inconsciente mais en fait elle était à l’affût : si elle voulait le tuer, il fallait qu’elle le laisse approcher le plus près possible. Elle ne réagit donc pas quand il commença à tourner autour d’elle, de plus en plus proche. Elle ne fit aucun geste lorsque d’un coup de pied, il fit voler plus loin son épée. Quand il commença à lui donner des coups de pied pour se reculer tout aussi vite, son corps demeura immobile sous la douleur. Alors, avec précaution, il s’approcha d’elle. Quand il se baissa pour mordre violemment sa cheville blessée, elle ne réagit toujours pas. Alors, il s’approcha lentement de sa gorge pour lui donner le coup de grâce. Elle sentit son souffle sur son cou. Sa vie reposait à ce moment précis sur sa rapidité. Elle bougea alors rapidement la main droite qui se retrouva presque aussitôt enserrée par les mains de son adversaire. Mais l’attention de celui-ci était focalisée sur la lutte qu’il menait maintenant avec le bras droit de Xena. Il n’eut donc pas le temps de se protéger la tête lorsqu’une pierre, que la main gauche de Xena avait saisie sur le sol et qu’elle avait précédemment repérée, vint fracasser, avec force, le côté de son crâne. Son adversaire sonné, Xena le saisit par les épaules et le poussa sur le dos à côté d’elle. Elle jugea dangereux le fait d’aller chercher son épée car déjà il reprenait ses esprits. Aussi, maintenant à genoux, Xena se saisit de sa tête des deux côtés et se mit à la frapper avec puissance contre le sol. Même, après que la roche fut souillée de sang et très vite de petits bouts de cervelle, elle continua un instant. Le corps inerte de son adversaire, cependant, ne lui suffit pas. Elle chercha des yeux son épée, se leva pour la prendre et une fois revenue près de son adversaire, le décapita.

 

 

 

Gabrielle observa un instant le soleil et elle se maudit : trop inexpérimentée, elle ne pouvait chevaucher plus rapidement sans risquer de se briser le cou. Jesria qui était devant elle, tourna la tête pour dire quelque chose qu’elle n’entendit pas à cause du bruit de sabots des chevaux au galop mais qu’elle comprit sans peine : elles approchaient du lieu de la bataille. Son cœur se mit alors à battre plus vite. C’est alors qu’elle aperçut quelque chose bouger plus loin sur le chemin. Jesria, prudente, avait ralenti la vitesse de son cheval mais Gabrielle ne l’imita pas. Elle voulait savoir. Dépassant Jesria, elle incita même son cheval à aller plus vite. Mais quand elle s’approcha suffisamment de sa cible pour reconnaître Argo, une nouvelle vague d’inquiétude la submergea car elle était seule. Elle arrêta tant bien que mal son cheval à la hauteur d’Argo et tout en caressant le flan du cheval de Xena, alors que Jesria l’avait rattrapée, elle dit : « Argo, mène-moi à Xena ». L’absence de réaction d’Argo l’irrita mais ne l’étonna pas car Argo n’avait qu’une seule maîtresse. Jesria fit part de son étonnement : « Gabrielle, ce n’est qu’un cheval ». Celle-ci ne prêta pas attention aux paroles de Jesria car elle avait eu la même réaction lorsqu’elle avait entendu Xena parler pour la première fois à son cheval comme à un humain ; aussi réitéra-t-elle son désir à Argo. Celle-ci la fixa quelques secondes puis fit demi-tour et partit au galop. Jesria regarda Gabrielle la bouche ouverte alors que celle-ci fit le commentaire suivant : « je sais, la première fois ça m’a fait le même effet ». Mais Gabrielle n’attendit pas que Jesria se remette de son étonnement pour partir sur les traces du précieux cheval de Xena.

