| 
  • If you are citizen of an European Union member nation, you may not use this service unless you are at least 16 years old.

  • You already know Dokkio is an AI-powered assistant to organize & manage your digital files & messages. Very soon, Dokkio will support Outlook as well as One Drive. Check it out today!

View
 

Y-a-t-il1

Page history last edited by Fausta88 15 years, 5 months ago

TRADUCTION

 

Y A-T-IL UN DOCTEUR SUR LE SITE ?

 

 

Bat Morda

 

Traduction : Kaktus

 

 

 

En premier lieu, je voudrais dire que quiconque commence une histoire avant d'en avoir fini une autre devrait être tué - aucune excuse - il faut simplement le traîner dans l'arrière-cour et n'avoir aucune pitié. Ceci dit, je n'ai pas eu le choix. C'est juste une de ces idées qui ne veut plus me quitter.

Une petite note supplémentaire - le rôle d'Argo dans cette histoire est inspiré par Idgie qui a été très bonne avec sa maman agitée qui rentrait du boulot. Elle a décidé que si Sam Raimi peut avoir son frère dans la série, alors Bat Morda peut mettre sa chienne dans l'histoire. D'autant plus qu'elle est plus futée et plus agréable à regarder que Joxer n'importe quel jour de la semaine. J'espère juste qu'elle sera mieux décrite.

 

AVERTISSEMENTS :

 

 

AVERTISSEMENTS LEGAUX :

 

Xena la Princesse Guerrière, Gabrielle, Argo et tous les autres personnages qui sont apparus dans la série Xena Princesse Guerrière, ainsi que les noms et les titres en rapport sont la propriété unique de MCA/Universal et Renaissance Pictures.

Il n'y a aucune intention d'usurper les droits d'auteur dans cette fan fiction. Tous les autres personnages, l'idée de l'histoire et l'histoire elle-même sont la propriété unique de l'auteur.

Cette histoire ne peut pas être vendue ou employée à des fins commerciales quelles qu'elles soient. Des copies peuvent être faites, mais uniquement pour un usage privé et doivent inclure tous les avertissements et les avis de droit d'auteur.

 

 

AMOUR/SEXE :

 

Cette histoire dépeint une relation d'amour incluant du sexe entre deux femmes adultes consentantes. Si vous avez moins de 18 ans ou si ce type d'histoire est illégal dans l'état ou le pays dans lequel vous vivez, ne la lisez pas, s'il vous plaît. Si les descriptions de cette nature vous dérangent, vous devriez lire autre chose .

 

 

JUSTE AU CAS OU J'AURAIS OUBLIE UN AVERTISSEMENT :

 

N'ouvrez pas le panneau arrière, il n'y a rien d'utilisable à l'intérieur.

Il est conseillé d'être dans un endroit bien aéré. Crayons, papier de brouillon et batteries non incluses. Ne peut pas être lu par des lecteurs de bande magnétiques. Si la surface est ternie, nettoyez-la avec un tissu humide et laissez sécher; n'employez surtout pas une éponge abrasive. Si la nausée persiste, consultez votre docteur ou entrez en contact avec votre centre local anti-poison. Aucun dauphin n'a été blessé dans la création de ce document et le contenu est 100 % biodégradable. Tout lecteur de ce document devra assumer les dégâts qui pourraient lui être infligés à lui ou à d'autres individus ou objets dans le passé, le présent ou l'avenir.

S'il vous plaît, remplissez toutes les rangées et chaque siège disponible. Ne regardez pas directement le soleil, cela peut causer des dégâts permanents à la rétine. Avant de faire fonctionner cet appareil, consultez s'il vous plaît le Manuel de l'Utilisateur pour de plus amples instructions. Est conforme à la norme TM-071074 et 18D-PMTRE-DR. La plate-forme se déplace à la même vitesse que votre véhicule. Interdiction de fumer s'il vous plaît... Tenez-vous à l'écart des portes... Por favor mantengase alejado de las puertas... La vie ne doit pas être prise trop au sérieux - vous n'en sortirez pas vivants.

 

Cette histoire a lieu trois semaines après LES MANUSCRITS DE XENA.

 

 

 

Chapitre 1

 

Corps étudiants

 

"Docteur Covington, combien de sites ont prouvé l'existence physique de Xena la Princesse Guerrière ?"

 

Janice Covington sourit avec patience. La curiosité des étudiants d'anthropologie et d'archéologie ne tarissait pas depuis la découverte des manuscrits de Xena. La nouvelle avait voyagé rapidement et deux semaines seulement après son retour aux Etats-Unis, elle était devenue une célèbre archéologue, invitée à s'exprimer dans les mêmes salles qui avaient autrefois souillé le nom de son père.

 

Elle fit quelques pas, se forçant à apparaître détendue dans ses escarpins gris qui étaient tout sauf relaxants. "Sept sites ont révélé des preuves tangibles jusqu'à présent, mais il est possible que je puisse en découvrir plus. " Avant de passer à une autre main levée, Janice fit une pause pour apprécier les beaux yeux bleus de la blonde menue qui avait posé la question. "Merci pour votre question.", ajouta-t-elle doucement, notant la rougeur de la jeune étudiante qui se rasseyait.

 

"Et où sont ces parchemins maintenant ?" demanda un jeune homme avant même d'être interrogé. Janice se tourna vers lui, irritée, en même temps que la cloche sonnait.

 

"Je suis désolé mais le docteur a terminé pour le moment", dit le Professeur Solon en griffonnant rapidement sur le tableau noir. "Chapitres quatre à six pour la prochaine fois, préparez vos questions." Alors que les étudiants sortaient, beaucoup s'arrêtèrent pour serrer la main du docteur Covington et la féliciter de sa découverte.

 

Janice accepta aimablement leurs attentions tout en comptant les minutes avant qu'elle ne puisse rentrer à la

maison et ôter cette jupe et ces collants inconfortables. Cependant, c'était aussi ça, l'archéologie : une façon de rechercher des finances pour ses projets d'une manière plus approprié que celle d'Harry Covington.

 

"C'était un merveilleux exposé, Docteur ",lui dit la jolie blonde, quand elle atteignit le bout de la ligne d'étudiants.

 

"Merci...."

 

"Flora, mon nom est Flora Gates", s'exclama la femme, oubliant de lâcher la main de Janice.

 

Janice n'y émit aucune objection et la garda dans la sienne. "Bien, alors merci Flora Gates."

 

Les autres personnes derrière l'étudiante commençaient à pousser, aussi elle continua d'un ton précipité. "Si vous prenez des étudiants pour vos fouilles... Alors... voici mon numéro, je suis intéressée." Les derniers mots furent dits avec une inflexion indubitable que Janice connaissait bien. "On verra.", répliqua-t-elle en acceptant le numéro de téléphone avec une lueur dans les yeux.

 

Janice traversa rapidement le parking du campus, retrouvant facilement son pick-up Ford. "Comment va, Argo ?" demanda-t-elle à la grande chienne assise derrière le volant. Argo sortit la tête par la portière, saluant le docteur Covington d'un baiser mouillé. "Okay, Okay, fifille." Janice rit. "Maintenant bouge de là, tu sais très bien que tu ne peux pas conduire."

 

"Docteur Covington !" Une voix familière l'appela de tout près.

 

Janice grimaça en se retournant, elle connaissait cette voix. "Qu'est-ce qui se passe, Sal ?" demanda-t-elle, se forçant à rester patiente.

 

Salvador Monious haletait, le court trajet jusqu'au parking ayant épuisé ses ressources physiques limitées. Le conservateur du musée, Sal Monious, était un ami indispensable, même s'il était incorrigible, instable et totalement égoïste. "Il y a un problème.", haleta-t-il, "Les parchemins que Jack Kleinman devait rapporter du New Jersey", haleta-t-il de nouveau, s'appuyant cette fois sur le pick up de Janice. "Ils ont été interceptés. Quelqu'un correspondant à la description du docteur Callisandra Leesto les a dérobés... "

 

"Cal..." murmura Janice dans un souffle, furieuse. "Attendez une minute. Je vous ai dit de vous charger des ces parchemins personnellement. Ne me dites pas que c'est cet idiot de Jack qui les a envoyés par la poste ?! "

Sal parut très nerveux et mal à l'aise. "Et bien c'est meilleur marché par cette voie. Avec l'argent que nous avons économisé nous pourrions faire une exposition beaucoup plus belle dans le musée. "

 

"Si vous obtenez votre exposition, ce qui n'est plus sûr du tout ", répliqua Janice.

 

"Euh, j'espérais que vous nous aideriez à les récupérer." Il regarda autour de lui pour voir si quelqu'un écoutait.

"J'espérais que le musée n'entendrait pas parler de notre accord. Je financerai personnellement le retour de ces parchemins, si vous voulez bien garder ça entre nous."

 

Janice sourit. "Oh vous pourrez le financer et ne vous inquiétez pas pour le secret. Je ne veux pas que quelqu'un sache que j'ai eu confiance en vous pour quelque chose d'aussi important. "

 

"Je ne pourrai payer que ..." A cette allusion, un grondement sinistre sortit de la gorge d'Argo. Quarante-trois kilos d'hostilité canine étaient un peu trop pour le conservateur. "Je payerai autant qu'il faudra, bien entendu." Immédiatement le chien revint à un contentement haletant.

 

Inclinant la tête, Janice ouvrit la porte de son pick-up. "Bien. Je vous appellerai ce soir avec ce dont j'aurai besoin. Je partirai tôt demain matin." Fouillant dans sa poche, Janice en sortit trois objets. Ses clefs d'abord, qu'elle mit au contact et démarra la camionnette. En se retournant, hors de vue du conservateur, elle donna un biscuit pour chien à Argo.

"Bon travail, ma fille."

 

Le troisième objet n'était autre que le numéro de téléphone de Flora Gates. Janice le regarda brièvement puis avec un soupir elle le remit dans sa poche. "Peut-être une autre fois, Flora", lança-t-elle dans un souffle. Argo dressa la tête d'un air narquois, mais resta silencieuse.

 

Janice venait à peine de rentrer chez elle et de déposer son courrier quand on frappa. Envoyant valser ses chaussures, elle se versa rapidement un whisky et se dirigea à la porte.

 

"Une minute... Mel, que fais-tu ici ?" Elle se tenait là, debout devant sa porte. Melinda Pappas : Descendante de Xena.

Janice avala son whisky en une gorgée. "À l'aéroport en Macédoine tu as dit que tu avais des choses à faire." Janice espérait que la suprême douleur qu'elle ressentait n'était pas apparente dans sa voix.

 

"Et c'est exactement ce que j'ai fait. Je me suis précipitée

directement à la maison, j'ai mis mes affaires en ordre puis j'ai pris l'avion suivant pour la Caroline du Sud et voilà. " Elle haussa les épaules d'une façon que Janice trouva totalement désarmante. "Me voici."

 

Abasourdie, Janice se retourna et se dirigea vers la salle de séjour avec l'intention de se servir une autre boisson. Prenant cela pour une invitation à entrer, Mel pénétra dans la maison, refaisant deux voyages pour amener tous ses bagages. L'esprit de Janice était embrouillé. D'abord hostile à la riche aristocrate sudiste, puis intriguée par la descendante de Xena, Melinda Pappas avait fréquemment occupé les pensées de l'archéologue depuis qu'elles s'étaient séparées. Souvent, à la surprise de Janice, tandis qu'elle était dans son lit. D'habitude, elle n'était pas attirée par les femmes aux cheveux sombres plus grandes qu'elle, mais il n'y avait aucun doute : Melinda Pappas était magnifiquement attirante.

 

"Et je dois dire, Janice, que je ne t'ai jamais vue aussi fém... Oh, mon Dieu !" hoqueta Mel, en apercevant Argo qui sortait de la cuisine. "Qu'est-ce que c'est que ça ? "

 

"Ça", expliqua Janice en transformant son whisky simple en un double, "est une fille et elle s'appelle Argo."

 

"Oh, je vois. ", sourit Mel, "Comme le cheval de Xena. De quelle race est-elle ?"

 

"C'est un Golden Retriever croisé avec un Alsacien. "

 

" C'est drôle", remarqua Mel, "elle ressemble plutôt à un Retriever croisé avec un Berger allemand, je trouve."

Cela provoqua un grondement bas dans la gorge de la chienne et les poils de son cou se hérissèrent. Elle commença à s'avancer d'un air menaçant vers la visiteuse. Mel se cacha rapidement derrière Janice qui calma la chienne avec un signe de la main. "Argo préfère le terme Alsacien, qui est la même chose que Berger allemand. Elle est très fâchée contre cette guerre."

 

"Pardonne mon erreur." dit Mel avec une légère révérence à la chienne qui remua sa queue avec indulgence.

 

"Tu as dit que le cheval de Xena se nommait Argo. Comment le sais-tu ?" demanda Janice tendant à Mel un verre de limonade.

 

"Je suis sûre que nous l'avons vu dans un des parchemins..."

fit Mel, les yeux perdus dans le vide.

 

" Ce n'était sur aucun des parchemins que nous avons eu l'occasion de lire." Janice était toujours furieuse que sa stupide embrouille ait anéanti toutes sa réputation sur le marché des antiquités précieuses. Elle savait bien ce que le docteur Cal Leesto allait faire… Les parchemins seraient vendus aux enchères et dispersés aux quatre coins du globe, pour ne plus jamais voir la lumière d'un laboratoire de recherches.

 

"Tu sais, Janice, j'ai fait des rêves singuliers depuis ce qui est arrivé là-bas en Macédoine. Presque comme si je revivais les rêves de Xena, c'est si étrange." Melinda observa le hochement de tête triste de Janice et fut immédiatement désolée d'en avoir parlé. Elle se souvint de ce que Xena avait dit à l'archéologue alors qu'elle était en possession de son corps et les tremblements d'émotion qu'elle avait senti en voyant la descendante de Gabrielle. Cependant, Janice Covington semblait s'accrocher à la croyance que la barde n'était qu'un excédent de bagages pour Xena et était tout à fait indigne d'apparaître dans son histoire. Melinda ne savait pas comment elle ferait, mais elle réussirait à faire changer d'avis le docteur.

 

"Alors, quelle est notre première aventure ?" demanda-t-elle, en essayant de changer le sujet.

 

"Demain je pars pour retrouver les parchemins ; ils ont été volés par un docteur dont le manque de moralité est tel, qu'à côté d'elle, mon père est un saint. Toi, tu devrais rentrer chez toi."

 

"Ça suffit comme ça, docteur Janice Covington, je me suis occupée de mes affaires à la maison pour que nous puissions être associées. Ne pense surtout pas que je vais rester calmement assise ici et te laisser partir... Si tu vas chercher les parchemins, alors je pars avec toi." Pour souligner sa remarque, elle s'assit sur le divan, croisa les jambes, et prit une petite gorgée de soda en fixant Janice avec un regard qui disait clairement qu'elle venait d'emménager. Pour achever l'image Argo vint se coucher devant elle, posant sa tête sur ses pieds.

 

"Ah je vois", observa Janice. "Deux contre une. D'accord. Tu restes. Si tu n'y vois pas d'objection, je vais prendre un bain et aller me coucher." Elle enleva sa veste, la jeta négligemment à travers le bras d'une chaise dans la salle de séjour, et se dirigea vers la salle de bains.

 

"Bon, ses manières ont vraiment besoin d'être travaillées", murmura Mel à Argo en grattant la chienne derrière ses grandes oreilles souples. " Mais elle a du potentiel." Buvant sa boisson à petites gorgées, Melinda jeta un coup d'œil à la salle de séjour du docteur. Le mobilier était clairsemé, ancien, mais bien choisi. Des rayonnages de livres emplissaient la pièce du sol au plafond. Partout, des livres d'histoire, d'archéologie, de science, de mythologie. Plusieurs piles reposaient sur l'énorme bureau de chêne près de la cheminée et encore plusieurs autres piles

sur le plancher tout près.

 

Quelque chose sur le bureau attira le regard de Mel. Presque paralysée, elle s'approcha et saisit un morceau de cuir en lambeaux. C'était une partie déchirée d'un bracelet d'avant-bras, sa décoration en bronze toujours gravée dessus. "Mon bracelet..." chuchota Mel en le glissant à son poignet. Elle nota qu'en dépit de l'âge de l'objet craquelé, il lui allait très bien. Il y avait aussi sur la table un calepin usé, plusieurs lanières en cuir et une pince à cheveux en métal. Melinda s'assit rapidement en sentant l'assaut de souvenirs la submerger. Dans un flash, elle vit la pince dans la main de Gabrielle alors que la barde la fixait dans ses cheveux. Puis elle vit aussi la lanière en cuir dans sa propre main alors qu'elle essayait maladroitement de rendre la faveur à la barde, son amante. Un gémissement la sortit de sa rêverie et elle regarda à ses pieds les yeux bruns de la chienne, inquiète. " Ça va, Argo, je vais bien. "

 

Toujours incertaine, la chienne poussa Melinda de la chaise, loin des objets. "Tu as raison, je devrais aller dormir." Distraitement elle effleura les lanières et le calepin. Soudain embarrassée, elle rougit en pensant aux rêves qu'elle espérait retrouver. Les rêves qu'elle avait faits chaque nuit depuis qu'elle avait quitté la Macédoine.

 

En prenant son sac le plus léger, Mel chercha la chambre d'amis. Découvrant une porte qu'elle jugea la bonne, elle abaissa la poignée. Et elle se retrouva face au docteur Janice Covington, nue dans une baignoire, en train de fumer, avec un air plus qu'ennuyé.

 

"Un problème ?" demanda Janice, ne faisant aucune tentative pour recouvrir son corps complètement exposé.

 

"Hum ... Je suis désolée, Janice. Tu ne m'a pas dit où se trouvait ta chambre d'amis." Mel faisait de son mieux pour regarder n'importe où, sauf vers la silhouette musclée de l'archéologue.

 

"Il n'y a pas de chambre d'amis, chérie, prends le lit ou le divan. Ça m'est complètement égal ."

 

"Excuse -moi", dit Mel en sortant de la salle de bains. Elle fit une pause un instant dans le hall pour retrouver ses esprits. Elle se sentait brûlante et énervée après cette entrevue. "Ça doit être les rêves", murmura-t-elle pour elle-même.

 

Décidant de prendre le divan, elle retourna dans la salle de

séjour. Cependant, Argo, qui ne semblait pas d'humeur à vouloir bouger, occupait maintenant le divan. La chienne suivit des yeux les gestes de Mel qui l'incitait à descendre, mais elle refusa même de soulever la tête. "Bien, je laisserai Janice s'occuper de toi alors", décida Mel, tournant le dos à la chienne et se dirigeant vers la chambre à coucher. A nouveau elle eut un vertige en pénétrant dans la pièce. Mel ferma les yeux un moment, essayant de comprendre ce qui se passait. Il y avait une odeur très réconfortante dans cette pièce. Elle regarda la commode et y vit de la lavande. Il y avait aussi un faible parfum de cuir flottant dans la pièce. Sur une table de nuit à côté du lit se trouvait une vieille lampe tiffany décorée d'un dragon ainsi que plusieurs livres. Melinda fit une pause pour lire leurs titres. L'Expérience des vies passées, la Mémoire Génétique, Connais-toi toi-même, Thérapies régressives, Au-delà de la tombe. " Original, comme littérature, docteur Covington." Se sentant un peu comme une intruse, elle se glissa dans le lit sur le côté opposé.

 

Installée entre les draps, elle était prête à s'assoupir quand Janice apparut vêtue seulement d'une chemise d'homme à manches longues. Mel fut effrayée par l'emballement soudain de son pouls. Elle essaya de regarder le plancher mais ses yeux passèrent des pieds nus à des chevilles solides rattachées à des cuisses musclées conduisant à la chemise qui recouvrait une hanche délicate. "Euh, tu as dit que ça t'était égal… et la chienne était sur le divan", balbutia-t-elle alors que Janice se dirigeait vers l'autre côté du lit. Melinda était sûre quelle allait défaillir quand elle la vit écarter les couvertures. "Mel, c'est ma maison. Je ne vais pas dormir sur le divan. Tu es très bien ici. Je ne mords pas." Puis avec un mauvais sourire elle ajouta, "A moins que tu me le demandes vraiment gentiment."

 

"C'est très aimable à vous, docteur Covington", répliqua Mel sur le même ton de sarcasme. "Bonne nuit".

 

"Bonne nuit, Mlle Pappas." répondit Janice avec un sourire désabusé.

 

 

... Depuis le moment où Gabrielle mit l'ambroisie entre mes lèvres et que je repris connaissance, je ne pense pas avoir jamais senti une telle joie. Je suis sûre que j'ai plus souri dans les heures qui ont suivi que dans toute ma vie d'adulte. Je suppose que j'aurais dû ressentir un peu de tristesse. Après tout, les changements que j'avais faits dans ma vie n'étaient pas suffisants pour m'écarter du Tartare, mais je ne m'en souciais pas. La pensée que je ne pourrais sans doute jamais voir les Champs Elysées m'importait peu. Dans la vie, Gabrielle et moi étions réunies et à côté de cela, les Champs Elysées faisaient pâle figure.

 

"Quand tu penses à ceux qui sont morts, ils peuvent entendre tes pensées." Je peux certifier l'exactitude de cette déclaration, mais ça n'implique pas le fait d'entendre aussi les pensées de ceux qui continuent à vivre de l'autre côté. Même dans sa profonde tristesse, Gabrielle était une source de réconfort et d'appui pour moi. Sa réticence à m'abandonner avait donné une force supplémentaire à ma résolution. Tandis qu'il n'y avait rien que je pouvais faire de l'autre côté pour lui rendre sa bonté, réunie avec mon corps, je pouvais maintenant rectifier cette situation.