 

 

 

 

Xena fit l’inventaire de ses blessures : ses épaules et son abdomen étaient marqués par de profondes morsures et lacérations et elle se doutait que son cou devait présenter de jolies ecchymoses. La douleur était vive mais elle était sa compagne depuis tant d’années qu’elle ne lui prêta qu’une relative attention. Rien de nouveau, pensa-t-elle brièvement. Elle mit alors deux doigts dans sa bouche et siffla Argo. Elle attendit quelques minutes avant de recommencer. Ses yeux scrutaient les alentours quand elle entendit le bruit d’un cheval au galop. Elle sourit légèrement. Quand elle entendit le bruit de deux autres chevaux, elle sortit son épée de son fourreau et le sourire s’évanouit. Mais lorsque les chevaux ainsi que leurs cavaliers entrèrent dans le champ de vision de Xena, un sourire cette fois-ci éclatant réapparut alors que le soulagement de voir Gabrielle saine et sauve lui fit presque tourner la tête. Elle vit le même sourire apparaître sur le visage de Gabrielle qui s’arrêta enfin à sa hauteur. Xena, oubliant ses blessures, freina sa descente du cheval. Gabrielle, les pieds à peine posés, n’eût même pas un regard pour les élus et prit Xena dans une étreinte sauvage que celle-ci imita. Sans qu’elles en aient conscience, elles finirent par se bercer lentement alors que Xena posait son menton sur la tête de Gabrielle. Elles étaient incapables de rompre cette étreinte. Inconscientes du temps qui passait, elles savouraient l’instant de ces silencieuses retrouvailles. Mais, des sanglots secouèrent bientôt le corps de Gabrielle. Xena caressa alors doucement le dos de son amie afin de la réconforter et attendit patiemment que les pleurs de son amie cessent. Ce qui prit plusieurs minutes. Alors, Xena se détacha doucement du barde mais laissa ses mains sur les épaules de celle-ci.

 

« Tu n’as rien ? » demanda-t-elle tout en l’examinant.

 

« Non mais je crois que tu ne peux pas en dire autant » commenta Gabrielle sur un ton inquiet.

 

« Mes blessures sont plus spectaculaires que graves ; ne t’inquiète pas, je me sens bien ». Tournant la tête, les yeux de Xena prirent pour cible Jesria qui baissa immédiatement la tête. Le regard toujours fixé sur l’étrange créature, Xena ajouta : « Gabrielle, quelques explications concernant les derniers événements ne seraient pas superflues ».

 

Gabrielle examinant toujours le corps de Xena répondit un peu ailleurs : « je te raconterai toute l’histoire en pansant tes blessures ». Sur ce, Gabrielle se dirigea vers les sacoches d’Argo où elle trouva, à sa place habituelle, les diverses mixtures et bouts de lin pour soigner Xena.

 

 

 

 

 

Assise, la grande guerrière écouta attentivement les explications de Gabrielle et mit de côté la douleur provoquée par les soins de celle-ci.

 

Le seul commentaire de Xena à la fin de l’histoire fut : « je vais les massacrer ».

 

Une main sur son épaule et Xena releva la tête pour se retrouver tout près du visage de Gabrielle. Elle sentit le souffle de celle-ci sur son visage alors que la douceur de son regard la subjugua:

 

« Moi aussi je suis en colère pour ce qu’elles ont fait… mais lorsque l’on se bat pour ceux que l’on aime, on peut parfois perdre la notion de ce qui est juste » dit Gabrielle tout en caressant l’épaule de Xena.

 

« Tu veux que je leur offre mon pardon » demanda doucement Xena.

 

« C’est à toi de décider Xena mais je crois que l’on peut comprendre les raisons qui les ont poussées à agir de cette manière ; de toutes façons, tu as le temps d’y réfléchir, le plus important maintenant est que tu guérisses ».

 

« Je vais bien Gabrielle ».

 

Se perdant dans le regard de Xena, Gabrielle mit quelques instants avant d’ajouter :

 

« Je te promets de ne pas m’inquiéter, si tu me promets une chose »

 

« Laquelle ? » dit Xena en souriant

 

Gabrielle, sans pouvoir s’en empêcher, lui rendit son sourire.

 

« Promets-moi de me laisser m’occuper de toi dans les prochains jours et de m’obéir »

 

« T’obéir ? » demanda Xena interloquée.

 

« Pour tout ce qui concerne ta santé, Xena » précisa Gabrielle.