 

Après avoir fait nos adieux à Autolycus, nous nous sommes retirées pour la nuit dans le village des Amazones. Nous ne savions pas ce qu'était devenue Velasca et pensions que nos ennuis étaient finis pour le moment. Ephiny a insisté pour que Gabrielle et moi passions la nuit chez elle tandis qu'elle allait chez une amie avec son fils. Sa hutte était loin du corps principal du village et j'en étais reconnaissante. J'essayais de prendre les regards curieux des autres Amazones avec bonne grâce mais je n'étais toujours pas habituée aux nouvelles sensations de la vie et me fatiguais rapidement. Gabrielle resta dans la hutte principale plus longtemps que moi. La connaissant, elle devait remercier toutes celles qui l'avaient soutenue en lui restant fidèle, les renforçant encore dans leur loyauté envers elle.

J'errais dans la hutte d'Ephiny me sentant curieusement mal à l'aise. Quelque chose était arrivé entre Gabrielle et moi et chaque fibre en moi espérait que ces choses allaient continuer d'aller vers l'avant et non en arrière. Dans le corps d'Autolycus, j'avais répondu au son de la voix de ma barde avec une passion qui ne pouvait pas être réfrénée. J'avais dû lui parler, la rassurer. Depuis ma mort, ses pensées aimantes et sa dévotion avaient enveloppé mon âme comme une chaude couverture. Je connaissais bien les choses qu'elle avait voulu me dire mais qu'elle ne pouvait pas et ses pensées avaient reflété les battements de mon propre cœur. Je suppose que c'est pour cela que je l'avais embrassée. Quelque chose dont j'avais rêvé quand j'étais en vie, mais avais manqué de courage pour l'oser. Sachant maintenant ce qu'elle ressentait, je n'avais pu m'arrêter. Et ses lèvres, ses lèvres étaient aussi douces et sensibles que je le pensais. Je ne croyais pas pouvoir être aussi proche de quelqu'un avant que je ne sois entrée dans son corps.

 

Bien que cette expérience ait été brève à cause du combat avec Velasca, j'avais senti une connexion avec Gabrielle que je doutais pouvoir répéter un jour. Mais j'étais décidée à essayer. Je me tenais donc appuyée contre une fenêtre écoutant les sons de la nuit, observant la lune et me sentant aussi nerveuse qu'une jeune mariée avant sa nuit de noces.

 

Je sentis la présence de Gabrielle à la porte avant que je ne l'aie entendue.

 

" Désolée, ça a pris du temps ", dit-elle en entrant, portant un encombrant plateau.

 

"Tu as répondu à beaucoup de questions ?" lui demandai-je alors qu'elle posait le plateau sur la table. Je ne pouvais m'empêcher de lui sourire, mon cœur rempli de joie de pouvoir la voir avec mes propres yeux.

 

"Pas beaucoup de questions, mais toujours les mêmes", me répondit-elle en me tendant une tasse. J'inhalai la vapeur, me détendant en respirant ce parfum spécifique aux Amazones, épicé avec de la cannelle et des clous de girofle. Gabrielle prit une petite gorgée de sa propre tasse et vint se placer près de moi à la fenêtre.

" Tu m'as tellement manqué, Xena ", me dit-elle tranquillement. J'ai posé ma tasse et j'ai passé mes bras autour d'elle, pour la serrer contre moi. Depuis mon retour c'était comme si je ne pouvais faire autrement que de la toucher constamment. Je pense qu'elle ressentait la même chose, puisque avant que je ne me sois retirée pour la nuit elle n'avait pas quitté mon côté depuis mon réveil.

 

"A moi aussi", ai-je dit fermement, essayant pour la centième fois cette nuit de ne pas pleurer.

 

Elle m'a regardée. Lentement, j'ai baissé la tête et doucement ai couvert ses lèvres des miennes.

 

Malheureusement ce doux baiser fut brisé par le sourire géant qui apparut sur mon visage. J'ouvris mes yeux pour voir Gabrielle qui souriait aussi.

 

"Beaucoup mieux sans la moustache", remarqua-t-elle, soulageant grandement ma nervosité.

 

"Je suis heureuse que tu le penses aussi", ai-je murmuré.

Elle s'est éloignée et ses joues ont commencé à rougir. "Qui a-t-il ?" ai-je demandé.

 

Elle a eu un petit rire et a répondu en montrant son costume d'Amazone. "Je voudrais enlever tout ceci, mais comme ce n'est pas moi que me suis habillée… "

 

" N'en dites pas plus ma princesse, je suis ici pour vous servir", ai-je répondu, me déplaçant pour l'aider avec l'armure.

 

"Oh, mais c'est Reine, Xena. Je suis la Reine maintenant", a-t-elle insisté en un doux reproche.

"C'est juste", ai-je approuvé en faisant glisser les bracelets de ses bras. "Tu as un grade supérieur au mien maintenant."

 

Elle a ri et je me suis penchée pour lui retirer ses chaussures. "Je pardonnerai ce manquement à la règle ", a-t-elle répondu royalement. "Mais que cela n'arrive plus ".

 

J'ai senti sa main sur ma tête qui caressait doucement mes cheveux alors que je dénouais les lacets. J'ai soupiré de plaisir et j'ai doucement caressé sa cuisse et sa cheville avant de retirer sa botte.

 

"J'essayerai de m'en souvenir", ai-je dit en enlevant l'autre chaussure. Passant derrière Gabrielle j'ai décroché l'agrafe qui tenait son bustier en place. Avant que je ne puisse la toucher cependant, elle s'est glissée dans une chemise de nuit et a retiré sa jupe. Je n'ai pas objecté. Nous nous sommes embrassées de nouveau puis elle s'est glissée derrière moi et a commencé à défaire mon armure.

 

" Je ne crois pas que les reines amazones doivent faire ça ", ai-je dit.

 

" Cette reine-ci ne laissera à personne d'autre le faire. Mets-toi ça dans la tête, Xena, tu ne pourras pas te débarrasser de moi. "

 

Ces mots résonnèrent comme une chanson de sirènes à mes oreilles. La voix de Gabrielle devint plus sérieuse quand elle me demanda comment je me sentais. J'ai sérieusement considéré la question avant de répondre. "Je ne sais pas comment on est supposé se sentir après une résurrection, mais je me sens bien. Un peu raide peut-être, mais qui ne le serait pas après avoir passé tout ce temps dans un sarcophage ? "

 

"J'y ai pensé", me répondit-elle en m'aidant à enlever mon armure. "Ephiny m'a donné de l'huile de menthe pour soulager l'endolorissement. Couche-toi sur le lit, je vais te masser."Après avoir ôté mes bottes, j'ai suivi ses instructions. J'ai entendu Gabrielle prendre quelque chose sur le plateau et s'approcher du lit. J'ai souri à nouveau en la sentant qui s'installait à califourchon sur moi. Je l'ai entendue frotter ses mains ensemble. Ensuite j'ai senti une chaleur délicieuses quand elle a passé l'huile sur la peau de mon dos.

 

Pendant de longues minutes elle a massé mon dos et mes bras puis a commencé à descendre plus bas donnant à chaque portion de mon corps une attention approfondie. J'étais dans un état de bonheur suprême quand elle a bougé pour passer au bas de mon dos et à mes fesses. Elle a commencé à masser mes jambes et mes pieds. "Gabrielle, c'est merveilleux", ai-je murmuré.

 

"Oui, ça l'est." a-t-elle répondu. " Retourne-toi et faisons l'autre côté." J'ai obéi et j'ai regardé dans ses yeux verts brillants alors qu'elle se mettait à cheval sur mes hanches. "Je pensais ce que je disais à propos de ne pas mourir une fois de plus", a-t-elle dit sur le ton de la conversation alors qu'elle versait une petite quantité d'huile dans ses mains.

 

"Bien. Je pensais aussi ce que je disais à propos de ne plus mourir", ai-je répondu pendant qu'elle frottait ses mains ensemble. Je l'ai observée alors qu'elle les posait sur ma poitrine et massait doucement mes épaules et mes bras avant d'arriver à mes seins. Bien que son contact ne soit manifestement pas sexuel, c'était intensément sensuel et je me suis sentie fondre sous ses mains. Elle a continué, se concentrant sur mon corps, faisant pénétrer l'huile apaisante sur la peau de mon estomac et mes jambes. Puis son contact est devenu plus doux, explorant simplement les contours de mon corps. Je l'ai regardée un instant, regardée alors qu'elle me regardait. C'est quand j'ai senti la chaleur humide de son corps contre le mien que j'ai su qu'il me fallait agir.

 

Je ne me suis pas demandé si c'était bien, si c'était ce qu'elle voulait. Nous avions partagé assez de choses depuis ma mort pour savoir exactement comment nous nous sentions. Et que c'était ce qui devait être pour nous deux. J'ai commencé à diriger mes mains sur le haut de ses cuisses, en caressant légèrement l'intérieur avec mes doigts tandis qu'elle continuait à explorer mon corps de ses propres mains. Elle eut un hoquet de plaisir et me regarda alors avec des yeux verts affamés.

 

J'ai commencé à tracer les contours de son corps, me délectant du glissement du tissu lisse contre sa peau, heureuse de sa réponse. Lentement elle a baissé la tête vers ma bouche impatiente et nous avons partagé un baiser qui s'est prolongé alors que notre désir s'enflammait. Sa

langue était comme du velours tandis qu'elle recherchait les secrets de ma bouche. Je ne lui cachai rien, comment l'aurais-je pu ? Elle avait partagé son corps et son âme avec moi, sans réserve. Je voulais qu'elle me connaisse aussi intimement que je la connaissais.

 

J'ai déposé des baisers légers sur toute la longueur de sa gorge, émerveillée de sentir les battement d'un cœur que je connaissais si bien. "Oui". Elle a haleté et j'ai pu sentir les vibrations de sa gorge contre mes lèvres. C'était merveilleux. En la tenant fermement, je me suis retournée. Supportant mon poids avec mes bras, j'ai regardé ce qui était certainement le visage le plus radieux que j'avais jamais vu. Les yeux rayonnants, elle m'a souri et a passé doucement un doigt sur ma joue. Lentement je me suis approchée jusqu'à ce que mes lèvres soient à quelques millimètres de celles de Gabrielle. Avec un sourire, nous avons prononcé les mots "je t'aime" en même temps. Nous en avons ri, puis le désir a repris le dessus, et nous avons continué de nous montrer notre amour sans employer de paroles. Le fait de réellement faire l'amour à Gabrielle surpassait de loin mes rêves les plus fous. À mes yeux, elle était parfaite en tout point. Avec un contact délibérément lent, j'ai fait passer la chemise de nuit par-dessus sa tête, soupirant de bonheur en sentant sa peau chaude contre la mienne.

 

Avec force, elle a saisi ma tête contre son sein alors que ma langue faisait des ravages sur son mamelon, amenant son corps à se tordre sous le mien. Je remarquai une petite portion de peau, si blanche qu'elle en était presque translucide. "Qu'est-ce que c'est ? " ai-je demandé.

 

"L'endroit où l'ambroisie s'est déposée", a-t-elle répondu dans un souffle alors que je bougeais lentement contre elle. Quand j'ai embrassé cette portion de peau blanche, elle a crié de plaisir, le bout de ses doigts écorchant mon dos. Je pouvais sentir la moiteur augmenter sur ma cuisse jetée entre ses jambes. Sentant son excitation grandir, j'ai déplacé mon corps vers le bas, ses cuisses sont alors venues se loger contre mes larges épaules. Ses mains ont glissé légèrement sur mon dos, pour se placer à nouveau contre ma tête. Elle les a enlevées brièvement afin de regarder mes lèvres se poser en son centre puis a rejeté sa tête sur l'oreiller avec un gémissement quand j'ai commencé à me régaler de son corps. " Ouiiii. "

 

Elle était si douce, chaude et humide et je pouvais sentir

chacun de mes mouvements se réverbérer dans son corps. Je la bus doucement jusqu'à ce qu'elle commence à bouger contre mon visage me conduisant plus profondément et plus durement en elle. Alors que ma langue caressait son bourgeon gonflé, j'entendis son cri de ravissement. La confiance et la connexion que je sentis quand elle perdit le contrôle étaient les mêmes que j'avais ressenties quand je me trouvais à l'intérieur de son corps.

 

Gabrielle et moi serions pour toujours unies, nous le savions toutes les deux et nous nous réjouissions de ce fait. Cette nuit-là, elle a réveillé des sentiments en moi que j'ignorais. Je suppose qu'elle l'avait fait dès le début. D'abord elle m'a appris la vraie signification de l'amitié, ensuite une plus profonde compréhension de l'amour. Il n'y avait rien que je ne ferais pour Gabrielle, rien que nous ne ferions l'une pour l'autre. Et cette nuit, cette nuit parfaite, avec la lune brillant par la fenêtre nous avons tout fait...

 

 

 

Chapitre 2

 

La Peur de voler

 

"Allez Mel, réveille-toi !" Une main pas si douce secoua l'épaule de Melinda Pappas.

 

"Quoi... que ?" demanda-t-elle, groggy.

 

"La grande aventure, tu te souviens ? Si tu veux m'aider à récupérer les parchemins, sois prête dans une heure." Janice était sur le point de retourner faire ses bagages mais elle regarda Melinda d'un oeil critique. "Tu vas bien ? Tu as l'air plutôt désorientée." Janice se tenait debout devant le lit, vêtue d'un pantalon kaki et d'un maillot de corps sur son soutien-gorge. Mel regarda sa silhouette musclée et détendue, puis, embarrassée, fixa les couvertures.

 

" J'ai fait… un rêve." répondit-elle en rougissant.

 

"Il avait l'air agréable", sourit Janice en commençant à fouiller dans son tiroir, pour chercher une chemise.

 

"Oui, hum, bien. Alors, nous allons où ?"

 

Janice haussa les épaules et enfila une chemise en toile beige, la passant dans son pantalon, puis sortit un revolver du tiroir à chaussettes. Après s'être assurée qu'il était chargé, elle le fit tournoyer habilement avant de le placer dans son étui. "A l'aéroport. J'ai appelé Sal Monious, un ami du musée hier dans la nuit. Il a arrangé un vol qui nous rapprochera de la retraite de Call. Je suis sûre que c'est sur cette île qu'elle a emmené les parchemins. Nous prendrons un bateau le reste du chemin."

 

Fouillant dans son placard, Janice jeta un petit sac sur le lit, ainsi qu'un autre d'aspect étrange. Puis le fouet et une boîte de balles supplémentaires.

 

"Tu pourrais attendre que je sois levée, non ?" demanda Mel, quelque peu irritée de voir les objets pleuvoir sur elle.

 

" Je suis désolé, chérie, mais nous n'avons pas beaucoup de temps", répondit Janice avec un sourire. "Comment penses-tu t'habiller ?"

 

"Et bien j'ai cette belle jupe lavande et une blouse couleur crème... " Ses mots moururent sous le regard impérieusement critique qu'elle reçut de l'archéologue. " Je suppose que tu trouves ça peu approprié ?"

 

"Totalement", répondit Janice, radoucissant sa voix.

"Nous allons probablement pas mal bouger. Tu auras besoin de quelque chose d'un peu plus ... pratique." Une lueur apparut alors dans son regard, une lueur que Mel connaissait et qui ressemblait incontestablement à celle de son ancêtre Gabrielle. Se retournant vers son placard, elle dit : " J'ai exactement ce qu'il te faut. "

 

"Je ne sais pas Janice, je me sens bizarre. Ce n'est pas très flatteur." Mel se regardait avec un air de doute dans le miroir de l'archéologue, placé derrière la porte de la chambre à coucher. Elle portait les chaussures d'Harry Covington, un pantalon en toile, une des chemises de Janice avec sa propre chemisette en dentelles dessous, et la veste d'Harry. Ses cheveux étaient comme ceux de Janice, attachés en une queue de cheval. En regardant son reflet, Mel se sentait un peu bizarre.

"Tu es très bien, Mel, la chemisette est un peu exagérée, mais fais-moi confiance, personne ne va payer la moindre attention à ton apparence. Je suis contente que tu sois de la même taille que p'pa. En plus, tu te rappelles de ce qui est arrivé à ton costume la dernière fois."

 

"Oui, je me souviens", consentit Mel en se remémorant comment Xena avait ruiné la jupe qu'elle avait payé trente-cinq dollars. "Mais je n'ai pas l'intention d'être à nouveau possédée par Xena."

 

" On ne sait jamais", sourit Janice.

 

"Oh, ça va, tu as gagné. Et ensuite ?"

 

Janice siffla et Argo bondit sur le lit. Elle passa alors le sac étrange sur la tête de la chienne et attacha les courroies sur son dos. L'animal portait maintenant deux petites sacoches. Janice les remplit avec des munitions et quelques autres objets. "C'est Argo qui portera tout ce qui a de la valeur. Elle est la seule dont je peux garantir qu'elle revienne en un seul morceau. Je porterai tout ce dont tu aurais besoin dans mon sac. Mais si ce n'est pas sur toi ou sur Argo, prépare-toi à devoir le perdre. Je vais chercher

mon calepin." Quand Janice quitta la pièce, Mel ouvrit rapidement son petit sac. Avant de changer d'avis elle en sortit une petite bourse de velours et un étui de parchemin et plaça les deux objets dans le fond d'un des sacs d'Argo.

 

"C'est un secret Argo", chuchota Mel. "Ne laisse pas Janice les voir, pas encore." Quand Janice revint, elle tendit quelques objets à Mel pour qu'elle les place dans la sacoche de la chienne. Puis elle plaça son calepin, des balles et quelques autres articles dans son propre sac.

 

Sortant un sac à dos du placard, elle y fourra quelques couvertures, des boîtes de conserves et plusieurs récipients d'eau. Elle plaça une cantine de rechange dans une des sacoches de la chienne et encore une autre dans son sac. Cela prit quelques minutes de discussion mais Janice, à contre-cœur, consentit à porter le maquillage de Melinda et quelques autres objets.

 

"Je pense que nous sommes prêtes à partir", dit Janice en contrôlant les sacs d'Argo pour s'assurer que le poids était distribué également.

 

"Pas tout à fait", répondit Melinda en quittant la pièce un moment. Elle revint un instant plus tard avec la veste que Janice avait abandonnée la nuit d'avant. "Tu as oublié d'accrocher ceci. Quitter une maison avec des vêtements non rangés porte malheur ." Elle la jeta à son amie remarquant quelque chose qui remuait dans la poche.

 

"Qui est Flora Gates ?" questionna Mel alors que Janice raccrochait la veste à côté de la jupe correspondante.

 

"Donne-moi ça", répliqua Janice en prenant le morceau de papier que tenait Melinda.

 

A l'extérieur, Mel insista."Alors ..."

 

"C'est une étudiante, elle aimerait venir sur une de mes fouilles, d'accord ?" grogna Janice en chargeant leurs sacs à l'arrière du pick-up.

 

" C'est drôle", remarqua Mel alors qu'une Janice aux sourcils froncés lui tenait la porte passager. "Je n'ai jamais vu le 'o' de Flora écrit avec un cœur auparavant."

 

"Ça ne te regarde pas", répliqua Janice en se dirigeant vers la base voisine de l'armée de l'air.

 

" Ne sois pas bête." Mel sourit et toucha légèrement la cuisse de Janice (un geste que nota l'archéologue). "Une petite discussion inoffensive entre filles ne va pas te tuer."

 

"Les conversations entre filles, je sais pas faire."

 

"C'est justement pour ça que tu dois t'y mettre. Que faisons-nous ici ?" demanda Mel alors qu'elles ralentissaient pour venir s'arrêter devant une porte de garde. Une séduisante sentinelle se pencha en souriant vers elles.

 

"Heureux de voir que vous vous êtes fait quelques amis qui n'ont pas de puces, docteur Covington. Le sergent Ore vous attend. "

 

" Merci Maleus. " Janice inclina la tête et leur fit passer le portail.

 

"Où as-tu cultivé ces relations militaires ?" demanda Mel alors qu'elle s'approchaient d'un grand avion de transport sur le tarmac.

 

"Au poker du vendredi soir", expliqua Janice. "Je retrouve un groupe de types quand je suis en ville et nous jouons. Mais nous ne parions pas d'argent. Plutôt des faveurs."

 

"Oh, mon Dieu !" s'écria Mel, choquée.

 

"Pas ce genre de faveurs", la rassura Janice en riant. " Greg est le mécanicien en chef, alors je lui fais réviser mon pick-up, ou c'est moi qui aide ses gosses avec leurs devoirs. Ce genre de chose. Mais en tous cas, il m'a rendu un grand service il y a trois ans environ. J'ai eu besoin d'un vol pour une fouille. Ce n'est pas facile de trouver un transporteur qui prenne les chiens, mais il s'avère que son équipage devait laisser tomber quelques provisions pas très loin d'où j'allais - donc, ça a marché."

 

"Et le gouvernement ne dit rien ?" demanda Melinda intriguée, alors que toutes les trois s'approchaient de l'avion-cargo géant.

 

"Quand la guerre a commencé, j'ai pensé que ce serait ennuyeux à coup sûr." Janice hocha la tête. "Le premier voyage que nous avons fait pendant la guerre était top secret. Il s'est avéré que les troupes précédentes avaient subi de lourdes pertes mais chacun de nos voyages a été excellent. Maintenant ils sont convaincus qu'Argo leur porte chance et nous n'avons pas de problèmes. Aucun soldat qui a pris l'avion avec Argo n'a été tué au combat."

 

" C'est de la chance", approuva Mel.

"Non." Janice alluma un cigare. "Ce n'est pas plus de la chance qu'une malédiction."