 

« Gabrielle, tout va bien et je n’ai pas besoin de… » Xena ne termina pas sa phrase. Elle était consciente du fait que Gabrielle avait besoin de se sentir utile mais elle n’aimait pas que l’on s’occupe d’elle. Elle savait être une malade difficile et impatiente alors obéir à Gabrielle allait sûrement être une épreuve. Mais les yeux encore brillants de Gabrielle l’emportèrent; après tout, cela pouvait être également une expérience intéressante.

 

« D’accord, je promets »

 

« C’est vrai ? » Gabrielle était stupéfaite : elle s’était attendue à une longue résistance de la guerrière.

 

« Tu es sûre que tu vas bien ? »

 

Pour toute réponse, Xena sourit.

 

Quelques secondes après, Gabrielle, un petit sourire en coin, ajouta : « il n’y a pas de villages à des kilomètres à la ronde et puisque tu es amoindrie je crois qu’il est préférable de ne pas dormir à la belle étoile. De plus, une conversation avec la reine des Hamadryades s’impose » puis elle se tourna rapidement vers Jesria pour lui demander : « peux-tu nous offrir l’hospitalité pour la nuit ? »

 

 

 

 

« Xena, tu es blessée et personne n’est capable d’aller le prendre là haut ! ».

 

« Je ne veux pas laisser une telle arme ici » répéta celle-ci.

 

« Xena, même si par un incroyable hasard quelqu’un s’aventurait ici, à la vue de ces cadavres » dit-elle en pointant un corps d’un doigt « il s’enfuirait en courant ». Xena eut le juste le temps d’ouvrir la bouche avant que Gabrielle ajoute : « de plus, dans deux heures, tout au plus, il fera nuit noire, alors ne t’inquiète pas personne ne volera ton chakram ».

 

« Mais »

 

« Xena, Jesria a promis de le récupérer demain à la première heure et toi tu dois te remettre de tes blessures et prendre du repos… et je te rappelle que tu as fait une promesse ». Les derniers mots de Gabrielle furent prononcés sur le ton de la colère. Xena pensait que laisser une telle arme dans la nature était une folie mais les arguments de Gabrielle et une fatigue soudaine la firent fléchir.

 

 

 

 

Le chemin à peine éclairé par la lune, elles avançaient prudemment au petit trot. Elles avaient parcouru la moitié du chemin menant au territoire des Hamadryades lorsque Gabrielle n’eut plus de questions à poser à Xena concernant son combat. La guerrière sourit ironiquement lorsque les questions de Gabrielle se portèrent sur le peuple de Jesria. Xena mémorisait distraitement les informations données par la conseillère de la reine mais son esprit était préoccupé par autre chose : depuis plusieurs minutes, un épouvantable mal de tête s’était installé. Sachant que Gabrielle ne pouvait la voir, elle porta une main à son front puis pesta intérieurement contre elle-même : elle avait de la fièvre. Lorsque ses jambes se mirent à trembler et que ses oreilles bourdonnèrent, elle sut que les blessures seules ne pouvaient expliquer la réaction de son corps. Quelque chose n’allait pas chez elle. Une douleur fulgurante la fit soudain plier en deux et elle ne put réprimer un gémissement de douleur qui fit aussitôt tourner la tête de Gabrielle vers elle :

 

« Xena ? »

 

« Ça va, juste un mauvais mouvement ». La légère hésitation dans la voix de Xena apprit à Gabrielle que la guerrière lui cachait quelque chose. Dirigeant son cheval vers son amie, elle ne pouvait cependant pas voir la grimace de douleur de celle-ci. Sans répit, une seconde vague de douleur encore plus intense explosa dans la tête de Xena, la faisant presque défaillir. Mais la troisième y réussit alors que Gabrielle criait son nom.

 

 

 

A suivre…

 

 

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Comments (1)

Bountyaffame said

at 11:18 pm on Sep 29, 2010

superbe suite et quel combat!! La description est telle qu'on s'y croirait! Magnifique! Mais quel malheur de ne pas avoir la suite!! C'est inhumain ça! Tu serais pas une descendante d'Ares par hasard????

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