 

Un groupe de plusieurs G.I. se pressait pour les rejoindre. Un des hommes serra Janice dans une rude étreinte. "C'est bon de te voir Jan."

 

"Greg, voici Melinda Pappas. Melinda, je te présente le sergent Greg Ore, le seul homme vivant qui peut m'appeler Jan et garder toutes ses dents. "

 

"C'est un plaisir sergent", dit Melinda en serrant chaleureusement la main de l'homme.

 

" Non, m'dame, tout le plaisir est pour moi. Il est si rare que je puisse rencontrer une... amie de Janice." Il s'arrêta net, un sourire figé sur le visage, lorsque Janice lui donna un coup de coude brutal dans les côtes. Quand il la regarda interloqué, elle le fixa.

 

"Quoi ?" demanda-t-il sur la défensive. "J'ai pensé..."

 

"Je pense que nous devrions embarquer", le coupa Janice en se dirigeant vers la rampe.

 

À l'intérieur sombre de l'avion était déjà assis un certain nombre de soldats prêts pour le décollage. Argo en fit rapidement le tour, léchant des visages et recevant les attentions chaleureuses des G.I. À peu de distance, entre plusieurs grands tas de sacs, une autre place avec des sièges avait été aménagée. Le sergent Ore les y conduisit, inclinant la tête vers Mel.

" C'est la section de première classe. "

 

" Pourquoi sommes-nous séparées des troupes ? " chuchota Mel à Janice.

 

Le Sergent rigola." Ils ont du travail à faire m'dame et il est indéniable que vous et Janice seriez un peu trop de distraction. " Melinda rougit, flattée.

 

" En plus, c'est plus tranquille ici. " ajouta Janice. "Ok, Greg", continua-t-elle, en lui remettant ses clefs. " Tu peux te servir de la camionnette, mais assure-toi qu'elle termine chez moi en un seul morceau et il y a des bonbons dans la boîte à gants pour Gabriel. "

 

Après avoir serré la main de Mel une dernière fois, il fit un salut officiel à Janice et tourna les talons. Presque immédiatement, on entendit le grondement des moteurs du C46. Janice siffla et Argo bondit vers elle, se pelotonnant aux pieds de Mel.

 

" Pourquoi je ne l'ai pas vue en Macédoine ? "cria Mel pour être entendue par-dessus le rugissement croissant de l'avion.

 

" Elle n'était pas là. Le gosse de Greg, Gabriel, était malade. Gabriel adore Argo, alors je l'ai laissée avec lui en attendant qu'il se remette. Ça a marché, en peu de temps, il demandait à se balader avec elle."

 

Ce n'était pas difficile de voir la panique croissante sur le visage de Melinda alors que l'avion se mettait en position pour le décollage." Tu n'aimes pas les avions, n'est-ce pas ? "

 

" Ils me terrifient ", avoua Mel avec une grimace.

 

Janice saisit la main de Mel et la serra d'une manière rassurante. "Bien, tu es vraiment très courageuse."

 

"OhmonDieu !" haleta Mel alors que l'avion commençait à prendre de la vitesse. Lâchant la main de Janice elle saisit le bras de l'autre jeune femme, enfouissant sa tête contre l'épaule de l'archéologue pour s'empêcher de crier.

 

"C'est bon Mel, nous sommes presque en l'air", murmura Janice dans l'oreille de la grande femme en passant un bras réconfortant autour de ses épaules.

 

Presque aussitôt, l'avion se stabilisa, le niveau sonore baissa radicalement et le vol se fit moins saccadé. Ils étaient partis. Mel ne lâcha pas Janice tout de suite, et le docteur garda un bras réconfortant autour de ses épaules. Finalement, Melinda Pappas retrouva sa maîtrise de soi et avec des joues cramoisies par l'embarras, se retira brusquement en arrière. "Je suis désolée", murmura-t-elle, souhaitant porter une jupe afin de pouvoir se réarranger.

 

"C'est ok Mel, vraiment. Nous avons tous des choses qui nous insécurisent." Janice fouilla dans son sac et en sortit deux couvertures. Elle en tendit une à Mel, et déroula l'autre sur le plancher de l'avion-cargo. "Nous avons quelques heures jusqu'au déjeuner, je suggère que tu essaies de dormir."

 

"Mais je viens juste de me réveiller."

 

"A partir de maintenant, Melinda Pappas suis mon conseil, tu devrais dormir et manger chaque fois que tu le peux."

 

"Et me soulager aussi?" demanda Mel sarcastiquement.

 

"Effectivement. Je ne peux pas garantir le repas suivant, ni la prochaine nuit de sommeil. Le docteur Leesto est dangereuse et ses larbins le sont aussi. Smythe était une tapette comparée à elle." Janice s'allongea sur sa couverture, Argo s'étendit à côté d'elle et posa la tête sur l'abdomen de l'archéologue.

 

Mel se coucha aussi sur sa couverture, mais avant que Janice puisse abaisser son chapeau sur ses yeux, elle posa une autre question. "On dirait que tu connais très bien ce docteur Leesto ?" Janice caressa distraitement le dos d'Argo et regarda le plafond de l'avion-cargo. "Nous sommes allées à l'école ensemble. Il y a longtemps nous avons même été amies. Mais ensuite elle a découvert que pour elle, la vie était beaucoup plus facile si elle restait à l'écart pour essayer ensuite de voler mes découvertes et mes recherches. Ça fait des années que nous nous battons pour contrôler les sites de Xena."

 

"Quand l'as-tu vue pour la dernière fois ?" demanda Mel s'appuyant sur un coude.

 

"Il y a une année.", soupira Janice, bouillonnante de colère, "Quand elle a tiré sur Argo." Mel regarda avec anxiété la chienne somnolant paresseusement sur sa maîtresse. "Elle a perdu beaucoup de sang, elle a failli y passer, mais deux chirurgiens du Corps Aérien ont offert leur service après douze heures de garde pour aider le vétérinaire qui la traitait. Elle s'en est tirée." Janice sourit chaleureusement à la chienne. "J'avais découvert quelques objets de Xena alors qu'elle était un chef militaire."

 

"Et le docteur Leesto a pris ces objets ?" demanda Mel doucement.

 

Janice hocha la tête. "Oui, mais j'ai réussi à sauver Argo ."

 

"Mais et si elle essaye de blesser à nouveau Argo?"

 

Janice étudia le visage de Mel pendant un instant avant de répondre, pour ensuite abaisser son chapeau sur son visage. "Je la tuerai en premier."

 

 

... L'armure peut être beaucoup de choses. C'est une peau protectrice, mais elle peut devenir une cage si elle n'est pas conçue correctement. Elle peut inspirer la crainte, la terreur ou l'espoir selon qui la porte. En fin de compte ce n'est pas les vêtements, mais les actes qui définissent l'individu. "Alors qui a conçu ton armure ?" demanda Gabrielle un jour, sa question sortant apparemment de nulle part. Nous voyagions ensemble depuis peu de temps, donc je suppose que j'ai été étonnée par la franchise de la question.

 

"C'est moi." ai-je répondu. "Pourquoi ?"

 

Gabrielle a continué à marcher à côté d'Argo et m'a jeté un coup d'œil. Nous traversions le territoire que mon armée avait conquis des années auparavant donc je suppose que j'étais déjà tendue.

"C'est juste qu'elle te va bien. Je veux dire, tu es incroyable là-dedans." Gabrielle continua de marcher, comme si elle

venait de dire que c'était une journée agréable. À ce moment, je ne m'étais pas entièrement rendue compte qu'elle était ainsi : complètement honnête sur à peu près tout.

 

"Je vois. Donc tu me trouves incroyable ?"

 

Quand elle me regarda à nouveau, je remarquai le teint coloré de ses joues. Dieux, c'était dur de garder un visage sérieux. "Ce que je veux dire," Gabrielle essaya de s'expliquer. "C'est que... et bien, le noir est certainement ta couleur. Je veux dire tes cheveux, ils révèlent tes yeux, le cuir. Tout va ensemble pour créer une image saisissante. Et le bronze qui protège ta poitrine, il met en valeur ta peau. C'est bien pour les bardes. Le seul point de couleur sur toi, ce sont tes yeux, c'est très spectaculaire."

 

"Donc, tu as passé beaucoup de temps à me regarder ?" ai-je demandé comme une évidence.

"Oh. Et bien ... hum. Les bardes doivent être observateurs. C'est une question de fierté professionnelle, alors bien sûr je me dois de te regarder."

 

"Mmmhmmm".

 

"Tu portais le même type de vêtements quand tu étais un seigneur de guerre ou est-ce que c'était différent ?"

 

J'ai arrêté Argo et regardé les alentours. Je connaissais le terrain et savais où nous étions, pas loin d'une caverne que j'avais utilisée dans le passé.

" Et bien, Gabrielle, si ça t'intéresses, je pourrais te montrer." Nous nous dirigions vers la ville suivante

sans hâte particulière et peut-être que je me sentais trop indulgente. J'ai tendu ma main et après un refus plutôt tiède, Gabrielle m'a rejointe sur Argo. J'ai souri alors que ses mains enserraient ma taille et j'ai senti le poids de sa tête qui s'appuyait contre mon dos. Comme Gabrielle chevauchait avec moi, incapable de voir mon visage, je me permis un petit sourire satisfait en sentant ses bras se raidir quand Argo partit au galop.

 

C'était une distraction plaisante. Avec Gabrielle contre moi, bavardant au sujet de ce qu'elle voyait, il était plus difficile de voir le paysage environnant comme je l'avais vu la dernière fois; à la tête d'une armée, laissant dans son sillage une terre brûlée et couverte de sang. J'ai trouvé la caverne sans problème et j'ai aidé Gabrielle avant de descendre de cheval. J'ai allumé une torche et l'ai amenée dans la caverne. Elle était comme je m'en souvenais, avec un reste de matériel toujours éparpillé sur le sol ; des épées, des lances; rien de valeur.

Je me dirigeai vers un tunnel isolé et retrouvai l'alcôve où j'avais caché le coffre. Gabrielle tint la torche tandis que je le sortais de là.

 

"Qu'est-ce que c'est ?" demanda-t-elle, en regardant le coffre.

 

"Quelques fournitures que j'ai rangées ici quand mon armée est passée. Si je me souviens bien, j'avais une armure de rechange dans ce coffre."

 

"Vraiment ?" a-t-elle demandé en se rapprochant comme j'ouvrais le coffre. Avec un sourire indulgent, j'ai relevé le couvercle, sûre de trouver intact ce que j'y avais laissé.

Les choses de mon passé qui n'étaient plus les miennes, appartenant à une personne que je n'étais plus .

"Oh," souffla Gabrielle en soulevant respectueusement la plaque protectrice de ma poitrine. Comparé à ce que je portais maintenant, c'était terriblement inefficace.

 

Gabrielle me regarda timidement. Je connaissais ce regard. Elle débattait si elle pouvait me demander quelque chose. "Quoi ?" ai-je offert.

 

"Tu voudrais la mettre ?" Je ne m'attendais pas à ça. Je dois avoir froncé les sourcils parce qu'elle s'est éloignée un peu avec un regard incertain. "Je suis désolée," a-t-elle lancé. "Si ça te rappelle de mauvais souvenirs, je comprends..."

 

Maintenant je me sentais mal, venant d'elle la question signifiait quelque chose. "C'est bon. " la rassurai-je."Ce sont juste des vêtements non ?"

 

Elle hocha la tête et s'assit sur un rocher, prête à m'observer. J'ai soupiré. Puisque je m'étais mise dans ce mauvais pas, autant en profiter. Je la regardai du coin de l'œil pendant que je me déshabillais. L'attention de Gabrielle était rivée sur moi. Je pense qu'elle n' a pas cligné quand j'ai fait glisser mes bracelets et dégrafé mon armure. Ses yeux ont erré sur mon corps, elle a étudié mes bras, mes jambes, observé mes mains. Je me suis demandé ce qu'elle pensait. M'a-t-elle considéré comme une personne infâme ? Une bête curieuse ? Ou comme une femme désirant ardemment une autre ? J'ai dû me reprendre. Il aurait été si facile de transformer ce coup d'épate en séduction, mais ce n'était pas qui j'étais. Du moins plus maintenant.

 

C'était étrange de remettre cette vieille armure. Je me suis sentie lourde, encombrée, oppressée. Quand je me suis retournée pour faire face à Gabrielle, elle a sursauté. "C'est ... ah, différent." a-t-elle finalement dit.

 

"C'est vague." ai-je répondu.

 

"Elle ne te va pas Xena. " a-t-elle expliqué. " C'est sombre et fais-moi confiance je ne pense pas que ta garde-robe pourrait devenir un peu plus sombre. La cape et tout le reste, ça ôte la beauté de ton corps, c'est de la force. Et ces trucs sur les épaules... ce que je veux dire c'est que tu n'as pas besoin de porter ça pour être effrayante. Tu n'as pas besoin de porter quelque chose de terrible pour être puissante. Et tu n'as pas besoin de porter quelque chose de voyant... " Elle a hoché la tête à la cotte de mailles sur mes mains. "pour être belle à couper le souffle. On dirait que ton armure actuelle fait ressortir ce que tu es vraiment, alors que celle-ci...hum, enterre-la. "

 

Je suppose que c'est cette fois-là que j'ai ressenti les prémices de quelque chose de très spécial pour Gabrielle...

 

 

 

Chapitre 3

 

Feu de camp entre filles

 

Mel commença à se réveiller puis soupira. Un peu de turbulence aérienne l'avait tirée du monde de Xena, et elle était de retour dans sa propre vie. Elle regarda Janice qui respirait profondément, la main posée sur la tête d'Argo. Ne sachant pas l'heure qu'il était, elle n'avait aucune idée du temps qu'elle avait passé endormie. Elle entendit des pas tout près et immédiatement, Janice fut assise, le chapeau perché en arrière, complètement éveillée.

 

" Déjeuner, docteur Covington", dit un jeune homme en s'approchant avec précaution.

 

"Merci", répondit Janice en acceptant les sandwichs et les bouteilles de soda que le caporal leur offrait.

 

Il inclina la tête en une question silencieuse et Janice sourit. "Pour sûr, allez-y. Argo, dis merci pour le déjeuner." Il se mit à genoux et joua avec la chienne pendant un moment.

 

" Il y a un sandwich supplémentaire pour Argo", dit-il timidement. "Au rosbif. "

 

"Comment vous appelez-vous, soldat ?" demanda Janice.

 

" Purdy", répondit l'homme.

 

" Alors merci caporal Purdy. C'est très gentil de votre part." Il se leva et s'épousseta avant de retourner vers son unité.

 

" Merci, docteur Covington, Argo me portera chance, je le sens. "

 

Mel mangea en silence pendant un moment tandis que Janice donnait son sandwich à Argo. " Pourquoi ne crois-tu pas en la chance ? " demanda-t-elle finalement.

 

" Je suis une scientifique Melinda, la chance n'a rien à voir avec la science. "

 

" Mon père était un scientifique aussi Janice, mais il a gardé une patte de lapin dans sa poche jusqu'au jour de sa mort. "

 

" Je ne pense pas que ce lapin ait été très chanceux",répondit Janice avec un sourire désabusé.

 

"Mais regarde Xena." Mel décida d'essayer une tactique différente. "Elle a été chanceuse le jour où Gabrielle est entrée dans sa vie. "

Janice haussa les épaules. "Elle a profité d'une mauvaise situation si tu veux mon avis. Et Gabrielle n'est pas exactement entrée dans la vie de Xena. Xena l'a sauvée, alors Gabrielle n'a plus voulu la quitter."

 

Mel croisa ses bras, la défiant." Tu veux dire que Xena, la Destructrice des Nations, ne pouvait pas se débarrasser d'une simple barde si elle l'avait voulu ? Si Joxer avait été celui que Xena avait sauvé je parie qu'elle ne l'aurait pas laissé la suivre. "

 

"Et alors ?" demanda Janice en prenant une bouchée de sandwich.

 

" Je voudrais juste savoir pourquoi tu n'es pas du tout curieuse au sujet de l'auteur des manuscrits de Xena. Comprendre comment Gabrielle s'est adaptée à la vie de Xena expliquerait beaucoup sur qui elle était exactement. Xena ne peut pas être seulement définie par ses actes... "

 

"Peut-être que si. Mais nous ne savons pas à coup sûr si Gabrielle est bien la barde qui a écrit les manuscrits." Janice laissa la moitié de son sandwich, mettant le reste dans son sac pour plus tard.

 

" Moi, j'en suis sûre", répondit Mel tranquillement.

 

Janice ne sembla pas avoir entendu le commentaire. Au lieu de cela elle déplia une carte sur le sol de l'avion devant elles. " C'est ici que nous allons", dit-elle en indiquant un secteur sur le rivage d'une île." Nous irons à pied jusqu'à cette crique." Elle montra un autre endroit, à de nombreux milles de la base militaire.

 

"Pourquoi nous ne partons pas directement de la base ?"

 

"Parce que les contrebandiers ne sont pas bien accueillis sur des bases militaires", répondit calmement Janice.

 

"Nous voyagerons avec des pirates..." Janice couvrit rapidement la bouche de Mel de sa main. "Pas si fort, ok ?" Libérant Mel, elle ajouta, avec un signe de tête vers les autres passagers. "Ils ne demandent rien et je ne demande rien non plus."

 

Mel semblait stupéfaite. "Tu as un intéressant groupe d'amis docteur Covington."

 

"Je ne les appellerais pas exactement des amis. Ils travaillent pour de l'argent et je m'assure qu'ils sont assez bien payés pour ce dont j'ai besoin. J'ai connu le capitaine il y a quelques années, mais quant au reste," Janice haussa les épaules, "… de vraies brutes. Je ne leur tournerais pas le dos à ta place."

 

Mel hocha la tête, attentive. "Quand devons-nous les retrouver ?"

 

"En supposant qu'ils aient eu mon message, après-demain. Ce sera le crépuscule quand nous atterrirons, nous nous éloignerons de quelques milles de la base dans le noir avant de monter le camp. Nous ferons le reste du chemin le lendemain et avec de la chance nous trouverons Arès le lendemain soir ou le matin suivant."

 

"Son nom est vraiment Arès ?" demanda Mel avec un air de doute.

 

"Non c'est son signe. Il est passionné d'astrologie."

(NDLT : Aries = Bélier)

Après un moment de réflexion, Janice demanda à Mel quel était son signe.

 

"Et bien, si ton ami est vraiment passionné par l'astrologie, il sera capable de le dire, non ?" la taquina Mel, ses yeux azur pétillants. "En plus, je ne pense pas que l'astrologie soit terriblement scientifique, je suis étonnée que tu connaisses même ton signe."

 

Janice sourit. "Moi, pauvre cancer ascendant gémeaux, pas trop, mais je suis sorti avec quelqu'un qui était passionné par ce genre de truc dans le temps ; j'ai bien peur d'en avoir retenu plus que je ne voudrais l'admettre."

 

Mel était intriguée, "Quel était son nom ?" demanda-t-elle.

 

Les yeux verts étincelèrent sous le bord du chapeau de l'archéologue." Jane Celesta." Intérieurement Janice sourit. Mel était clairement étonnée par son aveu mais luttait vaillamment pour ne pas montrer sa surprise. Le mouvement léger des yeux et la dilatation des pupilles emprisonnées dans le bleu brillant en étaient les seuls signes visibles.

 

"Et de quel signe était Jane Celesta ?" demanda Mel calmement.

 

"Lion", répondit Janice. "Le signe le plus sympathique du zodiaque."

 

Mel était un peu déconcertée. "Et Jane était sympathique ?"

 

Janice haussa les épaules. "Pendant quelque temps, mais le fait qu'elle ait le Verseau en ascendant a compliqué les choses, je pense. Ça, ou le fait qu'elle m'ait vue avec une de mes collègues."

 

"Je vois."

 

"Vraiment, Mel ?" demanda Janice presque timidement.

 

Maintenant c'était au tour de Mel de sourire, avec ce qu'elle espérait être de l'assurance, "Bien sûr. Les Lions ne sont pas ta tasse de thé."

 

Janice lui sourit elle aussi, pas complètement convaincue. "Tu ne trouves pas ça..." Elle chercha le mot juste. "anormal ?"

 

Mel se pencha et entoura chaleureusement la main de l'archéologue. "Il est vrai que je ne te connais pas très bien Janice, mais rien en toi ne me semble anormal. Tu es hostile, têtue et peu sûre de toi peut-être. Et bien que je trouve étonnant que tu aies pu trouver quelqu'un qui veuille s'engager avec toi de façon romantique… je suis désolée que ça n'ait pas marché."

 

Janice rayonnait. Complimentée, insultée et rassurée en même temps. Melinda Pappas devenait rapidement trop belle

pour être vraie. Elle rit chaleureusement."Mel, tu as de la classe, je te l' accorde ..."

 

"Eh bien merci", répondit Mel, d'un air guindé.

 

"Mais ne te méprends pas, je n'ai aucun problème à trouver des relations romantiques." Une lueur orgueilleuse passa dans les yeux de l'archéologue.

 

"Et pourquoi ça ?" demanda Mel avec une indifférence feinte.

 

"Parce que je sais comment faire passer du bon temps à une dame."

 

Mel n'aurait pu empêcher ses joues de rougir même si elle avait essayé. Elle n'était pas sûre de savoir si Janice se vantait seulement ou lui faisait une invitation. Plus important, elle était indécise quant à la solution qu'elle préférait. De plus en plus, elle sentait la ligne entre elle et son ancêtre se brouiller et il était difficile de tenir ses propres sentiments et ceux de Xena séparés. Elle n'en était pas sûre, mais elle soupçonnait que le pouvoir des rêves de la guerrière s'atténuerait et qu'elle serait capable de les adapter à sa propre vie. Peut-être parce que l'alternative de sa propre personnalité consumée par celle d'une guerrière morte depuis des siècles était trop effrayante à accepter.

 

Janice finit par ranger ses cartes et s'allongea à nouveau pour dormir. Mel décida de ne pas faire pareil. Une autre visite de Xena n'était pas que ce dont elle avait besoin à l'heure actuelle. Soulevant doucement le calepin d'où il reposait à côté de l'archéologue, elle parcourut les pages usées. La plupart des passages étaient sur Xena. Des notes écrites de la main prudente du docteur sur des découvertes, des théories et spéculations au sujet de la vie de la princesse guerrière. Il y avait quelques croquis des sites de fouilles, mais aussi quelques dessins sur comment Janice imaginait la princesse guerrière. Elle sourit aux notes des événements récents en Macédoine. Elle y trouva une description brève d'elle-même ainsi que les premières impressions de Janice. Elle fronça les sourcils en voyant la note " belle du Sud " écrite dans la marge. "Nous verrons ça en temps voulu", pensa-t-elle. Puis, tournant la page suivante son souffle s'arrêta devant le croquis d'elle-même qui s'y trouvait. C'était plutôt un croquis de Xena avec son visage à elle. Ces cheveux épars, ces yeux brillants et confiants, cela ne pourrait jamais être un dessin d'elle. Cette grâce tranquille était quelque chose dont Melinda Pappas pouvait seulement rêver, du moins quand ses rêves étaient les siens.

 

Mel trouva l'atterrissage du C46 encore plus traumatisant que le décollage. Argo s'appuya contre elle, lui fournissant tout le confort qu'elle pouvait, et Janice fut étonnamment compréhensive. Elle attendit patiemment à l'écoutille de l'avion que Mel ait récupéré avant de prendre congé. Un moment plus tard elles étaient au bord de la base et suivaient un chemin étroit sur l'île presque déserte.

 

" Je ne vois pas pourquoi nous n'utiliserions pas de flambeaux ou des torches électriques ou quelque chose d'autre. Nous allons traverser une forêt dans le noir total. " se plaignit Mel en réalisant que Janice était en effet sur le point d'y pénétrer sans lumière.

 

" C'est la pleine lune Mel, on y voit assez clair. Et en plus ", souligna Janice en soulevant son lourd sac à dos, " quand on utilise une torche électrique, on a tendance à ne pas remarquer d'autres lumières. Je ne pense pas que l'île soit tout à fait sûre. Contente-toi de me suivre, tu seras en sécurité. "

 

Avec un soupir Mel s'engagea sur le sentier après le docteur et sa chienne. Ses yeux s'adaptèrent rapidement à la clarté de la lune. Les plantes tropicales baignaient dans une lumière bleue pâle. Janice suivait silencieusement Argo, taillant de temps en temps avec sa machette les plantes qui obstruaient le chemin. En peu de temps, elles furent au bord d'une falaise donnant sur l'océan couleur indigo. En se déplaçant précautionneusement sur le sentier en pente qui menait à la plage, Janice offrait de temps en temps une main à Mel, l'aidant sur les parties les plus difficiles. Argo, semblant ignorer le danger, marchait à environ cinq mètres devant sa maîtresse, s'arrêtant de temps en temps pour attendre qu'elle la rattrape. Une fois en bas sur la plage, elles avancèrent rapidement jusqu'à un point isolé dans les falaises, protégé sur trois côtés par les rochers.

 

"Cela ressemble à un autre monde", dit Mel tandis que Janice se débarrassait de son sac.

 

"Ça l'est", répondit-elle en se préparant à monter leur camp. " Nous sommes loin de la marée, il y assez de bois et nous pouvons risquer un petit feu. "

 

"Et en ce qui concerne les animaux ? " demanda Mel en envisageant de ramasser une peu de bois.

 

Janice sourit, lisant dans ses pensées. " Emmène Argo avec

toi ; il n'y a probablement rien dans cette île qui soit plus grande qu'elle et elle ne laissera rien se faufiler vers toi. Si nous avons de la chance, elle attrapera même le dîner. " Mel hocha la tête, pas vraiment plus sûre d'elle, et se dirigea vers les bois. Janice la regarda partir laissant errer ses yeux sur la forme gracieuse de la femme aux cheveux de jais.

 

"Arrête ça, Janice ! " se réprimanda-t-elle alors que ses pensées commençaient à vagabonder.

 

Quand Mel revint, les bras chargés de bois, Janice avait fait un petit cercle en pierre pour le feu et avait disposé leurs couvertures de chaque côté du cercle. En peu de temps, un petit feu crépitait et procurait une chaleur rougeoyante sur le campement.

 

"Quoi, pas de lapin ? " demanda Janice à Argo alors que la grande chienne venait se pelotonner sur le sable dans l'espace entre les couvertures. "Fainéante !"

 

"Chasse-t-elle vraiment pour toi ?" demanda Mel, soupçonnant l'archéologue de la faire marcher.

 

"Parfois", répondit Janice en fouillant dans son sac à la recherche de nourriture. "Tu aimes les sardines ?" demanda-t-elle. La grimace sur le visage de Mel lui suffit. Avec un soupir, elle sortit de son sac l'autre moitié de son sandwich et le lança à Mel. "J'ai aussi quelques biscuits ou de la viande en boîte si tu veux. "

 

Elle sortit aussi une boîte de nourriture pour chien et l'ouvrit pour Argo. Après avoir rapidement avalé ce maigre repas, Janice se leva et fit signe à Argo et Mel de ne pas bouger. "Je vais juste regarder les alentours."

 

Mel mangea son sandwich en silence, tentant de réunir toutes les pièces de puzzle qui constituaient la Janice Covington qu'elle avait vue jusqu'à présent en une image cohérente. Elle avait du mal.

 

Environ vingt minutes plus tard, Janice réapparut tranquillement dans la lueur du feu. Elle tenait un ananas mûr dans ses bras avec un regard de satisfaction personnelle. "J'aime les ananas." Mel rit, heureuse de la surprise. Un moment plus tard, les deux femmes festoyaient autour du fruit juteux. Une promenade rapide jusqu'à la plage leur permit de nettoyer le jus collant de leurs bras et de leur visage. Mel se tenait debout, s'étirant en arrière et fixant l'horizon. La pleine lune était vive, illuminant l'océan d'un rougeoiement doux. Le ciel était clair et les étoiles brillaient fortement de l'autre côté du ciel. Dans sa simplicité, c'était un des plus beaux spectacles que Melinda Pappas avait jamais vu.

 

"Est-ce à cela que ressemble ta vie, Janice Covington ? Aller d'une aventure à une autre, en vivant dans un monde de beauté surréaliste ?"

 

Janice suivit le regard de Mel fixé sur l'océan. "Parfois", répondit-elle pensivement, "mais j'ai passé des nuits dans cette île, avec la pluie tombant à pleins seaux et rien d'autre que la boue et le sable humide. Des nuits sans fin, sans feu, aucune nourriture et aucune garantie que je rentrerais jamais à la maison."

 

"Pourtant, tu continues..." Mel sourit à son amie alors qu'elles revenaient au campement.

 

"Comme disait p'pa, un Covington est trop stupide pour abandonner. Une trouvaille ou un indice et l'excitation d'une découverte, et soudain toutes les nuits humides et froides n'ont plus aucune importance."

 

 

Mel et Janice s'assirent ensemble sur la couverture de Mel et Janice rajouta plus de bois sur le feu. Appréciant les sons de la nuit et leur compagnie mutuelle, Mel commença à se sentir comme si elle était dans un autre monde. "Donc ça vaut cette peine ?" demanda-t-elle finalement. "Mais en ce qui concerne la solitude ? Aucune Flora Gates ou Jane Celesta pour partager cela ?"

 

Janice secoua la tête d'un air narquois à la question. "Pas pendant que je travaille", répondit-elle honnêtement. "Pas très souvent en tout cas", ajouta-t-elle avec un sourire. "J'aime penser que j'ai hérité l'appréciation de mon père en matière de femmes. Mais je n'ai pas eu plus de chance qu'il n'en a eu pour en garder une. Bien qu'il ait aimé ma mère", ajouta-t-elle doucement, avant de demander : " Et toi Mel ? Tu n'es donc pas mariée ?"

 

Mel fixa le feu et secoua la tête. "Oh, et pas prête de l'être d'ailleurs. Mon papa avait l'habitude de raconter une histoire. A propos d'une époque où les gens avaient quatre jambes et deux têtes, alors les dieux jetèrent la foudre sur eux les séparant en deux, ainsi ils eurent deux jambes et une tête. Il me disait de découvrir l'autre moitié de mon âme, et de ne pas me contenter de moins. Et en vérité j'ai suivi son conseil. J'ai toujours aimé cette histoire, il la tenait de sa grand-mère. Penser que quelque part, il y a quelqu'un avec deux pieds et une tête : l'autre moitié de mon âme."

 

 

 

Janice sourit en regardant le feu, ses propres pensées revenant à des années auparavant. "Ton père m'a raconté cette histoire aussi." Elle secoua la tête avec un rire, "J'étais anéantie. Diana m'avait brisé le cœur en mille morceaux. Dieu, ce que j'étais jeune. Bref, ton père visitait le campus et avait consenti à revoir quelque chose dans mes recherches pendant le déjeuner. Je devais être affreuse à voir parce qu'il a su immédiatement ce qui n'allait pas. Un homme peu commun ton père… il m'a dit 'elle n'en vaut pas la peine' et m'a raconté cette histoire. Ça ne l'avait même pas dérangé que j'aie la gueule de bois à cause d'une femme. Je l'ai toujours bien aimé et respecté."

 

Mel sourit au souvenir de son père, heureuse qu'il se soit bien entendu avec sa nouvelle amie. "Tu as toujours été attirée par les femmes ?" demanda-t-elle tranquillement, regardant la nuance orange que les cheveux de Janice avaient pris à la lueur du feu.

 

Janice remua le feu. Mel pensa qu'elle n'avait pas entendu la question, quand elle répondit finalement. "Je ne sais pas. Je suppose, oui. Je veux dire, je n'y ai jamais vraiment réfléchi. Mon père a fait du mieux qu'il pouvait pour m'élever. Mais on m'a dit que voyager de fouille en fouille était une façon peu commune de grandir pour une jeune fille. Papa m'a appris comment manipuler un revolver quand j'avais dix ans et j'ai aussi commencé à apprendre à manier le fouet. Je me suis lancée dans les fouilles, j'ai fait de la contrebande d'un pays à un autre… je suppose que j'ai grandi comme un garçon. J'avais du mal à m'adapter au collège, à la routine, la sécurité. Les flirts et les rendez-vous avec les garçons, ça ne m'intéressait pas du tout. Ils étaient tous si… je ne sais pas… inintéressants. Diana était dans ma classe d'anthropologie et..." Elle rougit légèrement.

 

"La vie est devenue intéressante ?" offrit Mel.

 

"On peu dire ça comme ça", consentit Janice, regardant à nouveau Mel, un sourire timide sur le visage. Elle n'était pas préparée à l'éclat de ces yeux bleus qui la fixaient. L'expression sur le visage de Mel était illisible, il y avait une telle force et une telle faim dans son regard, choses que Janice n'aurait jamais associées à Melinda Pappas. Sentant ses joues se colorer et son pouls s'accélérer, elle jeta un coup d'œil autour du campement, regardant n'importe où, sauf vers sa compagne. "Bien, hum, il se fait tard Mel. Et si on dormait ? Nous avons des kilomètres à faire à pied demain matin." Déconcertée par le changement soudain de l'humeur de Janice, Mel fut immédiatement désolée d'avoir voulu fouiller dans la vie privée de l'archéologue.

 

"Janice", dit Mel posant une main douce sur le bras de Janice qui tentait de se lever de la couverture. "Si j'ai dit quelque chose qui t'a contrariée, je suis vraiment désolée."

 

"Ça va, Mel." dit Janice, se forçant à montrer un sourire insolent sur son visage. "Mais il faut dormir." Mel la lâcha, mais continua à regarder sa farouche compagne d'un air concerné alors qu'elle s'allongeait sur sa propre couverture et se préparait à dormir.

 

 

"Je ne te crois pas, tu sais ", dit Mel, alors que Janice baissait son chapeau sur son visage.

 

"C'est ton droit", répondit Janice qui en peu de temps simula le sommeil.

 

 

... Je suppose que la pluie qui se mit à tomber quelques jours après la mort de Perdicus était appropriée. Je ne me souviens pas d'un moment où Gabrielle et moi avons été si malheureuses. Je me débattais toujours avec tout ce qu'impliquait son mariage, et Gabrielle était en deuil. Je suppose que j'étais en deuil moi aussi, mais je l'étais déjà depuis plus longtemps.

 

Les ténèbres s'étaient installées autour de moi comme un linceul au moment où je l'avais vu lui faire sa proposition. Les hauts et les bas des quelques jours suivants furent aussi épuisants que n'importe quelle bataille que j'avais livrée. Pleine d'espoir qu'elle dirait non, puis coupable de vouloir à ce point qu'elle dise non… Je lui ai donné mon appui dans une tentative de rester neutre. Je ne voulais pas qu'elle reste avec moi juste pour moi. Et la joie que j'ai ressentie quand elle m'a dit qu'elle allait lui dire non était telle que je lui ai presque avoué mon amour. Mais ensuite elle a dit oui. Elle a dit oui en plein milieu d'une bataille alors qu'il avait jeté son épée, un mouvement qui aurait pu les tuer tous les deux.

 

J'étais fatiguée. Ce n'était pas la première fois que Gabrielle m'avait étonnée si soudainement, me forçant à me demander si je la connaissais réellement. Elle m'avait quittée deux fois auparavant, une fois pour rentrer chez elle, une autre fois pour aller à Athènes. Chaque fois je m'étais dit que c'était mieux comme cela. Je savais que je me mentais, mais c'était la seule consolation que je pouvais trouver sur un chemin qui était soudainement devenu très vide. Mais elle était revenue, se montrant à chaque fois une personne plus forte et plus fidèle. A chacun de ces événements je m'étais sentie plus rassurée sur la profondeur de ses sentiments pour moi.

 

A l'encontre de tout jugement sensé, je cultivais l'espoir qu'un jour ses sentiments pourraient être aussi profonds que les miens. Tout ça avait été oublié avec son mariage. Elle ne reviendrait pas.

 

Elle l'avait déjà quitté une fois pour me suivre, pour être avec moi et elle ne me connaissait même pas. Il l'avait brusquement quittée à Troie. Peut-être qu'il pensait que je ne renoncerais pas à elle sans un combat. Mais quelque chose avait changé ; il était venu à elle comme un malheureux pathétique, faisant appel à la nature généreuse de Gabrielle.

Ce n'était pas quelque chose contre quoi je pouvais lutter et sans un combat, il avait gagné. Puis il était mort et j'avais

assassiné sa meurtrière.

 

Aussitôt que la pluie commença, elle voulut quitter Poteidaia. Je pensais qu'il serait mieux pour elle de rester dans sa famille qui lui offrirait son réconfort, mais elle ne le voulait pas. Elle désirait se distancer de la douleur et comme j'étais aussi épuisée qu'elle, je ne pouvais qu'accéder à sa requête. Je peux seulement deviner ce qui occupait son esprit alors que nous marchions, kilomètre après kilomètre, dans le silence et l'humidité.

 

Elle luttait toujours avec sa colère et sa haine pour Callisto, maintenant inutile puisque je l'avais tuée. Je suis sûre qu'elle était fâchée de n'avoir eu Perdicus que pendant un temps si court et je n'avais aucun doute sur le fait qu'il lui manquait. Peut-être était-elle fâchée contre moi, pour l'avoir sauvée elle, mais pas son mari. Si elle me blâmait pour sa mort, elle ne l'a jamais dit. Je suppose qu'à ce moment-là, j'étais trop absorbée par ma propre douleur pour lui fournir le réconfort et l'appui qu'elle aurait voulu. Peut-être que cela la fâchait aussi. Tout ce que je sais, c'est que cette nuit-là, alors que le froid et l'humidité nous transperçaient jusqu'au cœur, elle était prête à éclater.

 

J'avais trouvé une petite caverne après un jour de marche. J'étais prête à m'arrêter; je ne m'étais pas souciée si elle était prête ou non. Il y avait de la place pour Argo à l'entrée, elle serait à l'abri du plus gros de la tempête. Il y avait aussi une salle à l'intérieur pour faire un petit feu, je pourrais me lever sans me cogner la tête au plafond mais tout juste. J'ai enlevé immédiatement mon épée en remarquant que je ne pourrais pas le faire en cas d'urgence.

 

"Je ne veux pas m'arrêter", a dit catégoriquement Gabrielle depuis l'entrée à la caverne.

 

J'ai haussé les épaules. "Argo et moi sommes fatiguées, nous avons toutes besoin de repos."

 

" La Princesse Guerrière, fatiguée ?" répliqua-t-elle. "Je trouve ça dur à croire."

 

"Ça arrive", ai-je répondu sans tenter de cacher l'épuisement dans ma voix. " Gabrielle, tu pourrais marcher encore mille kilomètres ce soir et tu ne ferais que te blesser plus. Viens ici, s'il te plaît, sèche-toi et prends un peu de repos." Elle obtempéra silencieusement. Il faisait froid dans la caverne. Heureusement, les sacoches d'Argo avaient gardé nos affaires au sec. J'ai retiré mon armure, la mettant près du feu pour la sécher tandis que Gabrielle m'observait silencieusement, ses yeux brûlant comme de la braise. J'ai posé ma couverture contre un rocher aux bords lisses et me suis assise. Il n'y avait pas assez de place pour nous permettre à toutes les deux de dormir allongées, mais la roche ferait l'affaire. "Tu devrais ôter ces vêtements humides Gabrielle ", lui suggérai-je gentiment.

 

" Je peux m'occuper de moi ! " a-t-elle crié, furieuse. " Pourquoi essaies-tu toujours de me materner ?"

 

Je fus sur mes pieds en un instant. Epuisée comme je l'étais je n'avais pas l'énergie de supporter sa tirade juste parce qu'elle souffrait. " Je n'essaye pas de te materner, Gabrielle. Je suis ton amie et je te dis qu'être misérable ne rendra pas ton chagrin plus pur. Je ne dis rien que tu ne me dirais si j'étais à ta place. "

 

A ces mots, elle me tomba dessus, en pleurant. Ses poings pleuvaient sur mes bras et sur ma poitrine tandis qu'elle criait d'une façon incohérente. Je restai debout pendant un moment avant d'en avoir assez. Je pouvais sentir grandir ma propre colère ; elle me frappait durement. Je saisis ses bras et la tirai brutalement contre ma poitrine, serrant plus fort en la sentant lutter. Finalement elle cessa de me frapper et ne fit que pleurer, ses bras froids m'encerclant. Elle ne protesta pas quand je la poussai sur le sol de la caverne près du feu. Elle ne dit pas un mot et je me plaçai contre le mur avec elle entre mes jambes. Il n'y eut aucune objection quand je lui ôtai ses vêtements détrempés et l'aidai à se changer. Alors j'entourai une autre couverture autour de son corps glacé et l'attirai vers moi. Elle continua à pleurer à gros sanglots contre ma poitrine pendant que je la tenais.

 

Finalement elle se calma, sa main touchant distraitement mon bras.

 

"Merci Xena", souffla-t-elle contre ma peau.

 

Je la serrai d'une manière rassurante. "Je suis là pour toi Gabrielle", ai-je dit tranquillement dans ses cheveux.

 

"Je sais", Elle a soupiré.

" Et cela fait partie de mon problème. Tu ne m'as jamais fait faux bond Xena. Et je sais que je ne peux pas en dire autant."

 

Que pouvais-je répondre ? Elle disait la vérité. Je ne sais pas ce qui passait dans son esprit. Sa vie avait tellement changé en deux jours à peine. Au lieu de se retrouver dans un lit doux et plein de chaleur et de passion elle était coincée dans une caverne froide avec un ancien seigneur de guerre. Je fus surprise par sa main qui passa de mon bras à ma nuque. Je la regardai, effrayée par le désir fiévreux qui brillait dans ses yeux. Je me sentis dévastée. C'était un regard que j'avais eu très envie de voir depuis longtemps et maintenant je le voyais pour de fausses raisons. Gabrielle souffrait, souffrait tellement qu'elle avait besoin d'une distraction, n'importe quelle distraction. Doucement elle toucha mon visage de ses doigts froids, traçant la ligne de ma joue et ma mâchoire.

 

"Je suis désolée pour toutes les fois où je t'ai fait faux bond Xena, "dit-elle en effleurant mes lèvres de ses doigts. " Je ne te mérite pas", murmura-t-elle en plaçant sa main sur le bas de ma nuque, me forçant à baisser la tête. Elle était froide dans mes bras mais ses lèvres étaient chaudes contre les miennes. J'étais impuissante à refuser son désir de réconfort, mais quand sa langue buta contre mes dents, cherchant une plus grande intimité, je me suis doucement retirée. Une seconde de plus et je sais que j'aurais profité de la seule personne que j'avais jamais vraiment aimée. Je resserrai mes bras autour d'elle désirant lui procurer chaleur et sûreté. Posant ma joue sur le sommet de sa tête je lui ai dit doucement de dormir. Ce qu'elle a fait. Je suis restée éveillée cette nuit-là, sachant que je ne pourrais plus jamais avoir l'occasion de la tenir ainsi contre moi. Cela aurait dû être épuisant, mais pourtant, pendant ces quelques heures, malgré la détresse et l'épuisement, je fus heureuse...

 

 

 

****

 

 

Comments (0)

You don't have permission to comment on this page.